L’érythritol est un polyol — un alcool de sucre — de formule C4H10O4. Avec ses quatre atomes de carbone, c’est le plus petit des polyols employés en alimentation, là où le xylitol en compte cinq et le sorbitol six. Il porte dans l’Union européenne le numéro d’additif E 968. Il n’est pas obtenu par synthèse chimique mais par fermentation : des champignons levuriformes osmophiles transforment du glucose issu d’amidon de maïs ou de blé.
Cette page retrace son parcours, d’un lichen étudié par un chimiste écossais au XIXe siècle jusqu’aux textes réglementaires en vigueur : quand et par qui il a été isolé, quand il est passé au stade industriel et avec quel micro-organisme, quand chaque autorité l’a autorisé, et ce que les travaux scientifiques ont réellement mesuré — y compris ceux de 2023 qui l’ont porté sur la place publique.
Deux faits surprennent. Le premier : l’organisme humain fabrique lui-même de l’érythritol à partir du glucose, par la voie des pentoses phosphates ; une partie de l’érythritol mesuré dans le sang n’a donc jamais été mangée. Le second : dans le tableau des coefficients de conversion énergétique du droit alimentaire européen, l’érythritol est la seule substance à recevoir la valeur zéro, alors que tous les autres polyols y sont comptés à 2,4 kcal/g.
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Chronologie de l’érythritol, de 1848 à aujourd’hui
Chaque entrée de cette chronologie porte sa référence complète : publication scientifique avec sa revue, son volume et ses pages, ou texte réglementaire avec son numéro, son article et son annexe. Les informations qui n’ont pas pu être vérifiées à la source n’y figurent pas. Lorsque deux sources sérieuses donnent des dates différentes, les deux sont indiquées et l’entrée est signalée comme incertaine, plutôt que tranchée arbitrairement.
1848 — Isolement à partir d’un lichen par John Stenhouse (date incertaine)
Le chimiste écossais John Stenhouse (1809-1880) extrait du lichen Roccella montagnei un acide qu’il nomme acide érythrique. Sa décomposition libère un solide cristallin de saveur sucrée, qu’il baptise érythromannite pour marquer son origine et ses propriétés : c’est l’érythritol. Le mémoire correspondant paraît dans les Philosophical Transactions en 1849. Les sources divergent sur l’année de la découverte : l’histoire de la chimie retient 1848 pour les travaux et 1849 pour la publication, tandis qu’une revue de biotechnologie de 2018 date le premier isolement de 1852. Les deux dates sont ici rapportées sans arbitrage.
Référence : Stenhouse J. « Examination of the Proximate Principles of some of the Lichens ». Philosophical Transactions of the Royal Society of London, 1849;139:393-402. — Wisniak J. « John Stenhouse: Contribution to the study of active charcoal, lichens, and alkaloids ». Revista CENIC. Ciencias Biológicas, 2018;49(3):1-19. — Date divergente (1852) : Regnat K, Mach RL, Mach-Aigner AR. « Erythritol as sweetener — wherefrom and whereto? ». Applied Microbiology and Biotechnology, 2018;102(2):587-595.
1989 — Dosage de l’érythritol naturellement présent dans les fruits
Une équipe japonaise met au point l’identification de l’érythritol par chromatographie liquide haute performance et par couplage chromatographie en phase gazeuse–spectrométrie de masse, puis le dose dans la pulpe de différents fruits. Ces travaux, avec ceux de la même équipe sur les aliments fermentés (1988) et les fromages affinés (1996), servent de base à la description réglementaire de sa présence naturelle. Les avis européens reprennent cette liste : pastèque, melon, poire, raisin, pomme, banane, cerise, pêche, champignons, aliments fermentés — vin, saké, bière, sauce de soja — et fromage. Ces mêmes avis qualifient les teneurs de faibles sans publier de valeurs chiffrées.
Référence : Shindou T, Sasaki Y, Eguchi T, Hagiwara K, Ichikawa T. « Identification of erythritol by HPLC and GC-MS and quantitative measurement in pulps of various fruits ». Journal of Agricultural and Food Chemistry, 1989;37(6):1474-1476.
1990 — Première commercialisation au Japon, par voie fermentaire
L’érythritol est mis sur le marché japonais comme ingrédient alimentaire en 1990 : c’est le premier pays où il quitte le laboratoire pour la chaîne alimentaire. Le procédé est biotechnologique et non chimique. De l’amidon de blé ou de maïs est hydrolysé par voie enzymatique en glucose, lequel est fermenté par des champignons levuriformes osmophiles. Le Comité scientifique de l’alimentation humaine décrit deux procédés industriels, l’un reposant sur Trichosporonoides megachiliensis, l’autre sur Moniliella pollinis. Le produit est ensuite cristallisé jusqu’à une pureté supérieure à 99 %.
Référence : Comité scientifique de l’alimentation humaine. « Opinion of the Scientific Committee on Food on Erythritol », SCF/CS/ADD/EDUL/215 final, avis exprimé le 5 mars 2003. — Regnat K, Mach RL, Mach-Aigner AR. Applied Microbiology and Biotechnology, 2018;102(2):587-595.
1993 — Ce que devient l’érythritol ingéré chez l’homme
Une équipe de Louvain administre 25 g d’érythritol marqué au carbone 13 à six volontaires sains, puis suit le dioxyde de carbone et l’hydrogène expirés ainsi que l’excrétion urinaire. L’érythritol est retrouvé presque intégralement dans les urines. Aucune production d’hydrogène expiré n’est observée, et in vitro la flore fécale n’en produit pas non plus à partir de l’érythritol. Le composé est donc absorbé dans l’intestin grêle puis éliminé tel quel, sans métabolisation notable ni fermentation colique. Ce résultat fondera l’argumentaire ultérieur sur son coefficient énergétique.
Référence : Hiele M, Ghoos Y, Rutgeerts P, Vantrappen G. « Metabolism of erythritol in humans: comparison with glucose and lactitol ». British Journal of Nutrition, 1993;69(1):169-176.
1999 — Le JECFA n’assigne pas de dose journalière admissible chiffrée
Lors de sa 53e réunion, en 1999, le Comité mixte FAO/OMS d’experts des additifs alimentaires évalue l’érythritol et lui attribue une dose journalière admissible « non spécifiée » (ADI not specified), formulation employée lorsque les données disponibles ne conduisent pas à fixer de limite numérique. Le comité le classe parmi les exhausteurs de goût, humectants, supports et agents édulcorants. La monographie toxicologique correspondante est référencée FAS 44-JECFA 53/15 et les spécifications figurent à l’addendum 7 du FNP 52. Cette position restera la référence internationale pendant près d’un quart de siècle.
Référence : JECFA, 53e réunion, 1999 ; rapport TRS 896-JECFA 53/18 ; monographie toxicologique FAS 44-JECFA 53/15 ; spécifications FNP 52 Add. 7/33.
2001 — Les États-Unis ne s’opposent pas au statut GRAS
La démarche américaine commence par une pétition : le 12 février 1997, Cerestar Holding, Mitsubishi Chemical et Nikken Chemicals déposent auprès de la Food and Drug Administration la requête GRASP 7G0422, annoncée au Federal Register du 6 mars 1997, visant à faire reconnaître l’érythritol comme « generally recognized as safe ». C’est finalement la voie de la notification qui aboutit. Cerestar Holding B.V. dépose le 30 avril 2001 la notification GRN 76 ; le 11 septembre 2001, l’agence clot le dossier avec la mention « FDA has no questions », c’est-à-dire sans objection à la conclusion du notifiant, fondée sur la procédure scientifique et non sur l’usage historique.
Référence : Federal Register, vol. 62, n° 44, 6 mars 1997, document 97-5454 (« Erythritol; Filing of Petition for Affirmation of GRAS Status »). — FDA, GRAS Notice Inventory, GRN n° 76 « Erythritol », notification reçue le 30 avril 2001, clôturée le 11 septembre 2001.
2003 — Avis du Comité scientifique de l’alimentation humaine
Le 5 mars 2003, le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH) de la Commission européenne rend son avis sur l’érythritol. Il conclut que son emploi comme additif alimentaire est acceptable, juge inapproprié de fixer une DJA numérique, et retient une dose sans effet observé de l’ordre de 0,5 g par kilogramme de poids corporel pour l’effet laxatif après prise unique, sur la foi de travaux d’Umeki (1992), Takahashi (1992) et Oku et Okazaki (1996). Il relève que cet effet survient à des doses plus élevées que pour les autres polyols. Il estime l’apport énergétique inférieur à 0,9 kJ/g, soit moins de 0,2 kcal/g, pour des consommations n’excédant pas 25 g par jour.
Référence : Comité scientifique de l’alimentation humaine. « Opinion of the Scientific Committee on Food on Erythritol », SCF/CS/ADD/EDUL/215 final, avis exprimé le 5 mars 2003.
2006 — L’Union européenne autorise l’érythritol sous le numéro E 968
La directive 2006/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006 ajoute l’érythritol, sous le numéro E 968, à la liste des édulcorants autorisés de la directive 94/35/CE, et l’inscrit également parmi les additifs relevant de la directive 95/2/CE. Son considérant 8 s’appuie sur l’avis du CSAH du 5 mars 2003 et sur les fonctions non édulcorantes du composé : exhausteur de goût, support, humectant, stabilisant, épaississant, agent de charge et séquestrant. Les États membres devaient autoriser la commercialisation des produits conformes au 15 février 2008 et interdire celle des produits non conformes au 15 août 2008.
Référence : Directive 2006/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 5 juillet 2006, considérant 8, annexes et article 3 (dates d’application).
2007 — Tolérance digestive comparée à celle du xylitol
Une étude compare la tolérance digestive de l’érythritol et du xylitol ingérés en solution aqueuse. Soixante-dix volontaires sains de 18 à 24 ans sont recrutés, soixante-quatre terminent le protocole ; les doses testées sont 20, 35 et 50 g de chaque polyol, contre 45 g de saccharose en témoin. Le xylitol à 35 et 50 g augmente significativement les scores de symptômes intestinaux et la fréquence des selles liquides par rapport au témoin. L’érythritol produit significativement moins de symptômes à tous les niveaux étudiés, la dose de 50 g ne s’accompagnant que de nausées et de borborygmes légers. C’est l’étude de référence sur ce point de comparaison.
Référence : Storey D, Lee A, Bornet F, Brouns F. « Gastrointestinal tolerance of erythritol and xylitol ingested in a liquid ». European Journal of Clinical Nutrition, 2007;61(3):349-354.
2008 — Un coefficient énergétique de 0 kcal/g, unique parmi les polyols
La directive 2008/100/CE de la Commission du 28 octobre 2008, modifiant la directive 90/496/CEE sur l’étiquetage nutritionnel, attribue à l’érythritol un coefficient de conversion énergétique de 0 kJ/g — 0 kcal/g. Son considérant s’appuie sur l’avis du CSAH du 5 mars 2003, qui chiffrait l’apport à moins de 0,9 kJ/g. Cette valeur a été reprise telle quelle à l’annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires. Dans ce tableau, les polyols reçoivent globalement 10 kJ/g — 2,4 kcal/g ; l’érythritol est la seule substance à y figurer séparément, avec la valeur zéro. Application de la directive : 31 octobre 2009.
Référence : Directive 2008/100/CE de la Commission du 28 octobre 2008, article 1er, point 2, et article 2. — Règlement (UE) n° 1169/2011 du 25 octobre 2011, annexe XIV (« Coefficients de conversion »).
2012 — Deux allégations de santé européennes visant les substituts de sucre
Le règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012, applicable au 14 décembre 2012, établit la liste des allégations de santé autorisées autres que celles se référant à la réduction d’un risque de maladie. L’érythritol est nommément cité parmi les « substituts de sucre » couverts par deux entrées. La première : « la consommation d’aliments/boissons contenant <nom du substitut de sucre> à la place du sucre contribue au maintien de la minéralisation dentaire », à la condition que ces aliments n’abaissent pas le pH de la plaque sous 5,7 pendant et jusqu’à trente minutes après consommation. La seconde porte sur une élévation moindre de la glycémie après consommation, sous condition d’une réduction effective des sucres.
Référence : Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012, annexe, entrées relatives aux substituts de sucre.
2015 — Ouverture aux boissons aromatisées, à 1,6 % au maximum
Le règlement (UE) 2015/1832 de la Commission du 12 octobre 2015 modifie l’annexe II du règlement (CE) n° 1333/2008 pour autoriser l’érythritol comme exhausteur de goût dans les boissons aromatisées à valeur énergétique réduite ou sans sucres ajoutés (catégorie 14.1.4), à un niveau maximal de 1,6 %. L’usage en boisson avait jusque-là été écarté par crainte de dépasser le seuil laxatif lors d’une prise unique. Le considérant 6 rapporte la conclusion de l’EFSA : la consommation aiguë en bolus d’érythritol par des boissons non alcoolisées à un niveau maximal de 1,6 % ne soulève pas de préoccupation quant à la laxation.
Référence : Règlement (UE) 2015/1832 de la Commission du 12 octobre 2015, considérants 6 et 7. — EFSA ANS Panel. « Scientific Opinion on the safety of the proposed extension of use of erythritol (E 968) as a food additive ». EFSA Journal, 2015;13(3):4033, adopté le 12 février 2015, publié le 5 mars 2015.
2016 — Admission en production biologique, sous condition
Le règlement d’exécution (UE) 2016/673 de la Commission du 29 avril 2016 ajoute l’érythritol (E 968) à la section A de l’annexe VIII du règlement (CE) n° 889/2008, c’est-à-dire à la liste des additifs utilisables dans les denrées biologiques transformées, tant pour les produits d’origine végétale que d’origine animale. La mention restrictive est explicite : uniquement s’il est issu de la production biologique et obtenu sans recours à la technologie d’échange d’ions. Le considérant 22 rattache cette décision aux recommandations du groupe d’experts EGTOP. Un érythritol conventionnel, ou purifié par échange d’ions, reste donc exclu des produits biologiques multi-ingrédients de l’Union.
Référence : Règlement d’exécution (UE) 2016/673 de la Commission du 29 avril 2016, considérant 22 et annexe (entrée E 968 à l’annexe VIII, section A, du règlement (CE) n° 889/2008).
2017 — L’organisme humain fabrique lui-même de l’érythritol
Une étude de l’université Cornell suit 264 étudiants de première année sur neuf mois, avec prélèvements sanguins et mesures corporelles en début et en fin d’année universitaire. Les participants ayant pris de l’adiposité centrale présentent une concentration sanguine d’érythritol quinze fois supérieure à celle des participants au poids stable ; ceux dont l’HbA1c initiale dépassait 5,05 % en présentent vingt et une fois plus. Des expériences de traçage isotopique établissent que l’érythritol est synthétisé de façon endogène à partir du glucose par la voie des pentoses phosphates. L’érythritol circulant n’est donc pas nécessairement d’origine alimentaire — observation qui pèsera lourd dans les débats de 2023.
Référence : Hootman KC, Trezzi JP, Kraemer L, Burwell LS, Dong X, Guertin KA, Jaeger C, Stover PJ, Hiller K, Cassano PA. « Erythritol is a pentose-phosphate pathway metabolite and associated with adiposity gain in young adults ». Proceedings of the National Academy of Sciences, 2017;114(21):E4233-E4240.
2023 — Les travaux de la Cleveland Clinic sur l’érythritol et le risque cardiovasculaire
Mise en ligne le 27 février 2023, l’étude de l’équipe de Stanley Hazen (Cleveland Clinic) combine plusieurs approches. Une cohorte de découverte de 1 157 patients explorée par métabolomique non ciblée, puis deux cohortes de validation — 2 149 patients cardiaques stables aux États-Unis et 833 en Europe — associent les concentrations plasmatiques d’érythritol aux événements cardiovasculaires majeurs à trois ans : rapport de risque de 1,80 (IC 95 % : 1,18-2,77) et de 2,21 (IC 95 % : 1,20-4,07) pour le quartile le plus élevé comparé au plus bas. S’y ajoutent des mesures de réactivité plaquettaire, des modèles de thrombose chez la souris, et l’ingestion de 30 g d’érythritol par huit volontaires sains.
Référence : Witkowski M, Nemet I, Alamri H, Wilcox J, Gupta N, Nimer N, Haghikia A, Li XS, Wu Y, Saha PP, Demuth I, König M, Steinhagen-Thiessen E, Cajka T, Fiehn O, Landmesser U, Tang WHW, Hazen SL. « The artificial sweetener erythritol and cardiovascular event risk ». Nature Medicine, 2023;29(3):710-718.
2023 — Trois mises en perspective critiques de ces travaux
Dans un mémorandum du 15 juin 2023, la FDA relève que les volets observationnels de cette étude ne peuvent établir de causalité, qu’aucun ajustement n’a été fait sur l’alimentation globale ni sur la fonction rénale, que la population étudiée était déjà à risque élevé, que la méthode de dosage n’était pas documentée, et que 30 g avalés en deux minutes ne reflètent pas une exposition alimentaire ordinaire. Une tribune parue dans Frontiers in Nutrition et une revue parue dans Nutrients développent un autre point : le taux plasmatique peut refléter une production endogène par la voie des pentoses phosphates plutôt qu’une consommation, et les patients dont les taux sont chroniquement élevés du fait d’une erreur innée du métabolisme ne présentent pas d’activation plaquettaire accrue.
Référence : FDA. « An evaluation of the article « The artificial sweetener erythritol and cardiovascular event risk » », mémorandum du 15 juin 2023. — Cramer T, Gonder U, Kofler B. « Plasma erythritol and cardiovascular risk: is there evidence for an association with dietary intake? ». Frontiers in Nutrition, 2023;10:1195521. — Mazi TA, Stanhope KL. « Elevated erythritol: a marker of metabolic dysregulation or contributor to the pathogenesis of cardiometabolic disease? ». Nutrients, 2023;15(18):4011.
2023 — Réévaluation par l’EFSA et première DJA chiffrée
Adopté le 25 octobre 2023 et publié le 20 décembre 2023, l’avis de réévaluation de l’EFSA fixe pour la première fois une dose journalière admissible chiffrée : 0,5 g par kilogramme de poids corporel et par jour, dérivée de la diarrhée retenue comme effet critique — cas inédit d’une DJA d’additif établie à partir d’un effet indésirable immédiat. Le panel juge l’érythritol non génotoxique et considère que les données disponibles n’établissent pas de relation causale entre l’apport alimentaire d’érythritol (E 968) et un risque accru de maladie cardiovasculaire. Les estimations d’exposition aiguë et chronique dépassent la DJA dans tous les groupes de population. L’EFSA recommande d’abaisser la limite de plomb et de restreindre les micro-organismes autorisés à Moniliella pollinis souche BC et Moniliella megachiliensis souche KW3-6.
Référence : EFSA Panel on Food Additives and Flavourings (FAF). « Re-evaluation of erythritol (E 968) as a food additive ». EFSA Journal, 2023;21(12):e8430, adopté le 25 octobre 2023, publié le 20 décembre 2023.
2025 — Dans une cohorte de population générale âgée, pas d’association avec les événements
L’étude ARIC analyse 4 006 participants indemnes de maladie cardiovasculaire au moment de leur cinquième examen (2011-2013), avec dosage par spectrométrie de masse de l’érythritol et de l’érythronate, l’un de ses produits d’oxydation. Les participants situés dans les tertiles supérieurs présentent un profil cardiométabolique moins favorable — diabète, hypertension, hyperlipidémie, microalbuminurie, indice de masse corporelle, biomarqueurs cardiaques. Mais aucune association significative n’est observée entre l’érythritol et la survenue d’événements cardiovasculaires (p ≥ 0,20) ; ce sont les taux d’érythronate qui montrent les associations les plus nettes. Les auteurs recommandent d’orienter les recherches futures vers le rôle de l’érythronate.
Référence : Abushamat LA, Yu B, Hoogeveen RC, Sun C, Cheng C, Hartig SM, Herman MA, Balasubramanyam A, Reusch JEB, Selvin E, Ndumele CE, Nambi V, Ballantyne CM. « Erythritol, erythronate, and cardiovascular outcomes in older adults in the ARIC Study ». JACC: Advances, 2025;4(3):101605.
Chronologie établie le 24 août 2026. Chaque date et chaque chiffre ont été vérifiés à la source citée — publication d’origine, avis d’agence ou texte publié au Journal officiel de l’Union européenne. Aucune information n’a été retenue sans vérification, et les dates que les sources ne permettent pas de trancher sont signalées comme telles. Si vous relevez une erreur, une référence inexacte ou une date qui vous paraît contestable, signalez-la en commentaire : elle sera vérifiée et corrigée.