Une liste d’ingrédients dit tout, à condition de savoir la lire. Cet outil ne juge pas un produit et ne lui donne pas de note : il rend lisible ce que l’étiquette écrit déjà, et rappelle les quelques règles qui changent l’interprétation.
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L’outil reconnaît les noms et les codes E des polyols, des édulcorants intenses, des sucres et des fibres fermentescibles les plus courants. Il ne remplace pas la lecture du tableau nutritionnel, et une dénomination absente de son lexique ne signifie pas qu’un ingrédient est anodin.
Les quatre pièges d’une étiquette « sans sucres »
Les polyols ne comptent pas dans la ligne « dont sucres »
C’est le point le plus important, et le moins connu. Sur la déclaration nutritionnelle, les polyols sont comptés dans les glucides, mais pas dans les sucres. Un chocolat au maltitol peut donc afficher « 0,5 g de sucres pour 100 g » en contenant 50 g de maltitol.
Ce n’est pas une tromperie : c’est la règle, et elle est justifiée — un polyol n’élève pas la glycémie comme un sucre. Mais il apporte 2,4 kcal par gramme, et il fermente. Le Nutri-Score a exactement le même angle mort : son algorithme ne compte que les sucres.
L’ordre de la liste est un ordre de poids
Le règlement (UE) n° 1169/2011 impose de déclarer les ingrédients par ordre de poids décroissant. Un sucrant en première ou deuxième position est donc l’un des deux composants principaux du produit, quoi que dise le devant du paquet.
Le sucre se fractionne
Un fabricant qui répartit son sucre entre sirop de glucose, dextrose, jus de pomme concentré et sucre de canne fait reculer chacun d’eux dans la liste, sans changer le total d’un gramme. Trois sources distinctes ou plus, et il faut les additionner mentalement avant de conclure.
Les fibres fermentescibles s’ajoutent aux polyols
Inuline, fructo-oligosaccharides, polydextrose : ces fibres arrivent au côlon intactes et y fermentent, exactement comme les polyols. Une barre « sans sucres » qui combine maltitol et inuline additionne les deux effets sur le même terrain.
Les deux mentions obligatoires à connaître
Au-delà de 10 % de polyols, l’annexe III du règlement (UE) n° 1169/2011 impose la mention « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs ». Elle est un indice utile : sa présence vous dit que le produit dépasse ce seuil, son absence qu’il est en dessous.
L’aspartame impose la mention « contient une source de phénylalanine », qui ne concerne que les personnes atteintes de phénylcétonurie.
Et une vérification qui n’a rien de réglementaire : le xylitol et le chien.
Le xylitol est toxique pour le chien à très faible dose. Un chewing-gum tombé d’une poche suffit à provoquer une hypoglycémie sévère. Si vous vivez avec un chien, c’est le premier mot à chercher dans une liste d’ingrédients. Ce qu’il faut faire en urgence.
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