Sauce caramel au sucre de fleur de coco : la recette que le xylitol ne permet pas

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Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Nous avons publié il y a longtemps une page intitulée « Caramel au xylitol : pourquoi ça ne marche pas ». Elle explique, chimie à l’appui, qu’un polyol ne peut pas caraméliser. Voici la contrepartie honnête : la recette qui marche, avec le sucrant qui le peut.

Un caramel au sucre de fleur de coco a une couleur plus sombre, un goût plus profond et une pointe de mélasse que le sucre blanc n’a pas. Il pèse 58 calories la cuillerée — contre 59 pour la même sauce au sucre blanc. Personne n’allège rien ici : on fait un caramel, et on l’assume.

Dessert · cuisine françaiseLecture 10 min

Préparation
5 min
Cuisson
12 min
Total
17 min
Pour
environ 210 g, soit 14 cuillerées de 15 g
Difficulté
facile
Coût
moyen
Saison
Toute l’année

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Ingrédients

  • 100 g de sucre de fleur de coco
  • 160 g de lait de coco entier, bien secoué
  • 15 g de beurre (ou d’huile de coco, pour une version végétalienne)
  • 1 g de fleur de sel

Allergènes présents : Lait (beurre à 80% mg minimum, doux)

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Une seule différence de méthode avec un caramel classique, et elle est importante. On ne fait pas fondre le sucre de fleur de coco à sec. Il contient déjà de l’eau, des minéraux et des composés issus de l’évaporation de la sève : chauffé seul, il brûle par endroits avant d’avoir fondu partout, et l’amertume est irrattrapable.

On travaille donc en caramel humide : le sucre part avec le liquide, monte en température ensemble, et l’ensemble réduit. C’est plus lent, c’est infiniment plus sûr, et le résultat est meilleur.

Une cuillerée de 15 g, c’est 58 calories et 6,7 g de sucres, tous ajoutés. Rapportée au repère de 25 g de sucres libres par jour que l’Organisation mondiale de la santé retient comme objectif, une seule cuillerée en consomme plus du quart. Aucun polyol, donc aucun seuil digestif : c’est un caramel, et la portion est le seul garde-fou. L’autre ligne à surveiller n’est d’ailleurs pas celle du sucre, ce sont les acides gras saturés — ils viennent du lait de coco, dont les lipides sont saturés à 88 %.

Le petit plus : mettez une petite assiette au congélateur avant de commencer. Une demi-cuillerée déposée dessus prend en trente secondes la texture qu’aura le bocal froid. C’est le seul repère honnête sur une sauce déjà brune, où la couleur n’apprend rien, et cela évite l’erreur la plus courante : arrêter trop tard et obtenir une pâte à tartiner.

Préparation

  1. Verser le sucre de fleur de coco et le lait de coco ensemble dans une casserole à fond épais. Mélanger à froid jusqu’à dissolution complète — le sucre humide fait des grumeaux qu’il faut écraser maintenant, pas plus tard.
  2. Porter à frémissement à feu moyen, puis baisser et laisser réduire 10 à 12 minutes en remuant régulièrement. Le mélange fonce, épaissit et se met à napper la cuillère.
  3. Arrêter quand la sauce nappe : passez un doigt sur le dos de la cuillère, la trace doit rester nette. Elle doit vous paraître encore un peu trop liquide — elle épaissira beaucoup en refroidissant.
  4. Hors du feu, incorporer le beurre et la fleur de sel, en fouettant. Le beurre ajouté à froid donne le brillant et la rondeur en bouche.
  5. Verser en bocal et laisser refroidir sans couvrir.

Ce que valent vraiment les chiffres

Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table Ciqual 2025 de l’ANSES, pour une masse finale pesée de 210 g — la réduction se pèse, elle ne s’estime pas.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (15 g)Total pour 14 parts
Énergie388 kcal58 kcal814 kcal
Matières grasses21 g3,1 g44 g
  dont acides gras saturés17 g2,6 g37 g
Glucides48 g7,1 g100 g
  dont sucres45 g6,7 g94 g
  dont polyols0,0 g0,0 g0,0 g
Fibres alimentaires1,3 g0,2 g2,7 g
Protéines2,0 g0,3 g4,3 g
Sel0,55 g0,08 g1,16 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 14 parts : 276 g de préparation crue, 66 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 210 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Ingrédients absents de la table Ciqual — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :

  • Sucre de fleur de coco — Absent de Ciqual. Moyenne d'étiquetage des sucres de fleur de coco du marché français, recoupée avec la littérature sur la composition des sucres de sève de palmier (70 à 80 % de saccharose, 3 à 10 % de glucose et de fructose libres). L'énergie est recalculée avec les coefficients de l'annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. C'est un sucre : il est compté comme tel dans la ligne « sucres », et aucune allégation réservée aux succédanés de sucre ne s'y applique. À remplacer par l'étiquette du produit réellement utilisé.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 4, sucres 13, acides gras saturés 10, sel 2 — soit 29. Points positifs : protéines 0, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 0. Au-delà de 11 points négatifs, les protéines ne sont pas déduites : elles ne le sont donc pas ici. Score : 29, ce qui donne un E.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)0,21 mPt/kgcalculé sur 100 % de la recette
Émissions de gaz à effet de serre0,0 kg CO₂ eq par partcalculé sur 100 % de la recette
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballageen attente
Planet-Score — climaten attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversitéen attente
Planet-Score — bien-être animalsans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

Green-Score calculé — 59 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus

A+ABCDEF

Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.

2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.

Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Sucre roux 59 %, Lait de coco ou Crème de coco 21 %, Beurre à 82% MG, doux 20 % du score.

Ingrédients rapprochés : Sucre de fleur de coco → Sucre roux (sucre roux — sucre non raffiné, mais issu de la canne et non de la sève de cocotier). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.

Qualité de la donnée : DQR 2,7 sur 5, qualité moyenne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.

Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.

Le même caramel, autrement

Par cuillerée de 15 gSucre de cocoSucre blancXylitol
Énergie58 kcal59 kcal
Sucres6,7 g7,4 g
Caraméliseouiouinon, jamais

La colonne xylitol est vide, et ce n’est pas une omission. Il n’existe pas de version de cette recette au xylitol, parce qu’un caramel n’est pas une préparation sucrée : c’est une préparation caramélisée. Le xylitol fond à 92 °C, reste incolore, ne développe aucun arôme, puis recristallise en refroidissant. On obtient un sirop transparent qui redevient du sable. Notre page dédiée détaille ce qu’on peut faire à la place.

Entre le sucre de fleur de coco et le sucre blanc, en revanche, l’écart est d’une calorie par cuillerée. Le sucre de coco n’est pas ici un allègement, c’est un goût : plus sombre, plus profond, légèrement mélassé. C’est une bonne raison de le choisir, à condition de savoir que c’en est une et pas une autre.

Un point à regarder : les acides gras saturés

Le tableau nutritionnel affiche une teneur élevée en acides gras saturés, et elle ne vient pas du sucre : elle vient du lait de coco, dont les lipides sont saturés à 88 %. C’est le vrai coût nutritionnel de cette sauce, et il passe complètement inaperçu derrière le mot « coco », qui évoque la légèreté. Une cuillerée reste une cuillerée ; un demi-bocal sur une glace, non.

Les mentions autorisées : aucune

Ni « sans sucres ajoutés », ni « teneur réduite en sucres », ni « faible valeur énergétique », ni aucune des allégations du règlement (UE) n° 432/2012 réservées aux succédanés de sucre. C’est un caramel.

Le petit plus

  • Oubliez la couleur : elle ne vous apprendra rien ici. Dans un caramel au sucre blanc, la teinte est l’indicateur de cuisson. Le sucre de fleur de coco, lui, est déjà brun foncé dans le paquet : la sauce est sombre dès la première minute et le restera. Le seul repère valable est la consistance.
  • Mettez une petite assiette au congélateur avant de commencer. Une demi-cuillerée déposée dessus prend en trente secondes la texture qu’aura le bocal froid. C’est le seul moyen honnête de savoir où vous en êtes, et cela évite l’erreur la plus courante — arrêter trop tard et se retrouver avec une pâte à tartiner.
  • Le beurre en dés bien froids, un par un, en fouettant. Jeté d’un bloc dans une sauce encore brûlante, il se sépare et la sauce devient huileuse au lieu de devenir brillante.
  • Le sel n’est pas une décoration. Il tranche la douceur et fait ressortir la note de mélasse ; sans lui, la sauce paraît plate. Ajoutez-le en trois fois en goûtant, plutôt que d’un coup.
  • Variantes : une gousse de vanille fendue, un bâton de cannelle ou une étoile de badiane pendant la réduction, retirés avant le beurre. Hors du feu, une cuillerée de purée de cacahuète ou un trait de rhum brun.

Substitutions

  • Le sucre blanc — 100 g, même poids, même méthode : 59 kcal la cuillerée au lieu de 58. La sauce est plus claire et plus neutre, et l’on retrouve alors la possibilité du caramel à sec, que le sucre de fleur de coco interdit.
  • Le muscovado ou le rapadura — 100 g également, même comportement : ce sont eux aussi des sucres non raffinés chargés de mélasse. La note est plus réglissante, presque fumée avec le muscovado.
  • Le lait de coco — 160 g de crème à 30 %, comme indiqué plus bas, ou 160 g de lait de coco allégé. Avec l’allégé, comptez trois à quatre minutes de réduction de plus : il y a simplement plus d’eau à évaporer.
  • Le beurre — 15 g d’huile de coco désodorisée pour une version sans produit laitier, ou 15 g de purée d’amande blanche, qui épaissit un peu plus et donne une sauce plus mate.
  • Ce qui ne marche pas : le xylitol et l’érythritol, et c’est le sujet même de cette page. Aucun polyol ne caramélise : on obtiendrait un sirop pâle et sans arôme, qui recristallise en refroidissant. La stévia non plus, pour une autre raison — il manquerait les 100 g de matière qui font le corps de la sauce.

Conservation

Deux semaines au réfrigérateur en bocal fermé. La sauce durcit au froid : sortez-la vingt minutes avant, ou passez le bocal quelques secondes au bain-marie. Elle se congèle mal — le lait de coco se déphase à la décongélation.

En avance : c’est une sauce qui se prépare très bien la veille ou l’avant-veille, et qui gagne même à reposer une nuit, le temps que le sel et la mélasse se fondent l’un dans l’autre. Faites-la en double quantité tant que la casserole est sale : la réduction demande le même temps de surveillance. Un détail de méthode, en revanche : versez-la dans un bocal en verre épais et laissez-la refroidir à découvert avant de fermer, faute de quoi la vapeur retombe en gouttes à la surface.

Et ne comptez pas sur le sucre pour la garder. Une confiture se conserve parce qu’elle titre autour de 60 % de sucre ; cette sauce en est loin, et elle contient un produit gras d’origine végétale déjà ouvert. C’est le froid qui la garde, pas le sucrant — et le bocal doit être propre et bien fermé.

Le matériel

  • Une casserole à fond épais et à bords hauts — épaisse parce qu’un sucre non raffiné brûle au moindre point chaud, haute parce que le lait de coco gonfle beaucoup au premier frémissement. Une petite casserole basse déborde.
  • Une balance — le sucre de fleur de coco est humide et s’agglomère en mottes, et le rapport entre lui et le lait de coco décide de la consistance finale : c’est la seule chose à ne pas estimer à l’œil. Elle sert aussi à la fin, la recette étant écrite pour 210 g de sauce pesés : peser le bocal vide puis plein est la façon la plus sûre de savoir si la réduction est faite.
  • Un fouet — pour dissoudre le sucre à froid, puis pour monter le beurre à la fin. Une cuillère ne fait ni l’un ni l’autre correctement.
  • Une cuillère en bois et une petite assiette au congélateur — les deux instruments de mesure de cette recette : la trace du doigt sur le dos de la cuillère, et la goutte refroidie d’un coup.
  • Un bocal en verre épais à fermeture franche — la sauce y est versée chaude, donc évitez le verre fin, et remplissez lentement.
  • Pas besoin de thermomètre à sucre, contrairement à un caramel classique : on ne vise pas une température ici, on vise une consistance, et l’échelle de couleur qui sert de repère ailleurs est inutilisable avec ce sucre.

Questions fréquentes

Ma sauce est granuleuse.
Le sucre n’était pas dissous avant la chauffe, ou l’ébullition a été trop vive et le lait de coco s’est déphasé. Un coup de mixeur plongeant rattrape presque toujours.

Elle est trop liquide une fois froide.
Elle n’a pas assez réduit. Remettez-la trois minutes à frémissement. À l’inverse, si elle est trop épaisse, détendez-la avec une cuillerée de lait de coco chaud.

Avec de la crème plutôt que du lait de coco ?
Oui, 160 g de crème à 30 %. La sauce sera plus riche encore, et vous perdrez la note de coco qui répond bien au sucre de fleur de coco.

Peut-on en faire un caramel dur, à casser ?
Non, pas avec cette méthode ni avec ce sucre. Le sucre de fleur de coco contient trop d’impuretés et d’humidité pour donner un caramel vitreux propre. Pour cela, il faut du saccharose raffiné.

Recette publiée le 23 août 2026. Les valeurs du sucre de fleur de coco ne proviennent pas de Ciqual : leur source est indiquée sous le tableau nutritionnel. La version au sucre blanc est recalculée sur la même base, en ne changeant que le sucrant.

À servir avec, ou à essayer ensuite

Choisies parmi les recettes au même sucrant.

Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.

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