Les autres édulcorants, chacun pour lui-même

Ce site est né autour du xylitol, et c’est à lui que la plus grande partie en reste consacrée. Mais un lecteur qui cherche à réduire le sucre ne se pose jamais la question d’un seul produit : il compare, il hésite, et il tombe sur des pages qui vantent chacune le leur. Cette rubrique présente donc les principales alternatives pour elles-mêmes, avec leurs qualités réelles et leurs limites, sans en désigner une gagnante.

La distinction avec la rubrique Xylitol et édulcorants est simple : celle-ci compare le xylitol aux autres produits, deux à deux. Celle-là décrit chaque produit indépendamment, comme si le xylitol n’existait pas.

Sur cette page

Les quatre fiches

Érythritol

Un polyol comme le xylitol, mais obtenu par fermentation et non par hydrogénation. Zéro calorie à l’étiquetage européen, très bien toléré sur le plan digestif, sans toxicité pour le chien, et seul édulcorant admis en transformation biologique. En regard : un pouvoir sucrant inférieur d’un tiers, un effet froid marqué en bouche, une tendance à recristalliser — et une dose journalière admissible fixée par l’EFSA en décembre 2023, que les niveaux de consommation actuels dépasseraient déjà.

Stévia

Le seul de la rubrique à ne pas être un sucre-alcool : un extrait de plante, deux à trois cents fois plus sucrant que le sucre, sans calories et sans effet sur la glycémie. En regard : une amertume réglissée caractéristique, l’incapacité à remplacer le sucre autrement qu’en goût — ni volume, ni texture, ni brunissement —, un support de dilution qu’il faut impérativement lire sur l’étiquette, et un avis défavorable de l’Organisation mondiale de la santé en 2023 dont les polyols, eux, sont exclus.

Sirop de yacon

Ni polyol ni extrait : un aliment, obtenu par concentration du jus d’un tubercule andin. C’est le seul de la rubrique qui apporte des fibres prébiotiques. C’est aussi l’un des deux qui contiennent encore de vrais sucres — environ un tiers de fructose libre — avec un indice glycémique mesuré autour de 40 et une valeur énergétique de l’ordre de la moitié de celle du sucre. Ce n’est donc pas un produit « zéro », et encore moins un produit minceur, quoi qu’en dise sa réputation.

Sucre de fleur de coco

L’intrus assumé de la rubrique : ce n’est pas un édulcorant de substitution, c’est un sucre. Composé à 70-80 % de saccharose, il apporte 380 kcal aux 100 g et se comporte dans le sang comme le sucre de canne : son indice glycémique est de 54, mesuré par l’université de Sydney. Le 35 qu’on lit partout vient d’une mesure philippine unique, jamais retrouvée. Sa fiche est ici parce que des milliers de personnes le cherchent en croyant le contraire. Il a en revanche un avantage réel, et il est de taille : il caramélise, il brunit, il donne du croustillant. Ce que ni le xylitol ni l’érythritol ne feront jamais.

Vue d’ensemble

 XylitolÉrythritolStéviaSirop de yaconSucre de coco
Naturepolyolpolyolextrait de plantealimentsucre
NuméroE967E968E960a, c, daucunaucun
Pouvoir sucrant100 %env. 70 %200 à 300 foisenv. 50 %env. 90 %
Énergie2,4 kcal/g0 kcal/g0env. 2 kcal/g3,8 kcal/g
Indice glycémique7 à 1300env. 4054 (35 revendiqué)
Caramélise, brunitnonnonnonouioui
Tolérance digestivelimitéebonnebonnelimitée (FODMAP)bonne
Additif admis en biononouinonsans objetsans objet
Visé par l’avis OMS 2023nonnonouinonsans objet
Toxique pour le chienouinonnonnonnon

Ce tableau donne des ordres de grandeur, non des vérités absolues : chaque valeur est discutée, avec ses sources, sur la fiche correspondante. Une lecture s’impose sur la dernière colonne : le sucre de fleur de coco y figure parce qu’on le présente partout comme une alternative, et la comparaison montre précisément qu’il n’en est pas une — son énergie est celle du sucre, son indice glycémique aussi.

Le sirop d’agave, souvent cité dans les mêmes listes, est traité dans la rubrique comparative : son cas se comprend mieux face au xylitol.

Ce qu’aucun de ces produits ne fait

Aucun ne fait maigrir. Aucun ne soigne. Deux allégations de santé seulement sont autorisées dans l’Union européenne pour les édulcorants, au titre du règlement (UE) n° 432/2012 : une élévation plus faible du glucose sanguin qu’avec du sucre, et une contribution au maintien de la minéralisation dentaire, l’une et l’autre sous conditions précises. Le sucre de fleur de coco, lui, n’y a pas droit du tout : ces allégations supposent qu’on ait remplacé les sucres.

Et aucun ne remplace le sucre à lui seul en pâtisserie. Le sucre sucre, mais il apporte aussi du volume, de la masse, de l’humidité, de la couleur, de la texture, il nourrit la levure et il conserve. Un édulcorant n’assure jamais que la première de ces fonctions, parfois la deuxième. C’est la raison pour laquelle tant de recettes de substitution déçoivent.

Déclaration d’intérêts

L’auteur de ce site dirige une entreprise qui commercialise plusieurs des produits présentés dans cette rubrique. Aucune marque n’y est recommandée, aucun lien rémunéré n’y figure, et les informations défavorables aux produits vendus — dose journalière admissible de l’érythritol, avis de l’OMS sur la stévia — y sont énoncées aussi clairement que les autres. À propos de ce site.

Flore O.

Flore O. porte un regard attentif et passionné sur les grandes questions liées à la nutrition et à l’alimentation, auxquelles elle contribue à travers les articles de fond de Sucres et Alternatives. Curieuse et sensible aux liens qui unissent alimentation, nature et bien-être, elle nourrit également une profonde passion pour les fleurs et la botanique. Cet intérêt pour le monde végétal enrichit sa réflexion et lui offre un regard singulier sur les plantes, leur diversité et leur place dans notre quotidien.

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