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La découverte du xylitol remonte à 1891. On la doit à Hermann Emil Fischer, un chimiste allemand de l’Université de Berlin. Il reçut le prix Nobel de Chimie en 1902 pour ses travaux sur la synthèse des sucres et des purines (molécules entrant dans la composition de notre ADN ainsi que d’autres biomolécules). Fischer inventa un système de représentation des sucres qui porte son nom (projection de Fischer). De plus, Emil Fischer laissera son nom à diverses réactions chimiques dans le domaine des sucres.
C’est par une méthode chimique que Fischer a découvert et synthétisé le xylitol. Ironie de l’histoire, des scientifiques découvriront plus tard que le xylitol est présent naturellement dans notre organisme.
Les avancées sur le xylitol sont à l’actif de deux chercheurs, Kauko Mäkinen et Arje Scheinin, de l’Université de Turku en Finlande. Ils ont découvert que le xylitol possédait des propriétés intéressantes. Après 3 ans de travaux, ils publient leurs résultats en 1975. Leurs recherches suggèrent que le sucre naturel de bouleau aurait un impact positif au niveau dentaire. En effet, le xylitol de bouleau posséderait des vertus non cariogènes, c’est-à-dire qu’il ne nourrit pas les bactéries responsables de la carie.
Chronologie du xylitol, de 1891 à aujourd’hui
Cette frise recense les jalons scientifiques, industriels et réglementaires du xylitol. Chaque entrée renvoie à la page de ce site qui traite le sujet en détail. Les références y figurent donc deux fois : ici pour la chronologie, et là-bas pour le fond. Les entrées marquées date incertaine reposent sur des sources qui se contredisent, et nous le signalons plutôt que de trancher arbitrairement.
1891 — Découverte du xylitol, en Allemagne et en France la même année
Emil Fischer et son collaborateur Rudolf Stahel obtiennent le xylitol par réduction du xylose extrait de copeaux de hêtre, et publient leurs résultats en 1891 ; ils nomment le produit « Xylit », du grec xylon, le bois. La même année, le chimiste français M. G. Bertrand obtient de son côté un sirop de xylitol à partir de paille de blé et d’avoine. Le matériau de départ n’est donc ni le bouleau ni le maïs, mais le hêtre d’un côté, la paille de céréales de l’autre. Aucune des deux équipes n’isole alors un solide : le produit reste un sirop.
Référence : Fischer E, Stahel R. « Zur Kenntniss der Xylose ». Berichte der deutschen chemischen Gesellschaft, 24(1), 1891, p. 528-539. — Bertrand MG. Bulletin de la Société chimique de Paris, 5, 1891, p. 554-557.
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1902 — Prix Nobel de chimie décerné à Emil Fischer
Emil Fischer, alors à l’université de Berlin, reçoit le prix Nobel de chimie 1902. La motivation officielle du comité vise « ses travaux sur les synthèses des sucres et des purines », et non le xylitol en particulier. Le xylitol n’est qu’un produit parmi d’autres de son programme de travail sur la chimie des sucres.
Référence : Fondation Nobel, prix Nobel de chimie 1902.
1942-1943 — Première cristallisation du xylitol
Un demi-siècle après sa découverte, le xylitol n’existait encore que sous forme de sirop. Wolfrom et Kohn en obtiennent en 1942 la première forme cristalline, monoclinique, hygroscopique et métastable, en conservant longuement le sirop au froid. Carson et ses collaborateurs obtiennent l’année suivante la forme stable, orthorhombique, dont le point de fusion se situe entre 93 et 94,5 °C. C’est cette forme cristalline stable, qui se dissout en absorbant de la chaleur, qui donne au xylitol sa sensation de fraîcheur en bouche.
Référence : Wolfrom ML, Kohn EJ, Journal of the American Chemical Society, 1942 ; Carson JF, Waisbrot SW, Jones FT, ibid., 1943. Cités par Mäkinen KK, Biochemical Principles of the Use of Xylitol in Medicine and Nutrition, Birkhäuser, Bâle, 1978.
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1970-1972 — Fin de l’usage du xylitol en perfusion intraveineuse
Dans les années 1960, le xylitol est employé en nutrition parentérale comme substrat énergétique indépendant de l’insuline. En 1969-1970, en Australie, une série de patients perfusés développent une acidose sévère, une nécrose hépatique et une oxalose rénale ; vingt décès sont rapportés. Une équipe d’Adélaïde publie l’analyse clinique de ces complications en 1972, et l’usage intraveineux est abandonné. Le comité mixte FAO/OMS notera plus tard que les lots incriminés provenaient de deux séries contaminées, la responsabilité du xylitol lui-même restant discutée. Cet épisode concerne la voie intraveineuse et non la consommation alimentaire, mais il circule encore aujourd’hui sous une forme déformée.
Référence : Thomas DW et al., « Complications following intravenous administration of solutions containing xylitol », Medical Journal of Australia, 1972;1(24):1238-1246. — JECFA, monographie xylitol, WHO Food Additives Series 12, 21e réunion, Genève, avril 1977.
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1974-1975 — Première production industrielle, en Finlande (date incertaine)
La production industrielle du xylitol démarre en Finlande, à Kotka, à partir de bois de bouleau, matière première abondante dans le pays. C’est cette filière qui a durablement associé le xylitol au bouleau dans l’esprit du public, alors que la molécule avait été obtenue à partir du hêtre et de la paille. Les sources industrielles divergent sur l’année exacte : 1974 pour le démarrage de l’usine de Kotka, 1975 pour la commercialisation.
Référence : IFF, « 50 Years of Sweet Innovation », novembre 2025 ; Fazer, communiqué du 28 avril 2022.
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1975 — Premier chewing-gum au xylitol (date incertaine)
La marque finlandaise Jenkki, créée en 1951 par Huhtamäki, lance en 1975 une version sucrée au xylitol, présentée comme le premier chewing-gum au xylitol commercialisé. Le produit est mis au point à Turku, là même où se déroulaient les essais cliniques. Le xylitol quitte ainsi le laboratoire pour la grande consommation.
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1975-1976 — Les Turku Sugar Studies, finlandaises et non suédoises
Menées à l’université de Turku, en Finlande, par Arje Scheinin et Kauko K. Mäkinen, ces études comparent chez l’adulte trois régimes alimentaires dans lesquels le sucre de table est remplacé par du fructose ou du xylitol. Le rapport final, portant sur deux ans et 115 sujets, mesure un accroissement carieux moyen de 7,2 surfaces dans le groupe saccharose, 3,8 dans le groupe fructose et 0,0 dans le groupe xylitol. Un volet distinct compare pendant un an un chewing-gum au xylitol à un chewing-gum au saccharose chez 102 jeunes adultes. Ces travaux sont régulièrement attribués à tort à la Suède.
Référence : Scheinin A, Mäkinen KK, Ylitalo K. « Turku sugar studies V », Acta Odontologica Scandinavica, 1976;34(4):179-216. — Scheinin A et al., « Turku sugar studies XVIII », ibid., 1975;33(5):269-278.
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1977 — Première évaluation par le comité mixte FAO/OMS et description du métabolisme
Le JECFA examine le xylitol lors de sa 21e réunion, tenue à Genève en avril 1977, et publie une monographie toxicologique. Celle-ci décrit la voie métabolique du xylitol chez l’homme : oxydation en D-xylulose par une polyol-déshydrogénase cytoplasmique, puis phosphorylation en D-xylulose-5-phosphate, point de jonction entre le cycle glucuronate-xylulose et la voie des pentoses phosphates. L’évaluation est jugée incomplète à ce stade et des études complémentaires sont demandées.
Référence : JECFA, « 450. Xylitol », WHO Food Additives Series 12, 21e réunion, Genève, 18-27 avril 1977.
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1978 — Première monographie scientifique consacrée au xylitol
Kauko K. Mäkinen publie chez Birkhäuser, à Bâle, une monographie qui rassemble ce que l’on sait alors du xylitol : propriétés physico-chimiques, biochimie, usages médicaux et nutritionnels, avec une attention particulière aux aspects dentaires. L’ouvrage sert longtemps de référence de base sur les propriétés du produit, dont son pouvoir sucrant.
Référence : Mäkinen KK, Biochemical Principles of the Use of Xylitol in Medicine and Nutrition with Special Consideration of Dental Aspects, Birkhäuser, Bâle, 1978.
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1983 — Le JECFA attribue au xylitol une dose journalière admissible « non spécifiée »
Lors de sa 27e réunion, tenue à Genève en avril 1983, le comité mixte FAO/OMS conclut à une DJA « non spécifiée ». Cette formulation signifie que, au vu des données disponibles, l’apport résultant des usages nécessaires pour obtenir l’effet recherché ne représente pas, de l’avis du comité, un danger. Elle ne dispense pas de tenir compte de la tolérance digestive, qui reste le facteur limitant en pratique.
Référence : JECFA, « 569. Xylitol », WHO Food Additives Series 18, 27e réunion, Genève, 11-20 avril 1983 ; rapport OMS, série de rapports techniques n° 696.
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1994 — Le xylitol devient l’additif européen E967
La directive 94/35/CE du 30 juin 1994 sur les édulcorants inscrit le xylitol sous le numéro E967, aux côtés des autres polyols : sorbitol E420, mannitol E421, isomalt E953, maltitol E965, lactitol E966. L’emploi est autorisé quantum satis, c’est-à-dire sans dose maximale chiffrée mais dans la limite de ce qui est nécessaire. Le texte impose déjà la mention « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs » sur les édulcorants de table à base de polyols.
Référence : Directive 94/35/CE, annexe (E 967 Xylitol, quantum satis) et article 5 § 2. Abrogée depuis : l’E967 relève du règlement (CE) n° 1333/2008.
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1995 — L’essai du Belize : xylitol comparé au sorbitol sur 40 mois
Une étude de cohorte en double aveugle suit 1 277 enfants au Belize pendant 40 mois, en comparant plusieurs chewing-gums : xylitol seul, sorbitol seul, mélanges xylitol-sorbitol, et gomme au saccharose. Les gommes au xylitol pur donnent la réduction d’incidence carieuse la plus forte, nettement supérieure à celle des gommes au sorbitol. C’est l’un des rares essais à avoir directement comparé les deux polyols sur une durée longue.
Référence : Mäkinen KK et al., « Xylitol chewing gums and caries rates: a 40-month cohort study », Journal of Dental Research, 1995;74(12):1904-1913.
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1996-1998 — Les travaux d’Uhari sur les otites moyennes aiguës
L’équipe de Matti Uhari, à Oulu en Finlande, publie en 1996 dans le BMJ un essai randomisé en double aveugle mené chez 306 enfants de crèche : avec 8,4 g de xylitol par jour sous forme de chewing-gum, 12,1 % des enfants présentent une otite moyenne aiguë contre 20,8 % dans le groupe saccharose. Un second essai, publié en 1998, porte sur 857 enfants répartis entre sirop, gomme et pastilles, à raison de cinq prises quotidiennes pendant trois mois : la réduction est d’environ 30 % avec le sirop et 40 % avec la gomme, tandis que les pastilles n’atteignent pas la significativité. La fréquence des prises s’avère déterminante. La gêne abdominale est l’effet indésirable le plus fréquent.
Référence : Uhari M, Kontiokari T, Koskela M, Niemelä M. « Xylitol chewing gum in prevention of acute otitis media », BMJ, 1996;313(7066):1180-1184. — Uhari M, Kontiokari T, Niemelä M. « A novel use of xylitol sugar in preventing acute otitis media », Pediatrics, 1998;102(4 Pt 1):879-884.
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1996-2002 — Mécanisme d’action sur Streptococcus mutans, et apparition de souches résistantes
Le xylitol est capté par Streptococcus mutans via un système phosphotransférase du fructose, puis accumulé sous forme de xylitol-5-phosphate, un métabolite inutilisable et toxique pour la bactérie, qui doit dépenser de l’énergie pour l’expulser. Ce cycle improductif explique l’inhibition de croissance observée. Les mêmes travaux montrent que des mutants résistants, dépourvus de ce système de transport, émergent régulièrement à partir d’isolats humains — ce qui nuance la portée de l’effet.
Référence : Trahan L, Bourgeau G, Breton R, Journal of Dental Research, 1996;75(11):1892-1900. — Benchabane H et al., ibid., 2002;81(6):380-386.
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2000 — Consommation maternelle de xylitol et transmission bactérienne à l’enfant
Un essai finlandais suit 169 couples mère-enfant pendant deux ans. Les mères du groupe xylitol mâchent, à partir du troisième mois après l’accouchement, une gomme à 65 % de xylitol au moins deux à trois fois par jour ; les groupes témoins reçoivent des applications de chlorhexidine ou de vernis fluoré. À deux ans, des streptocoques mutans sont détectés chez 9,7 % des enfants du groupe xylitol, contre 28,6 % et 48,5 % dans les groupes témoins.
Référence : Söderling E, Isokangas P, Pienihäkkinen K, Tenovuo J, Journal of Dental Research, 2000;79(3):882-887.
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2003 — Synthèse des propriétés glycémiques des polyols
Une revue publiée dans Nutrition Research Reviews rassemble les données disponibles sur les polyols employés en remplacement du sucre. Pour le xylitol, elle retient un index glycémique moyen de 13 sur une échelle où le glucose vaut 100, calculé à partir de six études, et un index insulinémique de 11 établi sur quatre études. Elle souligne aussi que la réponse laxative varie fortement d’un individu à l’autre.
Référence : Livesey G. « Health potential of polyols as sugar replacers, with emphasis on low glycaemic properties », Nutrition Research Reviews, 2003;16(2):163-191, tableau 5.
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2004 — Première publication d’un cas d’hypoglycémie canine après ingestion de xylitol
Un cas clinique décrit un labrador ayant présenté une hypoglycémie sévère, des convulsions et un collapsus après avoir avalé des chewing-gums au xylitol. L’auteure rappelle que, contrairement à l’homme, le chien répond au xylitol par une libération massive d’insuline. C’est le point de départ de la reconnaissance de cette toxicité en médecine vétérinaire.
Référence : Dunayer EK. « Hypoglycemia following canine ingestion of xylitol-containing gum », Veterinary and Human Toxicology, 2004;46(2):87-88.
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2006 — Insuffisance hépatique aiguë chez le chien : la série de huit cas
Deux vétérinaires du centre antipoison animalier de l’ASPCA publient une série de huit chiens ayant développé une insuffisance hépatique aiguë et des troubles de la coagulation après ingestion de xylitol. Cette publication établit que la toxicité canine ne se limite pas à l’hypoglycémie. Les seuils aujourd’hui retenus sont d’environ 100 mg/kg pour l’hypoglycémie et 500 mg/kg pour l’atteinte hépatique.
Référence : Dunayer EK, Gwaltney-Brant SM. « Acute hepatic failure and coagulopathy associated with xylitol ingestion in eight dogs », Journal of the American Veterinary Medical Association, 2006;229(7):1113-1117. Seuils : Merck Veterinary Manual.
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2009 — Première allégation de santé européenne visant nommément le xylitol
Le règlement (CE) n° 1024/2009 du 29 octobre 2009 autorise l’allégation « les chewing-gums sucrés à 100 % au xylitol ont montré qu’ils réduisaient la plaque dentaire ». La condition d’emploi impose d’informer le consommateur que l’effet est obtenu avec 2 à 3 g de chewing-gum sucré à 100 % au xylitol, au moins trois fois par jour après les repas. C’est, à ce jour, la seule allégation européenne qui désigne le xylitol par son nom pour un effet dentaire.
Référence : Règlement (CE) n° 1024/2009 de la Commission, annexe I ; avis EFSA Q-2008-321.
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2010 — Deux avis favorables de l’EFSA sur les chewing-gums sans sucre
L’Autorité européenne de sécurité des aliments rend deux avis distincts : l’un sur la réduction de la déminéralisation dentaire, l’autre sur la neutralisation des acides de la plaque. Ces avis portent sur la catégorie « chewing-gum sans sucre » et non sur le xylitol seul, ce qui élargit la portée au-delà du seul édulcorant — une nuance souvent perdue dans les argumentaires commerciaux.
Référence : EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies, EFSA Journal, 2010;8(10):1775 et 8(10):1776.
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2011 — Valeur énergétique réglementaire des polyols fixée à 2,4 kcal par gramme
Le règlement (UE) n° 1169/2011 sur l’information des consommateurs fixe, à son annexe XIV, le coefficient de conversion applicable aux polyols pour l’étiquetage nutritionnel : 2,4 kcal/g, soit 10 kJ/g. L’érythritol fait exception, à 0 kcal/g. Le même règlement impose la mention « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs » lorsque la teneur en polyols ajoutés dépasse 10 %.
Référence : Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV (coefficients de conversion) et annexe III (mentions obligatoires complémentaires).
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2011 — Autorisation des glycosides de stéviol dans l’Union européenne
Le règlement (UE) n° 1131/2011 autorise les glycosides de stéviol sous le numéro E960, avec des doses maximales fixées par catégorie de denrées. À la différence du xylitol, autorisé quantum satis depuis 1994, la stévia entre donc sur le marché européen avec des limites chiffrées et une dose journalière admissible.
Référence : Règlement (UE) n° 1131/2011 de la Commission du 11 novembre 2011 modifiant l’annexe II du règlement (CE) n° 1333/2008.
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2012 — Deux allégations de santé autorisées pour le xylitol lui-même
Le règlement (UE) n° 432/2012 établit la liste des allégations autorisées. Deux d’entre elles visent le xylitol : la consommation d’aliments ou de boissons contenant du xylitol à la place du sucre contribue au maintien de la minéralisation dentaire, à condition que le pH de la plaque ne descende pas sous 5,7 pendant et jusqu’à trente minutes après la consommation ; et elle entraîne une élévation de la glycémie postprandiale moindre qu’avec les produits sucrés. Ces allégations reposent sur un avis EFSA portant sur l’ensemble des substituts de sucre, pas sur le xylitol seul.
Référence : Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012, annexe. — EFSA, EFSA Journal, 2011;9(4):2076.
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2012 — Trois allégations pour les chewing-gums sans sucre, dont la sécheresse buccale
Le même règlement autorise trois allégations pour la catégorie « chewing-gum sans sucre » : maintien de la minéralisation dentaire, neutralisation des acides de la plaque, et réduction de la sécheresse buccale. Les deux premières supposent une mastication d’au moins vingt minutes après avoir mangé ou bu. Aucune allégation européenne ne porte, à ce jour, sur la mauvaise haleine elle-même — la sécheresse buccale en est une cause parmi d’autres, ce n’est pas la même chose.
Référence : Règlement (UE) n° 432/2012, annexe, entrées « chewing-gum sans sucre ». — EFSA Journal, 2009;7(9):1271.
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2013 — Réévaluation de l’aspartame par l’EFSA
L’EFSA achève la réévaluation complète de l’aspartame (E951) et conclut que la substance ne pose pas de problème de sécurité aux niveaux d’exposition estimés ni à la dose journalière admissible de 40 mg par kilo et par jour, qui n’est donc pas révisée. Le xylitol, lui, ne fait l’objet d’aucune DJA chiffrée : son facteur limitant est la tolérance digestive, pas la toxicité.
Référence : EFSA Panel on Food Additives and Nutrient Sources added to Food, EFSA Journal, 2013;11(12):3496.
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2015 — La revue Cochrane sur le xylitol et les caries
Une revue systématique Cochrane réunit dix études et 5 903 participants. Elle conclut à un niveau de preuve faible en faveur d’un dentifrice fluoré contenant 10 % de xylitol — environ 13 % de caries en moins sur deux ans et demi à trois ans par rapport au dentifrice fluoré seul — et ne permet pas de conclure pour les autres formes : sirops, pastilles, comprimés. Les auteurs relèvent l’insuffisance des données sur les chewing-gums et le sous-rapportage des effets indésirables digestifs. Ce résultat contraste nettement avec les essais finlandais des décennies précédentes, et c’est la raison pour laquelle nous écrivons « documenté mais discuté » plutôt qu’« établi ».
Référence : Riley P, Moore D, Ahmed F, Sharif MO, Worthington HV. « Xylitol-containing products for preventing dental caries in children and adults », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015, n° 3, art. CD010743.
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2016 — La revue Cochrane sur le xylitol et les otites
Cette mise à jour d’une revue parue en 2011 réunit cinq essais et 3 405 enfants. Elle retient un niveau de preuve modéré indiquant que le xylitol ramène le risque d’otite moyenne aiguë de 30 % à environ 22 % chez des enfants en bonne santé gardés en collectivité. En revanche, aucun bénéfice n’est établi chez l’enfant en cours d’infection respiratoire ni chez l’enfant sujet aux otites à répétition — c’est-à-dire, précisément, chez ceux dont les parents cherchent une solution.
Référence : Azarpazhooh A, Lawrence HP, Shah PS. « Xylitol for preventing acute otitis media in children up to 12 years of age », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2016, n° 8, art. CD007095.
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2019 — Revue de synthèse sur les effets métaboliques du xylitol
Une équipe de Bâle fait le point sur le métabolisme du xylitol et de l’érythritol : absorption, devenir hépatique, effets sur la glycémie et l’insulinémie, tolérance digestive. Le métabolisme du xylitol étant très largement indépendant de l’insuline, la question de son usage chez les personnes diabétiques y est examinée, de même que les limites des données disponibles.
Référence : Wölnerhanssen BK, Meyer-Gerspach AC, Beglinger C, Islam MS. « Metabolic effects of the natural sweeteners xylitol and erythritol: A comprehensive review », Critical Reviews in Food Science and Nutrition, 2020;60(12):1986-1998.
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Années 2000-2020 — Bascule de la production vers la Chine et la rafle de maïs (date incertaine)
Le centre de gravité industriel se déplace de la Scandinavie vers l’Asie. La Chine devient le premier producteur et exportateur mondial, en s’appuyant non sur le bois de bouleau mais sur la rafle de maïs, dont l’extraction du xylose revient nettement moins cher. En 2020, la zone Asie-Pacifique représente plus de 39 % du chiffre d’affaires mondial du xylitol. C’est cette bascule qui explique qu’aujourd’hui la totalité du xylitol certifié biologique vienne de Chine. La datation précise reste difficile à établir à partir de sources publiques.
Référence : Grand View Research, « Xylitol Market Size, Share & Trends Analysis Report », données 2020. — Pandey N et al., Biotechnology for Biofuels and Bioproducts, 2025;18:106.
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2021 — Le xylitol reste absent de la liste des additifs autorisés en bio
Le règlement d’exécution (UE) 2021/1165 fixe la liste des produits et substances utilisables en production biologique. Son annexe V, qui recense les additifs admis, mentionne l’érythritol (E968) — à condition qu’il soit issu de la production biologique et obtenu sans recours à l’échange d’ions — mais ne comporte aucune ligne pour le xylitol (E967). Il en résulte une situation particulière : du xylitol certifié biologique est en vente comme produit à part entière, mais il ne peut pas servir d’additif dans un produit transformé biologique.
Référence : Règlement d’exécution (UE) 2021/1165 de la Commission du 15 juillet 2021, annexe V.
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2022-2025 — Nouvelles matières premières et montée des procédés biotechnologiques
Fazer met en service en avril 2022 à Lahti, en Finlande, une usine produisant du xylitol à partir de balles d’avoine, sous-produit de sa propre meunerie. Sur le plan des procédés, l’hydrogénation catalytique du xylose sur nickel de Raney reste la voie de production de masse, mais elle est exigeante en énergie, avec un rendement de conversion de l’ordre de 50 à 60 % du xylane des hydrolysats. Une revue de 2025 relève qu’en 2023 et 2024 les stratégies de production biologique, par fermentation et ingénierie métabolique, sont devenues la voie privilégiée dans la littérature.
Référence : Fazer, communiqué du 28 avril 2022. — Pandey N et al., « Current trends in the production of xylitol and paving the way for metabolic engineering in microbes », Biotechnology for Biofuels and Bioproducts, 2025;18:106.
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2023 — L’OMS déconseille les édulcorants non sucrés, mais exclut les polyols de son avis
Le 15 mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé publie une recommandation conditionnelle déconseillant l’usage des édulcorants non sucrés pour contrôler le poids ou réduire le risque de maladies non transmissibles : acésulfame K, aspartame, advantame, cyclamates, néotame, saccharine, sucralose et glycosides de stéviol. Les polyols, dont le xylitol, sont explicitement exclus du champ de cette recommandation, l’OMS les considérant comme des sucres ou dérivés de sucres apportant des calories. Cette exclusion est fréquemment présentée à tort comme un blanc-seing : elle signifie seulement que la question n’a pas été examinée.
Référence : Organisation mondiale de la santé, « Use of non-sugar sweeteners: WHO guideline », Genève, 15 mai 2023.
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2024 — Xylitol et risque cardiovasculaire : l’étude de la Cleveland Clinic
L’équipe de Stanley Hazen publie dans l’European Heart Journal une étude associant les concentrations circulantes de xylitol à la survenue d’événements cardiovasculaires majeurs, sur une cohorte de découverte de 1 157 sujets et deux cohortes de validation d’environ 2 149 sujets, complétée par des travaux sur la réactivité plaquettaire. Le même groupe avait publié en 2023 un travail comparable sur l’érythritol. Ces études sont observationnelles pour leur volet épidémiologique et ne mesurent pas l’apport alimentaire : le xylitol circulant est en grande partie d’origine endogène, ce qui limite l’interprétation causale.
Référence : Witkowski M, Nemet I, Li XS et al., « Xylitol is prothrombotic and associated with cardiovascular risk », European Heart Journal, 2024;45(27):2439-2452. — Witkowski M et al., « The artificial sweetener erythritol and cardiovascular event risk », Nature Medicine, 2023;29:710-718.
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2024 — Un essai randomisé canadien ne retrouve pas d’effet sur les otites
Un essai randomisé contrôlé mené chez 250 enfants de 1 à 5 ans ne met en évidence aucune différence significative du nombre d’épisodes d’otite moyenne aiguë entre le groupe xylitol et le groupe placebo. Une analyse a posteriori, réalisée pendant la période Covid-19, suggère une réduction des infections respiratoires, que les auteurs eux-mêmes qualifient de possiblement fortuite. La diarrhée est fréquente dans les deux groupes.
Référence : Persaud N et al., « Xylitol for the prevention of acute otitis media episodes in children aged 1-5 years: a randomised controlled trial », Archives of Disease in Childhood, 2024;109(2):121-124.
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2024 — Comportement du xylitol en cuisson : une étude sur des biscuits
Une étude polonaise compare, pendant leur conservation, des biscuits préparés au xylitol et des biscuits préparés au saccharose, en mesurant leurs propriétés fluorescentes, antioxydantes et de brunissement. Le xylitol étant un polyol — un xylose hydrogéné, dépourvu de groupement carbonyle libre — il ne peut pas engager lui-même la réaction de Maillard ; dans un biscuit, la farine apporte toutefois sucres réducteurs et protéines, d’où un brunissement résiduel mesurable, mais inférieur à celui du saccharose.
Référence : Rutkowska J, Baranowski D. « Effects of storage of cookies containing xylitol or sucrose on their fluorescent, antioxidative and browning properties », NFS Journal, 2024;37:100202.
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2025 — Mise en perspective du signal cardiovasculaire
Une revue publiée dans Cardiovascular Research examine les données associant érythritol et xylitol au risque cardiovasculaire. Ses auteurs rappellent que les études d’observation ne peuvent établir qu’une association et non une causalité, que le régime alimentaire n’y est généralement pas modélisé, que l’apport alimentaire n’est le plus souvent pas mesuré — de sorte que la part endogène et la part exogène restent indistinctes — et qu’une causalité inverse est possible. Ils notent par ailleurs que les études chez des patients de réanimation recevant de fortes doses intraveineuses et les analyses de randomisation mendélienne ne retrouvent pas de lien significatif.
Référence : Wölnerhanssen BK, Meyer-Gerspach AC, Arduini A et al., « Sweeteners: erythritol, xylitol and cardiovascular risk — friend or foe? », Cardiovascular Research, 2025;121(9):1319-1329.
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2025 — Avis défavorable de l’EFSA sur l’allulose
L’EFSA conclut en juin 2025 qu’elle n’est pas en mesure d’établir la sécurité du D-allulose en tant que nouvel aliment, faute de données suffisantes sur l’identité du produit, le procédé de fabrication, les usages prévus, la génotoxicité et les études chez l’homme. L’allulose reste donc non autorisé dans l’Union européenne. Ce point intéresse directement la pâtisserie : l’allulose est le seul substitut de sucre qui caramélise réellement, ce que le xylitol ne fait pas.
Référence : EFSA Panel on Nutrition, Novel Foods and Food Allergens, « Safety of D-allulose as a novel food pursuant to Regulation (EU) 2015/2283 », EFSA Journal, 2025;23(6):e9468.
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2025 — Xylitol sérique et évolution du prédiabète vers le diabète de type 2
Une étude cas-témoins nichée dans la cohorte chinoise REACTION compare 180 personnes prédiabétiques ayant évolué vers un diabète de type 2 en trois ans et demi à 180 témoins appariés. Un taux de xylitol sérique à jeun plus élevé est associé à un risque moindre de progression. L’étude porte sur le xylitol endogène — produit par le cycle glucuronate-xylulose, de l’ordre de 5 à 15 g par jour — et non sur un apport alimentaire ; elle ne permet donc pas de conclure sur l’effet d’une consommation de xylitol. Nous la citons parce qu’elle est parfois présentée comme telle.
Référence : Qi Y, Li X, Liu Y et al., « Elevated fasting serum xylitol levels are associated with a lower risk of incident type 2 diabetes among individuals with prediabetes in the Chinese population », Nutrition & Diabetes, 2025;15:3.
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Chronologie établie le 18 août 2026. Chaque date a été vérifiée à la source ; les trois entrées dont les sources se contredisent sont signalées comme telles. Si vous repérez une erreur ou une étude manquante, signalez-la en commentaire : cette page a vocation à être complétée.