Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Le sirop de yacon est vendu partout comme « l’édulcorant sans sucre ». Il ne l’est pas : il contient 20 g de sucres pour 100 g, à côté de ses 45 g de fructo-oligosaccharides. Cette recette est celle où ça se voit le mieux, parce que le résultat est surprenant — dans ce pot, la cacahuète apporte plus de sucres que le sirop. Sept dixièmes des sucres viennent des cacahuètes, trois dixièmes du sucrant.
Ce qui reste vrai, et ce qui compte ici : un beurre de cacahuète du commerce porte 10,5 g de sucres et 1,07 g de sel aux 100 g, avec 5 g de fibres. Celui-ci en porte moins de sucres, moitié moins de sel, et deux fois et demie plus de fibres — dont une bonne part vient du sirop lui-même, ce qu’aucun autre sucrant ne sait faire.
Et il y a une raison de cuisine, pas seulement de chiffres, pour employer le yacon ici : c’est une recette sans cuisson. Les fructo-oligosaccharides du sirop se coupent en fructose à la chaleur — c’est tout le sujet des barres de céréales au sirop de yacon, qu’il ne faut surtout pas enfourner. Un beurre de cacahuète ne cuit jamais. Le sirop y garde donc tout ce qui le rend intéressant.
Pâte à tartiner · cuisine américaineLecture 16 min
- Préparation
- 20 min
- Prise au froid
- 1 h
- Total
- 1 h 20
- Pour
- 30 portions de 15 g
- Difficulté
- facile
- Coût
- moyen
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Tant que vous cuisinez.
Sur cette page
Ingrédients
Trois choses à savoir avant de commencer, et la première est réglementaire. Ce beurre de cacahuète n’est pas « sans sucres », et la mention « à teneur réduite en sucres » lui est refusée de justesse : il faudrait 30 % de moins que le produit de référence, il en a 29,3 %. Les chiffres sont plus bas, avec le détail du calcul.
Ne le faites jamais chauffer avec le sirop dedans. Au-delà d’environ 120 °C, et plus vite encore en milieu acide, les fructo-oligosaccharides se coupent en fructose : on perd les fibres et on récupère du sucre. Si vous voulez du beurre de cacahuète pour des cookies, sucrez la pâte autrement et gardez ce pot-ci pour les tartines.
Les fructo-oligosaccharides sont des fibres fermentescibles. À la portion de 15 g, il y en a moins d’un gramme : personne ne le sentira. Mais quatre cuillerées d’affilée en font trois grammes, et un grand consommateur de yacon peut atteindre la dose où les ballonnements commencent. Ce n’est pas un aliment à manger à la cuillère devant le réfrigérateur — et le xylitol, dans la version proposée en substitution, pose la même question autrement : voir le calculateur de tolérance.
- 400 g de cacahuètes grillées non salées, décortiquées — avec ou sans leur peau rouge, voir « Le petit plus »
- 50 g de sirop de yacon (environ 3 cuillerées à soupe et demie)
- 3 g de fleur de sel (une demi-cuillerée à café rase)
- Facultatif : 10 g d’huile d’arachide ou de tournesol, seulement si votre robot ne parvient pas à détendre la pâte — non compté dans le tableau nutritionnel
Allergènes présents : Arachides (cacahuète, sans sel ajouté)
Déclaration déduite automatiquement de la liste des ingrédients. Elle porte sur les ingrédients eux-mêmes : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Le sirop de yacon : d’où il vient, et ce qui sépare un bon d’un mauvais. Le yacon (Smallanthus sonchifolius) est une astéracée andine cultivée pour ses tubercules, qu’on mange crus au Pérou et en Bolivie comme un fruit — croquants, juteux, un goût entre la poire et la pomme de terre douce. Le sirop s’obtient en pressant le jus de ces tubercules et en le concentrant. C’est un jus concentré, pas un extrait : rien n’est ajouté, rien n’est raffiné. L’histoire du yacon raconte comment une plante vivrière des Andes est devenue un produit de rayon diététique.
Ce qui le rend particulier tient en un mot : fructanes. Le tubercule stocke ses réserves non en amidon mais en fructo-oligosaccharides — des chaînes courtes de fructose que l’intestin grêle humain ne sait pas couper. Elles passent donc sans être absorbées et sont comptées comme fibres au sens du règlement (UE) n° 1169/2011, à 2 kcal par gramme au lieu de 4. C’est de là que vient l’énergie réduite du sirop : environ 193 kcal aux 100 g, contre 399 pour le sucre blanc. Le reste — une vingtaine de grammes aux 100 g — est du sucre ordinaire, glucose et fructose libres, et il compte comme tel.
Comment en choisir un. Toute la valeur du produit est dans la teneur en fructo-oligosaccharides, et toute la différence entre deux sirops est dans la façon dont il a été concentré. Un sirop réduit à feu vif est un sirop dont les fructanes ont déjà été coupés : il reste du fructose, l’étiquette annonce alors beaucoup de sucres et peu de fibres, et il ne vaut guère mieux qu’un sirop d’agave. Cherchez donc, dans l’ordre : une teneur en fibres déclarée sur l’étiquette — c’est le seul chiffre qui compte, et un bon sirop en annonce 30 à 50 g aux 100 g ; une mention de concentration à basse température ou sous vide ; une couleur d’ambre foncé et un goût de mélasse, franc, un peu réglissé. Un sirop clair et neutre au goût a perdu ce pour quoi on l’achète.
Et comment le garder. Au frais et à l’abri de la lumière une fois ouvert, comme une mélasse. Il épaissit au froid et peut cristalliser sur les bords du flacon : un bain-marie tiède — tiède, pas chaud — le rend fluide sans toucher aux fructanes. La fiche du sirop de yacon détaille le reste, y compris ce que la recherche dit et ne dit pas de ses effets.
Préparation
- Si vos cacahuètes sont crues, les griller 12 à 15 minutes à 160 °C, à découvert, en secouant la plaque à mi-cuisson. Elles doivent sentir fort et blondir, jamais brunir. Les laisser tiédir dix minutes : tièdes, leur huile est fluide et le beurre se fait deux fois plus vite ; brûlantes, il se sépare en refroidissant.
- Mixer une minute par à-coups. On obtient un sable grossier. Racler les parois.
- Mixer deux à trois minutes de plus. Le sable se prend en une boule pâteuse qui tourne en bloc autour de la lame. C’est ici que tout le monde abandonne et ajoute de l’huile : n’en ajoutez pas. Racler, et repartir.
- Continuer quatre à six minutes. La boule se détend d’un coup, devient brillante, puis coulante. C’est l’huile de la cacahuète qui sort, et rien d’autre ne peut la remplacer.
- Ajouter le sel et mixer dix secondes.
- Verser le sirop de yacon en filet, robot à basse vitesse, quinze à vingt secondes — pas davantage. Le beurre va épaissir brutalement : c’est normal, c’est l’eau du sirop qui rencontre le gras. Arrêter dès que le sirop est réparti.
- Mettre en bocal, tasser à la cuillère pour chasser les bulles d’air, fermer et réfrigérer une heure avant la première tartine : il finit de prendre au froid.
Ce que valent vraiment les chiffres
Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table Ciqual 2025 de l’ANSES, ligne 15001 pour la cacahuète non salée, pour un pot de 453 g découpé en portions de 15 g. Le sirop de yacon ne figure pas dans Ciqual : ses valeurs viennent des analyses publiées et des déclarations des fabricants, recoupées, et sont un ordre de grandeur — l’étiquette de votre flacon fait foi.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (15 g) | Total pour 30 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 571 kcal | 86 kcal | 2 589 kcal |
| Matières grasses | 43 g | 6,5 g | 197 g |
| dont acides gras saturés | 7,4 g | 1,1 g | 34 g |
| Glucides | 16 g | 2,4 g | 72 g |
| dont sucres | 7,4 g | 1,1 g | 34 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 13 g | 1,9 g | 57 g |
| Protéines | 20 g | 3,0 g | 92 g |
| Sel | 0,65 g | 0,10 g | 2,94 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 30 parts : 453 g de préparation crue, 0 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 453 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table Ciqual — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Sirop de yacon — Le sirop de yacon ne figure pas dans Ciqual. Valeurs établies à partir des analyses publiées (Genta et al., Clinical Nutrition, 2009 ; Ojansivu et al., Trends in Food Science & Technology, 2011) et des déclarations des fabricants européens, recoupées : environ 70 g de glucides totaux pour 100 g, dont 45 g de fructo-oligosaccharides. Ces derniers sont comptés comme fibres au sens du règlement (UE) n° 1169/2011, à 2 kcal/g, et l'énergie est recalculée avec les coefficients de son annexe XIV. La teneur en FOS varie fortement selon l'origine et la concentration du sirop : ces valeurs sont un ordre de grandeur, pas une déclaration de produit.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 7, sucres 2, acides gras saturés 7, sel 3 — soit 19. Points positifs : protéines 7, fibres 5, fruits et légumes 5 (88 % de la recette) — soit 17. Score : 2, ce qui donne un B.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,65 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,1 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Green-Score qui s’en déduit | 0 / 100 — E | estimé, hors bonus et malus |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
3 lignes renseignées sur 8. Ce tableau n’est pas une note et n’a pas vocation à en devenir une : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. Une lettre se recopie sans ses hypothèses ; un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Cacahuète ou Arachide 87 %, Sirop d'agave 13 % du score.
Ingrédients rapprochés : Sirop de yacon → Sirop d'agave (sirop d'agave — sirop de sucres extrait d'une plante, procédé voisin ; le yacon n'a pas de ligne). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 3,4 sur 5, qualité moyenne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Et l’empreinte, qui n’arrange rien
Green-Score 0 sur 100, lettre E — le bas de l’échelle. Et cela ne vient pas du sucrant : 87 % de l’empreinte est portée par les cacahuètes, 13 % par le sirop. Le score unique EF d’Agribalyse pour l’arachide est de 0,638 mPt/kg — une légumineuse importée, souvent irriguée, venue d’Amérique du Sud, d’Afrique de l’Ouest ou de Chine. À 88 % de la masse du pot, elle décide de tout, et il n’existe pas de version basse empreinte de cette recette : un beurre de cacahuète est fait de cacahuètes.
Une réserve, et elle compte. Le sirop de yacon n’a pas de ligne dans Agribalyse. Le calcul lui applique celle du sirop d’agave, un sirop de sucres extrait d’une plante par un procédé voisin : c’est une valeur réelle d’un cas voisin, employée en le disant, et non un nombre inventé. Elle ne pèse que 13 % du total. La qualité de donnée déclarée par Agribalyse pour ces lignes est moyenne (DQR 3,4). Le détail de la méthode est dans le dossier Green-Score.
Comparé à un beurre de cacahuète du commerce
| Pour 100 g | Cette recette | Du commerce |
|---|---|---|
| Énergie | 571 kcal | 643 kcal |
| Sucres | 7,4 g | 10,5 g |
| Fibres | 12,6 g | 5,0 g |
| Protéines | 20,2 g | 22,2 g |
| Acides gras saturés | 7,4 g | 10,1 g |
| Sel | 0,65 g | 1,07 g |
Colonne de droite : ligne 15202 de la table Ciqual 2025, « Beurre de cacahuète ou pâte d’arachide ». C’est une moyenne de marché, pas une marque : les pâtes 100 % cacahuète du commerce sont plus proches de cette recette, les pâtes à tartiner sucrées en sont beaucoup plus loin. Aucune lettre Nutri-Score n’est donnée pour cette colonne : l’algorithme a besoin de la part de fruits, légumes et fruits à coque du produit, et une table de composition ne la renseigne pas.
D’où viennent les sucres, et pourquoi c’est contre-intuitif
Le pot contient 33,6 g de sucres. Les 400 g de cacahuètes en apportent 23,6, et les 50 g de sirop 10. Autrement dit : le sucrant, que l’on vient chercher pour son faible taux de sucres, en apporte trois fois moins que l’ingrédient principal, dont personne n’imagine qu’il en contienne.
La cacahuète porte 5,9 g de sucres aux 100 g — saccharose, pour l’essentiel. Ce n’est pas anodin, c’est simplement invisible : on ne goûte pas le sucre d’une cacahuète, parce que le gras et le sel le masquent. C’est la même mécanique que le sorbitol de la cerise ou les polyols de la poire : ce que la recette contient déjà décide plus souvent que ce qu’on y ajoute.
Sur les fibres, le rapport s’inverse. Les 56,9 g de fibres du pot se répartissent en 34,4 g venus des cacahuètes et 22,5 g venus du sirop. Quarante pour cent des fibres viennent donc du sucrant — c’est la seule chose que le sirop de yacon sait faire et qu’aucun autre sucrant ne fait, ni le xylitol, ni la stévia, ni le sucre de coco.
Les mentions que ces chiffres autorisent
- Riche en fibres — 12,6 g pour 100 g, seuil 6 g. C’est la mention forte de cette recette, et elle est acquise deux fois : par la cacahuète et par le sirop.
- Source de protéines — les protéines fournissent 14,1 % de l’énergie, seuil 12 %.
- À teneur réduite en sodium — 39 % de moins que le produit de référence, et le seuil du sodium est de 25 % et non de 30 %, seule exception du règlement (CE) n° 1924/2006.
Et quatre refus, dont un à un cheveu près :
- « À teneur réduite en sucres » : refusée pour sept dixièmes de point. Il faut 30 % de moins que le produit de référence ; nous sommes à 29,3 %. Deux grammes de sirop en moins la feraient passer — au prix d’un beurre à peine sucré. C’est exactement le genre de calcul qu’aucun site de recettes ne fait, et qui décide pourtant de ce qu’on a le droit d’écrire.
- « Sans sucres ajoutés » : refusée, sans discussion. Le sirop de yacon est un ajout, et il contient des sucres. Qu’ils soient minoritaires ne change rien à la règle.
- Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre : refusées, pour la même raison que la première. Elles exigent 30 % de réduction des sucres, et c’est la seule voie légale pour dire quelque chose sur la glycémie ou sur les dents. En dessous du seuil, on se tait.
- « Riche en protéines » : refusée. Il faudrait 20 % de l’énergie ; nous sommes à 14,1 %. Un beurre de cacahuète paraît riche en protéines parce qu’il en contient 20 g aux 100 g, mais il en contient surtout 43 g de lipides : c’est le gras qui écrase le rapport, pas la protéine qui manque.
Le petit plus
La seule étape qui compte est celle où l’on croit avoir raté. Entre la troisième et la quatrième minute, le sable se prend en boule pâteuse et le robot force. C’est le moment où presque tout le monde ajoute de l’huile — et c’est le moment où il ne faut rien faire d’autre que racler et repartir. L’huile ajoutée là donne un beurre gras et fade qui se sépare en trois jours ; l’huile que la cacahuète libère toute seule, deux minutes plus tard, donne un beurre stable.
Le sirop en dernier, et vingt secondes. Versé sur le sable, il colle la poudre avant que l’huile ne sorte, et le beurre ne devient jamais crémeux — l’erreur est irrattrapable, il faut recommencer. Mixé trop longtemps après, il rend la pâte collante et mate. Un filet, à basse vitesse, et on arrête.
La peau rouge, à vous de voir. Gardée, elle apporte des tanins, une amertume légère et une couleur plus foncée — et davantage de fibres. Retirée (en frottant les cacahuètes tièdes dans un torchon), le beurre est plus doux et plus clair. Les deux se défendent ; le tableau ci-dessus vaut pour des cacahuètes entières, peau comprise.
Conservation, avance et congélation
Trois semaines au réfrigérateur, dans un bocal en verre propre, et pas davantage. Voilà le vrai prix du sirop : un beurre de cacahuète du commerce se garde des mois à température ambiante parce qu’il est sec. En ajoutant un sirop, on ajoute de l’eau dans un produit qui n’en avait pas, et la règle change. Le froid n’est plus un confort, c’est la condition.
L’huile qui remonte n’est pas un défaut, c’est la preuve qu’il n’y a pas d’émulsifiant dedans. On remue avant d’utiliser. Au réfrigérateur, elle remonte peu, le beurre étant ferme.
Le congélateur n’apporte rien ici. À 43 % de matière grasse, le produit ne durcit pas franchement, et trois semaines au froid suffisent largement à un pot de 450 g. Si vous en voulez moins, faites-en moins : la recette se divise par deux sans rien changer.
Substitutions
- Le xylitol, mixé en poudre impalpable — 40 g, à ajouter avec le sel et non à la fin. C’est la substitution la plus propre : pas une goutte d’eau, donc pas d’épaississement brutal, et un beurre qui se garde mieux. Il reste en suspension dans le gras au lieu de se dissoudre, d’où une très légère sensation de frais. Cela fait 1,3 g de polyols par portion de 15 g, une quantité que personne ne remarque — mais vérifiez ce qu’il en est pour vous sur le calculateur de tolérance. En sucre cristallisé non mixé, aucun sucrant ne marche : il ne se dissout pas dans une matière grasse et le beurre reste sableux sous la dent.
- L’érythritol — 55 g mixés en poudre pour la même douceur, son pouvoir sucrant valant environ 70 % de celui du sucre. Déconseillé quand même : sa sensation de fraîcheur, déjà nette dans l’eau, devient franchement bizarre dans un corps gras qui fond en bouche.
- Le miel, le sirop d’agave, le sirop d’érable — même poids, même geste, et un résultat de cuisine identique. Mais ce sont des sucres : on passe de 7,4 g à environ 15 g de sucres aux 100 g, et il ne reste aucune raison de préférer cette recette au pot du commerce. C’est le même constat que sur le saumon laqué au sirop d’agave : remplacer un sucre par un autre sucre ne change rien.
- Les cacahuètes salées — possibles, mais alors retirez les 3 g de fleur de sel et le tableau ci-dessus ne vaut plus : la ligne Ciqual des cacahuètes grillées salées porte 1,26 g de sel aux 100 g, ce qui ferait à lui seul basculer la mention sur le sodium.
- Les amandes, les noix de cajou, les noisettes — même méthode, mêmes durées, textures différentes. À noter pour qui lit ces pages pour une raison précise : on change alors d’allergène, la cacahuète et les fruits à coque étant deux entrées distinctes de l’annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011. Une purée d’amande n’est pas une solution pour un allergique à l’arachide, et l’inverse est vrai aussi.
Le matériel
- Un robot coupe à lame en S, ou un blender puissant — c’est l’ustensile qui décide de la recette. En dessous de 700 W environ, la boule pâteuse de l’étape 3 fait chauffer le moteur sans jamais se détendre. Un mixeur plongeant ne fait pas de beurre de cacahuète, quel que soit le temps qu’on y passe : la lame ne travaille pas la masse entière.
- Une maryse rigide — on racle les parois cinq ou six fois. Une cuillère ne ramène pas ce qui colle en haut du bol.
- Un bocal en verre à fermeture, ébouillanté et parfaitement sec. L’eau résiduelle d’un bocal mal séché est, à elle seule, ce qui abrège la conservation.
- Une balance — 50 g de sirop, ce n’est pas « une bonne cuillerée ». La densité d’un sirop de yacon tourne autour de 1,4 : trois cuillerées à soupe et demie pèsent bien 50 g, mais une cuillerée bombée en pèse le double d’une rase.
Questions fréquentes
Ce beurre de cacahuète est-il « sans sucre » ?
Non, et le sirop de yacon n’y est pour presque rien. Le pot porte 7,4 g de sucres aux 100 g, dont 5,2 viennent des cacahuètes elles-mêmes et 2,2 du sirop. Aucune mention réglementaire sur les sucres ne lui est ouverte — il manque sept dixièmes de point pour « à teneur réduite en sucres ».
Mon beurre reste en pâte, il ne devient jamais crémeux.
Trois causes, dans l’ordre de fréquence : on s’est arrêté trop tôt — la détente arrive entre la sixième et la dixième minute de mixage, pas avant ; le robot est trop faible ; ou le sirop a été ajouté avant que l’huile ne sorte, et il a collé la poudre. Dans les deux premiers cas, on peut rattraper en continuant. Dans le troisième, non.
Puis-je m’en servir pour des cookies ou un gâteau ?
Le beurre de cacahuète, oui, très bien. Mais alors le sirop de yacon n’a plus d’intérêt : passé environ 120 °C, ses fructo-oligosaccharides se coupent en fructose, et vous aurez payé un sucrant cher pour obtenir du sucre. Faites un beurre non sucré pour la pâtisserie et gardez celui-ci pour les tartines. Le mécanisme est détaillé sur la page des barres au sirop de yacon.
Est-ce que ces fibres se paient digestivement ?
À la portion de 15 g, non : moins d’un gramme de fructo-oligosaccharides. La question se pose à partir d’une dizaine de grammes de FOS par jour, toutes sources confondues — soit plus de 200 g de ce beurre. Les personnes que les fructanes gênent déjà (oignon, blé, artichaut) le sauront d’elles-mêmes.
Pourquoi des cacahuètes non salées, alors qu’on ajoute du sel ensuite ?
Parce que 3 g de fleur de sel dans 453 g de beurre font 0,65 g de sel aux 100 g, quand des cacahuètes salées en apporteraient déjà 1,26 g avant qu’on ajoute quoi que ce soit. Saler soi-même, c’est choisir le chiffre au lieu de le subir — et c’est ce qui ouvre la seule mention réglementaire que cette recette gagne sur le produit du commerce.
Recette publiée le 25 août 2026. Les valeurs nutritionnelles sont calculées à partir de la table Ciqual 2025 et des valeurs publiées pour le sirop de yacon, non mesurées en laboratoire ; la teneur en fructo-oligosaccharides d’un sirop varie fortement selon son origine et sa concentration, et l’étiquette de votre flacon fait foi. Si vous le réalisez, dites-nous en commentaire quel sirop vous avez employé et ce que son étiquette annonce en fibres.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Barres de céréales au sirop de yacon, sans cuissonpourquoi il ne faut surtout pas les enfourner
- Salade d’endives, pomme et noixla vinaigrette où le xylitol ne marche pas
- Granola au sucre de fleur de cocoriche en fibres, et 6,2 g de sucres la portion