20 questions fréquentes sur le sucre de fleur de coco

Le sucre de fleur de coco est le produit de cette rubrique sur lequel l’écart est le plus grand entre ce qu’on en attend et ce qu’il est. La plupart des questions qu’il suscite tournent autour d’une même idée — celle d’un sucre qui n’en serait pas tout à fait un — et la réponse tient dans sa composition. Le classement ci-dessous suit les recherches les plus fréquentes sur internet et les questions reçues sur ce site.

Chaque réponse est brève et renvoie vers la page qui détaille le sujet. Pour tout ce qui touche à la santé, ces réponses sont informatives : elles ne remplacent pas l’avis d’un médecin, d’un pharmacien ou d’un diététicien.

Sur cette page

Les vingt questions, des plus fréquentes aux plus techniques

1. Le sucre de coco est-il meilleur pour la santé que le sucre blanc ?

Sur le plan nutritionnel, l’écart est faible, et il faut l’écrire sans détour : remplacer le sucre par du sucre de fleur de coco ne réduit ni les sucres, ni les calories. C’est un sucre, au sens strict du mot.

Ce qu’il apporte en propre est ailleurs : un goût de caramel et de mélasse que le sucre blanc n’a pas, des minéraux résiduels que le raffinage retire au sucre de table, et un indice glycémique un peu plus bas. Ce sont de vraies différences, mais elles ne changent pas la nature du produit.

La fiche complète du sucre de fleur de coco

2. Quel est l’indice glycémique du sucre de coco : 35 ou 54 ?

Ce site retient une fourchette de 42 à 54, et écarte le 35 que portent presque tous les emballages.

Trois chiffres circulent, et ils n’ont pas la même valeur de preuve. Le 35 vient d’une mesure publiée en 2011 par l’institut philippin de recherche sur l’alimentation et la nutrition : elle n’a jamais paru dans une revue à comité de lecture, et elle émane d’un organisme public d’un pays dont la filière coco est un intérêt économique majeur. Le 42 ± 4 est la seule mesure publiée dans une revue à comité de lecture, dans un article cosigné par la chercheuse même à qui l’on attribue le 35. Le 54 vient du service de mesure de l’université de Sydney, référence mondiale sur l’indice glycémique.

Entre 42 et 54 il n’y a pas de contradiction à trancher : ce sont deux lots d’un produit dont la composition varie avec la sève et la conduite de l’évaporation. La fourchette est le résultat, pas une hésitation.

3. Pourquoi écarter le chiffre de 35 ?

Pour trois raisons, et le raisonnement vaut pour bien d’autres produits.

La cohérence : un produit fait pour moitié de glucose ne peut pas se comporter comme un aliment à indice bas. Une valeur de 35 supposerait un mécanisme qui ralentit l’absorption — des fibres, des lipides, une matrice — et le sucre de fleur de coco n’en a aucun. La méthode : un indice glycémique se mesure sur au moins dix sujets, contre une référence de glucose, en suivant la glycémie deux heures durant ; une mesure unique donne un point, pas une vérité. L’indépendance : le service de Sydney mesure des indices pour le monde entier et n’a rien à vendre.

Ce n’est pas une accusation de fraude, c’est la règle ordinaire : quand deux mesures s’opposent, on retient celle qui concorde avec ce que l’on sait par ailleurs.

4. De quoi est fait le sucre de fleur de coco ?

De 70 à 80 % de saccharose, plus 3 à 10 % de glucose et de fructose déjà libres, le reste étant de l’eau, des minéraux et des composés formés pendant l’évaporation.

Or le saccharose est fait d’une molécule de glucose et d’une molécule de fructose. Une fois l’addition faite, on obtient à peu près moitié glucose, moitié fructose — c’est-à-dire, à la virgule près, la composition du sucre blanc. C’est ce calcul, et non un jugement, qui règle la plupart des questions de cette page.

5. Combien de calories ?

Environ 380 kcal aux 100 g, contre 400 pour le sucre de table. L’écart tient à l’eau résiduelle du produit, pas à une différence de nature : le sucre de fleur de coco est un peu humide, le sucre blanc ne l’est pas.

En pratique, une cuillerée à café de 4 g apporte une quinzaine de calories dans les deux cas.

6. Le sucre de coco vient-il de la noix de coco ?

Non, et c’est la confusion la plus fréquente. Il vient de la sève de l’inflorescence du cocotier, Cocos nucifera : on entaille le bourgeon floral avant qu’il ne s’ouvre, on recueille la sève qui s’en écoule — un liquide clair, peu sucré, qui fermente en quelques heures — et on la fait évaporer jusqu’à cristallisation.

Le nom exact est d’ailleurs « sucre de fleur de coco », et non « sucre de coco ». La noix n’entre pas dans le produit.

Fabrication du sucre de fleur de coco

7. A-t-il un goût de coco ?

Non. Son goût tient du caramel et de la mélasse, avec une amertume légère qui vient de la caramélisation pendant l’évaporation, et il rappelle davantage une cassonade brune ou un sucre muscovado qu’une noix de coco.

Ce goût s’impose dans une préparation : bienvenu avec les pommes, les épices, le chocolat et les fruits secs, encombrant dans une crème à la vanille ou un blanc-manger, qu’il colore en plus.

8. Quel effet a-t-il sur la glycémie ?

Il doit être compté comme du sucre, et la question se pose au médecin, pas à une étiquette.

Sa fourchette d’indice glycémique, de 42 à 54, reste en dessous de celle du sucre de table, mais elle n’a rien d’un index bas, et c’est tout ce que sa composition permettait de prévoir. Surtout, ce qui compte dans une assiette n’est pas l’indice mais la charge glycémique, qui intègre la quantité : deux cuillerées de sucre de coco pèsent plus lourd qu’une de sucre blanc.

Index et charge glycémiques

9. Peut-on faire du caramel avec du sucre de coco ?

Oui, intégralement, et c’est son avantage propre. Il caramélise, il participe à la réaction de Maillard, il colore, il donne du croustillant à un crumble et de la tenue à une pâte — précisément parce qu’il n’a rien d’un polyol et qu’il possède les groupements carbonyles que les polyols n’ont pas.

Un cuisinier qui a renoncé au caramel avec le xylitol le retrouve ici tel quel. Sa couleur déjà brune rend seulement la lecture du degré de cuisson moins évidente : mieux vaut se fier au thermomètre et à l’odeur qu’à la teinte.

Sauce caramel au sucre de fleur de coco

10. Comment le doser à la place du sucre ?

Poids pour poids. Son pouvoir sucrant est légèrement inférieur à celui du sucre blanc, de l’ordre de 90 %, ce qui ne change presque rien en pratique dans une recette domestique.

Trois ajustements tout de même : il brunit la pâte, ce qui se remarque sur une préparation claire ; il apporte son goût, qu’il faut vouloir ; et il est humide, ce qui peut demander une minute de cuisson de plus sur un biscuit qu’on veut sec.

Convertisseur sucre–édulcorant

11. Contient-il vraiment des minéraux ?

Oui, c’est mesuré et ce n’est pas une invention marketing : de l’ordre de 1 000 mg de potassium aux 100 g, plus du magnésium et du phosphore, là où le sucre blanc raffiné n’en a pratiquement plus.

Voici pourtant ce que cela donne dans une tasse de café. Une cuillerée à café pèse 4 g et apporte donc environ 40 mg de potassium, soit 2 % de la référence nutritionnelle journalière. Une demi-banane en apporte dix fois plus, pour trois fois moins de calories. Les minéraux sont réels ; c’est la dose qui ne suit pas.

12. Peut-il porter la mention « riche en potassium » ?

En droit, oui — et c’est une curiosité qui mérite d’être connue.

Les seuils du règlement (CE) n° 1924/2006 se calculent pour 100 g de produit. À 1 000 mg aux 100 g, le sucre de fleur de coco dépasse le seuil de 30 % de la référence journalière et pourrait donc porter la mention, sur un produit composé à 90 % de sucres. L’article 4 de ce même règlement prévoyait des profils nutritionnels destinés précisément à interdire les allégations sur les aliments trop sucrés ou trop gras ; ils devaient être adoptés en 2009 et ne l’ont jamais été. La faille est ouverte depuis plus de quinze ans, et elle n’est pas propre à ce produit.

13. Peut-on écrire « sans sucres ajoutés » sur une recette au sucre de coco ?

Non. Aucune allégation « sans sucres », « à teneur réduite en sucres » ou « sans sucres ajoutés » ne peut s’appliquer à une recette qui en contient : c’est un sucre ajouté, au sens strict.

Les deux allégations de santé réservées aux succédanés de sucre par le règlement (UE) n° 432/2012 — celles qui parlent d’élévation plus faible du glucose sanguin et de minéralisation dentaire — lui sont également fermées : elles supposent qu’on ait remplacé les sucres, ce qui n’est pas le cas ici.

Sucres libres, ajoutés, totaux

14. L’inuline qu’il contient explique-t-elle son indice glycémique bas ?

C’est l’explication la plus souvent avancée, et elle n’a jamais été démontrée. La teneur en inuline en cause est faible, et il faudrait des quantités bien supérieures pour ralentir mesurablement l’absorption du glucose qui l’accompagne.

L’écart modéré avec le sucre de table s’explique plus simplement par la variabilité du produit et par les conditions de mesure.

15. Est-il moins raffiné que le sucre blanc ?

Oui, et c’est une différence réelle. Le procédé tient en trois gestes — récolte de la sève, évaporation, cristallisation — sans clarification à la chaux, sans décoloration sur charbon actif ni sur résines, sans centrifugation séparant les cristaux de la mélasse.

C’est pourquoi il garde ses minéraux, sa couleur et son goût. Mais « peu raffiné » qualifie le procédé, pas la composition : les sucres qu’il contient sont exactement les mêmes.

16. Pourquoi coûte-t-il si cher ?

À cause du rendement et du travail. La sève doit être recueillie fleur par fleur, souvent deux fois par jour et en grimpant à chaque cocotier ; elle fermente en quelques heures et doit être chauffée presque aussitôt ; et il faut en évaporer une grande quantité d’eau pour obtenir un kilo de cristaux.

En face, le sucre de canne et le sucre de betterave sont produits à très grande échelle depuis deux siècles, avec une mécanisation complète. L’écart de prix est un écart de filière, pas de qualité nutritionnelle.

17. Sa production est-elle durable ?

Un point de fond, rarement évoqué : l’inflorescence entaillée pour la sève ne donnera pas de noix. La récolte du sucre et celle de la coco s’excluent sur la même hampe florale, et l’arbitrage revient au producteur.

C’est un compromis réel, pas un scandale, mais il interdit de présenter le produit comme une ressource gratuite prélevée sans conséquence. Les revendications de durabilité des emballages méritent donc d’être lues avec les mêmes réserves que les revendications nutritionnelles. À quoi s’ajoutent, comme pour tout produit tropical, la question du transport et celle du revenu des récolteurs.

18. Pourquoi mon paquet a-t-il durci en un bloc ?

Parce qu’il est humide. Le sucre de fleur de coco conserve une part d’eau résiduelle, qu’il échange avec l’air ambiant : il prend en masse dans un sachet mal refermé comme le fait une cassonade.

Un bocal hermétique règle la question, et une fourchette suffit à émietter un bloc déjà pris. Ce n’est ni une altération ni un défaut de fabrication.

19. Sucre de coco ou xylitol : lequel choisir ?

Ils ne répondent pas à la même demande. Le sucre de fleur de coco caramélise, colore, donne du croustillant et apporte un goût de caramel : c’est ce qu’on demande à un crumble, à un pain d’épices, à une sauce caramel, à une viande laquée. Le xylitol apporte le volume du sucre sans ses sucres, se dose à poids égal et laisse la préparation neutre en goût : c’est ce qu’on demande à une compote, une crème, un sorbet.

Autrement dit : si l’objectif est de réduire les sucres ou les calories, le sucre de fleur de coco ne le permet pas. S’il s’agit de remplacer une cassonade par quelque chose de plus intéressant en bouche, il le fait très bien.

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20. Est-il dangereux pour les chiens et les chats ?

Il ne présente pas la toxicité aiguë du xylitol, qui déclenche chez le chien une libération massive d’insuline. C’est du sucre, et le sucre n’a pas cet effet chez l’animal.

Cela ne veut pas dire qu’il faille lui en donner : le sucre n’a pas sa place dans l’alimentation d’un chien ou d’un chat, et une préparation sucrée contient souvent d’autres ingrédients qui, eux, posent problème — chocolat, raisins secs, et le xylitol lui-même.

Xylitol et chien : le danger, les doses, les gestes

Une question qui n’est pas ici ?

Les commentaires sont ouverts sous chaque page. Une précision toutefois : ce site n’est pas un cabinet médical. Les questions portant sur une situation personnelle — traitement en cours, grossesse, pathologie, enfant en bas âge — ne recevront pas de réponse individuelle, et c’est délibéré : elles relèvent du professionnel de santé qui vous suit.

L’auteur de ce site dirige une entreprise qui commercialise des édulcorants, et ne commercialise pas de sucre de fleur de coco. Aucune marque n’est recommandée dans ces pages et aucun lien rémunéré n’y figure. À propos de ce site.

Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.