Le sorbitol est un polyol à six carbones : le 1,2,3,4,5,6-hexanehexol, de formule brute C6H14O6. Les chimistes le nomment aussi D-glucitol, parce qu’il correspond au glucose dont la fonction aldéhyde a été réduite en alcool. Son pouvoir sucrant se situe autour de la moitié de celui du saccharose. Dans l’Union européenne, il porte le numéro E 420 et son emploi est autorisé quantum satis. Dans l’industrie, il n’est plus tiré de la plante qui lui a donné son nom : il est obtenu par hydrogénation catalytique du glucose issu de l’amidon de maïs, de blé ou de manioc.
Cette page retrace, date par date, le trajet de la molécule : son isolement dans les baies du sorbier des oiseleurs au XIXe siècle, son passage à l’échelle industrielle par hydrogénation, son rôle de matière première dans la fabrication de la vitamine C, ses emplois comme humectant et anti-cristallisant, la naissance de l’isosorbide, puis son entrée dans le droit alimentaire européen et dans les notices de médicaments. Chaque entrée porte sa référence : numéro et date du texte publié au Journal officiel de l’Union européenne, citation du Federal Register, rapport du comité mixte FAO/OMS, avis d’agence ou article de revue.
Deux faits surprennent. Le premier : le premier débouché du sorbitol n’est pas le goût sucré. Une part importante de la production mondiale part vers la chimie, où le sorbitol sert de point de départ à la synthèse de l’acide ascorbique — la vitamine C — et, plus récemment, de l’isosorbide, un diol employé dans les matières plastiques. Le second : derrière le seul numéro E 420 se cachent deux additifs distincts, E 420 (i) le sorbitol et E 420 (ii) le sirop de sorbitol ; et la mention relative aux effets laxatifs existe en trois versions, avec trois seuils différents selon qu’on lit le droit alimentaire européen, la réglementation américaine ou la notice d’un médicament.
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Chronologie du sorbitol, de 1872 à aujourd’hui
Les dates réunies ici proviennent, autant que possible, des documents d’origine : textes du Journal officiel de l’Union européenne, décisions publiées au Federal Register, rapports et monographies du comité mixte FAO/OMS, appels à données et avis de l’EFSA, documents de l’Agence européenne des médicaments, articles de revue. Ce qui n’a pas pu être vérifié à la source ne figure pas dans cette chronologie. Lorsque les sources divergent sur une année, l’entrée le signale par la mention date incertaine et expose la divergence, plutôt que de trancher à leur place. Deux entrées sont dans ce cas.
1872 — Boussingault isole le sorbitol dans les baies du sorbier des oiseleurs
Le chimiste français Jean-Baptiste Boussingault isole une matière sucrée à partir du jus frais des baies du sorbier des oiseleurs, Sorbus aucuparia. Le produit est d’abord appelé sorbite, puis sorbitol : le nom vient directement du genre botanique Sorbus, c’est-à-dire du sorbier. C’est l’un des rares édulcorants dont le nom désigne encore la plante de découverte, alors que la production actuelle ne lui doit plus rien. La molécule sera plus tard rattachée au glucose, dont elle est le produit de réduction, d’où son second nom de D-glucitol.
Référence : Société chimique de France, fiche produit « Sorbitol et Cie » (isolement en 1872 à partir du fruit du sorbier, présence dans les pommes, poires, pêches et surtout pruneaux) ; ChemicalBook, notice « D-Sorbitol: metabolism in plants » (« first isolated from the plant Sorbus aucuparia in 1872 by French chemist Joseph Boussingault ») ; Knowde Periodical, « Sorbitol in Food Products », pour l’origine du nom à partir du genre Sorbus.
XIXe-XXe siècles — Le sorbitol retrouvé dans les fruits à pépins et à noyau (date incertaine)
Après le sorbier, le sorbitol est identifié dans un grand nombre de fruits de la famille des Rosacées : poires, pommes, cerises, prunes, pêches, abricots. Chez ces espèces ligneuses, il n’est pas un composé accessoire : c’est le principal produit de la photosynthèse transporté dans la sève élaborée. Le pruneau arrive en tête des teneurs mesurées, loin devant les fruits frais. Nous n’avons pas trouvé de publication permettant de dater le premier signalement dans les fruits autres que la sorbe ; les sources secondaires citent des travaux de la fin du XIXe siècle sans en donner la référence exacte, et nous préférons le dire plutôt que d’avancer une année.
Référence : Société chimique de France, fiche « Sorbitol et Cie », pour le rôle du sorbitol comme produit majeur de la photosynthèse chez les Rosacées ligneuses ; Food Intolerance Diagnostics, table « Teneur des aliments en sorbitol » (pruneaux secs 11 g/100 g, poires sèches 9 g/100 g, poires fraîches 3 g/100 g) ; Nutrient, fibre, sorbitol and chlorogenic acid content of prunes (Prunus domestica), International Journal of Food Sciences and Nutrition, 2019, vol. 70, n° 8.
1933-1934 — Le procédé Reichstein fait du sorbitol la matière première de la vitamine C
Tadeusz Reichstein et ses collaborateurs, à l’École polytechnique fédérale de Zurich, mettent au point en 1933 une voie de synthèse de l’acide L-ascorbique. Sa première étape est l’hydrogénation du D-glucose en D-sorbitol, sur catalyseur au nickel, sous température et pression élevées ; le sorbitol est ensuite oxydé en L-sorbose par une bactérie du genre Acetobacter, étape qui fixe la bonne stéréochimie. Le brevet est vendu en 1934 à Hoffmann-La Roche, qui lance la même année Redoxon, première vitamine produite en série. Le sorbitol entre ainsi dans la chimie industrielle bien avant d’entrer dans l’alimentation.
Référence : notice « Reichstein process » (procédé mis au point en 1933 à l’ETH Zurich, hydrogénation du D-glucose en D-sorbitol sur nickel, oxydation par Acetobacter, brevet vendu à Hoffmann-La Roche en 1934) ; notice « Redoxon » (mise sur le marché par Roche en 1934) ; Chen J. et al., Processes, 2022, vol. 10, n° 8, art. 1595, pour la description du procédé Reichstein et sa cession en 1934.
1944-1955 — Le passage à l’échelle industrielle (date incertaine)
Les sources ne s’accordent pas sur la date du démarrage industriel. La Société chimique de France situe l’introduction du sorbitol à l’échelle industrielle « à la fin de la Seconde Guerre mondiale », à l’initiative de l’entreprise française Roquette Frères. L’American Society of Baking écrit de son côté que le sorbitol était fabriqué industriellement « au milieu des années 1950 ». Un brevet déposé en août 1944 par Montecatini, publié en 1947, porte déjà sur la préparation du sorbitol à partir de solutions concentrées de glucose, ce qui atteste l’activité industrielle de la période. Nous donnons donc une fourchette plutôt qu’une année. Le principe, lui, n’a pas changé : hydrogénation catalytique du glucose issu de l’amidon.
Référence : Société chimique de France, fiche « Sorbitol et Cie » (introduction industrielle par Roquette Frères à la fin de la Seconde Guerre mondiale) ; American Society of Baking, notice « Sorbitol » (« by the mid 1950s, sorbitol was being industrially manufactured ») ; brevet GR 11368 B, Montecatini, « Method of preparation of sorbite from glucose », dépôt du 22 août 1944, publication du 6 novembre 1947.
1948 — L’isosorbide, obtenu en déshydratant deux fois le sorbitol
Walter Norman Haworth et Leslie Frederick Wiggins réalisent la première synthèse de l’isosorbide, un bicycle obtenu par double déshydratation du D-sorbitol. Le composé sert d’abord en pharmacie, comme diurétique et comme précurseur du dinitrate d’isosorbide, puis trouve un second usage bien plus tardif : celui de monomère d’origine végétale pour les polymères, où il est présenté comme un substituant possible du bisphénol A. C’est le premier débouché non alimentaire majeur issu du sorbitol, et il ne doit rien à son goût.
Référence : American Chemical Society, « Molecule of the Week : Isosorbide » (première synthèse en 1948 par W. N. Haworth et L. F. Wiggins ; obtention par déshydratation du D-sorbitol lui-même issu de la réduction du D-glucose ; usages successifs comme diurétique, précurseur du dinitrate d’isosorbide, puis monomère biosourcé).
1959 — Le sorbitol que l’organisme fabrique lui-même
Ruth van Heyningen publie dans Nature la formation de polyols dans le cristallin du rat atteint de cataracte sucrée. Ces travaux, prolongés par toute la littérature ultérieure sur la voie des polyols, portent sur un sorbitol produit à l’intérieur des cellules à partir du glucose par l’enzyme aldose réductase. Le sorbitol en cause dans ces travaux est celui que l’organisme fabrique lui-même, et non celui qu’on avale. La confusion entre les deux est fréquente ; elle explique la formule répandue selon laquelle « le sorbitol provoque des cataractes », qui ne rend pas compte de ce que les auteurs ont mesuré.
Référence : van Heyningen R. « Formation of polyols by the lens of the rat with “sugar” cataract », Nature, 1959, vol. 184, p. 194-195, publié le 18 juillet 1959.
1977 — Le sorbitol reconnu GRAS aux États-Unis, avec une mention obligatoire
La Food and Drug Administration confirme le statut GRAS du sorbitol, codifié au paragraphe 184.1835 du titre 21 du Code of Federal Regulations. Le texte décrit sa fabrication par réduction électrolytique ou par hydrogénation catalytique de solutions de glucose ou de fructose, et énumère ses fonctions : humectant, émulsifiant, agent de charge, stabilisant, texturant, édulcorant nutritif, agent de finition. Il fixe des teneurs maximales par catégorie : 99 % dans les bonbons durs, 98 % dans les confiseries molles, 75 % dans les chewing-gums, 30 % dans les produits de boulangerie. Toute denrée dont la consommation prévisible apporterait 50 g par jour doit porter la mention « Excess consumption may have a laxative effect ».
Référence : 21 CFR 184.1835 « Sorbitol », Federal Register vol. 42, p. 14653, 15 mars 1977, modifié à 49 FR 5613, 14 février 1984.
1982 — Le comité mixte FAO/OMS retient une dose journalière admissible « non spécifiée »
Lors de sa 26e réunion, tenue à Rome du 19 au 28 avril 1982, le JECFA révise les spécifications du sorbitol et lui attribue une DJA « non spécifiée ». Cette formulation signifie que, au vu des données disponibles, l’apport résultant des usages nécessaires pour obtenir l’effet recherché ne représente pas, de l’avis du comité, un danger pour la santé. Elle ne dispense pas de tenir compte de la tolérance digestive : pour les polyols, c’est elle, et non la toxicité, qui constitue en pratique le facteur limitant.
Référence : JECFA, 26e réunion, Rome, 19-28 avril 1982, WHO Food Additives Series 17, introduction et tableau des substances évaluées (sorbitol, spécifications révisées, « ADI not specified ») ; définition de la mention « non spécifiée » donnée dans le même document.
1994 — Le sorbitol devient l’additif européen E 420
La directive 94/35/CE du Parlement européen et du Conseil, du 30 juin 1994, concernant les édulcorants destinés à être employés dans les denrées alimentaires, inscrit à son annexe le sorbitol et le sirop de sorbitol sous le numéro E 420, aux côtés du mannitol E 421, de l’isomalt E 953, du maltitol E 965, du lactitol E 966 et du xylitol E 967. L’emploi est autorisé quantum satis : sans dose maximale chiffrée, mais dans la limite de ce qui est nécessaire. L’article 5, paragraphe 2, impose déjà aux édulcorants de table à base de polyols la mention « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs ». Le texte est publié au Journal officiel L 237 du 10 septembre 1994.
Référence : Directive 94/35/CE du Parlement européen et du Conseil du 30 juin 1994, JO L 237 du 10 septembre 1994, p. 3-12 ; annexe (E 420 sorbitol et sirop de sorbitol, quantum satis) et article 5, paragraphe 2. La directive a depuis été abrogée, l’E 420 relevant du règlement (CE) n° 1333/2008.
2008-2013 — Un seul numéro, deux additifs : E 420 (i) et E 420 (ii)
Le règlement (CE) n° 1333/2008 remplace les directives sectorielles par une liste unique des additifs autorisés dans l’Union. Le règlement (UE) n° 1129/2011, applicable depuis le 1er juin 2013, établit cette liste à l’annexe II. Le sorbitol y figure sous deux entrées distinctes : E 420 (i) sorbitol et E 420 (ii) sirop de sorbitol. La distinction n’est pas cosmétique. Le premier est le polyol purifié, cristallisé ou en solution ; le second est un sirop obtenu par hydrogénation d’hydrolysats d’amidon, qui contient du sorbitol accompagné d’autres polyols hydrogénés. Les deux sont autorisés quantum satis.
Référence : Règlement (CE) n° 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 sur les additifs alimentaires ; règlement (UE) n° 1129/2011 de la Commission du 11 novembre 2011 établissant la liste de l’Union (annexe II, applicable au 1er juin 2013) ; European Association of Polyol Producers, page « Food », pour la nomenclature E 420 (i) / E 420 (ii) et l’autorisation quantum satis.
2011 — 2,4 kcal par gramme, et la mention laxative au-delà de 10 % de polyols
Le règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires fixe, à son annexe XIV, le coefficient de conversion applicable aux polyols pour l’étiquetage nutritionnel : 2,4 kcal par gramme, soit 10 kJ par gramme. L’érythritol fait exception, à 0 kcal/g. Le même règlement impose, à son annexe III, la mention « une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs » sur les denrées contenant plus de 10 % de polyols ajoutés. Cette mention porte sur la catégorie des polyols dans son ensemble, et non sur le sorbitol en particulier ; la tolérance varie fortement d’une personne à l’autre.
Référence : Règlement (UE) n° 1169/2011 du Parlement européen et du Conseil du 25 octobre 2011, annexe XIV (coefficients de conversion, polyols 2,4 kcal/g, érythritol 0 kcal/g) et annexe III (mentions obligatoires complémentaires, seuil de 10 % de polyols ajoutés).
2012 — Deux allégations autorisées où le sorbitol est nommé
Le règlement (UE) n° 432/2012 établit la liste des allégations de santé autorisées autres que celles faisant référence à la réduction du risque de maladie. Deux d’entre elles visent les succédanés du sucre et nomment expressément le sorbitol, aux côtés du xylitol, du mannitol, du maltitol, du lactitol, de l’isomalt, de l’érythritol, du sucralose, du polydextrose, du D-tagatose, de l’isomaltulose et des édulcorants intenses. La première concerne le maintien de la minéralisation des dents, sous condition que le pH de la plaque ne descende pas sous 5,7 pendant et jusqu’à trente minutes après la consommation. La seconde concerne une élévation de la glycémie postprandiale inférieure à celle des produits sucrés. Ces libellés sont ceux que le droit autorise à écrire, et rien de plus.
Référence : Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission du 16 mai 2012, annexe, entrées « succédanés du sucre » (minéralisation des dents et glycémie postprandiale), avec la liste nominative des substances concernées et leurs conditions d’utilisation.
2015 — Roquette met en service à Lestrem une unité d’isosorbide
Roquette démarre en avril 2015, sur son site de Lestrem, dans le Pas-de-Calais, une unité de production d’isosorbide d’une capacité de 20 000 tonnes par an, présentée alors comme la plus grande au monde. Le procédé, breveté, part du sorbitol et comporte plusieurs étapes de purification permettant d’atteindre une pureté supérieure à 99,5 %. Le produit vise les polyesters, les polycarbonates, les revêtements et les plastifiants. Soixante-sept ans après sa première synthèse, l’isosorbide devient ainsi un débouché de volume pour le sorbitol, sans rapport avec l’alimentation.
Référence : Chemical Engineering, « Roquette launches isosorbide production unit in France », 10 avril 2015 (site de Lestrem, capacité de 20 000 t/an, procédé breveté à partir du sorbitol, pureté supérieure à 99,5 %).
2016-2017 — Ce que la notice d’un médicament doit dire du sorbitol
L’Agence européenne des médicaments adopte, le 15 décembre 2016, un document fixant les informations à porter sur la notice des médicaments contenant du sorbitol comme excipient ; la version en vigueur est datée du 9 octobre 2017. Trois seuils sont retenus. Par voie intraveineuse, le seuil est nul : la notice doit indiquer que le sorbitol est une source de fructose et que le médicament ne doit pas être administré en cas d’intolérance héréditaire au fructose. Par voie orale et parentérale non intraveineuse, le seuil est de 5 mg par kilo et par jour pour la même information. Au-delà de 140 mg par kilo et par jour par voie orale, la notice doit indiquer que le sorbitol peut provoquer une gêne digestive et un léger effet laxatif.
Référence : Agence européenne des médicaments, « Information for the package leaflet regarding fructose and sorbitol used as excipients in medicinal products for human use », EMA/CHMP/460886/2014, adopté le 15 décembre 2016, version en vigueur du 9 octobre 2017 ; seuils de 0, 5 mg/kg/j et 140 mg/kg/j et libellés correspondants.
2018 — Le JECFA range le sirop de sorbitol avec le sorbitol
Lors de sa 86e réunion, le comité mixte FAO/OMS examine le sirop de glucitol, INS 420 (ii), déjà évalué en 1988. Il conclut qu’une évaluation séparée n’est pas nécessaire, la substance étant suffisamment proche des polyols déjà appréciés — sorbitol et sirop de maltitol — et retient pour elle aussi une DJA « non spécifiée ». Les deux formes de l’E 420 se trouvent ainsi alignées au plan international, alors qu’elles restent deux entrées distinctes dans la liste européenne des additifs.
Référence : JECFA, base de données des additifs alimentaires, notice « sorbitol syrup » (INS 420 ii), évaluations de 1988 et 2018, DJA « not specified », rapport TRS 1014-JECFA 86/54.
2023 — L’OMS déconseille les édulcorants non sucrés, mais exclut les polyols
Le 15 mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé publie une ligne directrice contenant une recommandation conditionnelle déconseillant l’usage des édulcorants non sucrés pour contrôler le poids corporel ou réduire le risque de maladies non transmissibles : acésulfame K, aspartame, advantame, cyclamates, néotame, saccharine, sucralose et glycosides de stéviol. Les polyols, dont le sorbitol, sont explicitement exclus du champ de cette recommandation, l’OMS les considérant comme des sucres ou des dérivés de sucres apportant des calories. Cette exclusion signifie que la question n’a pas été examinée, et non qu’elle a été tranchée dans un sens ou dans l’autre.
Référence : Organisation mondiale de la santé, « Use of non-sugar sweeteners: WHO guideline », Genève, 15 mai 2023, champ d’application et liste des substances visées.
2023-2024 — L’EFSA rouvre le dossier et réclame un essai de génotoxicité
L’article 32, paragraphe 1, du règlement (CE) n° 1333/2008 impose la réévaluation par l’EFSA de tous les additifs autorisés dans l’Union avant le 20 janvier 2009 ; le règlement (UE) n° 257/2010 en fixe le programme. Dans ce cadre, l’Autorité publie le 26 juin 2023 un appel à données visant le sorbitol E 420 (i). Motif : les essais de génotoxicité disponibles sont antérieurs aux lignes directrices actuelles de l’OCDE, et il manque un test du micronoyau in vitro conforme à la ligne directrice 487. La date limite de soumission était fixée au 3 janvier 2024. Un résultat négatif clôt la question ; un résultat positif entraînerait des essais in vivo.
Référence : EFSA, « Call for data on genotoxicity data on sorbitol (E 420 i) », publié le 26 juin 2023 (échéances du 24 juillet 2023 et du 3 janvier 2024) ; règlement (CE) n° 1333/2008, article 32, paragraphe 1 ; règlement (UE) n° 257/2010 établissant le programme de réévaluation.
2025 — Le panel américain du Cosmetic Ingredient Review conclut sur le sorbitol
Le panel d’experts du Cosmetic Ingredient Review publie une évaluation commune du mannitol, du sorbitol et du xylitol employés en cosmétique. Il relève que le sorbitol y remplit trois fonctions déclarées : humectant, agent de conditionnement de la peau et agent aromatisant. C’est à ce titre qu’on le trouve dans les dentifrices, les bains de bouche, les crèmes et les lotions, où il retient l’eau et retarde le dessèchement de la pâte ou de l’émulsion. Le panel conclut que ces ingrédients sont sûrs dans les conditions d’emploi et aux concentrations décrites dans son rapport.
Référence : Cherian P, Bergfeld WF, Belsito DV et al., « Safety Assessment of Mannitol, Sorbitol, and Xylitol as Used in Cosmetics », International Journal of Toxicology, 2025, vol. 44, n° 1_suppl, p. 22S-43S, DOI 10.1177/10915818241297097.
Chronologie établie le 27 août 2026. Chaque date a été vérifiée à sa source : textes du Journal officiel de l’Union européenne, décisions publiées au Federal Register, rapports du comité mixte FAO/OMS, documents de l’EFSA et de l’Agence européenne des médicaments, articles de revue. Ce qui n’a pas pu être confirmé n’y figure pas, et les deux entrées dont les sources se contredisent sont signalées comme telles. Pour comparer point par point les propriétés du sorbitol et celles du xylitol, voir xylitol ou sorbitol ; une chronologie bâtie sur le même modèle existe par ailleurs pour l’historique du xylitol. Si vous relevez une erreur, une référence inexacte ou une date mieux documentée, signalez-le en commentaire : la page sera corrigée.