Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Le sirop de yacon est le sucrant le plus facile à gâcher. Ce qu’on paie dans un flacon, ce ne sont ni ses calories ni son goût de mélasse : ce sont ses fructo-oligosaccharides, des chaînes courtes de fructose que l’intestin grêle ne sait pas couper et qui comptent donc comme des fibres, non comme des sucres — environ 45 g pour 100 g de sirop. Et elles ne supportent pas la chaleur.
Un travers laqué est le plat où l’on est tenté de tout faire faux : sirop dans la marinade, deux heures et demie de four, et l’on ressort une viande parfaite dont le sucrant a été démoli. Portées longuement à la chaleur, surtout en milieu acide, ces chaînes s’hydrolysent en fructose et en glucose. Il reste le goût, il ne reste plus la fibre — et l’on a payé cher pour du sucre ordinaire.
D’où la conduite en deux temps qui fait toute cette recette. Les travers cuisent longuement, à couvert, à 150 °C, dans une marinade qui ne contient pas une goutte de sirop. Le sirop n’arrive qu’au laquage, huit minutes, sur une viande déjà cuite. C’est la règle des barres de céréales au sirop de yacon, qui ne se cuisent pas du tout — appliquée à un plat salé qui, lui, doit cuire.
Plat principal · cuisine asiatiqueLecture 15 min
- Préparation
- 20 min
- Cuisson
- 2 h 30 à couvert + 8 min de laquage
- Marinade
- 2 h
- Total
- 5 h 05
- Pour
- 4 personnes
- Difficulté
- facile
- Coût
- moyen
Outils de la recette
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Ingrédients
Pour 4 personnes.
Pour la viande
- 1,2 kg de travers de porc, soit deux plaques entières, non détaillées en côtes
Pour la marinade — sans sirop
- 60 g de sauce soja, soit environ 4 cuillerées à soupe
- 30 g de vinaigre de riz, soit 2 cuillerées à soupe
- 20 g de gingembre frais râpé, soit un tronçon de 4 cm
- 20 g d’ail, soit 4 gousses, écrasées
- 5 g de cinq-épices ou, à défaut, 5 g de piment fumé — voir « Variantes »
- 2 g de poivre noir fraîchement moulu
Pour le laquage — à la toute fin
- 60 g de sirop de yacon, ajouté hors du feu
- 15 g de sauce soja
- 10 g de vinaigre de riz
Allergènes présents : Soja (sauce soja, préemballée) · Céréales contenant du gluten (sauce soja, préemballée)
Peut contenir, selon les marques : Anhydride sulfureux et sulfites (vinaigre)
Déclaration déduite automatiquement de la liste des ingrédients. Elle porte sur les ingrédients eux-mêmes : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Ce que la chaleur fait au sirop de yacon. Un fructo-oligosaccharide est une courte chaîne de fructose — trois à dix unités — tenue par des liaisons que nos enzymes digestives ne savent pas ouvrir. C’est cette incapacité qui en fait une fibre au sens du règlement (UE) n° 1169/2011, comptée à 2 kcal par gramme au lieu de 4.
Un peu de chaleur et un peu d’acide, en revanche, les ouvrent très bien. C’est une hydrolyse — la réaction même que l’industrie conduit en réacteur pour couper l’amidon en glucose. La chaîne se scinde, et chaque morceau redevient du fructose libre : assimilable, sucrant, compté dans la ligne « sucres ».
Trois facteurs y concourent et se multiplient : la température, l’acidité, la durée. Une marinade au vinaigre portée deux heures et demie à 150 °C réunit les trois ; huit minutes de laquage n’en réunit qu’un, brièvement. C’est pourquoi la fabrication du sirop repose sur une évaporation sous vide : le fabricant se bat déjà contre cette réaction avant que le flacon vous parvienne.
Le geste qui décide de tout : le sirop entre hors du feu. On réduit le jus seul, on retire la casserole de la plaque, on attend que le frémissement cesse, et seulement là on verse le sirop — qui, jeté dans une casserole bouillante, subit en trente secondes ce que toute la recette s’emploie à lui éviter.
Préparation
- Mélanger la marinade — sauce soja, vinaigre, gingembre râpé, ail écrasé, cinq-épices, poivre. Aucun sirop à ce stade : ce mélange va passer deux heures et demie au four.
- Enduire les travers sur les deux faces, les ranger à plat sans les chevaucher, verser le reste de la marinade, couvrir et laisser au réfrigérateur de 2 à 12 heures — une nuit convient ; en dessous de deux heures, le sel n’a pas pénétré.
- Sortir le plat une demi-heure avant, préchauffer le four à 150 °C en chaleur statique, et couvrir hermétiquement d’une feuille d’aluminium serrée sur les bords, ou d’un couvercle. C’est un braisage, pas un rôtissage : la vapeur retenue dissout le collagène en gélatine sans dessécher la chair.
- Cuire 2 h 30 à 150 °C, sans ouvrir avant 2 heures. Le signe visuel : la chair s’est rétractée et découvre l’os sur un bon centimètre à chaque extrémité, et la pointe d’un couteau entre entre deux côtes sans la moindre résistance. Si elle résiste, remettre 20 minutes — jamais monter la température : le collagène demande du temps à 70-75 °C à cœur, et un four plus chaud ne fait que contracter les fibres et chasser l’eau avant que la conversion en gélatine soit faite.
- Sortir les travers sur une planche et verser tout le jus du plat dans une casserole : entre 20 et 30 cl, et c’est le fond de sauce le plus concentré du plat.
- Réduire ce jus à feu vif, seul, jusqu’à ce qu’il nappe le dos d’une cuiller — 5 à 8 minutes. Dégraisser à la cuiller si la couche de gras dépasse 2 mm.
- Retirer la casserole du feu et attendre une minute, que le frémissement cesse. Incorporer alors les 60 g de sirop de yacon, les 15 g de sauce soja et les 10 g de vinaigre, et fouetter dix secondes : la sauce doit être brillante, épaisse, tiède.
- Monter le four à 200 °C, remettre les travers dans un plat propre, os vers le bas. Badigeonner généreusement, enfourner 4 minutes, badigeonner de nouveau, enfourner 4 minutes. Deux couches, huit minutes en tout, et l’on s’arrête là.
- Le signe visuel du laquage réussi : la surface est brillante et immobile — une goutte de sauce posée dessus reste où elle tombe au lieu de glisser. Des bulles noires aux bords veulent dire qu’on a laissé une couche de trop.
- Laisser reposer 10 minutes avant de détailler entre les côtes, le reste de sauce en saucière : la gélatine reprend, et la viande cesse de perdre son jus à la découpe.
Ce que valent vraiment les chiffres
Un travers est une pièce avec os, et le tableau ci-dessous ne compte que ce qui se mange. Sur 1,2 kg achetés, l’os représente couramment d’un tiers à 40 % de la masse, selon la coupe du boucher ; la valeur retenue ici est 35 %, soit 780 g de viande crue, et c’est cette masse-là qui entre dans le calcul. La ligne « Porc, travers braisé » de la table Ciqual donne en effet les valeurs de la partie comestible, os déduits : lui faire porter la masse achetée reviendrait à prêter à l’os la composition de la viande, et gonflerait la portion de près de moitié. Ces 35 % sont un ordre de grandeur, pas une mesure : une plaque plus charnue déplace le résultat.
La cuisson enlève de l’eau, et la table dit combien. Ciqual donne 237 kcal pour 100 g de travers cru et 332 pour 100 g de travers braisé : à énergie conservée, la masse est tombée à environ 70 %. C’est la perte de 30 % appliquée ici à l’ensemble du plat — 997 g crus, un peu moins de 700 g servis, soit environ 175 g par personne, sauce comprise. Les 5 g de cinq-épices ne sont pas comptés : le mélange ne figure pas dans la table, et il pèse moins de 5 kcal par personne.
Ce que le laquage apporte se calcule plus simplement : le sirop se pèse, et il n’y a pas d’os dedans. Les 60 g se répartissent sur quatre assiettes, 15 g par personne.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (174 g) | Total pour 4 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 292 kcal | 510 kcal | 2 038 kcal |
| Matières grasses | 20 g | 35 g | 141 g |
| dont acides gras saturés | 8,0 g | 14 g | 56 g |
| Glucides | 3,8 g | 6,6 g | 27 g |
| dont sucres | 1,8 g | 3,1 g | 13 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,1 g | 0,2 g |
| Fibres alimentaires | 4,3 g | 7,5 g | 30 g |
| Protéines | 21 g | 37 g | 148 g |
| Sel | 1,55 g | 2,70 g | 11 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 4 parts : 997 g de préparation crue, 299 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 698 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table Ciqual — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Sirop de yacon — Le sirop de yacon ne figure pas dans Ciqual. Valeurs établies à partir des analyses publiées (Genta et al., Clinical Nutrition, 2009 ; Ojansivu et al., Trends in Food Science & Technology, 2011) et des déclarations des fabricants européens, recoupées : environ 70 g de glucides totaux pour 100 g, dont 45 g de fructo-oligosaccharides. Ces derniers sont comptés comme fibres au sens du règlement (UE) n° 1169/2011, à 2 kcal/g, et l'énergie est recalculée avec les coefficients de son annexe XIV. La teneur en FOS varie fortement selon l'origine et la concentration du sirop : ces valeurs sont un ordre de grandeur, pas une déclaration de produit.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 3, sucres 0, acides gras saturés 8, sel 7 — soit 18. Points positifs : protéines 7, fibres 2, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 9. Au-delà de 11 points négatifs, les protéines ne sont pas déduites : elles ne le sont donc pas ici. Score : 16, ce qui donne un D.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,72 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 1,4 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 24 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Porc, travers, cru 91 % du score.
Ingrédients rapprochés : Sirop de yacon → Sirop d'agave (sirop d'agave — sirop de sucres extrait d'une plante, procédé voisin ; le yacon n'a pas de ligne). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,8 sur 5, qualité moyenne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Le plat est classé D, et le sucrant n’y est presque pour rien. Le sel de la sauce soja et les acides gras saturés du travers font l’essentiel des points négatifs ; la ligne des sucres, à 1,8 g pour 100 g, n’en coûte aucun. C’est la limite de ce qu’un sucrant peut faire : il agit sur les sucres, jamais sur le gras ni sur le sel.
Comparé au même laquage au miel ou au sirop d’érable
| Pour 15 g de sucrant, soit une personne | Sirop de yacon | Miel | Sirop d’érable |
|---|---|---|---|
| Énergie | 29 kcal | 50 kcal | 40 kcal |
| Sucres | 3,0 g | 12,2 g | 9,0 g |
| Fibres (fructo-oligosaccharides) | 6,8 g | 0 g | 0 g |
Valeurs du sucrant tel qu’il sort du flacon. Miel et sirop d’érable : table Ciqual 2025 de l’ANSES. Sirop de yacon : fiche de composition de ce site — un ordre de grandeur, non une déclaration de produit.
Neuf grammes de sucres en moins par personne que le même plat laqué au miel. C’est tout ce que le sucrant peut faire ici : il ne retire rien à la viande, qui décide seule des calories et des lipides. Comme toujours sur ce site, le sucrant agit sur la ligne des sucres et sur elle seule.
Et cette colonne est une valeur haute, pas une valeur exacte. Les 6,8 g de fibres sont ceux du sirop dans le flacon ; après huit minutes à 200 °C, une part — petite, mais réelle — des chaînes aura été coupée. Cette part ne sera pas chiffrée ici : elle dépend de l’épaisseur de la couche, de la place dans le four et de l’acidité de la sauce. Ce que la conduite en deux temps garantit n’est pas zéro perte — c’est huit minutes d’exposition au lieu de cent cinquante. Le rapport suffit à décider de la méthode ; il ne suffirait pas à écrire un nombre.
Les mentions que ces chiffres autorisent, et celles qu’ils n’autorisent pas
- « Source de fibres » : acquise. 4,3 g pour 100 g, seuil 3 g — et ces fibres viennent presque toutes du sirop, qui en apporte 27 g sur les 30 g du plat entier. « Riche en fibres » : refusée, il en faudrait 6 g pour 100 g.
- « Riche en protéines » : acquise. Les protéines fournissent 29 % de l’énergie du plat, seuil 20 %. Elle est due au travers, pas au laquage.
- « Faible teneur en sucres » : acquise. 1,8 g pour 100 g, seuil 5 g. C’est le seul point du tableau où le choix du sucrant se voit.
- Aucune allégation de santé n’existe pour le sirop de yacon. Les deux mentions du règlement (UE) n° 432/2012 employées ailleurs sur ce site — glycémie et minéralisation dentaire — sont réservées à une liste fermée de succédanés du sucre, édulcorants intenses et polyols nommément cités. Le yacon n’y figure pas, et l’allégation sur l’inuline de chicorée ne lui est pas transposable : autre fibre, autre plante, autre dose.
- « Sans sucres ajoutés » : refusée. Le sirop de yacon est un ingrédient sucrant ajouté au sens du règlement (CE) n° 1924/2006, quels que soient ses mérites par ailleurs.
- « Faible teneur en acides gras saturés », « faible teneur en matières grasses », « faible teneur en sodium », « faible valeur énergétique » : refusées, et de loin. 8,0 g d’acides gras saturés, 20,3 g de lipides, 1,55 g de sel et 292 kcal pour 100 g : c’est un travers de porc à la sauce soja, et aucun sucrant ne déplace ces quatre lignes.
- « Valeur énergétique réduite » : refusée. Elle exigerait 30 % de moins que le plat de référence : le sucrant pèse 29 kcal contre 50 par personne, vingt et une calories d’écart sur une portion qui en compte 510.
Environ 6,8 g de fructo-oligosaccharides par personne, et ils fermentent dans le côlon. C’est le propre d’une fibre fermentescible, et c’est le mécanisme des polyols : ce que l’intestin grêle n’absorbe pas, la flore du côlon le consomme en produisant des gaz. Au-delà d’une vingtaine de grammes en une prise, ballonnements et gaz sont fréquents chez une personne non habituée — le seuil se calcule par kilo de poids. Une part en apporte 6,8 g ; une double part, presque 14. C’est un fait de composition, pas un conseil.
Le petit plus
- Réduire le jus n’est pas une étape qu’on saute par manque de temps. C’est elle qui donne au laquage sa tenue : le sirop de yacon est épais mais bien moins collant que le miel, et seul le collagène dissous dans le jus lui donne de quoi s’accrocher. Un laquage au sirop seul glisse et tombe au fond du plat.
- L’erreur fréquente : trois ou quatre couches au lieu de deux. On veut plus brillant, on repasse au four, et les bords noircissent. S’il reste de la sauce, elle se sert à part — où elle n’a subi aucune chaleur.
- Le tour de main pour un jus net : le verser dans un bol étroit et haut plutôt que dans une casserole large, et prélever le gras qui remonte. Trois minutes de décantation font mieux que dix coups de cuiller.
Variantes
- Au cinq-épices — la version que nous préférons : l’anis étoilé et la cannelle se marient au parfum de mélasse du sirop, prononcé, et qu’il vaut mieux accompagner que combattre.
- Au piment fumé — plus proche du travers américain : le fumé remplace le brunissement que la cuisson douce ne donne pas, et contrebalance le sucré.
- Au barbecue — cuisson longue en indirect, couvercle fermé, à 150 °C ; seul le laquage passe sur la grille, à bonne distance, deux fois deux minutes et sans quitter des yeux : le sirop va de brillant à brûlé en trente secondes.
Substitutions
- Le travers de porc — l’échine désossée en gros cubes convient et supprime la question de l’os : même température, mais surveillez dès 2 heures. Les travers de bœuf demandent une heure de plus.
- Le sirop de yacon — le miel et le sirop d’érable laquent plus brillant et plus collant, et l’on perd exactement ce que montre le tableau : les fibres tombent à zéro, les sucres quadruplent. Autant assumer qu’il s’agit d’un travers au miel, qui est un bon plat.
- La sauce soja — le tamari, à poids égal, pour éviter le blé ; ou le nuoc-mâm, 40 g au lieu de 60 car plus salé, qui introduit en revanche l’allergène poisson.
- Le vinaigre de riz — cidre ou vinaigre blanc, même poids. Évitez le balsamique, déjà sucré et sirupeux : il épaissit le laquage sans qu’on l’ait décidé.
- Ce qui ne marche pas : le xylitol et l’érythritol en cristaux, et la stévia. Ils sucrent, mais ne laquent rien — un laquage est un film visqueux, et un polyol dissous dans un jus reste liquide ; le caramel au xylitol échoue pour une raison voisine. Remplacez le sirop par un autre liquide épais, jamais par une poudre.
Conservation, avance et congélation
Trois jours au réfrigérateur, boîte fermée, sauce à part. Les travers laqués se réchauffent à 140 °C, couverts, 15 minutes — jamais plus chaud : la surface laquée brûle avant que le cœur soit tiède.
Ce qui se prépare à l’avance, et c’est beaucoup. Toute la première phase se fait la veille : marinade, cuisson à couvert, réduction du jus. Les travers attendent au réfrigérateur dans leur plat, le jus réduit dans un bocal, sans le sirop. Le lendemain, dix minutes suffisent : incorporer le sirop au jus tiédi, laquer, enfourner huit minutes. C’est la meilleure façon de servir ce plat à des invités — et elle sert le sucrant, qui attend au frais.
La congélation convient à la viande cuite non laquée : trois mois, emballée serrée avec un peu de son jus, puis une nuit au réfrigérateur avant de laquer comme au premier jour. Un travers déjà laqué, en revanche, ne se congèle pas : la couche se délite et rend de l’eau.
Le matériel
- Un plat à four assez grand pour que les travers tiennent à plat. Empilés, celui du dessous baigne et celui du dessus sèche : deux plats valent mieux qu’un trop petit.
- De l’aluminium ménager, ou un couvercle qui ferme. Le couvert fait la différence entre un braisage et un rôtissage : la recette n’a aucun sens sans lui.
- Une balance au gramme. Le sirop de yacon est épais et impossible à doser à la cuillère : « une cuillerée » va du simple au double.
- Un pinceau à pâtisserie en silicone, pour des couches minces et régulières : à la cuiller, on en met trop d’un côté, et c’est ce côté qui brûle. Et une râpe fine pour le gingembre, qui coupé au couteau reste en morceaux et ne diffuse rien.
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas mettre le sirop dans la marinade, puisqu’il est bon pour le goût ?
Parce que le goût est la seule chose qui survivrait. Deux heures et demie à 150 °C en milieu vinaigré hydrolysent les fructo-oligosaccharides en fructose libre : vous auriez payé un sirop de yacon pour obtenir, dans l’assiette, l’équivalent d’un sirop de fructose.
Ma viande est cuite mais dure. Qu’est-ce que j’ai raté ?
Dans l’ordre de fréquence : le plat n’était pas hermétiquement couvert ; le four était trop chaud ; la cuisson a été écourtée. Sur une pièce à collagène, « cuite » et « tendre » sont deux états différents : le couteau est le seul juge.
Mon laquage ne brille pas et coule au fond du plat.
Le jus n’a pas été assez réduit : il doit napper le dos d’une cuiller. Remettez-le trois minutes à feu vif — avant le sirop, jamais après.
Combien de fructo-oligosaccharides par personne ?
Environ 6,8 g avant laquage, un peu moins après — comparable à trois barres de céréales au sirop de yacon, et loin du seuil d’inconfort habituel, situé autour d’une vingtaine de grammes en une prise.
Le sirop de yacon domine-t-il la viande ?
Il a un caractère brun, entre mélasse et figue sèche, plus marqué que le miel. Sur un travers, une sauce soja et du cinq-épices, il tient sa place sans rien écraser — c’est pourquoi ce plat-là et pas une préparation délicate.
La composition du sirop de yacon ne vient pas de la table Ciqual, qui ne le référence pas : c’est un ordre de grandeur recoupé entre analyses publiées et déclarations de fabricants, et la teneur réelle en fructo-oligosaccharides varie selon l’origine de la racine et la température de concentration. Miel et sirop d’érable : table Ciqual 2025 de l’ANSES. Si vous réalisez cette recette, dites-nous en commentaire si votre laquage a tenu en deux couches.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Barres de céréales au sirop de yacon, sans cuissonpourquoi il ne faut surtout pas les enfourner
- Beurre de cacahuète au sirop de yaconla cacahuète apporte plus de sucres que le sirop
- Salade d’endives, pomme et noixla vinaigrette où le xylitol ne marche pas
Choisies parmi les recettes au même sucrant.