Indice glycémique du xylitol : 7 à 13, et ce que ce chiffre mesure

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L’indice glycémique, ou IG, classe les aliments glucidiques selon l’ampleur avec laquelle ils élèvent la glycémie dans les deux heures qui suivent leur ingestion. C’est une échelle relative : elle compare chaque aliment à une référence, et ne mesure rien d’autre que cette élévation. Les tables internationales situent le xylitol autour de 7 à 13, contre 100 pour le glucose et environ 65 pour le sucre de table.

Ce chiffre est exact, et il est beaucoup moins parlant qu’il n’en a l’air. Cette page explique comment il se mesure, pourquoi la notion s’applique mal à un polyol, et ce qu’elle ne dit pas.

Sur cette page

Comment un indice glycémique se mesure

Le protocole est normalisé — norme ISO 26642:2010. Un groupe de volontaires reçoit, à jeun, une portion de l’aliment apportant 50 g de glucides assimilables. Leur glycémie est relevée toutes les quinze à trente minutes pendant deux heures, et l’aire sous la courbe obtenue est rapportée à celle que les mêmes personnes produisent avec l’aliment de référence — 50 g de glucose, auquel on attribue la valeur 100. L’opération est répétée pour chaque aliment à classer.

Deux échelles coexistent, et c’est la première source d’écart entre les tables : la référence peut être le glucose ou le pain blanc. Sur l’échelle du pain blanc, les valeurs sont environ 1,4 fois plus élevées. Un indice cité sans son référentiel n’est donc pas comparable à un autre.

Trois conséquences suivent du protocole lui-même. La valeur publiée est une moyenne de groupe, et la réponse individuelle varie beaucoup d’une personne à l’autre — et, chez une même personne, d’un jour à l’autre. Elle porte sur une portion calibrée en glucides, pas sur une portion réelle : c’est pour cette raison qu’existe la charge glycémique, qui multiplie l’indice par la quantité effectivement consommée. Et elle décrit un aliment pris seul : les lipides, les protéines et les fibres du reste du repas modifient la courbe.

Le cas du xylitol : pourquoi la notion s’y applique mal

Le xylitol n’est pas un sucre mais un polyol, un alcool de sucre obtenu par hydrogénation du xylose. Son indice bas ne vient pas d’une digestion lente : il vient d’une absorption incomplète. Une fraction seulement passe la paroi de l’intestin grêle, par diffusion passive et sans transporteur dédié ; le foie en métabolise une partie par une voie qui ne dépend pas de l’insuline ; le reste poursuit sa route jusqu’au côlon, où la flore le fermente. C’est cette dernière fraction qui fixe sa vraie contrainte pratique, la tolérance digestive.

D’où une difficulté que les tables ne signalent pas toujours : le protocole demande 50 g de glucides assimilables, alors que 50 g de xylitol en une prise dépassent largement le seuil d’inconfort intestinal de la plupart des gens. Les valeurs publiées pour les polyols proviennent donc de doses plus faibles ou d’extrapolations, et non de la même épreuve que celle qui a servi à classer le pain ou le riz. Un indice glycémique de polyol et un indice glycémique de céréale ne sont pas deux mesures du même objet.

Les ordres de grandeur, côte à côte

ProduitIndice glycémiqueCe qui explique la valeur
Glucose100C’est la référence de l’échelle
Miel35 à 87Varie du simple au double selon l’origine florale, avec le rapport fructose/glucose
Saccharose (sucre de table)≈ 65Moitié glucose, moitié fructose
Maltitol≈ 35Polyol partiellement hydrolysé en glucose
Sirop d’agave15 à 55Riche en fructose, capté par le foie hors de la voie de l’insuline
Xylitol7 à 13Absorption incomplète ; fermentation colique du reste
Sorbitol≈ 9Même mécanisme, tolérance encore plus basse
Érythritol0Absorbé dans l’intestin grêle puis excrété intact par les reins
Glycosides de stéviol0N’apporte aucun glucide aux doses d’emploi

Valeurs relevées sur l’échelle du glucose, d’après les tables internationales d’indice et de charge glycémiques publiées par Atkinson, Foster-Powell et Brand-Miller (Diabetes Care, 2008) et leur actualisation de 2021, complétées par la littérature sur les polyols. Ce sont des ordres de grandeur : ils dépendent du protocole, de la dose et du produit lui-même.

Ce que l’indice glycémique ne dit pas

Un indice bas ne renseigne que sur une chose, et il est courant de lui en faire dire quatre autres.

  • Il ne dit rien de la quantité. Un aliment à indice bas consommé en abondance élève davantage la glycémie qu’un aliment à indice élevé pris en petite quantité. C’est l’objet de la charge glycémique, qui tient compte de la portion.
  • Il ne dit rien de l’énergie. Le sirop d’agave a un indice bas et apporte 318 kcal aux 100 g ; le xylitol a un indice plus bas encore et en apporte 240. Deux propriétés indépendantes.
  • Il ne dit rien de la tolérance. Ce qui limite l’usage du xylitol dans une journée n’est pas son effet sur la glycémie, c’est la fermentation colique de la fraction non absorbée — de l’ordre d’une vingtaine de grammes de polyols en une prise chez qui n’y est pas habitué.
  • Il ne dit rien de ce que le produit sait faire en cuisine. Le xylitol ne caramélise pas, ne dore pas et ne nourrit pas la levure ; l’agave caramélise dès 110 °C. Aucun indice glycémique ne rend compte de cela. Voir Xylitol et cuisson.

Ce que cette page ne dira pas

Ni qu’un sucrant conviendrait aux personnes diabétiques, ni qu’un autre leur serait déconseillé. Une information sur une denrée alimentaire ne lui attribue pas de propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine, et n’évoque pas de telles propriétés : c’est l’article 7 du règlement (UE) n° 1169/2011, et il ne souffre pas d’exception éditoriale. Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien.

La rubrique Diabète et xylitol expose ce que l’on sait et ce que la réglementation permet d’en écrire ; l’article Xylitol et diabète rassemble les chiffres et leurs références.

Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.

22 réflexions au sujet de “Indice glycémique du xylitol : 7 à 13, et ce que ce chiffre mesure”

  1. Je ne vois aucune information claire sur la composition de ce produit que je viens d’acheter, ni sur cette page, ni sur l’embalage qui indique qu’il n’y a pas d’effet sur la glycémie mais je voie sur cette page que c’est faux.

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    • Bonjour,

      Sur quelles informations exactement voulez-vous être renseigné ? Peut-être que nous pourrons vous aider.

      Concernant la composition du produit, le xylitol est généralement vendu pur et sous forme cristallisé. En fait, c’est un édulcorant issu de l’écorce du bouleau (pour celui de bonne qualité). Il peut-être aussi obtenu à partir de fruits ou de maïs. Vous trouverez son principe de fabrication sur cette page : http://www.xylitol-sucre.org/decouvrir-le-xylitol/synthese-du-xylitol/

      Puis en ce qui concerne l’indice glycémique du xylitol, il est, en fait par rapport aux différents sucres, très bas et n’engendre donc pas de pic glycémique après ingestion. C’est pour cette raison qu’il convient au régime des diabétiques.

      J’espère que cette bride d’informations vous apporte quelques éléments de compréhension.
      N’hésitez pas à reposer d’autres questions.

      Cordialement,
      Votre contact xylitol-sucre.org

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  2. Le xylitol possède certes un IG très bas mais quel est l’effet de son ingestion sur le cerveau? Est-ce que la fonction céphalique liée à l’ingestion de sucré est aussi bien enclenchée qu’avec un sucre classique? En effet, les édulcolorants à très faible IG peuvent perturber la fonction céphalique car l’organisme ne reconnaît pas qu’il a absorbé du sucre.

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    • Bonjour Rom, et pardon pour ce délai. Votre question est la plus intéressante de cette page, et la réponse honnête est que les données manquent pour le xylitol en particulier. Ce qui est établi : la phase céphalique de la réponse insulinique existe, elle est déclenchée par la perception du goût sucré et par les récepteurs T1R2-T1R3, y compris intestinaux, et son ampleur est faible par rapport à la réponse post-absorptive. Ce qui est débattu : la question de savoir si un édulcorant, en dissociant goût sucré et apport de glucose, perturberait durablement la régulation. Les résultats sont contradictoires et les études portent surtout sur les édulcorants intenses, non sur les polyols. Une particularité du xylitol mérite d’être signalée : il n’est pas dénué de calories ni d’absorption, et il stimule la sécrétion de GLP-1 et de CCK, ce qui le distingue nettement d’un édulcorant intense. Nous ne prétendrons pas trancher.

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  3. Vous n’avez pas pris en compte des remarques que l’on peut émettre sur votre site (gestion par le cerveau de la réponse sucrée du xylitol par ex).
    Cela cache quelque chose, une façon de ne pas vouloir mettre en avant un problème.
    J’en déduis que le marketing du xylitol est encore une mode gérée par des gens peu sérieux.

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    • Bonjour, et pardon pour ces treize ans de silence, qui donnent rétrospectivement du poids à votre reproche. Sur le fond, vous aviez raison : le site relayait alors des promesses excessives, ne citait pratiquement aucune source, et laissait sans réponse les questions gênantes — dont la vôtre. Il a été entièrement repris en 2026 : affirmations fausses retirées, références ajoutées page par page, effets non démontrés présentés comme tels, et signal cardiovasculaire de 2024 documenté au lieu d’être passé sous silence. Votre question précise, sur la réponse céphalique, reçoit une réponse sous votre autre message. Cela ne rattrape pas treize ans, mais c’était la moindre des choses.

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  4. Faux, le miel a un IG de 75 à 83! Si ainsi certains chiffres de cette page sont faux, il est difficile de croire au reste ou on peut se dire que cela cache d’autres vérités ou non dits.

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    • Bonjour, et pardon pour ce délai. Votre reproche était fondé et le chiffre a été corrigé. L’indice glycémique du miel n’est pas unique : il dépend fortement du rapport fructose sur glucose, donc de l’origine florale. Les tables internationales de Foster-Powell et coll. donnent des valeurs allant d’environ 35 pour un miel très riche en fructose, comme l’acacia, à plus de 80 pour certains miels riches en glucose, la moyenne se situant autour de 55 à 60. Votre fourchette de 75 à 83 correspond à la partie haute de cet éventail, elle n’est donc pas fausse, mais elle ne vaut pas pour tous les miels. Le site indique désormais une fourchette avec sa source, plutôt qu’un chiffre unique. Et vous aviez raison sur le principe : un chiffre faux jette le doute sur tout le reste.

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    • Bonjour, et pardon pour ce délai. L’introduction d’un édulcorant dans l’alimentation d’une personne diabétique se discute avec le médecin ou le diététicien qui la suit : nous ne connaîtrons ni votre traitement ni votre équilibre glycémique. Les éléments factuels, en revanche : la littérature ne décrit pas de contre-indication propre au diabète, l’indice glycémique du xylitol est bas, de 7 à 13, et la seule limite couramment rapportée est digestive. Notre rubrique diabète, refaite en 2026.

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  5. Merci beaucoup pour ces informations précieuses sur les index glycemiques.
    Auriez-vous connaissance de tables d’index insulinique?

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    • Bonjour Anne, et pardon pour ce délai. Oui, ces tables existent, mais elles sont rares et bien moins complètes que celles des indices glycémiques. La référence historique est le travail de Holt, Miller et Petocz publié en 1997 dans l’American Journal of Clinical Nutrition, portant sur 38 aliments : c’est de là que vient la notion d’indice insulinique, et la constatation que certains aliments peu glycémiants, produits laitiers et viandes notamment, déclenchent une réponse insulinique disproportionnée. Aucune table étendue et actualisée n’a suivi, et l’indice insulinique reste peu utilisé en pratique clinique. Pour les polyols, les données sont quasi inexistantes.

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    • Bonjour, et pardon pour ce délai. Nous ne conseillons rien à personne, et c’est délibéré : ce site informe, il ne prescrit pas, et les décisions concernant un diabète ou une perte de poids se prennent avec un médecin ou un diététicien. Les faits, eux, sont vérifiables : le xylitol apporte 2,4 kcal/g contre 4 pour le sucre, soit 40 % de moins, avec un pouvoir sucrant équivalent, et son indice glycémique est bas, de 7 à 13 contre 65 à 70. Ce n’est pour autant ni un brûleur de graisses ni un aliment libre : il reste calorique et laxatif à dose élevée.

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  6. bonjour, j’ai une maladie auto immune, je dois arrêter le sucre (le gluten, lactose, caseine ! ça va être la fête !!) qui entretiendrait l’inflammation, est ce que je peux consommer du xylitol à la place ? est ce que le xylitol peut provoquer ou « nourrir » les inflammations ?
    j’aiessayé de faire de la confiture avec du xylitol mais au bout d’un certain nombre de jours, ça cristalise dans le bocal, c’est normal ? merci pour vos réponse

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    • Bonjour Sam, et pardon pour ce délai. Sur la maladie auto-immune, nous ne nous prononcerons pas : le lien entre alimentation et inflammation dans ce cadre relève du médecin ou du diététicien qui vous suit, et les régimes d’éviction se construisent avec eux. Ce que l’on peut dire, faute de mieux, c’est qu’aucune étude ne décrit d’effet pro-inflammatoire du xylitol, mais qu’aucune ne démontre non plus d’effet favorable : le sujet n’est simplement pas documenté. Une réserve pratique, en revanche : les polyols sont fermentés par la flore du côlon et pourraient aggraver un inconfort digestif. Sur la confiture, oui, c’est normal : le xylitol est bien moins soluble à froid, la préparation devient sursaturée au réfrigérateur et l’excédent recristallise. Réduire la proportion à 300-400 g par kilo de fruits et ajouter un peu de jus de citron limite le phénomène, qui est sans danger.

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  7. Bonjour,
    Suite à mon expérience négative et mes constations de personnes supportant mal le xylitol, je m’emets des doutes concernant ce produit.
    A part les explications figurant sur les paquets de xylitol (bouleau), comme quoi c’est un produit remineraliser, bon pour les caries, les dents, les candidas albicans, etc.
    Expliquez moi pourquoi un produit soi disant si fabuleux, fait mal aux dents, si on se brossé avec, s’il est censé être remineraliser ? Sensibilité dentaire ou gingivale ? Ok mais si vraiment remineralisant devrait reconstruire, apaiser, et non agresser…
    Idem sur les effets dévastateurs de ma flore intestinale…
    Le xylitol est hydrogéné… Voir les autres produits hydrogénés… Bons pour la santé ou pas… ?
    Pour moi le xylitol est un poison pour l’organisme
    Voici un lien en anglais, demander une traduction anglais/français à la page poule lire :
    https://www.thehealthyhomeeconomist.com/xylitol-not-as-sweet-as-its-cracked-up-to-be/

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    • Bonjour Sophie. Votre message est resté sans réponse pendant huit ans, et il aurait mérité mieux, car plusieurs de vos objections étaient justes. Sur la tolérance digestive : elle varie énormément d’un individu à l’autre, et certaines personnes ne s’y font jamais — le site le dit désormais franchement. Sur la reminéralisation et les candidoses : les données sont bien plus faibles que ce que le marketing laisse entendre, et les affirmations trop assurées ont été retirées en 2026. Sur l’hydrogénation en revanche, il y a un malentendu : elle n’a rien à voir avec celle des huiles végétales et de leurs acides gras trans ; il s’agit ici de transformer une fonction aldéhyde en alcool, sans aucun corps gras en jeu. Enfin, si le xylitol ne vous convient pas, il n’y a aucune raison d’insister : c’est un ingrédient, pas un remède. Notre page sur les risques.

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    • Bonjour Sarah, et pardon pour ce délai. Nous ne répondrons pas à cette question, et c’est délibéré : un diabète gestationnel se suit médicalement, et nous ne connaissons ni votre bilan ni votre traitement. La sage-femme, le médecin ou le diététicien qui vous suivent sont les seuls à pouvoir vous répondre. Nous espérons que tout s’est bien passé depuis.

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