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Le xylitol est un sucre-alcool obtenu essentiellement à partir du bois de bouleau ou des rafles de maïs — du bois, et non de l’écorce, qui est surtout riche en bétuline. C’est dans l’hémicellulose que se trouve le xylane, un polymère dont on tire le xylose — et c’est du xylose, non du xylitol, qu’il faut partir : la plante ne contient pas de xylitol, elle contient de quoi en faire.
En premier lieu, le bois de bouleau ou les rafles de maïs sont broyés pour casser les fibres. Le broyat subit ensuite une hydrolyse à l’acide dilué — de l’acide sulfurique, autour de 120 °C — qui coupe les liaisons du xylane et libère les sucres qu’il contient. L’eau seule n’y suffirait pas. La solution est ensuite neutralisée, débarrassée de ses insolubles, puis concentrée. Il faut alors séparer les sucres, au charbon actif, sur résines échangeuses d’ions et par séparation chromatographique, pour ne garder qu’une solution de xylose.
Vient alors l’étape décisive, celle où le sucre devient un polyol : l’hydrogénation catalytique. En présence de nickel de Raney, entre 80 et 140 °C et sous hydrogène sous pression, la fonction aldéhyde du xylose est réduite en fonction alcool. Le xylitol est alors en solution : il ne reste qu’à le purifier, le faire cristalliser, le sécher et le broyer au calibre voulu.
Bouleau ou maïs : la molécule est la même. Au bout de cette chaîne, on obtient dans les deux cas du xylitol, C5H12O5, additif E967 — même pouvoir sucrant, même effet dentaire, même tolérance digestive. Aucune analyse ne distingue les deux dans le pot.
Le xylitol de maïs est-il plus allergénique que celui de bouleau ? La question revient souvent, et rien ne l’indique : la purification qui précède l’hydrogénation élimine les protéines, et aucune donnée publiée n’établit d’allergie au xylitol selon sa matière première. Une personne allergique au maïs qui s’interroge sur un produit précis pose la question à son médecin ou à son allergologue, et au fabricant.
Il reste de bonnes raisons de préférer l’une ou l’autre origine, mais elles ne sont pas sanitaires : ce sont l’empreinte environnementale, la question OGM, la longueur de la chaîne d’approvisionnement et la possibilité d’une certification biologique. Elles sont traitées, chiffres à l’appui, dans bouleau ou maïs : ce que le Planet-Score dirait.
Voir le procédé complet en huit étapes, du copeau au cristal →
Pourriez vous me dire s’il vous plait, si on prend la même quantité de sucre que le sucre naturel XYLITOL, pour une recette de gateau.
Merci
Cordialement
MF WANHAM
Bonjour,
On estime à 2/3 la capacité sucrante du sucre par rapport au Xylitol. Il faut donc prendre 30% de moins que le sucre normal.
Au plaisir d’avoir pu vous répondre.
Correction apportée en août 2026 : c’est faux. Le pouvoir sucrant du xylitol est égal à celui du sucre — le remplacement se fait à poids égal, et la cuisson n’y change rien. Voir Pouvoir sucrant du xylitol.
Bj,
Vous dites : » Cette solution sucrée va être concentrée (par évaporation notamment). Il faut ensuite séparer les sucres pour ne garder qu’une solution de xylose, sucre à partir duquel est obtenu le xylitol. »
Quel procédé chimique est-il employé pour séparer les sucres, utilisez-vous du trichloréthylène comme pour l’extraction du fructose ?
Idem pour la phase d’hydrogénation et puis pour celle de cristalisation ?
Merci.
Bonjour, et pardon pour ce délai. Non, il n’y a pas de trichloroéthylène dans la fabrication du xylitol. La séparation des sucres ne se fait pas par solvant mais par voie physico-chimique : neutralisation de l’hydrolysat, décoloration sur charbon actif, puis passage sur résines échangeuses d’ions et chromatographie de séparation, souvent sur résine cationique en forme calcium. L’hydrogénation se fait ensuite sous pression d’hydrogène, sur catalyseur au nickel de Raney, catalyseur solide séparé par filtration en fin de réaction. La cristallisation, enfin, se fait par concentration et refroidissement contrôlé, sans solvant organique. Les résidus du produit fini, nickel compris, sont plafonnés par le règlement (UE) n° 231/2012. La page procédé a été refaite.
Bonjour
J’ai entendu dire que le xylitol vendu en pharmacie était « synthétique » et avait moins d’effet favorable que les produits au xylitol « naturel » vendus en magasins bio.
Est-ce vrai ?
Merci
L. D.
Bonjour Laurence, et pardon pour ce délai. C’est faux, et l’argument est purement commercial. Le xylitol est une molécule unique, de formule C5H12O5 : celui vendu en pharmacie et celui vendu en magasin biologique sont chimiquement identiques, et l’organisme ne fait aucune différence entre eux. Ce qui peut varier, c’est la matière première — bois de bouleau, hêtre ou rafle de maïs — et l’existence d’une certification biologique, qui porte sur la filière, non sur la molécule. Aucun xylitol n’est plus « naturel » qu’un autre : tous sont issus d’un procédé industriel d’hydrogénation. Voir la page sur l’origine.