Planet-Score : la grille de lecture, pas la note

Le Planet-Score est né d’une critique du Green-Score : une analyse de cycle de vie classique mesure bien le climat et les ressources, mais elle rend très mal compte des pesticides, de la biodiversité et du bien-être animal — au point qu’un produit intensif peut y devancer un produit biologique. Le Planet-Score y répond en combinant une ACV modifiée à douze indicateurs et un référentiel externe de treize autres.

Nous ne le recalculons pas, et il faut dire pourquoi. Ce référentiel externe — dangerosité des substances actives, pression sur les milieux, conditions d’élevage — n’est pas public. Le reproduire supposerait de deviner des pondérations qu’on ne connaît pas, et d’appeler « Planet-Score » un résultat qui n’en serait pas un. Cette page donne donc la grille de lecture de ses quatre blocs, et sur chaque recette un tableau d’état plutôt qu’une lettre.

Sur cette page

Les quatre blocs

BlocCe qu’il mesureCe qu’on peut en dire d’une recette maison
ClimatGaz à effet de serre, sur l’ensemble du cycle de vieCalculable à partir d’Agribalyse, ingrédient par ingrédient
Santé environnementaleDangerosité des pesticides, pondérée par le nombre d’applications — Σ (danger × applications)0,8Non calculable : dépend de l’itinéraire cultural de chaque lot, que le cuisinier ignore
BiodiversitéPression sur les milieux, usage des sols, haies et prairiesNon calculable à l’échelle d’une recette ; dépend de la ferme, pas de l’aliment
RessourcesEau, énergie, minérauxPartiellement, via les indicateurs Agribalyse correspondants

S’y ajoute le bien-être animal, évalué à part et affiché au-delà de 5 % d’ingrédients animaux. Sur la plupart des recettes de ce site — des desserts — les œufs, le lait et la crème franchissent ce seuil : la ligne existe donc, et elle restera « en attente » tant que l’origine des produits n’est pas connue, ce qui est le cas par construction pour une recette destinée à être refaite chez soi.

Pourquoi les deux scores ne classent pas dans le même ordre

Ce n’est pas un défaut de l’un ou de l’autre : ils ne posent pas la même question. Le Green-Score demande combien coûte ce produit à l’environnement, tous impacts agrégés ? Le Planet-Score demande quel mode de production ce produit encourage-t-il ? Un aliment peu émetteur mais issu d’une agriculture très traitante peut obtenir un bon Green-Score et un mauvais Planet-Score. Les deux affirmations sont exactes.

C’est la raison pour laquelle nous n’en retiendrons pas un seul. Un indicateur qu’on ne peut pas contredire est un indicateur qu’on n’a pas compris.

La règle que nous suivons

Mieux vaut une estimation encadrée qu’un silence — dire « on ne sait pas » laisse le champ libre à l’intuition, qui se trompe presque toujours dans le sens favorable au produit. Mais approximer, c’est employer une valeur réelle mesurée sur un cas voisin en le disant ; inventer un nombre sans source, non. Et une fourchette sourcée survit à la citation, une lettre non : une note A-E est un verdict qu’on recopie sans ses hypothèses.

D’où le tableau d’avancement affiché sur chaque recette : un indicateur par ligne, son résultat quand il existe, son état sinon — estimé, tendance, clos sans objet, en attente, arbitrage manquant — et un compteur en pied de tableau. Le lecteur voit ce qui est su et ce qui ne l’est pas, la page se complète au fil des publications, et le compteur interdit de laisser croire que huit lignes renseignées valent une note.

Le piège propre aux édulcorants

L’unité fonctionnelle décide de tout. Un édulcorant intense passe d’un impact énorme au kilo à un impact dérisoire au kilo d’équivalent-sucre, puisqu’il sucre deux à trois cents fois plus. Un polyol, qui sucre à un pour un, n’a droit à aucune remise de ce genre : sa note en masse est sa note en pouvoir sucrant. Toute comparaison d’édulcorants qui ne dit pas son unité fabrique son résultat — et comme je vends du xylitol, c’est exactement le genre de calcul que vous devez pouvoir refaire sans moi.

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Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.