Moelleux banane-datte à la vanille : sans sucre ni édulcorant

Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Sur ce site, sucrer sans sucre passe presque toujours par un édulcorant : xylitol, érythritol, stévia, sirop de yacon. Cette recette prend le chemin inverse. Aucun des deux n’y entre : ni sucre, ni substitut. La douceur vient uniquement de la banane bien mûre et de la datte séchée, réduites en purée.

Le résultat est un moelleux dense, parfumé à la vanille, qui se tranche et se conserve comme un cake classique.

Dessert · cuisine françaiseLecture 8 min

Préparation
15 min
Cuisson
45 min
Total
1 h
Pour
8 parts
Difficulté
facile
Coût
moyen
Saison
Toute l’année
Occasion
Petit-déjeuner, Goûter

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Ni sucre, ni édulcorant : une troisième voie

La plupart des recettes de ce site remplacent le sucre par un polyol ou un édulcorant intense, avec les questions de dose et de tenue à la cuisson que cela pose. Ici, la question ne se pose pas dans les mêmes termes : la banane et la datte apportent leurs propres sucres — glucose, fructose, un peu de saccharose — mais rien n’est ajouté. C’est la nuance exacte que couvre la mention « sans sucres ajoutés » : elle ne dit pas qu’un aliment ne contient pas de sucres, elle dit qu’aucun n’y a été incorporé pendant la fabrication.

La datte séchée joue ici un rôle double, que le sucre ne joue jamais dans une pâte : elle sucre, et elle lie. Sa chair, une fois trempée et mixée, se comporte comme une pâte collante riche en fibres solubles, qui retient l’eau et structure la mie presque comme le ferait une matière grasse supplémentaire. C’est ce qui permet de s’en servir comme d’un vrai remplaçant de sucre en pâtisserie, et pas seulement comme un exhausteur de goût sucré : à poids comparable, elle en tient la place.

Ingrédients

  • 360 g de bananes bien mûres, chair sans peau (environ 3 grosses bananes, peau largement tachetée de brun)
  • 150 g de dattes séchées, dénoyautées (Medjool de préférence)
  • 150 g d’œufs, soit 3 œufs moyens
  • 80 g de beurre doux, fondu
  • 200 g de farine de blé T45
  • 11 g de levure chimique (1 sachet)
  • 1 pincée de sel
  • Facultatif : 1 cuillerée à café d’extrait de vanille, 1 cuillerée à café de cannelle en poudre
  • Facultatif, pour le dessus : 50 g de cerneaux de noix concassés

Allergènes présents : Œufs (oeuf cru) · Lait (beurre à 80% mg minimum, doux) · Céréales contenant du gluten (farine de blé tendre ou froment t45 (pour pâtisserie))

Peut contenir, selon les marques : Anhydride sulfureux et sulfites (datte, chair et peau, sans noyau, sèche)

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Préparation

  1. Préchauffer le four à 180 °C (chaleur tournante). Beurrer un moule à cake ou le chemiser de papier cuisson.
  2. Couvrir les dattes d’eau bouillante et laisser tremper 10 minutes pour les attendrir. Égoutter, puis mixer jusqu’à obtenir une purée lisse — ajouter une cuillerée de l’eau de trempage si le mélange peine à tourner.
  3. Écraser les bananes en purée à la fourchette dans un grand saladier.
  4. Ajouter la purée de dattes, les œufs, le beurre fondu et la vanille. Fouetter jusqu’à obtenir une préparation homogène.
  5. Incorporer la farine, la levure, le sel et la cannelle en pluie, à la spatule, jusqu’à disparition des grumeaux — sans trop travailler la pâte.
  6. Verser dans le moule et parsemer de noix concassées.
  7. Enfourner 40 à 45 minutes. Le moelleux est cuit quand la lame d’un couteau plantée au centre ressort sèche. Couvrir d’une feuille d’aluminium en fin de cuisson si le dessus colore trop vite — sans sucre à caraméliser, il dore surtout grâce aux œufs.
  8. Laisser tiédir 10 minutes dans le moule, puis démouler sur une grille et laisser refroidir complètement avant de trancher.

Une part apporte une charge notable en fructanes, les fibres fermentescibles de la datte et, dans une moindre mesure, de la banane. Chez les personnes sensibles aux FODMAP, deux parts d’affilée peuvent suffire à provoquer des ballonnements — un inconfort qui n’a rien à voir avec une intolérance au gluten ou aux œufs, et qui se limite en général à réduire la portion.

Le petit plus

  • Le choix des bananes décide de tout. Une banane verte ou peu mûre contient surtout de l’amidon ; en mûrissant, cet amidon se convertit progressivement en sucres simples. Une banane à la peau largement tachetée de brun, voire noircie, sucre nettement plus qu’une banane encore jaune et ferme — c’est elle qu’il faut ici, pas une belle banane de vitrine.
  • Le dessus dore peu, et c’est normal. Sans sucre à caraméliser ni à participer à la réaction de Maillard au même degré, la coloration vient surtout des œufs. Un passage de deux minutes sous le gril en fin de cuisson corrige la couleur si besoin.
  • L’erreur classique : mixer les dattes encore chaudes de leur trempage directement avec les œufs. Laisser tiédir la purée avant de l’incorporer, pour ne pas commencer à cuire les œufs au contact.

Les valeurs nutritionnelles

Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table Ciqual 2025 de l’ANSES, avec une perte à la cuisson de 12 % par évaporation. Ce n’est pas une analyse de laboratoire : les valeurs varient avec la maturité des bananes et la variété des dattes employées.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (105 g)Total pour 8 parts
Énergie272 kcal285 kcal2 280 kcal
Matières grasses10 g11 g85 g
  dont acides gras saturés6,3 g6,5 g52 g
Glucides39 g41 g325 g
  dont sucres19 g19 g155 g
  dont polyols0,2 g0,2 g1,8 g
Fibres alimentaires3,1 g3,2 g26 g
Protéines5,2 g5,4 g43 g
Sel0,11 g0,11 g0,88 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 8 parts : 951 g de préparation crue, 114 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 837 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 3, sucres 5, acides gras saturés 6, sel 0 — soit 14. Points positifs : protéines 2, fibres 1, fruits et légumes 1 (54 % de la recette) — soit 4. Au-delà de 11 points négatifs, les protéines ne sont pas déduites : elles ne le sont donc pas ici. Score : 12, ce qui donne un D.

Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 0,2 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)0,23 mPt/kgcalculé sur 100 % de la recette
Émissions de gaz à effet de serre0,2 kg CO₂ eq par partcalculé sur 100 % de la recette
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballageen attente
Planet-Score — climaten attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversitéen attente
Planet-Score — bien-être animalsans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

Green-Score calculé — 57 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus

A+ABCDEF

Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.

2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.

Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Beurre à 82% MG, doux 28 %, Datte, pulpe et peau, sèche 25 %, Banane, pulpe, crue 19 % du score.

Qualité de la donnée : DQR 2,7 sur 5, qualité moyenne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse ; la moins bien notée est à 3,6. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.

Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.

Ce que ces chiffres autorisent à écrire

  • Sans sucres ajoutés — aucun sucre n’est incorporé à la recette. La mention doit obligatoirement être suivie de « contient des sucres naturellement présents » : ceux de la banane et de la datte.
  • Source de fibres — il faut au moins 3 g pour 100 g ; on est à 3,1 g, tout juste franchi.
  • Faible teneur en sodium — il faut au plus 0,12 g de sel pour 100 g ; on est à 0,11 g, un écart serré qui tient à l’absence de tout sel ajouté au-delà de la pincée.

Et ce qu’ils n’autorisent pas

« Riche en fibres » : non. Le seuil est de 6 g pour 100 g, et ce moelleux n’en apporte que 3,1 g — assez pour être « source », pas assez pour être « riche ».

« Source de protéines » : non. Il faudrait qu’au moins 12 % de l’énergie vienne des protéines ; les œufs et la farine n’en apportent que 7,6 %, l’essentiel des calories venant des glucides du fruit et du beurre.

« Faible teneur en sucres » : non, largement. Le seuil est de 5 g pour 100 g, et ce moelleux en contient 18,5 g — sans un gramme de sucre ajouté. La banane et la datte suffisent à elles seules à dépasser trois fois ce seuil : c’est exactement pourquoi ces mentions se calculent au lieu de se décréter.

« Faible teneur en matières grasses » et « en acides gras saturés » : non plus. Les seuils sont respectivement de 3 g et 1,5 g pour 100 g ; le beurre porte ce moelleux à 10,2 g de lipides et 6,3 g d’acides gras saturés pour 100 g.

« Valeur énergétique réduite » : sans objet. Cette mention suppose un gâteau de référence sucré classiquement, dont celui-ci serait allégé d’au moins 30 %. Il n’y en a pas ici : les dattes et la banane ne remplacent pas seulement le sucre d’une recette de référence, elles remplacent aussi une partie de son corps, ce qui rend la comparaison inapplicable.

« Convient aux diabétiques » : jamais. Une mention reliant un aliment à une maladie relève de l’article 14 du règlement (CE) n° 1924/2006 et n’est pas recevable sous cette forme, quelles que soient les valeurs obtenues.

Pesez les bananes une fois épluchées, pas avec leur peau. La peau représente 30 à 40 % du poids total selon la maturité : peser la banane entière fausserait la proportion réelle de fruit dans la pâte, et donc le sucré obtenu.

Substitutions

  • Farine sans gluten — un mélange farine de riz et poudre d’amande (150 g + 50 g) convient, à poids total égal ; la mie est un peu plus dense.
  • Beurre — huile de coco fondue, à poids égal ; le moelleux garde alors une légère note de coco.
  • Dattes — figues séchées, à poids égal et même trempage ; le résultat est un peu moins liant, un peu plus sucré.
  • Ce qui ne marche pas : remplacer les dattes par des raisins secs à poids égal — trop peu de fibres solubles pour lier la pâte, le moelleux se délite à la coupe.

Conservation

3 à 4 jours à température ambiante, dans une boîte hermétique — il a plutôt tendance à s’humidifier qu’à sécher, faute de sucre pour capter l’eau. Il se congèle bien, entier ou tranché, jusqu’à 2 mois ; laisser décongeler à température ambiante.

Le matériel

  • Une balance de cuisine — indispensable ici plus qu’ailleurs : la maturité des bananes et la variété des dattes font varier le poids réel d’une pièce à l’autre, la seule mesure fiable est le poids de chair.
  • Un mixeur plongeant ou un petit blender pour la purée de dattes — à défaut, une fourchette et de la patience donnent un résultat plus grossier mais qui fonctionne.
  • Un moule à cake d’environ 25 cm, beurré ou chemisé de papier cuisson.

Questions fréquentes

Peut-on réduire encore la quantité de dattes ?
Oui, jusqu’à 100 g environ avec des bananes très mûres. En dessous, le moelleux manque de tenue autant que de sucré : la datte n’est pas ici un simple exhausteur de goût.

Le moelleux est-il sans sucre ?
Non, et aucun gâteau à base de fruits ne peut l’être : la banane et la datte apportent leurs propres sucres, 18,5 g pour 100 g au total. Ce que la recette évite, c’est d’en ajouter — ni sucre blanc, ni miel, ni sirop, ni édulcorant.

Peut-on doubler les quantités ?
Oui, dans deux moules séparés plutôt qu’un seul plus grand : un volume de pâte trop important cuit mal au centre avant que les bords ne soient secs.

Recette publiée le 15 septembre 2026.

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Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.