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Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Chercher un baba au rhum « diététique », c’est d’abord chercher où se trouve son sucre. La réponse surprend : presque pas dans la pâte. Un baba est une pâte levée aux œufs et au beurre, proche d’une brioche maigre, qui ne reçoit qu’une cuillerée de sucre — et qui s’en passe très bien. Tout le sucre est dans le sirop qu’on lui fait boire ensuite, et un baba bien séché en boit presque deux fois son poids.
C’est donc le sirop qu’on change, et lui seul. Ici, 110 g de xylitol dans 600 g d’eau, parfumés à l’orange, à la vanille et au rhum. Le xylitol se dose à poids égal du sucre, il ne cristallise pas à cette concentration et le baba l’absorbe exactement comme un sirop de sucre. La crème fouettée cède la place à un fromage blanc battu, logé au creux du baba, et les fruits frais — kiwi, ananas, nectarine — apportent l’acidité que le rhum ne donne pas. Une pincée de masse de cacao râpée, sans sucres, finit l’assiette.
Deux chiffres commandent la recette, et ils ne disent pas la même chose. Le premier est celui des sucres : 6,1 g par part, contre 19,9 g avec le même sirop au sucre. Le second est celui des polyols : 14,0 g par part. C’est lui qui fixe le nombre de parts — huit, et non six —, parce qu’une part sur six approcherait 19 g, au bord du seuil de tolérance aux polyols.
Dessert · cuisine françaiseLecture 19 min
- Préparation
- 40 min
- Cuisson
- 25 min
- Repos
- 2 h 25
- Total
- 3 h 30
- Pour
- 8 babas
- Difficulté
- moyen
- Coût
- moyen
- Saison
- De juin à septembre
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Face au baba classique
La référence est le baba de pâtissier, calculé sur les mêmes données de composition : la même pâte avec 15 g de sucre, un sirop à 450 g de sucre par litre d’eau — 270 g pour les 600 g d’eau —, une crème fouettée sucrée (150 g de crème à 30 % et 15 g de sucre) à la place du fromage blanc, les mêmes fruits et pas de cacao.
| Par baba | Cette recette | Baba classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 6,1 g | 43,2 g | − 86 % |
| Énergie | 255 kcal | 412 kcal | − 38 % |
| Polyols | 14,0 g | 0,3 g | |
| Nutri-Score | C, 3 points (B sans le cacao) | C, 10 points |
Le xylitol n’explique qu’une petite part des calories gagnées. Sur les 157 kcal d’écart par baba, 22 viennent du xylitol lui-même ; les 135 autres viennent du sirop allégé et du fromage blanc qui remplace la crème. Pour les sucres, c’est l’inverse : le xylitol en retire l’essentiel. Le détail, face à la même recette sucrée au sucre, est plus bas.
Ingrédients
Pour 8 babas individuels (moules à baba de 7 cm) ou une couronne à savarin de 22 cm.
Pour la pâte
- 200 g de farine de blé T45
- 150 g d’œufs, soit 3 œufs moyens, à température ambiante
- 40 g de lait demi-écrémé, tiède
- 4 g de levure de boulanger déshydratée, ou 8 g de levure fraîche
- 50 g de beurre doux, pommade, plus un peu pour les moules
- 3 g de sel
Pour le sirop
- 600 g d’eau
- 110 g de xylitol
- 40 g de rhum ambré, soit 4 cl
- le zeste d’une orange non traitée, prélevé en rubans
- une demi-gousse de vanille, fendue
Pour servir
- 150 g de kiwi, soit deux fruits, pelés
- 150 g d’ananas frais, chair seule, sans le cœur
- 150 g de nectarine, soit un gros fruit, avec sa peau
- 200 g de fromage blanc à 0 %, battu
- 3 g de masse de cacao à 100 %, sans sucres, râpée
Allergènes présents : Céréales contenant du gluten (farine de blé tendre ou froment t45 (pour pâtisserie)) · Œufs (oeuf cru) · Lait (lait demi-écrémé (aliment moyen), beurre à 80% mg minimum, doux, fromage blanc, nature, 0% mg)
Peut contenir, selon les marques : Fruits à coque (masse de cacao 100 % (pâte de cacao)) · Soja (masse de cacao 100 % (pâte de cacao))
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Pourquoi la pâte ne contient ni sucre ni xylitol. La levure de boulanger, Saccharomyces cerevisiae, ne ferment pas le xylitol : elle n’a pas l’outillage enzymatique pour en tirer de l’énergie. Mettre du xylitol dans la pâte ne la nourrirait donc pas — et à forte dose, en retenant l’eau, il la ralentirait. La brioche au xylitol décrit ce ralentissement.
Elle n’a pas besoin de sucre non plus. La farine porte ses propres amylases, qui découpent l’amidon en maltose dès que la pâte est hydratée : c’est ce maltose que la levure consomme, comme dans n’importe quel pain. Les dix ou quinze grammes de sucre d’une recette classique ne servent qu’à démarrer la fermentation un peu plus vite et à dorer la croûte.
Sans eux, la poussée prend dix à quinze minutes de plus, et la croûte dore un ton plus clair — ce sont les œufs et les protéines de la farine qui font la couleur. Une fois imbibé de sirop, le baba prend de toute façon la teinte ambrée qu’on lui connaît.
Préparation
- Délayer la levure dans le lait tiède, à 35 °C au plus. Au-delà de 45 °C, elle commence à mourir.
- Mélanger la farine et le sel dans la cuve du robot, crochet ou feuille. Ajouter le lait levé, puis les œufs un à un.
- Battre dix minutes à vitesse moyenne. La pâte est très molle, presque coulante au départ ; elle devient élastique et se décolle des parois. C’est ce réseau de gluten qui fera la mie ouverte dont le baba a besoin pour boire.
- Incorporer le beurre pommade en quatre fois, en battant trois ou quatre minutes, jusqu’à ce que la pâte redevienne lisse et brillante.
- Garnir les moules beurrés à la poche ou à la cuillère, au tiers de leur hauteur — environ 55 g de pâte par moule.
- Laisser pousser 50 à 70 minutes à 25 °C, sous un linge, jusqu’à ce que la pâte affleure le bord.
- Cuire à 180 °C, chaleur tournante, 18 à 22 minutes, jusqu’à une couleur blonde uniforme. Démouler aussitôt sur une grille.
- Sécher les babas : une nuit à l’air libre, ou dix minutes au four à 120 °C. Un baba frais boit mal et s’effondre ; un baba sec boit tout. Voir l’encadré ci-dessous.
- Préparer le sirop : porter l’eau, le xylitol, le zeste et la vanille à ébullition, laisser frémir deux minutes, retirer du feu. Laisser tomber à 55-60 °C, puis ajouter le rhum.
- Imbiber : plonger les babas dans le sirop chaud, les retourner, les maintenir immergés deux à trois minutes, jusqu’à ce qu’ils ne lâchent plus de bulles. Les égoutter sur une grille posée au-dessus du plat, et garder le sirop qui reste.
- Préparer les fruits au dernier moment : le kiwi en rondelles fines, l’ananas en lamelles, la nectarine en quartiers fins avec sa peau. Les arroser d’une cuillerée de sirop : c’est lui qui leur donne leur brillant.
- Dresser juste avant de servir : creuser légèrement le sommet de chaque baba à la cuillère, y déposer une cuillerée de fromage blanc battu, couvrir de fruits, râper la masse de cacao par-dessus et finir avec le sirop restant à la cuillère.
Combien un baba boit-il, et pourquoi il faut qu’il soit sec. La mie d’un baba est une mousse solide dont les trois quarts du volume sont de l’air. Le sirop y entre par capillarité, comme l’eau dans une éponge : il remplace l’air des alvéoles, et plus celles-ci sont ouvertes et sèches, plus il en entre. Un baba frais a encore ses alvéoles tapissées d’humidité ; il boit moins, et sa mie, déjà molle, se défait sous le poids du liquide.
La température du sirop compte autant. Trop chaud, au-dessus de 70 °C, il ramollit l’amidon de la mie et le baba se délite. Froid, il est plus visqueux et pénètre lentement : le cœur reste sec. Entre 55 et 60 °C, l’imbibage est rapide et la mie tient.
Un sirop à 15 % de xylitol est à peine plus visqueux que l’eau, nettement moins qu’un sirop de pâtisserie classique à 30 ou 35 % de sucre. Il pénètre donc plus vite : deux à trois minutes suffisent là où un sirop plus épais en demande cinq. Ce sont des ordres de grandeur, tirés de la physique des liquides, et non des mesures.


La balance dit quand c’est fini. Pesez les babas secs avant de les plonger : les 447 g de pâte donnent environ 396 g de babas cuits. Bien imbibés, ils doivent approcher 1 050 g, soit 650 g de sirop absorbés. Le reste du sirop, 80 g environ, se sert à la cuillère : toute la recette est calculée en supposant qu’il est mangé.
Le petit plus
- Le rhum va dans le sirop tiède, jamais dans le sirop bouillant. Versé à ébullition, il perd l’essentiel de son arôme avec son alcool. À 55 °C, il en garde la plus grande part.
- L’erreur fréquente : imbiber des babas du jour. Ils s’affaissent, se déchirent à l’égouttage et boivent moins. Les cuire la veille est la vraie clé de la recette.
- L’ananas frais et le fromage blanc ne se rencontrent qu’au dernier moment. L’ananas cru contient une enzyme, la bromélaïne, qui découpe les protéines du lait : laissés ensemble une heure, le fromage blanc devient amer et se liquéfie. Dressé juste avant de servir, rien de cela n’a le temps d’arriver. Un ananas en conserve, chauffé, n’a plus d’enzyme active, mais il est le plus souvent au sirop.
- La masse de cacao se râpe au dernier moment, sur les fruits déjà arrosés : trois grammes suffisent, pour l’amertume et la couleur plus que pour le goût de chocolat.
- Le fromage blanc se bat à la fourchette une minute, avec les graines de la demi-gousse de vanille grattée : il gagne en légèreté et prend le parfum du sirop. Logé au creux du baba, il ne coule pas dans l’assiette.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 1 850 g de matières premières ramenés à 1 779 g servis : 51 g d’eau perdus à la cuisson de la pâte, 20 g au frémissement du sirop. Il porte sur l’assiette entière — baba imbibé, sirop restant, fruits, fromage blanc et cacao — et non sur le baba seul : c’est ce que mange le lecteur, et c’est ce qui dilue les chiffres pour 100 g.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (222 g) | Total pour 8 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 114 kcal | 255 kcal | 2 037 kcal |
| dont alcool | 5 kcal | 12 kcal | 94 kcal |
| Matières grasses | 3,5 g | 7,9 g | 63 g |
| dont acides gras saturés | 2,0 g | 4,5 g | 36 g |
| Glucides | 18 g | 40 g | 322 g |
| dont sucres | 2,8 g | 6,1 g | 49 g |
| dont polyols | 6,3 g | 14 g | 112 g |
| Fibres alimentaires | 0,8 g | 1,8 g | 15 g |
| Protéines | 3,2 g | 7,2 g | 58 g |
| Sel | 0,21 g | 0,47 g | 3,79 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 8 parts : 1 850 g de préparation crue, 71 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 1 779 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
L’alcool est compté dans l’énergie, à raison de 7 kcal par gramme : 13 g d’alcool pour le plat, soit 94 kcal, et 1,7 g par part. La déclaration nutritionnelle européenne ne lui réserve pas de ligne : c’est pourquoi l’addition des autres lignes ne retombe pas sur l’énergie. Une partie s’évapore à la cuisson ou dans un sirop chaud : ce chiffre est un maximum.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Eau — Eau du robinet ou embouteillée : aucun apport énergétique. Comptée pour sa masse seulement, ce qui dilue les valeurs pour 100 g — indispensable dès qu'une recette est une boisson ou un sirop.
- Xylitol (E967) — Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV : coefficient de conversion des polyols, 2,4 kcal/g. Polyol pur.
- Masse de cacao 100 % (pâte de cacao) — USDA FoodData Central, « Baking chocolate, unsweetened, squares » (n° 19078). Glucides ramenés à la convention européenne (glucides disponibles = glucides totaux moins fibres) et énergie recalculée avec les coefficients de l'annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. Les déclarations des fabricants européens de pâte de cacao donnent des valeurs très proches : 610 à 630 kcal, 52 à 55 g de lipides, 1 g de sucres.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 1, sucres 0, acides gras saturés 2, sel 1 — soit 4. Points positifs : protéines 1, fibres 0, fruits et légumes 0 (24 % de la recette) — soit 1. Score : 3, ce qui donne un C.
Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 6,3 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,132 mPt/kg | calculé sur 94 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,30 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette, dont une part estimée |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 70 / 100 · couverture 94 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ingrédients sans score unique : Xylitol (E967). Ils sont exclus du score EF et du Green-Score, et leur masse compte comme non couverte. Rien n’est estimé à leur place.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Oeuf, cru 17 %, Beurre à 82% MG, doux 17 %, Fromage blanc nature, 0% MG 16 % du score.
Climat estimé, score unique inconnu : Xylitol (E967) : 2,5 à 5 kg CO₂ eq par kilo, estimation encadrée du site, reconstruite par analogues industriels publiés (Blanco 2020, Akmalina 2019, Dasgupta 2021) — le détail du calcul. Ces ingrédients entrent dans la ligne des gaz à effet de serre, et dans elle seule : leur masse est comptée hors couverture pour le score unique comme pour le Green-Score, faute de connaître les quinze autres indicateurs.
Ingrédients rapprochés : Lait demi-écrémé (aliment moyen) → Lait demi-écrémé, UHT (lait demi-écrémé UHT — Agribalyse ne publie pas d'aliment moyen) ; Levure de boulanger déshydratée → Levure chimique ou Poudre à lever (levure chimique — seul agent levant de la base ; la levure de boulanger est biologique, la filière n'est pas la même) ; Eau → Eau du robinet (eau du robinet) ; Masse de cacao 100 % (pâte de cacao) → Cacao, non sucré, poudre soluble (cacao non sucré en poudre — la masse garde son beurre, l'écart avec la poudre déshuilée reste faible). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,3 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même recette au sucre
| Pour 100 g | Au xylitol | Au sucre |
|---|---|---|
| Énergie | 114 kcal | 124 kcal |
| Sucres | 2,8 g | 8,9 g |
| Polyols | 6,3 g | 0,1 g |
| Matières grasses | 3,5 g | 3,5 g |
| Sel | 0,21 g | 0,21 g |
| Par part de 222 g | 255 kcal / 6,1 g de sucres / 14,0 g de polyols | 277 kcal / 19,9 g de sucres / 0,3 g de polyols |
Même recette, 110 g de sucre blanc à la place des 110 g de xylitol dans le sirop, mêmes données de composition, même perte à la cuisson.
69 % de sucres en moins, 8 % de calories en moins. L’écart entre ces deux chiffres est la leçon de la recette. Le sirop porte le sucre ; la pâte porte les calories — farine, œufs et beurre en fournissent près des deux tiers, et le xylitol n’y touche pas. Ce qui reste de sucres, 6,1 g par part, vient des fruits, du lait et du fromage blanc.
Le Nutri-Score, calculé sur l’assiette entière, donne C (algorithme révisé en 2023) : 1 point pour l’énergie, 0 pour les sucres, 2 pour les acides gras saturés, 1 pour le sel, moins 1 point de protéines, soit 3 points. La même recette au sucre fait 5 points et reste en C : ses 8,9 g de sucres en valent 2. Cette lettre tient à un fil : les acides gras saturés sont à 2,03 g pour 100 g, trois centièmes au-dessus du seuil de 2 g. Le beurre et les jaunes d’œuf en apportent l’essentiel ; les 3 g de masse de cacao font le reste, et sans eux la recette serait en B. Une lettre qui bascule sur une pincée de garniture ne dit rien de plus que les chiffres du tableau. Et l’écart avec la version au sucre mérite une réserve : l’algorithme se calcule sur la ligne « sucres », dont les polyols sont exclus, et les 6,3 g de xylitol pour 100 g n’y comptent pour rien. Il ne voit pas ce que l’intestin voit.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Une seule modification suffit ici : se passer des 3 g de masse de cacao. Les acides gras saturés redescendent à 1,98 g pour 100 g, sous le seuil de 2 g, et le baba passe de C à B. L’assiette perd sa note amère et sa touche de brun ; les fruits suffisent à la garnir.
Deux autres leviers donnent aussi B, chacun à lui seul, mais ils touchent à la pâte. Le beurre ramené à 30 g fait tomber les graisses saturées à 1,4 g pour 100 g, au prix d’une mie plus sèche et plus élastique. Le sel ramené de 3 à 1 g fait passer l’assiette sous 0,2 g de sel pour 100 g et retire un point, au prix d’une pâte plus fade et d’une poussée un peu plus rapide, le sel freinant la levure. Le cacao reste le levier qui coûte le moins.

Le rhum, enfin, se compte. Ses 40 g apportent environ 13 g d’alcool pur, soit un peu plus de 1,5 g par part — un sixième d’un verre standard. Une partie s’évapore dans le sirop tiède, sans qu’on puisse dire combien ; le calcul ne la retire pas. Ce dessert ne se sert pas aux enfants ni aux femmes enceintes ; la version sans alcool est dans les variantes.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables :
- Sans sucres ajoutés — le xylitol est un polyol, le rhum n’apporte pas de sucres et la masse de cacao à 100 % n’en contient pas d’ajoutés : aucun mono- ni disaccharide n’entre dans la recette. Mention à faire suivre de « contient des sucres naturellement présents ».
- Faible teneur en sucres — 2,8 g pour 100 g, seuil 5 g. Elle tient à l’assiette entière, fruits et fromage blanc compris : c’est bien ce qui est servi, mais un baba imbibé pris seul ne la porterait pas forcément.
- Réduit en sucres, et avec lui les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre. Elles exigent 30 % de réduction au moins ; nous sommes à 69 %. Formulation imposée mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant du xylitol à la place du sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre », et « … contribue au maintien de la minéralisation dentaire ».
Refusées, et il faut le dire :
- « Valeur énergétique réduite » — il faudrait 30 % de moins qu’au sucre ; nous sommes à 8 %, parce que c’est la pâte qui porte les calories. Face au baba classique, elle devient recevable : 114 kcal pour 100 g contre 172, soit 33 % de moins, à condition de nommer cette référence.
- « Faible valeur énergétique » — 114 kcal pour 100 g, seuil 40.
- « Faible teneur en matières grasses » — 3,5 g pour 100 g, seuil 3 g. Le beurre et les jaunes d’œuf suffisent à la dépasser.
- « Faible teneur en acides gras saturés » — 2,0 g pour 100 g, seuil 1,5 g.
- « Source de fibres » — 0,8 g pour 100 g, il en faudrait 3.
- « Source de protéines » — 11,3 % de l’énergie, il en faudrait 12 %. Le fromage blanc en approche, sans y arriver.
Variantes
- Sans alcool. Le rhum apporte surtout des notes de vanille, de mélasse et d’épices : on les retrouve sans lui, de trois façons.
- Le plus proche du goût du rhum : infuser dans le sirop chaud un sachet de thé noir fort, trois minutes au plus pour qu’il ne devienne pas âpre. Y ajouter une gousse de vanille entière au lieu de la demi-gousse, et une étoile de badiane ou deux clous de girofle.
- Le plus simple : 40 g de jus d’orange ou d’ananas à la place du rhum. Le baba sera plus fruité que parfumé, et gagne environ 0,5 g de sucres par part.
- L’arôme « rhum » du commerce convient aussi, mais beaucoup sont faits à base d’alcool : il faut lire l’étiquette.
Sans rhum, chaque baba perd 12 kcal — 243 au lieu de 255. La technique ne change pas.
- Savarin. La même pâte cuite en couronne de 22 cm, 28 à 32 minutes. Les fruits se dressent au centre, le fromage blanc à côté. Il boit plus lentement qu’un baba individuel : comptez cinq minutes d’imbibage, en l’arrosant à la louche.
- Selon la saison. Abricots et framboises en juillet, poires et raisins en automne, agrumes en hiver, fraises au printemps. Les fruits riches en sorbitol — poires, cerises, pruneaux — s’ajoutent aux polyols de la part : avec 300 g de cerises à la place du kiwi et de la nectarine, la part approche 15 g.
- À la mangue. La même quantité à la place de l’ananas : une chair plus fondante et plus parfumée, sans enzyme qui travaille le fromage blanc — on peut donc dresser à l’avance. Elle apporte un peu plus de sucres : environ 4 kcal et 0,5 g de sucres de plus par part.
- Au sirop d’agrumes. Remplacer 100 g d’eau du sirop par du jus d’orange frais : plus de parfum, et environ 1 g de sucres de plus par part.
Substitutions
- Le xylitol — l’érythritol convient : il en faut environ 150 g, son pouvoir sucrant valant 0,6 à 0,7 fois celui du sucre, et il se tolère à plus forte dose. Il peut recristalliser en fines paillettes à la surface des babas gardés au réfrigérateur ; servis le jour même, ce n’est pas un souci.
- La stévia — c’est l’une des rares recettes où elle remplace le xylitol sans rien changer d’autre. Un sirop d’imbibage n’a ni à conserver, ni à texturer, ni à dorer : il n’a qu’à sucrer, et c’est exactement ce que la stévia fait, à dose infime et sans énergie. Quelques gouttes suffisent ; goûtez le sirop tiède, pas bouillant. La part tombe alors sous 1 g de polyols.
- La masse de cacao — le chocolat noir maison à l’érythritol la remplace en gardant la mention « sans sucres ajoutés », avec un goût plus proche du chocolat du commerce. Un chocolat noir à 70 % convient aussi, mais il est sucré : il retire la mention, même à trois grammes.
- Le rhum — thé noir fort infusé avec vanille et badiane, jus d’orange ou d’ananas, ou arôme « rhum » sans alcool : le détail est dans la variante sans alcool, plus haut.
- Le fromage blanc — un yaourt grec ou un skyr nature battus conviennent, avec la même réserve face à l’ananas cru ; une crème fouettée aussi, mais elle ajoute une centaine de calories par part.
- La farine T45 — la T55 fait l’affaire. La farine complète non : son son coupe le réseau de gluten, la mie se resserre et boit moins.
- Le beurre — on peut descendre à 30 g, au prix d’une mie plus sèche et plus élastique. Au-dessous, la pâte devient un pain.
Conservation, avance et congélation
Les babas secs, non imbibés, se gardent trois jours dans une boîte en fer, et se congèlent un mois. C’est même la meilleure façon de les préparer : cuits à l’avance, ils sèchent d’autant mieux.
Imbibés, ils se gardent 24 heures au réfrigérateur, filmés, dans leur plat, sans garniture. Au-delà, le sirop peu concentré n’offre aucune protection : ce n’est plus un sirop de conserve, et une mie gorgée d’eau sucrée est un bon terrain pour les levures. Sortez-les vingt minutes avant de servir.
Les fruits se préparent au dernier moment. Le kiwi coupé ramollit et rend son jus en une heure, la nectarine s’oxyde, et l’ananas ne doit pas attendre sur le fromage blanc.
La congélation des babas imbibés marche moins bien : la mie gorgée de sirop fait de gros cristaux et se délite à la décongélation. Mieux vaut congeler les babas secs et les imbiber le jour même.
Le matériel
- Un robot pétrisseur, ou beaucoup de patience : la pâte à baba se bat plus qu’elle ne se pétrit, et à la main il faut compter quinze minutes de claques contre le bord du saladier.
- Huit moules à baba de 7 cm, ou une couronne à savarin de 22 cm.
- Un thermomètre de cuisine, pour le lait (35 °C) et surtout pour le sirop d’imbibage (55-60 °C).
- Une balance, pour la pâte par moule et pour vérifier ce que les babas ont bu.
- Une râpe fine pour la masse de cacao.
- Un plat large et une grille pour imbiber et égoutter sans perdre le sirop.
Questions fréquentes
Peut-on mettre du xylitol dans la pâte à baba ?
On peut, mais cela ne sert à rien. La levure ne le consomme pas, et la pâte d’un baba ne demande pas à être sucrée : c’est le sirop qui apporte toute la douceur. Dix grammes de xylitol dans la pâte ajouteraient un peu plus d’un gramme de polyols par part, sans rien changer au goût.
Le sirop au xylitol imbibe-t-il aussi bien qu’un sirop au sucre ?
Oui, et plutôt plus vite, parce qu’il est moins concentré donc moins visqueux. Ce que le baba boit dépend de la sécheresse de sa mie et de la température du sirop, pas du sucrant. Le xylitol ne brunit pas, mais un sirop d’imbibage n’a pas à brunir.
Pourquoi huit parts et pas six ?
Parce qu’une part apporte 14,0 g de polyols — 13,75 g de xylitol et un peu de sorbitol des fruits. En six parts, on approcherait 19 g, au bord du seuil de tolérance digestive, situé autour de 20 à 30 g en une prise. Huit babas de 7 cm font d’ailleurs une portion de dessert normale.
Mon baba s’effondre dans le sirop. Qu’est-ce qui ne va pas ?
Presque toujours l’une de deux choses : un baba trop frais, ou un sirop trop chaud. Séchez-le une nuit, et laissez le sirop descendre sous 60 °C avant de l’y plonger.
À savoir
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire : elles varient avec la maturité des fruits. La nectarine, absente de l’extrait de la table embarqué par le site, est comptée sur la ligne de l’abricot cru, fruit voisin par ses sucres et ses fibres ; la masse de cacao, absente de la table de l’ANSES, sur la table américaine USDA (« baking chocolate, unsweetened »). Le zeste d’orange et la vanille, quelques grammes en tout, ne sont pas comptés. La levure est comptée sous sa forme déshydratée. La masse finale est calculée et non pesée, en supposant que tout le sirop est servi. Dites-nous en commentaire combien de sirop vos babas ont bu.
Si vous avez un chien : le xylitol est toxique pour le chien, même en petite quantité. Un baba est une éponge à sirop : le plat d’imbibage refroidit sur le plan de travail, les babas égouttent sur une grille, et chaque goutte qui tombe au sol est du xylitol. Ne laissez rien de cela à sa portée. Ce qu’il faut savoir et que faire en urgence →
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