Pâte à tartiner noisette-cacao à l’érythritol : sa douceur a un plafond, et c’est de la géométrie

Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Une pâte à tartiner est la préparation où le sucre se voit le plus et s’entend le moins : il y pèse quatre dixièmes du poids, et personne n’y croque un cristal. C’est qu’il n’y est pas d’abord un goût — il est une matière. Comme une tablette de chocolat, une pâte à tartiner ne contient presque pas d’eau — moins de 3 % aux 100 g, et elle est retenue dans les cellules du fruit : c’est une poudre tenue en suspension dans de l’huile, et sa consistance ne vient pas d’une prise mais d’un empilement. Retirer le sucre, c’est retirer les trois cinquièmes de ce qui est empilé.

La question que pose cette recette n’est donc pas celle du sucré, mais celle du volume : par quoi remplit-on la place que le sucre occupait ? Et la réponse spontanée — en remettre du sucrant jusqu’à retrouver la même douceur — se retourne contre elle-même, pour une raison qui se calcule en trois lignes. Chaque gramme d’érythritol apporte sa douceur, mais aussi son volume, qu’il faut mouiller d’huile : il dilue donc ce qu’il vient d’apporter. Il en résulte un plafond propre à chaque matière sucrante, que la dose ne franchit pas.

Ce plafond est de 65 % d’équivalent-sucre par gramme de pâte pour le sucre, et de 44 % pour l’érythritol. Comme une pâte maison ordinaire se situe vers 40 % et une pâte du commerce vers 55 %, la conséquence est nette : on peut faire une pâte à tartiner à l’érythritol aussi douce qu’une pâte maison, mais il faudrait pour cela 1,16 kg de sucrant et 663 g d’huile pour 150 g de noisettes — un pot de deux kilos. Ce n’est pas une affaire de cuisine, c’est de la géométrie.

Cette recette prend donc l’autre route, et l’assume : 100 g d’érythritol, le volume rendu à la noisette, pas une goutte d’huile ajoutée. La pâte est nettement moins sucrée que celle du commerce — un peu moins de la moitié de la référence maison —, elle retombe exactement sur la même consistance, et elle donne 0,64 g de sucres par portion de 20 g au lieu de 8,42.

Pâte à tartiner · cuisine françaiseLecture 27 min

Préparation
35 min
Cuisson
12 min
Repos
2 h
Total
2 h 47
Pour
un pot de 361 g, soit 18 portions de 20 g
Difficulté
moyen
Coût
assez cher
Saison
Toute l’année
Occasion
Petit-déjeuner, Goûter

Outils de la recette

Impression et liste de courses reprennent les quantités affichées. Écoute, minuteurs et recettes gardées restent dans ce navigateur : rien n’est envoyé, aucun compte. Ma liste

  • Se range dans
  • Confitures et condiments
Sur cette page

Face à la pâte à tartiner maison classique

La référence est la pâte à tartiner que l’on fait chez soi, dans ses proportions ordinaires : 150 g de noisettes torréfiées, 170 g de sucre glace, 40 g de cacao en poudre non sucré, 60 g d’huile neutre et 1 g de fleur de sel, soit 421 g — 36 % de noisette et 40 % de sucre. Ce n’est pas un extrême choisi pour l’occasion : les pâtes du commerce contiennent trois fois moins de noisette et la moitié plus de sucre. La comparaison se fait à portion de masse égale, 20 g, les deux pots ne pesant pas la même chose.

Par portion de 20 gCette pâtePâte à tartiner maison classiqueÉcart
Sucres0,64 g8,42 g− 92 %
Énergie87 kcal110 kcal− 21 %
Acides gras saturés0,81 g0,89 g− 9 %
Fibres1,97 g1,39 g+ 42 %
Polyols5,55 g0 g
Nutri-ScoreA, − 1 pointE, 19 points

D’où vient l’écart d’énergie, et il ne vient pas d’où l’on croit. Les 170 g de sucre retirés valent 161 kcal aux 100 g, et les 60 g d’huile 128 : 289 kcal de moins à elles deux. Mais les 80 g de noisettes qui prennent leur place en rendent 178, et le cacao, ramené de 40 à 30 g, 5 de moins. Le solde est de 117 kcal aux 100 g, soit 23 par portion. Un fruit à coque est plus dense en énergie que le sucre qu’il remplace : c’est pourquoi une pâte à tartiner allégée se gagne sur les sucres bien plus que sur les calories.

Et le partage entre le sucrier et le reste s’inverse d’une ligne à l’autre. Si l’on ne touchait qu’à la matière sucrante — la même pâte, mais avec les 60 g d’huile de la référence —, l’énergie ne tomberait que de 9 %, contre 21 % ici : les douze points restants sont ceux de l’huile qu’on ne verse pas, et on ne la verse pas parce que 230 g de noisettes apportent 131 g d’huile à elles seules. Sur les sucres, c’est l’exact contraire : le sucrier les explique en entier, et les 0,64 g qui restent sont ceux du fruit.

Dernière différence, et elle est de goût : cette pâte est à 19 % d’équivalent-sucre par gramme contre 40 %, soit un peu moins de la moitié de la douceur de la référence. Ce n’est pas un réglage qu’on aurait pu pousser — c’est la conséquence du plafond, et la section qui suit la préparation le chiffre.

Ingrédients

Pour un pot de 361 g, soit 18 portions de 20 g.

  • 230 g de noisettes décortiquées, pesées après torréfaction — soit environ 237 g crues
  • 100 g d’érythritol, réduit en poudre la plus fine possible — c’est l’étape qui décide de la texture, voir l’encadré
  • 30 g de cacao en poudre non sucré
  • 1 g de fleur de sel — pas plus : un demi-gramme de plus coûte deux lettres de Nutri-Score, et le calcul est plus bas
  • Facultatif : une gousse de vanille grattée

Aucune huile ajoutée. Tout le gras du pot est celui de la noisette et du cacao, 137 g en tout. Ce n’est pas une privation : c’est la place que le sucrant n’occupe pas qui permet de s’en passer, et la section sur le plafond explique pourquoi.

Allergènes présents : Fruits à coque (noisette, sans sel ajouté)

Peut contenir, selon les marques : Lait (cacao, sans sucres ajoutés, poudre soluble)

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Le sucrant n’est pas dissous dans une pâte à tartiner : il est broyé. C’est le fait à avoir en tête avant de commencer, et il vaut pour tout produit anhydre. La langue cesse de distinguer une particule vers 25 à 30 micromètres ; une pâte de fabrication industrielle descend à 15 ou 20 par broyage à cylindres, un moulin à café domestique s’arrête vers 50 à 100. Votre pâte sera donc un peu plus rustique sous la langue qu’une pâte du commerce, et cela ne se corrige pas après coup : dans une pâte sans eau, rien ne dissoudra ce qui n’a pas été broyé avant.

Avec une asymétrie que personne ne signale : le sucre, lui, se vend déjà broyé. Le sucre glace est de l’ordre de 20 micromètres quand il sort du paquet ; l’érythritol se vend en cristaux, et c’est au cuisinier de faire le travail. Mixer par à-coups, en plusieurs fois, tamiser, et remettre à broyer le refus de tamis — ce qui reste dans le tamis est exactement ce que vous sentiriez.

Le mécanisme est détaillé sur la tablette de chocolat noir à l’érythritol et sur celle de chocolat au lait au xylitol, et les deux pages de procédé qui le gouvernent sont le broyage et le tamisage.

Préparation

  1. Torréfier les noisettes 12 minutes à 160 °C, à découvert, sur une plaque. Les frotter encore tièdes dans un linge propre pour retirer les peaux, puis les peser : on en garde 230 g.
  2. Réduire l’érythritol en poudre au moulin à café ou au petit bol d’un robot, par à-coups, une bonne minute au total. Tamiser, remettre le refus à broyer, tamiser à nouveau. Ne pas expédier cette étape : elle décide de la texture.
  3. Mixer les noisettes seules au robot, dix à quinze minutes, en raclant les parois toutes les deux minutes. Elles passent par trois états — poudre, pâte compacte, puis crème coulante : c’est l’huile des cellules qui sort, et il faut aller jusque-là.
  4. Ajouter le cacao et la fleur de sel, mixer une minute, puis incorporer la poudre d’érythritol en trois fois. La pâte épaissit nettement à chaque ajout : c’est normal, on ajoute 100 g de solide à 261 g de crème.
  5. Affiner cinq minutes de plus, robot incliné, en raclant. C’est le seul broyage fin dont dispose une cuisine, et c’est lui qui joue sur les deux tableaux — le grain sous la langue, et la tenue du pot.
  6. Mettre en pot et laisser reposer deux heures à température ambiante avant de goûter : la pâte est tiède en sortant du robot et plus fluide qu’elle ne le sera.

Pourquoi aucune dose d’érythritol ne rendrait la douceur du sucre

Dans une pâte à tartiner, la matière sucrante fait deux métiers à la fois : elle sucre, et elle remplit. Or ces deux métiers ne s’ajustent pas séparément. Ajouter un gramme de sucrant ajoute sa douceur, mais ajoute aussi son volume — et ce volume doit être mouillé par de l’huile, sans quoi la pâte cesse d’être étalable. Le gramme ajouté dilue donc ce qu’il vient d’apporter, et le rapport entre les deux est fixe.

Il se calcule. La consistance d’une pâte sans eau est gouvernée par la part solide de son volume : la pâte de référence est à 51,5 %, celle-ci à 51,7 %, une pâte du commerce vers 58 %. Pour tenir 51,5 %, chaque centimètre cube de poudre ajoutée demande 0,94 cm³ de gras, soit 0,87 g d’huile. Il ne reste qu’à diviser.

Matière sucrantePouvoir sucrantVolume d’un grammeHuile à ajouter par grammePlafond de douceur
Sucre10,63 cm³0,55 g65 %
Xylitol10,66 cm³0,57 g64 %
Maltitol0,90,62 cm³0,54 g59 %
Érythritol0,70,69 cm³0,60 g44 %

Plafond de douceur : équivalent-sucre par gramme de pâte que la dose ne peut pas dépasser, à part solide tenue à 51,5 %. Masses volumiques de cristaux prises dans la littérature — la table de composition n’en porte aucune.

Ce que le tableau dit, et ce qu’il ne dit pas. Le sucre atteint 65 %, et c’est exactement ce qu’on lui demande dans une pâte à tartiner : il tient la douceur d’une pâte du commerce avec dix points de marge. Le maltitol atteint 59 % et ne donne aucune sensation de froid en bouche — c’est pour cela qu’on le trouve dans les pâtes sans sucres ajoutés du commerce, et la tablette de chocolat au lait du site le constatait déjà sans le chiffrer. L’érythritol, lui, réussit ce qu’aucun des trois autres ne fait : il n’apporte aucune énergie — les 100 g de sucrant de ce pot ne pèsent pas une calorie sur les 1 570 du pot entier —, et c’est précisément ce que cette recette lui demande.

Le chiffre qui tranche. Pour que la douceur par gramme de pâte égale celle de la référence maison, 40 %, il faudrait rejoindre un plafond de 44 % : la marge est de quatre points, et elle se paie en dose. Le calcul donne 1 164 g d’érythritol et 663 g d’huile ajoutée pour 150 g de noisettes, soit un pot de 2 017 g dont 58 % de sucrant. Et pour une pâte du commerce à 55 %, il n’y a pas de dose du tout : 55 est au-dessus de 44, et même en resserrant l’empilement à 58 % comme le fait l’industrie, le plafond de l’érythritol ne monte qu’à 48 %.

Une étape intermédiaire, pour fixer l’ordre de grandeur : remplacer les 170 g de sucre de la référence par 243 g d’érythritol — la conversion à poids de douceur égal — demande 112 g d’huile au lieu de 60 pour tenir la même consistance, porte le pot à 546 g, et ne rend que 77 % de la douceur de départ. Les 52 g d’huile en plus sont le prix exact des 60 cm³ de poudre supplémentaires : 167 cm³ pour 243 g d’érythritol contre 107 pour 170 g de sucre, soit une fois et demie le volume — 43 % de plus en masse parce qu’il sucre moins, 9 % de plus par gramme parce qu’il est moins dense.

Et le broyage fin fait un second métier, qu’on ne lui demandait pas : il retient l’huile. Une pâte à tartiner maison n’est pas figée par des cristaux de matière grasse comme une tablette tempérée — elle doit rester molle, donc son gras reste liquide. Rien ne l’empêche alors de remonter, sinon l’encombrement des particules et leur taille.

La vitesse à laquelle un solide et un liquide se séparent varie comme le carré du diamètre des particules : passer de 90 à 30 micromètres la divise par neuf, de 100 à 25 par seize. Le même quart d’heure de robot qui efface le grain sous la langue immobilise donc l’huile — deux effets d’un seul geste, et c’est la meilleure raison de ne pas écourter l’étape 5.

Ce que nous ne publions pas, faute de l’avoir mesuré : une vitesse en millimètres par jour. Le calcul demanderait la contrainte seuil de la pâte, qu’aucune table ne donne et que personne n’a mesurée ici. Le rapport, lui, est une identité. La loi et ses leviers sont sur les pages de la décantation et de l’homogénéisation, où la même grandeur décide de la remontée de la crème dans un lait.

Le petit plus

Ne pas ajouter l’érythritol trop tôt. Les noisettes doivent avoir atteint l’état de crème coulante avant que la poudre n’arrive. Tant qu’elles sont en pâte compacte, leur huile n’est pas sortie ; la poudre ajoutée alors bloque le robot sur une masse sableuse qui ne se rattrape qu’en mixant beaucoup plus longtemps.

La fleur de sel n’est pas une coquetterie, et le gramme est une dose, pas une pincée. Dans une pâte très peu sucrée, le sel est ce qui tient la place que le sucre occupait en bouche : il relève le cacao et raccourcit l’amertume. Un gramme se pèse — une pincée à la main en fait couramment deux, et deux grammes coûtent ici deux lettres de Nutri-Score pour un dixième de gramme de sel aux 100 g de trop.

Sur la douceur, enfin, et c’est le seul conseil qui ne se calcule pas : une pâte à 19 % d’équivalent-sucre ne se goûte pas comme une pâte à 40 %. Elle se tient sur du pain plutôt qu’à la cuillère — le pain apporte sa propre douceur d’amidon —, et elle demande qu’on l’étale plus épais, ce qui annule une partie de l’écart par portion. Rien de tout cela ne se mesure dans un tableau, et la page ne l’affirme pas : c’est ce que la géométrie laisse au lecteur.

Ce que valent vraiment les chiffres

Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, complétée par l’annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011 pour l’érythritol, pour un pot de 361 g et 18 portions de 20 g. Il n’y a ni cuisson ni évaporation après la torréfaction : le pot pèse exactement la somme de ses ingrédients. Ce sont des valeurs calculées, non mesurées en laboratoire.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (20 g)Total pour 18 parts
Énergie435 kcal87 kcal1 570 kcal
Matières grasses38 g7,6 g137 g
  dont acides gras saturés4,1 g0,8 g15 g
Glucides33 g6,7 g120 g
  dont sucres3,2 g0,6 g12 g
  dont polyols28 g5,6 g100 g
Fibres alimentaires9,8 g2,0 g36 g
Protéines11 g2,2 g40 g
Sel0,28 g0,06 g1,01 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 18 parts : 361 g de préparation crue, 0 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 361 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :

  • Érythritol (E968) — Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV : seul polyol affecté d'un coefficient de 0 kcal/g.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 5, sucres 0, acides gras saturés 4, sel 1 — soit 10. Points positifs : protéines 4, fibres 5, fruits et légumes 2 (64 % de la recette) — soit 11. Score : -1, ce qui donne un A.

Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 28 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)—en attente
Émissions de gaz à effet de serre—en attente
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage—en attente
Planet-Score — climat—en attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)—clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversité—en attente
Planet-Score — bien-être animal—sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

0 ligne renseignée sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ingrédients sans score unique : Érythritol (E968). Ils sont exclus du score EF et du Green-Score, et leur masse compte comme non couverte. Rien n’est estimé à leur place.

Comparée à la même pâte sucrée au sucre

Cette seconde comparaison ne porte pas sur la pâte à tartiner ordinaire mais sur la même recette, dont on remplace les 100 g d’érythritol par la masse de sucre qui sucre autant — 70 g, l’érythritol sucrant environ 0,7 fois le sucre. Elle isole donc l’effet du seul changement de matière sucrante, à douceur égale et non à poids égal.

Pour 100 gÀ l’érythritolAu sucre, à douceur égale
Énergie435 kcal559 kcal
Sucres3,20 g24,57 g
Polyols27,74 g0 g
Lipides dont saturés37,96 g dont 4,0641,40 g dont 4,42
Fibres9,84 g10,73 g
Part solide du volume51,7 %47,4 %
Par portion de 20 g87 kcal112 kcal
Nutri-Score calculéAD

Même recette, 70 g de sucre blanc à la place des 100 g d’érythritol — la masse qui sucre autant, et non la même masse.

Et l’avant-dernière ligne du tableau est la thèse de cette page, vue à l’envers. À douceur égale, la version au sucre contient 30 g de poudre en moins : sa part solide tombe à 47,4 % et la pâte est plus fluide. Les 100 g d’érythritol apportent donc, en plus de leur douceur, 25 cm³ de volume solide que 70 g de sucre n’apportent pas — et c’est ce volume-là qui tient la consistance du pot sans qu’on verse une goutte d’huile. Le sucrant qui plafonne en douceur est le même qui, à faible dose, rend du volume gratuitement.

Le Nutri-Score, et pourquoi chaque point en coûte cinq

A, à − 1 point sur l’algorithme révisé de 2023. Du côté défavorable : 5 points d’énergie (1 797 kJ aux 100 g), 4 d’acides gras saturés (4,06 g), 1 de sel (0,279 g) et zéro de sucres — 3,20 g aux 100 g, sous le premier seuil du barème, qui est à 3,4. Du côté favorable : 5 points de fibres (9,84 g), 2 de fruits à coque (63,7 % de la masse crue) et 4 de protéines (11,04 g).

Dix points défavorables : c’est un de moins que onze, et onze est le seuil où l’algorithme cesse de compter les protéines. Les quatre points de protéines de la noisette ne tiennent donc qu’à cela. Un seul point défavorable gagné en fait perdre cinq d’un coup — et c’est ce qui rend les trois bascules ci-dessous aussi brutales.

Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y a pas de lettre à gagner : la pâte est en A. Voici donc ce qui la ferait descendre, et chacune de ces trois bascules coûte deux lettres, pas une.

78 g d’érythritol au lieu de 100. Le pot tombe à 339 g, les sucres de la noisette ne sont plus dilués de la même façon et passent de 3,20 à 3,40 g aux 100 g : un point de sucres, onze points défavorables, les protéines ne comptent plus, C à 4 points. Vingt-deux grammes d’un sucrant qui n’apporte aucun sucre, et la ligne « sucres » franchit un seuil — il ne faisait que diluer ceux du fruit. À 80 g, elle passe encore.

1,5 g de fleur de sel au lieu de 1. Le sel passe de 0,279 à 0,409 g aux 100 g, au-dessus du seuil de 0,4 : un point, et C à 4 points. Un demi-gramme de sel sur 361.

50 g d’huile ajoutée. L’énergie passe de 1 797 à 2 028 kJ aux 100 g, au-dessus du seuil de 2 010 : un point, et C à 5 points. Jusqu’à 40 g, la lettre tient — c’est la marge qu’on a pour détendre la pâte, et elle est large.

Ce qui lui donne de la marge, à l’inverse : 120 g d’érythritol au lieu de 100 descendent le score à − 2, parce que la dilution fait tomber les acides gras saturés sous 4 g aux 100 g. 200 g de noisettes au lieu de 230 y arrivent aussi, pour la même raison. Et le cacao peut monter jusqu’à 70 g sans faire tomber la lettre : ses fibres payent ses acides gras saturés.

Les mentions que ces chiffres autorisent

Recevables, au sens du règlement (CE) n° 1924/2006 :

  • Riche en fibres — 9,8 g pour 100 g, seuil 6 g. Elles viennent du cacao, dont la poudre non sucrée en porte 29,5 g aux 100 g, et de la noisette, 11,6 g.
  • Faible teneur en sucres — 3,2 g pour 100 g, seuil 5 g. C’est aussi la mention que les 130 g d’érythritol de la variante conserveraient, et que 60 g de chocolat noir feraient tomber.
  • Sans sucres ajoutés, à faire suivre de « contient des sucres naturellement présents » — les 3,2 g sont ceux de la noisette.
  • Réduit en sucres, à condition de nommer la référence — 92 % de moins que la pâte à tartiner maison décrite plus haut, là où le seuil est de 30 %. Une allégation comparative n’existe pas sans sa référence : elle n’est recevable que face à celle-là, et pas dans l’absolu.
  • Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les sucres de substitution, à la formulation imposée, mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant de l’érythritol à la place de sucre induit une augmentation de la glycémie moins importante après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre. » et « La consommation d’aliments contenant de l’érythritol à la place de sucre contribue au maintien de la minéralisation dentaire. » La condition est une réduction des sucres d’au moins 30 % par rapport à un produit comparable : face à la même recette sucrée au sucre, la réduction est de 87 %.

Refusées, et c’est là que le compte devient intéressant :

  • Sans sucres — 3,2 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 au plus. Ce sont les sucres du fruit, et aucun choix de sucrant ne les ferait disparaître.
  • Source de protéines — refusée de peu, et cela mérite d’être dit : 10,2 % de l’énergie du pot, là où il en faudrait 12 %. Les 11,0 g de protéines aux 100 g sont pourtant réels, et ils valent quatre points de Nutri-Score ; la mention se compte en part de l’énergie, et l’huile de la noisette occupe cette part. Un pot plus maigre la rouvrirait, mais il n’y a pas de noisette maigre.
  • Valeur énergétique réduite, face à la pâte maison classique — 21 % de moins, il en faudrait 30 %. C’est exactement ce que dit la section du haut : l’allègement est sur les sucres, pas sur les calories.
  • Faible teneur en matières grasses — 38,0 g pour 100 g, il en faudrait 3,0 au plus.
  • Faible teneur en acides gras saturés — 4,1 g pour 100 g (seuil 1,50 g) et 8,4 % de l’énergie (seuil 10 %). Une des deux conditions est tenue, l’autre non, et il faut les deux.
  • Faible valeur énergétique — 435 kcal pour 100 g, il en faudrait 40 au plus.
  • Faible teneur en sodium — 0,28 g de sel pour 100 g, il en faudrait 0,12 au plus. C’est le gramme de fleur de sel, et il est là pour une raison.

Variantes

  • Plus fluide, jusqu’à 40 g d’huile ajoutée — huile de noisette pour rester dans le goût, tournesol pour la neutralité, versée une cuillerée à la fois en fin de mixage. Le Nutri-Score tient jusqu’à 40 g ; à 50, il tombe de deux lettres. C’est la seule variante dont le coût est chiffré à la goutte près.
  • Plus douce, jusqu’à 130 g d’érythritol — au-delà, la pâte devient difficile à broyer assez fin et le grain se sent. La douceur monte alors à 23 % d’équivalent-sucre, contre 19 ici et 40 pour la référence : le plafond reste le plafond.
  • Aux amandes ou aux cacahuètes, même poids. L’amande apporte un peu moins d’huile que la noisette (51,3 g aux 100 g contre 56,9), donc une pâte plus ferme qui demandera les 20 premiers grammes d’huile ; la cacahuète en apporte 49,1 et davantage de protéines.
  • Avec du chocolat noir à 70 % à la place d’une partie du cacao — 60 g de chocolat pour 20 g de cacao retirés. La pâte gagne en rondeur et en beurre de cacao, perd des fibres, et ses 17,9 g de sucres aux 100 g de chocolat ramènent la ligne « sucres » du pot à 5,5 g : la mention « faible teneur en sucres » tombe.
  • À la vanille — une gousse grattée avec le cacao. Elle ne pèse rien et n’apporte rien au tableau ; elle occupe le registre que la douceur a laissé vide.

Substitutions

  • L’érythritol par du xylitol, 70 g au lieu de 100 — il sucre autant que le sucre, donc il en faut moins, et son plafond de douceur est de 64 % et non 44 %. En échange, il apporte 2,4 kcal par gramme, et le pot se resserre à 331 g : l’énergie passe de 435 à 525 kcal aux 100 g, soit 105 par portion au lieu de 87. Et il est franchement hygroscopique, ce qui ne peut pas s’exprimer dans une pâte sans eau tant que le pot reste fermé — une cuillère humide y fait une tache qui ne s’efface pas.
  • De l’érythritol vendu déjà en poudre, si vous en trouvez — même poids, et les étapes 2 et 5 se raccourcissent de moitié. C’est la seule substitution qui ne change aucun chiffre et fait gagner un quart d’heure.
  • Un édulcorant intense seul, stévia ou autre : non. Il sucre en fractions de gramme et laisserait un trou de 100 g de poudre que rien ne comble — la pâte serait une crème de noisette au cacao, très bonne mais sans aucune charge, trop fluide et trop grasse en bouche. Il peut en revanche accompagner l’érythritol à faible dose, ce qui est exactement ce que font les pâtes du commerce pour franchir leur plafond.
  • Un sirop — agave, yacon, érable, miel : non, et pour une raison qui n’est pas de goût. Ils portent de l’eau, et quelques gouttes d’eau dans une pâte anhydre font floculer le cacao en grumeaux qui ne se défont plus. Ce sont d’excellents sucrants là où il y a déjà de l’eau, comme le beurre de cacahuète au sirop de yacon, qui est une pâte d’un autre genre : elle contient de l’eau, et sa question n’est pas le volume mais la part des sucres qui vient de la graine.
  • Le cacao en poudre par du cacao maigre — même poids, moins de lipides (de l’ordre de 10 g aux 100 g au lieu de 20) : la pâte sera un peu plus ferme et un peu moins énergétique. La ligne du tableau nutritionnel est celle du cacao en poudre non sucré ordinaire ; un cacao maigre la déplacerait.

Conservation, avance et congélation

Trois à quatre semaines à température ambiante, entre 16 et 20 °C, dans un pot de verre fermé, à l’abri de la lumière. La pâte ne contient pratiquement pas d’eau : ce n’est donc pas la pousse microbienne qui borne sa garde mais l’oxydation des huiles de la noisette, riches en acides gras insaturés — c’est elle qui donne le goût de rance, et la lumière comme la chaleur l’accélèrent. Un pot entamé tous les jours se garde moins longtemps qu’un pot oublié : chaque ouverture renouvelle l’air.

Pas au réfrigérateur — non par crainte du froid, mais parce qu’une pâte à 51,7 % de solides y devient trop ferme pour s’étaler, et parce que la condensation qui se forme au retour à l’air apporte précisément l’eau que la pâte n’a pas. Si elle y a séjourné, vingt minutes à température ambiante la rendent étalable.

Si l’huile remonte, ce n’est pas un défaut mais le signe que le broyage s’est arrêté un peu tôt : remuer au fond du pot avec une lame étroite et resserrer le couvercle. Le phénomène se raréfie à mesure que les particules sont fines, et la raison en est dans l’encadré plus haut.

Ce qui s’avance : l’érythritol broyé et tamisé se garde des semaines dans un bocal fermé, et c’est la partie fastidieuse. En préparer 400 g d’un coup ramène les pots suivants à une demi-heure. La congélation n’apporte rien à une pâte qui se garde un mois au placard, et fait courir le même risque de condensation.

Le matériel

  • Un robot à lame, à bol large. C’est lui qui fait la recette : quinze minutes de mixage sur 230 g de noisettes, et il n’y a pas de raccourci. Un petit hachoir chauffe et s’arrête ; un blender à bol haut et étroit tourne dans le vide dès que la pâte épaissit.
  • Un moulin à café ou le bol sec d’un robot, réservé au sec — pour l’érythritol. Dans une pâte sans eau, rien ne dissoudra après coup ce qui n’a pas été broyé avant.
  • Un tamis fin, tamis à farine ou passoire étamine. Ce qui reste dedans est exactement ce que vous sentiriez sous la langue.
  • Une balance au gramme. Trois des quatre ingrédients ont ici un seuil chiffré à un gramme près — le sel, le sucrant, et l’huile si vous en ajoutez. Et un érythritol broyé fin n’occupe plus du tout le même volume qu’en cristaux : toute mesure en cuillères devient inutilisable.
  • Une maryse étroite pour racler les parois du bol. La pâte s’y plaque et cesse de passer sous la lame : racler toutes les deux minutes fait plus pour la texture que cinq minutes de mixage en plus.
  • Un pot de verre à large ouverture, pour pouvoir remuer le fond. Un pot étroit interdit le seul geste de rattrapage de cette recette.

Questions fréquentes

Ma pâte à tartiner est granuleuse sous la langue.
L’érythritol n’était pas assez finement broyé, ou les noisettes pas assez longuement mixées. Il n’y a pratiquement pas d’eau dans cette pâte : ce qui n’est pas broyé reste tel quel jusqu’en bouche. Remettez le tout au robot cinq minutes, en raclant — et la prochaine fois, tamisez la poudre et remettez le refus à broyer. En bref : le grain se joue avant le pot, jamais après.

Pourquoi cette pâte à tartiner est-elle moins sucrée qu’une pâte du commerce ?
Parce qu’une pâte sans eau ne peut pas l’être davantage à l’érythritol. Chaque gramme ajouté apporte sa douceur et son volume, et le volume demande de l’huile qui dilue la douceur : il en résulte un plafond de 44 % d’équivalent-sucre par gramme, quand une pâte du commerce se situe vers 55 %. Cette pâte est à 19 %, et monter à 130 g de sucrant la porterait à 23 %. En bref : ce n’est pas une question de dose, c’est une borne.

Combien de portions sans inconfort digestif ?
5,55 g d’érythritol par portion de 20 g. L’érythritol est absorbé à environ 90 % dans l’intestin grêle, et les seuils d’inconfort se situent autour de 0,7 à 1 g par kilo de poids corporel en une prise : trois tartines font 17 g, ce qui reste loin du seuil d’un adulte mais s’en rapproche pour un enfant de 25 kg. Le détail est sur la page consacrée au seuil de tolérance. En bref : c’est une des raisons de ne pas pousser la dose de sucrant pour gagner en douceur.

Peut-on la faire sans robot puissant ?
En partant d’une purée de noisettes toute faite, oui : 230 g de purée pure, l’érythritol broyé à part, et dix minutes de mixage suffisent. Le résultat est le même, le travail et le compte aussi. En bref : le robot sert à faire la purée, pas la pâte.

Et pour un chien ?
Non, jamais — mais pour une raison qui n’a rien à voir avec le sucrant. Le cacao est toxique pour le chien, par sa théobromine. L’érythritol, lui, ne présente pas la toxicité du xylitol pour le chien : notre page sur le sujet fait le point. En bref : c’est le cacao qu’il faut tenir hors de sa portée, pas le sucrant.

À savoir

Valeurs nutritionnelles calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES et de l’annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011 pour l’érythritol — elles ne sont pas mesurées en laboratoire. Quatre réserves de méthode. La ligne de la noisette est celle du fruit non torréfié : les noisettes étant pesées après torréfaction, qui concentre de deux à trois pour cent, l’énergie et les lipides du pot sont un minorant. La gousse de vanille facultative figure dans la table pour un apport nul et n’est pas comptée. Les masses volumiques des cristaux — 1,587 pour le saccharose, 1,52 pour le xylitol, 1,62 pour le maltitol, 1,45 pour l’érythritol — et la part solide du volume d’une pâte étalable viennent de la littérature : la table de composition ne porte aucune densité, et aucun des plafonds de douceur de cette page n’en sort. Le seuil de perception du grain, 25 à 30 micromètres, et la loi qui lie la vitesse de séparation au carré du diamètre sont également de littérature, la seconde étant détaillée sur les pages de procédé auxquelles cette page renvoie.

Si vous réalisez cette pâte, dites-nous en commentaire à quel point la moindre douceur se remarque sur du pain : c’est le point que le calcul ne sait pas trancher.

Si vous avez un chien : le cacao est toxique pour le chien, par sa théobromine, et une pâte à tartiner est précisément ce qu’un chien trouve sur une table. Ne laissez ni le pot, ni la tartine, ni la maryse à sa portée. Ce qu’il faut savoir sur les sucrants et le chien, et que faire en urgence →

À servir avec, ou à essayer ensuite

Choisies parmi les recettes au même sucrant.

Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.