Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Des œufs au lait, c’est du lait, des œufs, de la vanille, et une cuisson. Le reste de la recette — la température du four, la durée, le plat d’eau dans lequel on pose les ramequins — n’est pas une liste de précautions : c’est un dispositif de régulation, et il n’y a rien d’autre à comprendre pour réussir ce dessert.
Ce que les protéines de l’œuf demandent est une fenêtre étroite. Dans un appareil dilué au lait, elles s’agrègent vers 80 à 85 °C, et au-delà de 85 à 90 °C le réseau qu’elles viennent de former se contracte et rend l’eau qu’il retenait : le dessert est alors granuleux et baigne dans un petit-lait. Entre « pris » et « tranché », il y a donc cinq à dix degrés — et un four de ménage affiche 150, 180 ou 200 °C.
Le bain-marie résout cela d’une façon qu’on décrit souvent de travers. Il ne rend pas la chaleur « plus douce » : il installe un plafond. Tant qu’il reste de l’eau liquide dans le plat, cette eau ne dépasse pas 100 °C, parce que toute la chaleur supplémentaire part en vapeur au lieu de monter la température. Le thermostat du four ne règle donc plus la température que l’appareil atteindra, mais seulement la vitesse à laquelle il y arrivera. C’est l’inverse d’une crème anglaise sur le feu, où l’on tient la température en la surveillant au thermomètre : au four, on ne surveille rien — on met la limite dans le matériel.
Et c’est précisément pour une version sans sucres ajoutés que ce plafond compte le plus. Le sucre dissous repousse de quelques degrés la température à laquelle l’œuf s’agrège : un appareil très sucré pardonne davantage. Celui-ci passe de 13,6 g de sucres dissous pour 100 g d’eau à 4,7 — il ne reste que le lactose du lait. Il prend donc un peu plus tôt, et il passe un peu plus de temps au-dessus du point où il a déjà pris. Retirer le sucre ne dispense pas du régulateur : cela le rend plus utile.
Dessert · cuisine françaiseLecture 23 min
- Préparation
- 25 min
- Cuisson
- 50 min
- Repos
- 3 h
- Total
- 4 h 15
- Pour
- 6 ramequins
- Difficulté
- facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- Toute l’année
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Face aux œufs au lait classiques
La référence est la recette de famille, calculée sur les mêmes données de composition : 750 g de lait entier, trois œufs, 75 g de sucre blanc — soit 100 g de sucre au litre, la proportion ordinaire — et une gousse de vanille, pour six ramequins, cuits au bain-marie de la même façon. Les deux plats ne pèsent pas la même chose, 880 g ici et 955 g là, puisque 75 g de sucre sont 75 g de matière : la comparaison se fait donc à portion de masse égale, 150 g.
| Par portion de 150 g | Cette recette | Œufs au lait classiques | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 6,3 g | 16,8 g | − 63 % |
| Énergie | 96 kcal | 155 kcal | − 38 % |
| Acides gras saturés | 1,9 g | 3,1 g | − 38 % |
| Protéines | 7,7 g | 7,1 g | |
| Nutri-Score | A, 0 point | C, 5 points |
Sept dixièmes de l’écart d’énergie viennent du sucre, trois dixièmes du lait. Sur les 422 kcal que les six ramequins ont perdues, 299 tiennent aux 75 g de sucre qui n’y sont plus et 123 au passage du lait entier au demi-écrémé. Sur la ligne des sucres, le partage est plus curieux : le sucre en retire 74,8 g, et le lait demi-écrémé en rajoute 4,7, parce qu’un lait écrémé porte un peu plus de lactose qu’un lait entier à volume égal — on y a retiré de la matière grasse, pas du sucre. L’écart net est de 70,1 g pour le plat entier.
Ingrédients
Pour 6 ramequins d’environ 150 g.
- 750 g de lait demi-écrémé (75 cl)
- 150 g d’œufs entiers, soit 3 œufs moyens
- 0,3 g d’extrait de stévia en poudre, soit le pouvoir sucrant de 75 g de sucre pour un extrait qui sucre 250 fois le sucre — voir l’encadré sur la dose
- 1 gousse de vanille, fendue et grattée
Et, pour le bain : 1,2 à 1,5 litre d’eau chaude. Elle ne touche pas le dessert et n’entre pas dans le calcul, mais c’est elle qui cuit.
Allergènes présents : Lait (lait demi-écrémé (aliment moyen)) · Œufs (oeuf cru)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Pourquoi un bain-marie plutôt qu’un four très doux. Les deux marchent, et ils ne marchent pas de la même façon. Un four réglé à 95 ou 100 °C limite la température parce que le réglage est bas : c’est la façon dont est cuite la crème brûlée au xylitol de ce site, et elle demande un thermomètre de four, puisque vingt degrés d’écart y changent la texture. Un bain-marie limite la température parce que l’eau ne peut pas faire autrement : à la pression atmosphérique elle bout à 100 °C, et tant qu’il en reste, l’excédent de chaleur s’en va en vapeur.
L’ordre de grandeur dit à quel point ce plafond est solide. Faire disparaître 100 g de l’eau du bain demande environ 226 kilojoules — la chaleur latente de vaporisation vaut 2 257 kJ par kilo —, c’est-à-dire autant de chaleur qu’il en faut pour élever un kilo d’eau de 54 °C. Un four qui déraille de vingt degrés ne fait donc pas monter le bain de vingt degrés : il en fait partir un peu plus de vapeur. C’est le même calcul que celui qui gouverne l’évaporation industrielle, où l’on paie tout en vapeur et rien en température.
Dans les faits, le bain se stabilise en dessous de 100 °C : sa surface libre évapore en continu, et cette évaporation lui retire de la chaleur à mesure que le four lui en donne. Un bain découvert dans un four à 150 °C se tient autour de 85 à 95 °C — un ordre de grandeur, pas une mesure faite ici. C’est exactement la fenêtre où l’appareil doit finir. Et c’est le même palier que celui qui empêche un wok de légumes de dorer tant qu’il reste de l’eau dedans ; la différence est qu’ici on ne le subit pas, on le met là exprès, entre la chaleur et le dessert.
Ce que le sucre faisait, et ce qu’un extrait de stévia ne fait pas. Un soluté dissous gêne les protéines qui cherchent à s’enchaîner : il faut un peu plus de chaleur pour les y décider. Un appareil très sucré s’agrège donc quelques degrés plus haut, et la fenêtre entre la prise et la synérèse s’en trouve déplacée vers le haut, là où elle est plus facile à viser. Les îles flottantes de ce site le montrent sur une crème anglaise, et le sabayon d’une sauce mousseline sur un jaune seul, où tout se joue entre 62 et 70 °C.
Un extrait de stévia sucre 200 à 300 fois le sucre : les 0,3 g de cette recette ne pèsent rien et ne dissolvent rien. La matière sucrante ajoutée passe de 7,7 % de la masse crue à trois centièmes de pour cent, et le seul soluté sucré qui reste est le lactose du lait. Deux conséquences, et aucune des deux n’est un défaut : l’appareil prend un peu plus tôt, et il est un peu plus ferme, puisque les 150 g d’œufs représentent 16,6 % de la masse au lieu de 15,4 %.
La dose, elle, ne se recopie pas d’ici. Les extraits du commerce ne titrent pas tous la même chose, et certains sont coupés d’un support qui leur donne du volume : on se règle sur la table d’équivalence du produit, et l’on goûte l’appareil froid avant d’enfourner — le sucré des édulcorants intenses paraît plus faible à chaud, et une correction après cuisson est impossible.
Préparation
- Infuser la vanille. Porter le lait et la gousse fendue et grattée juste au frémissement, couvrir hors du feu et laisser 20 minutes. Retirer la gousse.
- Préchauffer le four à 150 °C, chaleur statique, et poser les six ramequins dans un plat à bords hauts. Mettre une casserole d’eau à chauffer.
- Battre les œufs à la fourchette, sans les faire mousser : il s’agit de les mélanger, pas d’y incorporer de l’air, qui laisserait des bulles et des trous dans le dessert pris.
- Ajouter l’extrait de stévia aux œufs et mélanger.
- Verser le lait tiédi — autour de 60 °C, pas brûlant — en filet sur les œufs, en remuant. Passer au chinois, puis écumer la mousse de surface à la cuillère.
- Goûter froid et corriger la dose si besoin. C’est le dernier moment où c’est possible.
- Répartir dans les ramequins, environ 150 g chacun.
- Verser l’eau chaude dans le plat, jusqu’aux deux tiers de la hauteur des ramequins, et enfourner aussitôt. De l’eau chaude, pas froide : voir « le petit plus ».
- Cuire 40 à 50 minutes. Le repère n’est pas le minuteur : le bord doit être pris et le centre trembler encore d’un bloc quand on remue le plat. Une lame glissée à un centimètre du bord ressort propre. Au thermomètre à sonde, le cœur est entre 82 et 85 °C.
- Sortir les ramequins du bain tout de suite, à la pince ou à l’écumoire. L’eau qui faisait office de plafond devient, four éteint, une réserve de chaleur qui continue de cuire.
- Refroidir à température ambiante, puis au moins 3 heures au réfrigérateur. Les œufs au lait se mangent froids, et ils finissent de se raffermir en refroidissant.
Le petit plus
- L’eau du bain part chaude, et ce n’est pas un détail de confort. Porter 1,5 kg d’eau de 20 à 90 °C demande environ 439 kilojoules ; la partir à 60 °C n’en demande plus que 188. Avec de l’eau froide, le bain est d’abord un puits qui absorbe la chaleur du four au lieu de la passer au dessert, et la cuisson s’allonge de vingt à trente minutes — sans que rien ne le signale, puisque le repère visuel arrive simplement plus tard.
- Et la même réserve de chaleur se retourne à la fin. 1,5 kg d’eau qui redescend de 90 à 60 °C rend 188 kilojoules, et il n’y a rien pour l’absorber sinon les ramequins. C’est la cause la plus fréquente d’un dessert tranché malgré une sortie du four au bon moment : il a cuit vingt minutes de plus dans son bain, sur le plan de travail.
- Ce n’est pas la forme du plat qui compte, c’est sa hauteur d’eau. En dessous de la moitié de la hauteur des ramequins, le haut de l’appareil voit le four et non le bain, et il prend une peau avant que le centre soit pris. Aux deux tiers, tout l’appareil est dans la zone régulée.
- L’erreur fréquente : monter le four pour aller plus vite. À 200 °C, le plafond reste le même — l’eau ne peut pas faire mieux que 100 °C —, mais le bain se met à bouillir franchement : il éclabousse les ramequins, l’eau s’évapore, et un bain qui s’assèche n’est plus un plafond du tout. La vitesse se paie en vapeur.
- Une feuille de papier cuisson au fond du plat empêche les ramequins de glisser et de cliqueter, et amortit les bulles qui montent sous leur fond.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 902 g de matières premières ramenés à 880 g : 22 g d’eau partis en vapeur pendant la cuisson. L’eau du bain-marie n’en fait pas partie — elle ne touche pas le dessert.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (147 g) | Total pour 6 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 64 kcal | 94 kcal | 566 kcal |
| Matières grasses | 3,0 g | 4,4 g | 26 g |
| dont acides gras saturés | 1,3 g | 1,9 g | 11 g |
| Glucides | 4,2 g | 6,2 g | 37 g |
| dont sucres | 4,2 g | 6,2 g | 37 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Protéines | 5,1 g | 7,5 g | 45 g |
| Sel | 0,13 g | 0,19 g | 1,13 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 902 g de préparation crue, 22 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 880 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 1, acides gras saturés 1, sel 0 — soit 2. Points positifs : protéines 2, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 2. Score : 0, ce qui donne un A.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,144 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,21 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 68 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Lait demi-écrémé, UHT 69 %, Oeuf, cru 30 % du score.
Ingrédients rapprochés : Lait demi-écrémé (aliment moyen) → Lait demi-écrémé, UHT (lait demi-écrémé UHT — Agribalyse ne publie pas d'aliment moyen) ; Édulcorant à base d'extrait de stévia → Sucre blanc (sucre blanc — repère de masse et non équivalent : un extrait de stévia s'emploie à dose très faible) ; Vanille, gousse → Vanille, extrait alcoolique (extrait de vanille — même plante, mais un extrait est dilué : l'impact d'une gousse au kilo est plus élevé). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 1,4 sur 5, qualité très bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparés aux mêmes œufs au lait sucrés au sucre
| Pour 100 g | À l’extrait de stévia | Au sucre |
|---|---|---|
| Énergie | 64 kcal | 91 kcal |
| Sucres | 4,2 g | 11,7 g |
| Protéines | 5,1 g | 4,7 g |
| Matières grasses | 3,0 g | 2,8 g |
| dont acides gras saturés | 1,29 g | 1,19 g |
| Nutri-Score calculé | A, 0 point | C, 4 points |
Même recette, 75 g de sucre blanc à la place des 0,3 g d’extrait — c’est-à-dire à goût sucré égal et non à poids égal, un extrait de stévia n’apportant aucune masse. Le plat au sucre pèse 955 g contre 880, mêmes données de composition et même évaporation.
29 % de calories en moins, 64 % de sucres en moins. L’écart d’énergie est ici tout entier le sucre, puisque c’est la seule différence entre les deux colonnes. Et l’on voit au passage une chose qui surprend : la colonne de droite affiche moins d’acides gras saturés et moins de matières grasses pour 100 g, parce que les 75 g de sucre diluent tout le reste — et elle perd pourtant deux lettres, les sucres pesant trois points à eux seuls.
Le Nutri-Score, calculé sur les valeurs pour 100 g, donne A (algorithme révisé en 2023, régime général). Points défavorables, 2 : l’énergie ne compte pour rien, 269 kJ restant loin du premier seuil de 335 ; les sucres valent 1 point, à 4,20 g contre un seuil de 3,4 g ; les acides gras saturés 1 point, à 1,29 g contre un seuil de 1 g ; le sel 0 point, à 0,13 g contre 0,2 g. Points favorables, 2, tous apportés par les protéines, 5,13 g pour 100 g — l’œuf et le lait. Score de 0, et la lettre A va jusqu’à 0 inclus. La même recette au sucre porte 5 points défavorables pour 1 favorable, soit 4 points et un C : ses 11,7 g de sucres en valent 3, et ses protéines, diluées sous 4,8 g, ne valent plus qu’un point au lieu de deux.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : la lettre est A. Mais elle tient à 0 point exactement, c’est-à-dire au bord du B, et la question utile est donc de savoir où est la marge et où est le bord.
La marge est dans le lait, et c’est le levier le moins coûteux. Au lait écrémé, les acides gras saturés tombent de 1,29 à 0,58 g pour 100 g et leur point disparaît : score de − 1, un A avec un point d’avance, à 78 kcal le ramequin au lieu de 94. Le prix est une texture moins ronde en bouche, et un dessert qui paraît plus ferme. Au lait entier, c’est un B : 2,26 g d’acides gras saturés, deux points au lieu d’un.
Le bord, c’est la ligne des sucres — et aucun levier sucrier ne l’atteint. Le premier seuil est à 3,4 g pour 100 g ; le lactose du lait, à lui seul, en apporte 4,0 g même au lait écrémé. Il n’y a rien à retirer, puisqu’il n’y a rien d’ajouté : ce point-là est celui du laitage, et il ne se rend pas. Dans l’autre sens, 40 g de sucre au fond des ramequins en caramel portent les sucres à 8,35 g pour 100 g, prennent un second point et font passer en B.
Et ce qui tient vraiment la lettre, ce sont les protéines. Sans leurs deux points, la même composition serait en B. C’est pourquoi tout ce qui dilue l’appareil sans rien apporter le fait basculer : 75 g de xylitol à la place de l’extrait font passer les protéines de 5,13 à 4,73 g pour 100 g, sous le seuil de 4,8, et la recette perd son A — par la dilution, et non par les sucres, qui restent sous leur second seuil.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables, au sens du règlement (CE) n° 1924/2006 :
- Sans sucres ajoutés — ni sucre, ni sirop, ni jus concentré n’est ajouté à cette recette. La mention doit alors être suivie de « contient des sucres naturellement présents » : ce sont les 4,2 g de lactose du lait.
- Faible teneur en sucres — 4,2 g pour 100 g, le seuil étant de 5 g pour un solide.
- Riche en protéines — 31,9 % de l’énergie vient des protéines, le seuil étant de 20 %. C’est l’œuf et le lait, et c’est aussi ce qui tient le Nutri-Score.
- Faible teneur en matières grasses — 2,997 g pour 100 g pour un seuil de 3,0 g. Trois millièmes de gramme : la mention est acquise au calcul, et c’est tout ce qu’on peut en dire. Au lait écrémé, la valeur tombe à 1,7 g et la mention devient franche.
- Réduit en sucres, à condition de nommer la référence : − 63 % face aux œufs au lait classiques décrits plus haut, − 64 % face aux mêmes œufs au lait sucrés au sucre. Le seuil est de 30 % dans les deux cas.
- Valeur énergétique réduite, uniquement face aux œufs au lait classiques : − 38 %, pour 30 % exigés.
- Réduit en graisses saturées, face aux œufs au lait classiques : 1,29 g contre 2,08 g pour 100 g, soit − 38 %. Et réduit en matières grasses face à la même référence, mais de justesse : − 30,1 %, à un dixième de point du seuil.
- Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre — les glycosides de stéviol sont un édulcorant intense, donc un succédané du sucre au sens de ce texte, et la réduction de 30 % des sucres est acquise. Formulation imposée : « La consommation d’aliments contenant des glycosides de stéviol à la place du sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre », et « La consommation d’aliments contenant des glycosides de stéviol à la place du sucre contribue au maintien de la minéralisation dentaire ». Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.
Refusées, et il vaut mieux savoir pourquoi :
- Sans sucres — 4,2 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 au plus. « Sans sucres ajoutés » et « sans sucres » ne disent pas la même chose, et c’est exactement l’écart que porte cette page : rien n’a été ajouté, et il reste quatre grammes.
- Faible valeur énergétique — 64 kcal pour 100 g, il en faudrait 40 au plus.
- Faible teneur en acides gras saturés — 1,29 g pour 100 g passe sous le seuil de 1,5 g, mais la mention exige aussi que ces acides gras apportent moins de 10 % de l’énergie, et l’on est à 18 %. Le plat étant peu énergétique, le second critère se durcit mécaniquement.
- Faible teneur en sodium — 0,128 g de sel pour 100 g, il en faudrait 0,12 au plus. Rien n’est salé : c’est le sodium propre au lait et à l’œuf.
- Source de fibres — 0 g pour 100 g, il en faudrait 3. Ni lait ni œuf n’en portent.
- Valeur énergétique réduite face aux mêmes œufs au lait au sucre — − 29 %, il en faudrait 30. Une allégation comparative ne vaut que pour la référence qu’elle nomme.
Variantes
- En crème renversée, avec un caramel au fond. C’est la version la plus demandée, et elle se chiffre : 40 g de sucre pour les six ramequins portent les sucres de 4,20 à 8,35 g pour 100 g et font passer le Nutri-Score en B. Aucun polyol ne caramélise, la question est traitée sur la page sur le xylitol et la cuisson ; si l’on veut un caramel, c’est du sucre, et il faut le compter.
- Au zeste de citron ou d’orange, prélevé en rubans et infusé avec la vanille, puis retiré. Rien à changer au calcul : un zeste de douze grammes n’apporte que quelques calories.
- À la cannelle ou à la fleur d’oranger. Une demi-cuillerée à café de cannelle en poudre dans le lait chaud, ou une cuillerée à café d’eau de fleur d’oranger ajoutée à l’appareil froid — elle est volatile et supporte mal l’infusion.
- En une seule terrine plutôt qu’en ramequins : 60 à 75 minutes, même four et même bain. La régulation compte alors davantage, le centre d’un grand moule mettant beaucoup plus longtemps à rejoindre le bord.
- Au lait écrémé, pour le point d’acides gras saturés décrit plus haut. C’est la même recette, à la texture près.
Substitutions
- L’extrait de stévia — les glycosides de stéviol sucrent à dose infime et n’apportent ni masse ni énergie : c’est ce qu’on demande à un appareil qui ne doit rien au sucre pour sa structure. Le xylitol se dose à poids égal du sucre, 75 g, et occupe son volume : l’appareil retrouve un soluté dissous et la fenêtre de cuisson se rouvre de quelques degrés, au prix d’un Nutri-Score B et de 12,5 g de polyols par ramequin. Le xylitol est toxique pour le chien — ce qu’il faut savoir — et un dessert qui refroidit sur un plan de travail est à sa portée. L’érythritol demande environ 1,4 fois le poids du sucre et se dissout moins bien : il veut le lait chaud.
- Le lait demi-écrémé — les trois laits conviennent, et chacun décide d’une lettre : écrémé, A avec un point d’avance ; demi-écrémé, A au bord ; entier, B et une texture plus ronde. Une boisson à l’amande sans sucres ajoutés prend moins bien : elle n’apporte presque pas de protéines pour épauler l’œuf, qui est ici le seul liant.
- Les œufs — quatre œufs (200 g) donnent un dessert nettement plus ferme, qui se démoule, et la lettre reste A. Trois œufs donnent la texture de crème prise qu’on attend d’œufs au lait. Les jaunes seuls donneraient une crème plus onctueuse, et beaucoup plus de lipides pour la même tenue.
- Ce qui ne marche pas : remplacer une partie du lait par de la crème, qui fait franchir le seuil des acides gras saturés sans rien apporter à la prise — c’est la protéine qui prend, pas la matière grasse ; et supprimer le bain-marie en gardant un four à 180 °C, qui fait trancher le bord avant que le centre soit pris.
Conservation, avance et congélation
Les ramequins se gardent deux jours au réfrigérateur, filmés au contact pour qu’ils ne prennent ni peau ni odeurs. C’est une préparation à base d’œufs peu cuits : elle reste au froid jusqu’au service et ne s’oublie pas.
L’appareil se prépare à l’avance, jusqu’à douze heures au réfrigérateur, passé et écumé. Il se reverse dans les ramequins au moment d’enfourner, et il faut alors compter cinq à dix minutes de plus, l’appareil partant froid.
La congélation ne convient pas : les cristaux de glace percent le réseau de protéines, et le dessert rend son eau à la décongélation. C’est la même synérèse qu’une cuisson trop chaude, obtenue par un autre chemin.
Le matériel
- Un plat à bords hauts où les six ramequins tiennent sans se toucher, et assez haut pour porter l’eau aux deux tiers de leur hauteur. Un plat à gratin de 30 × 20 cm convient.
- Six ramequins de taille égale, en porcelaine ou en verre. Des contenants de tailles différentes ne cuisent pas en même temps, et c’est le seul vrai piège de la répartition.
- Un chinois ou une passoire fine : il retire les filaments de blanc et la gousse, et c’est ce qui fait la surface lisse.
- Une balance au dixième de gramme pour l’extrait de stévia, ou la cuillère-mesure fournie avec le produit. À 0,3 g pour six parts, la cuillerée à café n’a aucun sens.
- Un thermomètre à sonde, utile et non nécessaire — et c’est tout le sujet de cette page. Sur une crème cuite sur le feu, le thermomètre est l’ustensile qui décide de la recette. Ici, la limite est dans le plat d’eau.
Questions fréquentes
Peut-on faire des œufs au lait sans bain-marie ?
Oui, à condition de descendre le four à 95 ou 100 °C : on remplace alors un plafond physique par un réglage, et c’est le four qui doit être juste. Un four de ménage s’écarte facilement de quinze ou vingt degrés de son affichage, écart qu’un bain-marie absorbe et qu’un four doux ne pardonne pas. À 150 °C sans bain, le bord tranche avant que le centre prenne. En bref : oui à 95-100 °C avec un thermomètre de four, non à 150 °C sans bain.
Pourquoi mes œufs au lait rendent-ils de l’eau ?
C’est de la synérèse : le réseau de protéines a dépassé sa température de prise, s’est contracté et a expulsé l’eau qu’il retenait. Trois causes, dans cet ordre de fréquence — les ramequins sont restés dans le bain après la sortie du four, le four était trop chaud, ou la cuisson a été prolongée jusqu’à ce que le centre ne tremble plus. Un dessert qui tremble encore au centre n’est pas cru : il finit de prendre en refroidissant. En bref : sorti du bain dès la sortie du four, et retiré tant que le centre tremble d’un bloc.
Combien de sucres reste-t-il dans des œufs au lait sans sucres ajoutés ?
4,2 g pour 100 g, soit 6,3 g par ramequin de 150 g, et ils viennent tous du lactose du lait — rien n’a été ajouté. Pour comparaison, la recette de famille à 100 g de sucre au litre en porte 16,8 g par portion de même masse. En bref : 4,2 g aux 100 g, tous naturellement présents dans le lait.
Quelle dose d’extrait de stévia pour des œufs au lait ?
Le pouvoir sucrant des glycosides de stéviol vaut 200 à 300 fois celui du sucre : pour remplacer les 75 g de sucre d’une recette de famille, il faut de l’ordre de 0,25 à 0,38 g d’extrait pur. Les produits du commerce sont souvent coupés d’un support qui change tout : on suit leur table d’équivalence, et l’on goûte l’appareil froid avant d’enfourner. En bref : environ 0,3 g pour 75 g de sucre, à vérifier sur l’étiquette et à goûter froid.
L’eau du bain-marie doit-elle bouillir ?
Non, et elle n’a pas besoin de bouillir pour faire son travail : son plafond est à 100 °C de toute façon, et un bain découvert dans un four à 150 °C se tient de lui-même en dessous, l’évaporation de sa surface lui retirant de la chaleur. Un bain à gros bouillons éclabousse les ramequins et s’assèche, et un bain qui s’assèche n’est plus un plafond. En bref : chaude au départ, jamais à gros bouillons, et complétée si le niveau baisse.
Faut-il couvrir les ramequins pendant la cuisson ?
Ce n’est pas nécessaire ici : l’appareil ne colore pas, puisqu’il ne dépasse pas la centaine de degrés et que les réactions de brunissement demandent bien davantage. Une feuille d’aluminium posée sans serrer sur le plat limite l’évaporation du bain sur une cuisson longue, en terrine par exemple. En bref : inutile en ramequins, utile en grande terrine.
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire. La vanille est comptée pour sa masse, sans apport, la table lui donnant zéro sur tous les postes. L’extrait de stévia est compté sur la ligne « Édulcorant à base d’extrait de stévia » de la table, dont la composition est celle d’un produit du commerce et non d’un extrait pur : à 0,3 g, son apport est nul sur tous les postes sauf 0,012 g de sel. L’évaporation, 22 g sur 902 g de matières premières, est estimée et non pesée ; la lettre du Nutri-Score reste A sur toute la plage d’évaporation plausible. Les œufs au lait de référence sont calculés à part, sur les mêmes données, et leurs 100 g de sucre au litre sont la proportion ordinaire des recettes de famille, non un relevé. Trois familles de chiffres ne viennent pas de la table de composition, qui ne les porte pas : les teneurs en eau employées pour estimer la phase aqueuse (environ 89 % pour le lait, 76 % pour l’œuf entier) et les températures d’agrégation des protéines sont des ordres de grandeur de la littérature ; la chaleur latente de vaporisation de l’eau, 2 257 kJ/kg, et sa capacité thermique, 4,18 kJ/kg·K, sont des constantes physiques. Les températures du bain annoncées — 85 à 95 °C dans un four à 150 °C — sont un ordre de grandeur et n’ont pas été mesurées ici. Si vous faites cette recette, dites-nous en commentaire combien de temps vos ramequins ont demandé, et à quelle hauteur vous avez mis l’eau.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Yaourt glacé à la stévia et aux fruits rougesce qui remplace le sucre n’est pas le sucrant
- Semoule au lait à la stéviace que le sucre tenait, ce n’est pas la prise, c’est le troisième jour
- Granité au citron à la stévia8 calories la portion, et pourquoi il se gratte pendant qu’il gèle
Choisies parmi les recettes au même sucrant.