Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Ce qu’on appelle le caramel d’une tarte Tatin n’en est un que pendant trois minutes. Un caramel demande 160 °C et plus ; le fond du moule les atteint au tout début, pendant que le sucre fond seul. Dès que les pommes sont posées, elles commencent à rendre leur eau — 1 400 g de quartiers en portent près de 1,2 litre — et la surface du moule retombe au voisinage de 100 °C pour tout le reste de la cuisson. Tant qu’il y a de l’eau libre, aucune température de caramélisation n’est atteignable. Ce qui sort du four, sous les pommes, est un sirop.
Et ce sirop ne sert pas seulement à sucrer : c’est lui qui tient la tarte quand on la retourne. En refroidissant, un sirop concentré devient visqueux, colle les quartiers entre eux et les retient contre la pâte ; un sirop dilué est de l’eau sucrée, qui s’en va sur le plat et laisse les pommes se défaire. Le sucre du fond travaille donc d’abord comme matière, et sa dose se juge non pas au goût mais au rapport entre ce qu’on en met et l’eau que les pommes vont rendre.
C’est ce rapport qu’un allègement casse, et il n’y a qu’une façon de le rétablir sans remettre du sucre : retirer l’eau avant que le sucre ne la rencontre. Les pommes se précuisent à découvert, et la poêle s’arrête à la balance — 1 400 g de quartiers ramenés à 950 g. Les 55 g de sucre de fleur de coco retrouvent alors, face à 450 g d’eau en moins, à peu près la concentration que 150 g de sucre atteignaient dans la version du pâtissier.
Le prix de ce geste est dans le tableau, et il surprend : à poids égal de tarte, cette recette porte presque autant de sucres que la Tatin classique — 16,9 g aux 100 g contre 17,0 — parce qu’avoir chassé l’eau a reconcentré ceux du fruit, qui font à eux seuls 74 % des sucres du plat. Ce qui a vraiment baissé est ailleurs : 1,4 g d’acides gras saturés aux 100 g au lieu de 6,8, et 241 kcal la part au lieu de 420.
Dessert · cuisine françaiseLecture 24 min
- Préparation
- 30 min
- Cuisson
- 1 h
- Repos
- 45 min
- Total
- 2 h 15
- Pour
- 8 parts
- Difficulté
- moyen
- Coût
- bon marché
- Saison
- De septembre à février
Outils de la recette
Impression et liste de courses reprennent les quantités affichées. Écoute, minuteurs et recettes gardées restent dans ce navigateur : rien n’est envoyé, aucun compte. Ma liste
- Se range dans
- Pâtisseries
- Fruits
- Desserts
Sur cette page
Face à la tarte Tatin classique
La référence est la Tatin de pâtissier, calculée sur les mêmes données de composition : les mêmes 1 400 g de pommes posées crues dans le moule, sans précuisson, sur 150 g de sucre blanc et 100 g de beurre, sous une pâte feuilletée pur beurre (140 g de farine et 100 g de beurre). Ce sont les proportions ordinaires du gâteau, pas un extrême.
Les deux tartes ne pèsent pas la même chose — 1 189 g ici, 1 769 g pour la classique, puisque l’une a perdu son eau à la poêle et l’autre l’a gardée dans le moule. La comparaison se fait donc à portion de masse identique, 150 g, et non part à part : sinon l’écart porterait sur la taille de la tranche autant que sur la recette.
| Pour 150 g | Cette recette | Tatin classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 25,3 g | 25,4 g | − 1 % |
| Énergie | 243 kcal | 285 kcal | − 15 % |
| Acides gras saturés | 2,2 g | 10,3 g | − 79 % |
| Nutri-Score | B, 2 points | C, 10 points | |
| Part servie | 149 g — 241 kcal | 221 g — 420 kcal |
L’écart ne vient presque pas du sucrant, et presque pas du sucre. Sur les 1 431 kcal qui séparent les deux tartes entières, 1 040 viennent de la matière grasse — 200 g de beurre remplacés par 20 g de beurre et 35 g d’huile —, 379 de la dose de sucre ramenée de 150 à 55 g, et 9 kcal seulement du changement de produit sucrant. Sur les sucres, c’est la dose qui fait tout : 100 g d’écart sur le plat, dont 5 g pour le passage du sucre blanc au sucre de fleur de coco. Le détail face à la même recette sucrée au sucre blanc est plus bas.
Ingrédients
Pour un moule de 24 cm, 8 parts de 149 g.
Pour les pommes
- 1 400 g de pommes épluchées, épépinées et coupées en quartiers épais, soit environ 1 750 g de fruits entiers — huit à neuf pommes de variété qui tient à la cuisson : reine des reinettes, boskoop, canada grise
- 55 g de sucre de fleur de coco
- 20 g de beurre doux, pour le fond du moule
- 15 g de jus de citron, soit une demi-cuillerée à soupe
- 1 gousse de vanille fendue, soit 2 g
Pour la pâte
- 140 g de farine de blé T55
- 35 g d’huile de tournesol
- 50 g d’eau très froide
- 2 g de fleur de sel
Allergènes présents : Lait (beurre à 80% mg minimum, doux) · Céréales contenant du gluten (farine de blé tendre ou froment t55 (pour pains))
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Le sucre de fleur de coco, et ce qu’il faut en savoir pour cette recette. Il ne vient pas de la noix mais de la sève des inflorescences du cocotier, recueillie goutte à goutte puis concentrée au feu jusqu’à cristallisation — le même geste que pour le sirop d’érable, poussé plus loin. Le produit fini est à 70-80 % de saccharose, avec 3 à 10 % de glucose et de fructose déjà libres, et une petite fraction de matière non sucrée : fibres, protéines, minéraux, qui font sa couleur brune et son goût de caramel à froid. La fiche du produit donne les chiffres complets.
Il se dose à poids égal du sucre, son pouvoir sucrant étant le même : les 55 g de cette recette remplacent 55 g de sucre, et la comparaison du bas de page est faite à cette dose. En revanche, il déclare 90 g de sucres aux 100 g là où le sucre blanc en porte 99,7 — l’écart est le fait des 10 % qui ne sont pas du sucre.
À l’achat et à la conservation : la couleur varie du blond au brun foncé selon la conduite de l’évaporation, et un sucre très foncé a un goût plus marqué sans être plus concentré. Il est franchement hygroscopique et prend en masse : un bocal hermétique, et un bloc pris se casse à la fourchette sans avoir rien perdu. Les étiquettes diffèrent d’une marque à l’autre — c’est celle du paquet qui fait foi, pas le tableau de cette page.
Pourquoi le fond du moule ne monte pas à 160 °C, et ce que cela change. Une surface mouillée ne peut pas dépasser la température d’ébullition de l’eau qu’elle porte : toute la chaleur reçue part en chaleur latente de vaporisation, et le thermomètre reste bloqué autour de 100 °C jusqu’à ce que la dernière goutte soit partie. C’est pour cette raison qu’une Tatin, qui baigne dans le jus de ses pommes pendant quarante minutes, ne caramélise plus après les trois premières. La page sur la cuisson et la torréfaction détaille ce palier et les températures auxquelles les sucres commencent à se transformer.
D’où les deux moments de la recette, et ils ne se mélangent pas : la couleur se fait au début, à sec, en trois minutes, pendant que le sucre fond seul dans le moule ; la texture se fait ensuite, en sirop, pendant que les pommes rendent leur eau. Un sucre de fleur de coco est déjà brun : on ne conduit donc pas cette première étape à l’œil mais au temps et à l’odeur, ce qui est le seul vrai inconvénient technique du produit ici. La sauce caramel et le porc au caramel traitent le cas où le caramel, lui, est le but.
Préparation
- Préparer la pâte en premier, pour qu’elle repose : mélanger la farine et la fleur de sel, verser l’huile et travailler du bout des doigts jusqu’à obtenir un sable grossier, ajouter l’eau froide d’un coup, rassembler sans pétrir. Aplatir en disque, filmer, une heure au réfrigérateur.
- Éplucher et couper les pommes en quartiers épais — six par pomme, pas huit : des quartiers minces s’effondrent à la précuisson et il ne reste plus rien à ranger dans le moule. Les citronner au fur et à mesure.
- Précuire les pommes dans une grande poêle ou une sauteuse, à découvert, feu moyen, avec la gousse de vanille fendue. Dix-huit à vingt-cinq minutes : elles rendent d’abord beaucoup d’eau, qui doit s’évaporer, puis commencent à colorer. Les remuer à la spatule, sans les écraser.
- Arrêter à la balance, pas à la montre : poser la poêle sur une balance remise à zéro avec son poids, et viser 950 g de pommes précuites. C’est le seul chiffre de la recette qui décide de tout le reste — voir l’encadré ci-dessous. Retirer la gousse.
- Préparer le moule : 24 cm, à bords hauts, en métal. Beurrer le fond et les parois avec les 20 g de beurre, puis répartir les 55 g de sucre de fleur de coco en couche régulière.
- Faire fondre le sucre sur feu moyen, moule posé directement sur la plaque, deux à trois minutes : il mouille, bouillonne et s’épaissit. Retirer du feu dès qu’il sent le caramel — un sucre déjà brun ne prévient pas par sa couleur, et au-delà il amère.
- Ranger les pommes serrées sur le sucre, bombé vers le bas, en rosace, en tassant à la cuillère : les vides sont ce qui fait s’affaisser la tarte au retournement.
- Abaisser la pâte à 26 cm, la poser sur les pommes et rentrer le bord entre les fruits et la paroi, tout autour. Percer quatre cheminées au couteau : la vapeur doit sortir par le haut, sinon elle repasse dans la pâte.
- Enfourner à 190 °C, chaleur tournante, 38 à 42 minutes, jusqu’à ce que la pâte soit dorée et que le jus remonte en bouillonnant par les cheminées.
- Attendre 15 minutes, pas plus : sortie du four, le sirop est trop fluide et la tarte se vide ; complètement froide, il a figé et colle au moule. Entre les deux, il nappe.
- Retourner d’un geste : poser le plat de service sur le moule, retenir les deux ensemble et basculer. Si un quartier reste au fond, le remettre en place à la cuillère et napper du sirop resté dans le moule — il fait partie de la recette et des chiffres.
Les 950 g de la précuisson, et pourquoi c’est une pesée et non une durée. Une pomme est à 85 % d’eau. Posée crue dans le moule, elle en rend l’essentiel pendant la cuisson, et ces 450 g d’eau-là arrivent dans le sucre du fond : 55 g de sucre dans ce volume donnent un sirop bien trop maigre pour tenir quoi que ce soit au retournement. Précuites à 950 g, les pommes ont déjà cédé cette eau dans la poêle, à découvert, où elle part en vapeur au lieu de diluer le fond du moule.
La durée ne suffit pas à s’en assurer, parce qu’elle dépend de la variété, de la maturité, du diamètre de la poêle et de la vigueur du feu — une boskoop de garde et une reinette fraîche ne rendent pas la même eau en vingt minutes. La balance, elle, ne dépend de rien. Visez 950 g à 30 g près : au-dessus, le sirop reste liquide ; au-dessous, les pommes se défont et la tarte devient une compote sous une pâte.
Le petit plus
- Le bord de pâte se rentre vers l’intérieur, jamais vers l’extérieur. Rentré entre les fruits et la paroi, il forme une gouttière qui retient le sirop pendant la cuisson et qui, retournée, devient le rebord qui empêche la tarte de s’étaler. Posé par-dessus le moule, il laisse tout partir.
- L’erreur fréquente : attendre que la tarte soit froide pour la retourner. C’est l’inverse qu’il faut faire. Le sirop fige en refroidissant, et une Tatin oubliée une heure dans son moule s’y est collée — il faut alors la repasser dix minutes à four doux pour le refondre, ce qui ramollit la pâte.
- Six quartiers par pomme, pas douze lamelles. Une Tatin se tient par l’épaisseur de ses morceaux : taillés fin, ils fondent à la précuisson et il ne reste plus de matière à ranger.
- La vanille infuse dans la poêle, pas dans le moule. C’est là que les pommes sont encore pleines d’eau et qu’une gousse a de quoi se diffuser ; posée dans le sucre fondu, elle grille.
- Le jus resté dans le moule se récupère toujours. Il porte une partie du sucre et des arômes, et le laisser revient à jeter une fraction des chiffres annoncés plus bas — qui sont calculés en supposant qu’il est servi.
- Une pâte à l’huile ne se pétrit pas. Travaillée, elle devient élastique et se rétracte à la cuisson. On la rassemble, on ne la malaxe pas.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 1 719 g de matières premières ramenés à 1 189 g de tarte : 450 g d’eau partis à la précuisson, 80 g au four. Il porte sur la tarte entière, sirop du moule compris.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (149 g) | Total pour 8 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 162 kcal | 241 kcal | 1 927 kcal |
| Matières grasses | 4,8 g | 7,1 g | 57 g |
| dont acides gras saturés | 1,4 g | 2,1 g | 17 g |
| Glucides | 27 g | 40 g | 318 g |
| dont sucres | 17 g | 25 g | 201 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 2,1 g | 3,1 g | 25 g |
| Protéines | 1,4 g | 2,1 g | 17 g |
| Sel | 0,18 g | 0,27 g | 2,20 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 8 parts : 1 719 g de préparation crue, 530 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 1 189 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Sucre de fleur de coco — Absent de la table de l’ANSES. Moyenne d'étiquetage des sucres de fleur de coco du marché français, recoupée avec la littérature sur la composition des sucres de sève de palmier (70 à 80 % de saccharose, 3 à 10 % de glucose et de fructose libres). L'énergie est recalculée avec les coefficients de l'annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. C'est un sucre : il est compté comme tel dans la ligne « sucres », et aucune allégation réservée aux succédanés de sucre ne s'y applique. À remplacer par l'étiquette du produit réellement utilisé.
- Eau — Eau du robinet ou embouteillée : aucun apport énergétique. Comptée pour sa masse seulement, ce qui dilue les valeurs pour 100 g — indispensable dès qu'une recette est une boisson ou un sirop.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 2, sucres 4, acides gras saturés 1, sel 0 — soit 7. Points positifs : protéines 0, fibres 0, fruits et légumes 5 (81 % de la recette) — soit 5. Score : 2, ce qui donne un B.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,073 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,13 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 80 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Pomme, pulpe et peau, crue 49 %, Sucre roux 15 %, Beurre à 82% MG, doux 12 % du score.
Ingrédients rapprochés : Sucre de fleur de coco → Sucre roux (sucre roux — sucre non raffiné, mais issu de la canne et non de la sève de cocotier) ; Vanille, gousse → Vanille, extrait alcoolique (extrait de vanille — même plante, mais un extrait est dilué : l'impact d'une gousse au kilo est plus élevé) ; Eau → Eau du robinet (eau du robinet). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,1 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même recette au sucre
| Pour 100 g | Au sucre de fleur de coco | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 162 kcal | 163 kcal |
| Sucres | 16,9 g | 17,3 g |
| Acides gras saturés | 1,43 g | 1,42 g |
| Fibres | 2,10 g | 2,03 g |
| Sel | 0,18 g | 0,18 g |
| Nutri-Score | B, 2 points | C, 3 points |
Même tarte, 55 g de sucre blanc à la place des 55 g de sucre de fleur de coco — dose identique, les deux produits ayant le même pouvoir sucrant —, mêmes données de composition, même masse finie.
Un kcal d’écart, et une lettre. Les deux produits font à peu près le même travail dans ce moule, et le tableau le dit : un kcal aux 100 g, un demi-gramme de sucres. Ce qui les sépare tient aux 10 % du sucre de fleur de coco qui ne sont pas du sucre — fibres, protéines, minéraux : il déclare 90 g de sucres aux 100 g quand le sucre blanc en porte 99,7. Le sucre blanc, lui, est du saccharose pur : il caramélise net et sa couleur se conduit à l’œil, ce qu’un sucre déjà brun ne permet pas. Le crumble pommes-noisettes chiffre le même écart sur un autre dessert aux pommes.
Le Nutri-Score donne B (calcul indicatif, algorithme révisé en 2023, régime général) : 2 points d’énergie (682 kJ aux 100 g), 4 points de sucres (16,9 g), 1 point d’acides gras saturés (1,43 g) et 0 point de sel (0,18 g), soit 7 points défavorables ; en face, 5 points de fruits — les pommes font 81,4 % des ingrédients, au-dessus du seuil de 80 % —, 0 point de fibres (2,10 g, il en faudrait 3) et 0 point de protéines. Score : 2. Et la lettre se joue à 0,14 g de sucres aux 100 g : le seuil du cinquième point de sucres est à 17,0 g et la recette est à 16,86. La même tarte au sucre blanc, à 17,31 g, le franchit et passe en C — la différence est réelle mais minuscule, et une lettre qui bascule sur un demi-gramme ne dit rien de plus que les deux colonnes ci-dessus.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y a pas de levier simple, et la raison est le sujet même de cette page : tout ce qu’on retire de la tarte en reconcentre le reste. Supprimer les 20 g de beurre du fond fait tomber les acides gras saturés de 1,43 à 0,43 g aux 100 g et l’énergie sous le seuil des 670 kJ — deux points gagnés —, mais la tarte ne pèse plus que 1 169 g, ce qui porte les sucres de 16,86 à 17,14 g et en coûte un : score 1, toujours B. Même compensation avec l’huile ramenée à 20 g. Le beurre, en outre, est ce qui empêche le sucre de s’agripper au moule.
Le A demande donc trois changements à la fois, et ils ont été calculés ensemble : pas de beurre au fond, huile ramenée de 35 à 20 g, et sucre de fleur de coco ramené de 55 à 20 g. La tarte tombe alors à 135 kcal et 15,1 g de sucres aux 100 g, score 0, A. Mais 20 g de sucre dans ce moule ne font plus un sirop : c’est une tarte aux pommes à l’envers, et le retournement n’a plus rien pour tenir.
Ce qui donne de la marge, et où elle s’arrête. La lettre B tient à deux fils qu’il vaut mieux connaître : 3 g de sucre de fleur de coco de plus — 58 g au lieu de 55 — franchissent le seuil des 17 g et font passer en C ; et 123 g de pommes en moins — 1 277 g est le minimum — font tomber les fruits sous 80 %, donc les 5 points en 2, et la tarte en C directement. Le levier le moins coûteux va dans l’autre sens : monter les pommes à 1 600 g, précuites à 1 090 g, ce qui donne 83,4 % de fruits, 153 kcal aux 100 g et un score de 1 — sans toucher au sirop, puisque le rapport sucre-eau est tenu par la balance et non par la quantité de départ.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables :
- Faible teneur en acides gras saturés — 1,4 g pour 100 g et 8,0 % de l’énergie, pour un seuil de 1,5 g. C’est l’allègement réel de cette recette, et il ne doit rien au sucrant : il vient des 180 g de beurre qui ne sont pas dans la pâte.
- Réduit en acides gras saturés, à condition de nommer la référence — 79 % de moins que la Tatin classique décrite en haut de page, pour un seuil de 30 %.
Refusées, et il faut le dire :
- « Réduit en sucres » — il faudrait 30 % de moins pour 100 g : face à la même recette au sucre blanc l’écart est de 2,6 %, et face à la Tatin classique de 1 %. C’est toute la leçon de la page : la dose de sucre a baissé des deux tiers, la teneur pour 100 g n’a pas bougé.
- Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre — elles sont réservées aux polyols et aux édulcorants intenses. Le sucre de fleur de coco est un sucre, et aucune réduction obtenue avec lui ne les ouvre.
- « Faible teneur en sucres » — 16,9 g pour 100 g, seuil 5 g.
- « Sans sucres » et « sans sucres ajoutés » — les 55 g sont du sucre ajouté.
- « Faible valeur énergétique » — 162 kcal pour 100 g, seuil 40.
- « Faible teneur en matières grasses » — 4,8 g pour 100 g, seuil 3 g.
- « Faible teneur en sodium » — 0,18 g de sel pour 100 g, il en faudrait 0,12 au plus.
- « Source de fibres » — 2,1 g pour 100 g, il en faudrait 3.
- « Source de protéines » — 3,5 % de l’énergie, il en faudrait 12 %.
Variantes
- Aux poires. Même recette avec 1 400 g de quartiers de poires fermes, précuits à 950 g — elles rendent un peu plus d’eau et demandent trois à cinq minutes de plus. La poire apporte en plus ses propres polyols, environ 2 g aux 100 g de sorbitol, soit une quinzaine de grammes sur la tarte : à huit parts cela reste loin du seuil de tolérance digestive, mais c’est à savoir si l’on sert de grosses parts.
- Moitié pommes, moitié coings, en gardant 1 400 g au total. Le coing demande une précuisson plus longue, dix minutes de plus au moins, et il faut l’arrêter à la même pesée.
- Au sucre blanc, même dose : les deux colonnes du tableau donnent exactement ce que cela change. On y gagne de pouvoir conduire la fonte du sucre à la couleur, et non au temps.
- En tartelettes, dans six moules de 10 cm : 160 g de pommes précuites et 9 g de sucre par moule, 22 à 25 minutes à 190 °C. Le rapport sucre-eau est le même, donc le sirop aussi ; c’est le seul découpage qui le conserve.
- Épicée. Une pointe de cannelle en poudre, deux grammes au plus, ajoutée aux pommes dans la poêle. Elle ne change rien aux chiffres à cette dose, et elle couvre en partie le goût propre du sucre de fleur de coco — ce qui est un choix, pas une amélioration.
Substitutions
- Le sucre de fleur de coco — le sucre roux le remplace à poids égal et travaille de la même façon : 97 g de sucres aux 100 g, soit entre le sucre blanc et le sucre de coco, et des arômes de mélasse plutôt que de caramel. Le sirop d’érable ne convient pas ici : il apporte son eau avec lui, c’est-à-dire exactement ce que la recette passe vingt minutes à retirer.
- Un polyol — le xylitol et l’érythritol ne caramélisent pas, et c’est documenté sur ce site. Mais la question posée par cette page n’est pas celle du caramel : c’est celle du sirop, et un polyol fait un sirop. Le xylitol se dose à poids égal, l’érythritol demande une fois et demie la masse pour le même goût sucré et peut recristalliser en paillettes au froid. Ce qu’on perd dans les deux cas est la couleur des trois premières minutes, qu’il faut alors obtenir du fruit lui-même : des pommes poussées plus loin à la précuisson, jusqu’à ce qu’elles colorent. La page du caramel au xylitol dit ce qui marche et ce qui ne marche pas.
- Un édulcorant intense — la stévia et ses pareils ne conviennent pas, et pour une raison qui n’est pas de goût : à 0,2 g pour toute la tarte, ils n’apportent aucune matière, donc aucun sirop. Il n’y aurait rien pour tenir le retournement.
- L’huile de tournesol — l’huile d’olive vierge extra convient (15,2 g d’acides gras saturés aux 100 g contre 11,1), avec son goût ; 45 g de beurre fondu aussi, mais ils portent les acides gras saturés de 1,43 à 3,6 g aux 100 g et la tarte passe en C.
- La farine T55 — la T45 fait une pâte plus courte, la T150 une pâte plus rustique qui porte les fibres de 2,10 à 2,92 g aux 100 g. Ni l’une ni l’autre ne change la lettre, le seuil du point de fibres étant à 3 g.
- Le beurre du fond — 15 g d’huile de tournesol font le même office contre le moule, et retirent 0,8 g d’acides gras saturés à la tarte entière. Le goût du fond est moins rond.
Conservation, avance et congélation
La tarte se mange le jour même, tiède ou à température ambiante. Le sirop et la pâte ne cohabitent bien que quelques heures : au-delà, le dessous ramollit — c’est le défaut de toute tarte dont la garniture est posée sur la pâte crue, et le retournement l’aggrave puisque le sirop finit sur le dessus.
Ce qui se prépare la veille, en revanche, c’est tout le travail. Les pommes précuites et pesées se gardent 48 heures au réfrigérateur, dans une boîte fermée ; elles n’auront pas besoin d’être reprises. La pâte crue se garde deux jours filmée, ou un mois au congélateur. Le montage et la cuisson prennent alors cinquante minutes.
Au réfrigérateur, 24 heures au plus, filmée, et le sirop fige : il faut repasser la tarte dix minutes à 150 °C pour qu’il redevienne nappant. Ne pas la couvrir chaude, la condensation détremperait la pâte.
La congélation d’une Tatin cuite marche mal : le sirop et l’eau résiduelle des pommes font des cristaux qui déchirent les quartiers, et la pâte rend son eau à la décongélation. Mieux vaut congéler la pâte et les pommes précuites séparément.
Le matériel
- Une balance, et c’est le seul ustensile vraiment indispensable de cette recette : les 950 g de pommes précuites ne s’estiment pas à l’œil.
- Un moule en métal de 24 cm à bords hauts, qui puisse passer sur la plaque de cuisson : le sucre y fond avant d’aller au four. Un moule à manqué, un moule à Tatin en cuivre ou une petite poêle à fond épais conviennent. Un moule en silicone ou en verre ne va pas sur le feu.
- Une grande poêle ou une sauteuse large pour la précuisson. La largeur compte : c’est la surface libre qui règle la vitesse d’évaporation, et des pommes empilées dans une petite casserole mettent deux fois plus longtemps à perdre leur eau.
- Un plat de service plus large que le moule, posé à côté avant d’enfourner : le retournement se décide en quinze minutes et ne souffre pas qu’on cherche un plat.
- Un couteau d’office pour les cheminées, et une spatule souple pour remettre en place un quartier qui s’attarde.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment précuire les pommes d’une tarte Tatin ?
Pour une Tatin classique, non : les 150 g de sucre du fond font un sirop concentré malgré toute l’eau que les pommes rendent au four. Pour une version allégée, oui, et c’est la seule façon de s’en passer qui ne consiste pas à remettre du sucre. Avec 55 g, l’eau de pommes crues donnerait un sirop deux fois trop maigre, et la tarte se défait au retournement.
Pourquoi 950 g et pas une durée de cuisson ?
Parce que l’eau que rend une pomme dépend de sa variété, de sa maturité et de la poêle, et pas du tout de la montre. Une boskoop de garde et une reinette fraîche n’ont pas perdu la même chose au bout de vingt minutes. La pesée est le seul repère qui vaille, et 30 g de tolérance de part et d’autre suffisent.
Le sucre de fleur de coco caramélise-t-il ?
Oui, c’est un sucre, et il le fait dans les trois premières minutes, pendant qu’il fond seul dans le moule. Ensuite, plus rien ne caramélise dans une Tatin, quel que soit le sucre employé : l’eau des pommes bloque la surface du moule autour de 100 °C. La difficulté propre à ce produit n’est pas de caraméliser mais de voir où il en est, puisqu’il est déjà brun — on se fie au temps et à l’odeur.
Ma tarte s’est vidée de son jus sur le plat. Qu’est-ce qui n’allait pas ?
Presque toujours l’une de deux choses : des pommes pas assez précuites — le sirop est resté trop dilué pour figer —, ou un retournement trop précoce. Quinze minutes d’attente sont un minimum, et une tarte retournée à la sortie du four se vide toujours.
Pourquoi la ligne « sucres » du tableau est-elle aussi haute pour une recette allégée ?
Parce que 1 400 g de pommes apportent à elles seules 148 g de sucres, soit 74 % des 200 g de la tarte, et que la précuisson a retiré 450 g d’eau qui les diluaient. Le sucre ajouté, lui, est passé de 150 à 55 g. C’est la différence entre une quantité et une concentration : la dose a baissé des deux tiers, la teneur pour 100 g n’a presque pas bougé. Le gratin de pommes et la tarte aux abricots posent la même question sur deux autres desserts aux fruits.
À savoir
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire : elles varient avec la variété et la maturité des pommes, dont la teneur en sucres va couramment de 9 à 13 g aux 100 g. Le sucre de fleur de coco, absent de la table, est compté sur une moyenne d’étiquetage du marché français — c’est l’étiquette du paquet employé qui fait foi. Les pommes sont comptées sur la ligne « chair et peau » de la table, faute de ligne pour la chair seule, ce qui surévalue légèrement les fibres puisqu’on les épluche. La table ne renseigne pas les polyols de la pomme : la ligne « polyols » du tableau est donc un minimum, le fruit en apportant de l’ordre de 0,3 à 0,5 g aux 100 g. La masse finie, 1 189 g, se déduit des 950 g de pommes que la recette fait peser et d’une évaporation de 80 g au four, estimée et non mesurée. Le tableau suppose que le sirop resté dans le moule est servi. Les températures de caramélisation et le palier d’évaporation sont des ordres de grandeur tirés de la physique de la cuisson, et non de la table de composition. Dites-nous en commentaire à quelle masse votre poêle s’est arrêtée, et comment la tarte a tenu au retournement.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Panna cotta au sucre de fleur de cocoil colore la crème et occupe le registre de la vanille
- Sauce caramel au sucre de fleur de cocola recette que le xylitol ne permet pas
- Porc au caramel au sucre de fleur de cocola recette salée-sucrée qu’aucun polyol ne permet
Choisies parmi les recettes au même sucrant.