Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Un riz au lait au lait écrémé et au sucre de fleur de coco, cuit avec un peu plus de riz que d’ordinaire. Ce « plus de riz » est le sujet de la page : c’est lui, et non la dose de sucre, qui décide du chiffre que le tableau nutritionnel affiche dans la colonne « pour 100 g ».
L’affaire est un bilan de masse. Un riz au lait est prêt quand il nappe, et il nappe quand il y a assez d’amidon gonflé pour le liquide qui reste. Deux chemins y mènent : mettre beaucoup de riz, ou faire partir beaucoup d’eau. Le premier rend environ 910 g de dessert, le second 585 g — avec le même lait et le même sucre dans la casserole. Or les sucres du lait ne s’évaporent pas : ils se retrouvent répartis dans une masse qui peut varier de moitié.
D’où le chiffre central de cette page : à texture égale, avec exactement les mêmes 800 g de lait et les mêmes 35 g de sucre de fleur de coco, la ligne « sucres » du tableau passe de 11,8 à 7,6 g pour 100 g selon qu’on emploie 90 ou 140 g de riz, soit 36 % d’écart. Et dans les deux cas, chaque part contient les mêmes 13,8 g de sucres, puisque la casserole contient le même sucre.
Ce n’est pas un tour de passe-passe : c’est l’écart entre une concentration et une quantité. Les mentions réglementaires et le Nutri-Score se calculent pour 100 g ; le dessert, lui, se mange en parts. Les deux colonnes sont justes et ne répondent pas à la même question. Cette recette prend 120 g de riz pour 800 g de lait, et dit ce que ce choix fait aux deux.
Dessert · cuisine françaiseLecture 22 min
- Préparation
- 10 min
- Cuisson
- 40 min
- Repos
- 2 h
- Total
- 2 h 50
- Pour
- 5 ramequins de 156 g
- Difficulté
- facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- Toute l’année
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Sur cette page
Face au riz au lait classique
La référence est le riz au lait tel qu’on le fait d’ordinaire, calculé sur les mêmes données de composition : 800 g de lait entier, 100 g de riz rond et 60 g de sucre blanc, cuits jusqu’à la même consistance — ce qui demande d’évaporer davantage et donne environ 650 g de dessert au lieu de 780. Les deux recettes ne pesant pas la même chose, la comparaison se fait par portion de 150 g, et non part à part.
| Par portion de 150 g | Cette recette | Riz au lait classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 13,3 g | 21,8 g | − 39 % |
| Énergie | 159 kcal | 254 kcal | − 37 % |
| Polyols | 0,0 g | 0,0 g | |
| Nutri-Score | B, 1 point | C, 6 points |
L’écart d’énergie vient d’abord du lait, et le sucrant n’en explique qu’un quart. Sur les 63 kcal d’écart pour 100 g : 36 kcal viennent du lait écrémé à la place du lait entier (58 %), 16 kcal de la dose de sucre ramenée de 60 à 35 g (26 %), et 11 kcal de la dilution par les 20 g de riz supplémentaires (17 %), qui ajoutent de la matière sans ajouter de sucres.
Sur les sucres, le partage est différent, et un terme va dans l’autre sens. Des 5,6 g d’écart pour 100 g, 4,4 g viennent de la dose de sucre (77 %) et 1,8 g de la dilution (31 %) ; mais le lait écrémé en rajoute 0,5 g. Un lait écrémé porte en effet un peu plus de lactose au litre qu’un lait entier — 4,68 contre 4,29 g aux 100 g — parce que l’eau y occupe la place de la matière grasse. Il fait perdre des calories et gagner des sucres : les deux lignes du tableau ne bougent pas toujours dans le même sens.
Ingrédients
- 800 g de lait écrémé (80 cl)
- 120 g de riz rond — riz à dessert, arborio ou carnaroli ; pas de riz long, qui ne relâche pas assez d’amidon
- 35 g de sucre de fleur de coco
- 1 gousse de vanille, fendue et grattée
Allergènes présents : Lait (lait écrémé, uht)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Pourquoi la quantité de riz décide de la masse finie, et pas seulement de la texture. Ce qui donne sa consistance à un riz au lait est le rapport entre le liquide restant et l’amidon gonflé qui le retient. Dans les recettes de ce site, ce rapport tourne autour de 6 à 8 g de dessert fini par gramme de riz sec — 6 pour un riz au lait dense qui tient à la cuiller, 8 pour un riz coulant. Cette page vise 6,5, soit 780 g pour 120 g de riz.
Le lait apporté est fixe : 800 g. Avec 120 g de riz, atteindre 780 g demande d’évaporer 175 g d’eau, soit 18 % de la masse crue. Avec 90 g de riz, la même consistance se situe vers 585 g : il faut alors en évaporer 340, soit 37 %. Le cuisinier ne choisit donc pas vraiment l’évaporation : c’est la dose de riz qui la lui impose, puisque c’est elle qui fixe la masse à laquelle le dessert sera prêt.
Et comme l’évaporation n’enlève que de l’eau, tout le reste — lactose, protéines, sucre ajouté — se retrouve dans ce qui reste. Un riz au lait fait avec peu de riz atteint sa texture en concentrant son lait ; un riz au lait fait avec davantage de riz l’atteint en ajoutant de la matière. Le détail du mécanisme, côté procédé, est sur la page de la concentration.
Ce que le sucre de fleur de coco apporte ici, et ce qu’il n’apporte pas. C’est un sucre : la sève du palmier à sucre, évaporée jusqu’au cristal, à 90 g de sucres aux 100 g, pour 383 kcal. Il se dose à poids égal du sucre blanc et se compte comme lui dans la ligne « sucres » de l’étiquette. Sa fiche produit donne les chiffres et la place qu’il occupe dans la famille.
Ce qu’il apporte réellement à ce dessert est un goût — des notes de caramel et de pain grillé que la sève doit à sa cuisson, et une couleur ambrée qui arrive avec le produit plutôt qu’avec la casserole, puisqu’un riz au lait mijote à peine au-dessus de 90 °C. C’est pour cela que la gousse de vanille suffit et qu’il n’y a rien d’autre à mettre : les arômes du sucre occupent déjà la place.
Ce qu’il n’apporte pas, c’est un allègement. À dose égale, il tient dans la recette la même place que le sucre blanc, à moins d’une calorie près aux 100 g : le tableau de comparaison, plus bas, le chiffre. Le crumble aux pommes et aux noisettes arrive au même constat sur une pâte, et le chocolat chaud sur une boisson lactée.
Préparation
- Peser la casserole vide et noter son poids. C’est l’ustensile de mesure de cette recette : la masse finie se lit sur la balance, elle ne s’estime pas à l’œil.
- Rincer le riz à l’eau froide, rapidement et une seule fois, puis l’égoutter. Rincer jusqu’à l’eau claire retire l’amidon de surface, qui fait une partie de la liaison.
- Porter le lait à frémissement avec la gousse fendue et ses graines, sans le laisser bouillir.
- Verser le riz en pluie, baisser à feu très doux et cuire 35 à 40 minutes à découvert, en remuant toutes les cinq minutes et en raclant le fond à la spatule plate : c’est là que le riz s’installe et attache.
- Vérifier la masse à la balance vers la trente-cinquième minute : casserole comprise, on vise 780 g de contenu. Au-dessus, poursuivre à découvert quelques minutes ; en dessous, ajouter le lait qui manque et laisser reprendre le frémissement.
- Retirer la gousse, puis ajouter le sucre de fleur de coco hors du feu, et remuer jusqu’à dissolution complète. Tout sucrant dissous retient l’eau et la dispute au grain : ajouté en début de cuisson, il laisse un riz ferme au cœur. La version au xylitol détaille ce mécanisme et en a fait son titre.
- Répartir dans 5 ramequins de 156 g, filmer au contact dès qu’ils sont tièdes, et laisser prendre deux heures au frais. Le dessert épaissit encore en refroidissant.
Le petit plus
Arrêter la cuisson quand cela paraît encore trop liquide. L’amidon continue de fixer l’eau en refroidissant, et un riz au lait qui nappe dans la casserole devient un bloc au réfrigérateur. La balance protège de cette erreur mieux que l’œil : à 780 g, la préparation doit couler du dos de la cuiller, pas y tenir.
Le sucre arrive hors du feu, et il reste tiède à dissoudre. Le sucre de fleur de coco est un cristal irrégulier, souvent un peu motteux parce qu’il retient l’humidité de l’air : il se délite sans difficulté dans un riz au lait encore chaud, beaucoup moins dans une préparation sortie du froid. Si le dessert a refroidi, c’est une cuillerée de lait chaud qui sert de véhicule, et non un supplément de brassage.
Goûter tiède, jamais brûlant. La perception du sucré chute nettement à température élevée : un riz au lait ajusté sur le feu paraît trop sucré une fois froid.
Ce que valent vraiment les chiffres
Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, pour cinq parts, sur une masse finie pesée de 780 g — et non sur un pourcentage d’évaporation supposé.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (156 g) | Total pour 5 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 106 kcal | 166 kcal | 829 kcal |
| Matières grasses | 0,2 g | 0,3 g | 1,3 g |
| dont acides gras saturés | 0,2 g | 0,3 g | 1,5 g |
| Glucides | 21 g | 33 g | 166 g |
| dont sucres | 8,9 g | 14 g | 69 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 0,3 g | 0,5 g | 2,4 g |
| Protéines | 4,8 g | 7,5 g | 38 g |
| Sel | 0,09 g | 0,14 g | 0,72 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 5 parts : 957 g de préparation crue, 177 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 780 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Sucre de fleur de coco — Absent de la table de l’ANSES. Moyenne d'étiquetage des sucres de fleur de coco du marché français, recoupée avec la littérature sur la composition des sucres de sève de palmier (70 à 80 % de saccharose, 3 à 10 % de glucose et de fructose libres). L'énergie est recalculée avec les coefficients de l'annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. C'est un sucre : il est compté comme tel dans la ligne « sucres », et aucune allégation réservée aux succédanés de sucre ne s'y applique. À remplacer par l'étiquette du produit réellement utilisé.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 1, sucres 2, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 3. Points positifs : protéines 2, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 2. Score : 1, ce qui donne un B.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,158 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,24 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 66 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Lait écrémé, UHT 57 %, Riz blanc, cru 34 % du score.
Ingrédients rapprochés : Sucre de fleur de coco → Sucre roux (sucre roux — sucre non raffiné, mais issu de la canne et non de la sève de cocotier) ; Vanille, gousse → Vanille, extrait alcoolique (extrait de vanille — même plante, mais un extrait est dilué : l'impact d'une gousse au kilo est plus élevé). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 1,7 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse ; la moins bien notée est à 3,9. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Ce que la dose de riz fait au tableau, à sucre identique
Les six lignes ci-dessous sont le même dessert : 800 g de lait écrémé, 35 g de sucre de fleur de coco, une gousse de vanille, cuit jusqu’à la même consistance. Seule la dose de riz change, et avec elle la masse à laquelle le dessert est prêt.
| Riz | Masse finie | Eau évaporée | Sucres / 100 g | Énergie / 100 g | Sucres par part | Nutri-Score |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 90 g | 585 g | 37 % | 11,80 g | 124 kcal | 13,8 g | B |
| 100 g | 650 g | 30 % | 10,62 g | 117 kcal | 13,8 g | B |
| 110 g | 715 g | 24 % | 9,66 g | 111 kcal | 13,8 g | B |
| 120 g (cette recette) | 780 g | 18 % | 8,86 g | 106 kcal | 13,8 g | B |
| 130 g | 845 g | 12 % | 8,18 g | 102 kcal | 13,8 g | B |
| 140 g | 910 g | 7 % | 7,59 g | 99 kcal | 13,8 g | B |
Trois choses se lisent dans ce tableau, et la troisième est la plus utile. La colonne des sucres pour 100 g varie de 36 % d’un bout à l’autre. La colonne des sucres par part ne varie pas d’un dixième de gramme, parce que la casserole contient toujours les mêmes 69 g de sucres, partagés en cinq. Et la lettre du Nutri-Score, elle, ne bouge pas non plus : elle reste B sur toute la gamme, pour une raison expliquée plus bas.
Et le seuil réglementaire, lui, bascule. Pris sans aucun sucre ajouté — ce qui est la version la plus dépouillée de ce dessert —, le même riz au lait affiche 6,42 g de sucres aux 100 g avec 90 g de riz et 4,13 g avec 140 g. La mention « faible teneur en sucres », qui demande au plus 5 g pour 100 g, est donc refusée dans le premier cas et recevable dans le second. Même lait, même absence de sucre ajouté, même dessert : c’est la dose de riz qui fait franchir le seuil.
Comparé au même riz au lait au sucre
| Pour 100 g | Au sucre de fleur de coco | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 106,3 kcal | 107,0 kcal |
| Sucres | 8,86 g | 9,29 g |
| Protéines | 4,82 g | 4,77 g |
| Acides gras saturés | 0,19 g | 0,18 g |
| Nutri-Score calculé | B | B |
Même recette, 35 g de sucre blanc à la place des 35 g de sucre de fleur de coco — les deux se dosant à poids égal.
Sept dixièmes de calorie et quatre dixièmes de gramme de sucres aux 100 g : l’écart entre les deux sucres est de l’ordre du bruit. Il vient de ce que le sucre de fleur de coco n’est pas du saccharose pur — il déclare environ 90 g de sucres aux 100 g là où le sucre blanc en déclare 99,7, le reste étant de l’eau, une fraction de fibres et quelques minéraux. Ce qui le distingue dans cette recette est son goût, pas sa ligne de tableau.
Ce que dit le Nutri-Score, et ce qu’il ne voit pas
Cette recette obtient B, à 1 point. Elle prend 1 point d’énergie (445 kJ pour 100 g) et 2 points de sucres (8,86 g, la tranche allant de 6,8 à 10 g), aucun point d’acides gras saturés ni de sel, et récupère 2 points de protéines (4,82 g, le seuil étant à 4,8 g). Le riz au lait classique, au lait entier, en prend 8 : 2 d’énergie, 4 de sucres et 2 d’acides gras saturés, pour 2 points de protéines seulement — score 6, lettre C.
Ce que la lettre ne voit pas, c’est précisément le sujet de cette page. Quand on augmente la dose de riz, les sucres pour 100 g baissent — ce qui devrait faire gagner un point — mais les protéines baissent exactement de la même façon, puisqu’elles viennent du lait et que c’est le même lait dans une masse plus grande. À 140 g de riz, les sucres tombent à 7,59 g et les protéines à 4,29 g : un point gagné sur les sucres, un point perdu sur les protéines, et la lettre ne bouge pas. La dilution déplace les deux colonnes ensemble, et le score les additionne en sens contraire.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il manque un point pour le A, et aucun réglage de garniture ou de dose ne le donne tant que le dessert reste sucré. Les trois leviers ont été calculés :
Baisser le sucre de 35 à 20 g ne suffit pas : les sucres passent à 7,13 g pour 100 g, encore au-dessus du seuil de 6,8 g. Le baisser à 15 g franchit bien ce seuil, à 6,55 g — mais retire du même coup les 0,4 g de protéines qu’apporte le sucre de fleur de coco, et les protéines tombent à 4,793 g, sept millièmes sous leur propre seuil. Un point gagné, un point perdu, score inchangé. Augmenter le riz fait la même chose en plus net, comme le tableau ci-dessus le montre.
Le seul chemin calculé vers le A demande de renoncer au sucre ajouté et de revenir à 100 g de riz : 96 kcal et 5,78 g de sucres pour 100 g, 5,51 g de protéines, score 0. C’est alors un autre dessert — le riz au lait sans sucres ajoutés de ce site prend ce chemin-là, avec des raisins secs pour porter le sucré.
Ce qui lui donne de la marge, c’est le lait. Le lait écrémé lui épargne les 2 points d’acides gras saturés que le lait entier lui coûterait : avec 800 g de lait entier et tout le reste inchangé, la même recette monte à 137 kcal pour 100 g, prend 2 points d’acides gras saturés, perd le point de protéines par dilution, et tombe en C à 4 points. C’est le poste le plus lourd de la recette, et il n’a rien à voir avec le sucrier.
Les mentions que ces chiffres autorisent
- Faible teneur en matières grasses — 0,16 g pour 100 g, seuil 3 g. C’est le lait écrémé.
- Faible teneur en acides gras saturés — 0,19 g pour 100 g et 1,6 % de l’énergie, les deux conditions étant requises (seuils 1,5 g et 10 %).
- Faible teneur en sodium — 0,093 g de sel pour 100 g, seuil 0,12 g. Le lait apporte la quasi-totalité de ce sel : saler ferait perdre la mention.
- Source de protéines — 18,1 % de l’énergie, seuil 12 %. Elles viennent des 800 g de lait.
- Valeur énergétique réduite et à teneur réduite en sucres — recevables face au riz au lait classique nommé plus haut, à 37 et 39 % de moins, le seuil étant de 30 % dans les deux cas. Une allégation comparative n’existe que par rapport à une référence précise : celle-ci doit être citée chaque fois que la mention l’est.
Les deux mentions sur les matières grasses demandent une précaution. Les seuils sont ici franchis de très loin, et l’article 7, § 1, c) du règlement (UE) n° 1169/2011 interdit de souligner l’absence d’un nutriment que les denrées comparables n’ont pas davantage. Un riz au lait n’est jamais un plat gras : écrire « faible teneur en matières grasses » sur celui-ci présenterait comme une qualité propre ce que toute la famille partage. Les mentions sont dues, et cette page ne les emploie pas comme argument.
Et cinq refus, qui apprennent davantage :
- Les deux allégations de santé sur les succédanés du sucre : refusées, et pas pour une question de pourcentage. Le règlement (UE) n° 432/2012 les réserve aux denrées dont les sucres ont été remplacés par des édulcorants intenses ou des polyols. Le sucre de fleur de coco est un sucre : aucune réduction, même large, ne lui ouvre ces deux mentions.
- À teneur réduite en sucres, face à la même recette au sucre blanc : refusée. L’écart est de 4,6 %, loin des 30 % exigés. La même mention est recevable face au riz au lait classique et refusée ici : c’est la référence, et non le produit, qui change la réponse.
- Faible teneur en sucres : refusée — 8,86 g pour 100 g, seuil 5 g. Le lactose des 800 g de lait en apporte à lui seul 4,8 g : la mention resterait hors d’atteinte même sans un gramme de sucre ajouté, à moins d’aller jusqu’à 140 g de riz, comme expliqué plus haut.
- Sans sucres ajoutés : refusée, évidemment — 35 g de sucre de fleur de coco sont ajoutés, et c’est un sucre.
- Riche en protéines : refusée pour moins de deux points de pourcentage. Il faut 20 % de l’énergie, nous sommes à 18,1 %.
Variantes
- Plus crémeux, moins concentré — 140 g de riz pour les mêmes 800 g de lait : le dessert est prêt vers 910 g, après sept minutes d’évaporation à peine, et le tableau descend à 7,6 g de sucres et 99 kcal aux 100 g. Les parts font alors 182 g pour les mêmes 13,8 g de sucres : c’est le même dessert servi plus copieusement, pas un dessert plus léger.
- Plus dense, plus parfumé — 90 g de riz, et quarante bonnes minutes à découvert. Le lait réduit prend un goût plus marqué, les parts tombent à 117 g, et le tableau remonte à 11,8 g de sucres aux 100 g. Les deux versions ont leur raison d’être, et il faut savoir laquelle on a faite avant de lire son étiquette.
- Au four — les mêmes proportions, dans un plat à gratin, une heure à 160 °C : l’évaporation est plus lente et moins contrôlable, et la masse finie devient difficile à viser. La balance perd alors son intérêt, et avec elle la précision du tableau.
Substitutions
- Le sucre de fleur de coco — le sucre blanc ou le sucre roux se dosent à poids égal et donnent presque exactement le même tableau, à moins d’une calorie aux 100 g ; ils apportent un dessert plus neutre de goût. Le xylitol se dose aussi à poids égal, retire les sucres ajoutés de la ligne « sucres » et les remplace par des polyols, dont le seuil de tolérance se compte — la version au xylitol donne ses chiffres. Un édulcorant intense, lui, ne pèse rien du tout : la version à la stévia montre ce que l’absence de masse change au dosage comme à la cuisson.
- Le lait écrémé — le demi-écrémé donne un dessert plus rond et ajoute environ 15 kcal aux 100 g ; le lait entier en ajoute 30 et fait passer la note de B à C, par ses acides gras saturés.
- Une boisson végétale — l’avoine et l’amande non sucrées fonctionnent, mais elles épaississent moins et n’apportent pas de lactose : la ligne « sucres » descend beaucoup, les protéines aussi, et il faut compter environ 20 % de riz en plus pour la même consistance. Le tableau de cette page ne s’y applique plus.
- La gousse de vanille — un bâton de cannelle, un zeste d’orange ou de citron râpé hors du feu. Les quantités sont négligeables au calcul.
- Ce qui ne marche pas : le riz long, basmati ou thaï, qui ne relâche pas assez d’amidon — le lait reste clair, les grains séparés, et la masse finie n’a plus de rapport avec la texture. Et sucrer en début de cuisson, pour la raison donnée dans la préparation.
Conservation, avance et congélation
Trois jours au réfrigérateur, filmé au contact : c’est ce qui empêche la peau de se former, et rien ne le remplace vraiment. Le dessert épaissit nettement au froid — une cuillerée de lait le détend avant le service.
En avance : la veille, sans rien perdre, la vanille ayant même le temps de diffuser. Le réchauffage se fait doux et court, vingt à trente secondes au micro-ondes par ramequin, ou quelques minutes à la casserole à feu très bas avec une cuillerée de lait.
Il ne se congèle pas. L’amidon du riz rétrograde et le lait se dissocie : on récupère une préparation granuleuse.
Le matériel
- Une balance de cuisine — l’ustensile qui décide de cette recette, et le seul moyen de savoir ce que le tableau nutritionnel affichera. Elle sert deux fois : pour peser le riz, et pour peser le dessert fini.
- Une casserole à fond épais, large plutôt que haute : large pour que l’évaporation soit régulière, épaisse parce qu’un lait amidonné attache dès qu’il s’épaissit.
- Une spatule plate ou une cuiller en bois à bord droit, pour racler le fond et pas seulement remuer la surface.
- Cinq ramequins et du film alimentaire, posé à plat sur la surface du riz et non tendu sur le bord.
- Le calculateur de valeurs nutritionnelles pour refaire le calcul avec la masse réellement obtenue, si elle s’écarte des 780 g visés.
Questions fréquentes
Pourquoi un riz au lait au sucre de fleur de coco n’est-il pas moins sucré qu’un riz au lait au sucre blanc ?
Parce que le sucre de fleur de coco est un sucre, à 90 g de sucres aux 100 g contre 99,7 au sucre blanc. À dose égale, l’écart sur le dessert fini est de quatre dixièmes de gramme de sucres aux 100 g. Ce qu’il change est le goût — des notes de caramel et de pain grillé — et la couleur.
En bref : le sucre de fleur de coco se compte comme du sucre, et son intérêt dans ce dessert est aromatique.
Pourquoi deux riz au lait identiques peuvent-ils afficher des sucres différents pour 100 g ?
Parce que « pour 100 g » est une concentration. À texture égale, un riz au lait fait avec peu de riz n’est prêt qu’après une forte évaporation, donc dans une masse plus petite : les sucres du lait y sont plus serrés. Avec davantage de riz, le même sucre et le même lait se répartissent dans une masse plus grande.
En bref : de 90 à 140 g de riz pour 800 g de lait, la ligne « sucres » passe de 11,8 à 7,6 g aux 100 g, sans qu’un gramme de sucre change.
Alors mettre plus de riz réduit-il vraiment les sucres ?
Non, et c’est la lecture qu’il faut éviter. La casserole contient les mêmes 69 g de sucres dans tous les cas, et chaque cinquième en apporte 13,8 g. Ce qui change, c’est la matière qui accompagne ces sucres : plus de riz, donc plus d’amidon et un volume plus grand pour la même dose. La quantité servie ne baisse que si l’on sert une part plus petite, ou si l’on sucre moins.
En bref : la dose de riz déplace le chiffre pour 100 g, pas les grammes de sucres dans l’assiette.
Faut-il vraiment peser le dessert fini ?
C’est ce qui rend le tableau juste. L’évaporation d’un riz au lait dépend de la largeur de la casserole, de la vivacité du feu et du couvercle ; d’une cuisine à l’autre, le même temps donne 18 ou 30 % de perte, et tous les chiffres « pour 100 g » suivent. Peser coûte dix secondes et remplace une estimation par une mesure.
En bref : viser 780 g de contenu, casserole comprise, et ajouter le lait qui manque si la cuisson a trop réduit.
Quel effet a ce dessert sur la glycémie ?
Ses glucides sont pour l’essentiel l’amidon du riz, le lactose du lait et les sucres ajoutés : 22 g de glucides pour 100 g, dont 8,9 g de sucres. Le sucre de fleur de coco n’y change rien de particulier, son indice glycémique étant du même ordre que celui du sucre blanc. Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.
En bref : un riz au lait est un dessert amidonné, et c’est le riz qui porte la majeure partie de ses glucides.
Combien de sucre de fleur de coco par part ?
7 g, soit 6,3 g de sucres ajoutés sur les 13,8 g de sucres que contient la part. Les 7,5 g restants sont le lactose du lait, que nul choix de sucrant ne ferait disparaître.
En bref : un peu plus de la moitié des sucres de cette part n’a pas été ajoutée.
Les valeurs nutritionnelles sont calculées ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, et non mesurées en laboratoire. Le sucre de fleur de coco n’y figure pas : il est compté sur une moyenne d’étiquetage des produits du marché français, recoupée avec la littérature sur les sucres de sève de palmier — l’étiquette du produit employé fait foi, et sa teneur en sucres varie de quelques grammes d’une marque à l’autre. La gousse de vanille est comptée pour un apport nul, ce qu’elle est à cette dose. Le rapport de 6 à 8 g de dessert fini par gramme de riz sec est un ordre de grandeur tiré des recettes de ce site, pas une mesure de laboratoire : il décrit une texture, et chacun place la sienne un peu différemment. Les masses finies des six lignes du tableau en découlent, et c’est la balance qui tranche dans une cuisine réelle. Si vous le réalisez, dites-nous en commentaire quelle masse vous avez obtenue et avec quel riz.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Panna cotta au sucre de fleur de cocoil colore la crème et occupe le registre de la vanille
- Crumble pommes-noisettes au sucre de cocoune calorie d’écart avec le sucre blanc
- Chocolat chaud au sucre de fleur de coco23 g de sucres, dont la moitié que vous n’avez pas ajoutés
Choisies parmi les recettes au même sucrant.