Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Le sucre de fleur de coco arrive dans une panna cotta avec deux choses que le sucre blanc n’y apporte pas : une couleur et un arôme. Les deux sortent de la même opération — l’évaporation de la sève récoltée sur l’inflorescence du cocotier, qui brunit ce qu’elle concentre — et elles arrivent avec le produit, sans qu’on puisse les doser à part du sucré.
Dans un appareil aussi clair et aussi neutre qu’une panna cotta, cela ne passe pas inaperçu : 40 g de poudre brune dans 620 g de préparation suffisent à teinter l’ensemble d’un beige uniforme, et les notes de caramel et de malt qui viennent avec occupent le registre où l’on pose d’ordinaire une gousse de vanille. C’est le sujet de cette page : ce que le sucre de coco ajoute, et ce qu’il faut retirer en face pour ne pas empiler deux fois la même chose.
L’autre chose à dire tout de suite, parce qu’elle commande tous les chiffres du bas de page : le sucre de fleur de coco est un sucre. Il titre 90 g de sucres pour 100 g et 383 kcal, et il se dose comme le sucre. L’allègement de cette recette ne vient donc pas de lui. Il vient de la dose, divisée par deux, et surtout du rapport entre la crème et le lait.
Dessert · cuisine italienneLecture 15 min
- Préparation
- 15 min
- Cuisson
- 10 min
- Repos
- 4 h
- Total
- 4 h 25
- Pour
- 6 verrines
- Difficulté
- facile
- Coût
- moyen
- Saison
- Toute l’année
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Face à la panna cotta classique
La référence est la panna cotta des recettes courantes, calculée sur les mêmes données de composition : 50 cl de crème entière à 30 % sans lait, 80 g de sucre blanc, les mêmes 3 feuilles de gélatine, une gousse de vanille, en 6 verrines. Les deux verrines ne pèsent pas tout à fait pareil — 103 g ici, 97 g là — et le tableau en tient compte.
| Par verrine | Cette recette | Panna cotta classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 9,8 g | 15,7 g | − 38 % |
| Énergie | 144 kcal | 301 kcal | − 52 % |
| Acides gras saturés | 5,9 g | 15,5 g | − 62 % |
| Polyols | 0 g | 0 g | |
| Nutri-Score | C, 7 points | D, 17 points |
D’où vient l’écart, et c’est là que le sucrant se fait petit. Sur les 157 kcal d’écart par verrine, 129 tiennent au remplacement de 360 g de crème par 440 g de lait entier, 27 à la dose de sucrant divisée par deux — et 1 seule au changement de produit, le sucre de fleur de coco n’étant pas moins énergétique que le sucre blanc à poids égal. Du côté des sucres, le compte est le même à l’envers : 6,7 g de moins par verrine pour la dose, 0,7 g pour le produit, et 1,4 g de plus rendus par le lait, dont le lactose remplace en partie ce que la crème n’apportait pas. Face à cette référence, et à condition de la nommer, les mentions « valeur énergétique réduite », « à teneur réduite en sucres » et « à teneur réduite en acides gras saturés » sont toutes trois recevables. Face à la même recette sucrée au sucre blanc, aucune ne l’est : le détail est plus bas.
Ingrédients
- 140 g de crème entière fluide à 30 % (14 cl)
- 440 g de lait entier (44 cl) — entier et non demi-écrémé, voir les substitutions
- 40 g de sucre de fleur de coco
- 3 feuilles de gélatine (6 g)
- Pas de vanille dans la version de base — l’encadré ci-dessous dit pourquoi, et les substitutions disent comment en remettre si vous y tenez
Allergènes présents : Lait (crème 30% mg, fluide, uht, lait entier (aliment moyen))
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
D’où viennent la couleur et l’arôme du sucre de fleur de coco. La sève prélevée sur l’inflorescence du cocotier est claire et à peine sucrée. Ce qui la transforme, c’est l’évaporation : plusieurs heures de chauffe à ciel ouvert, pendant lesquelles ses sucres réducteurs et ses acides aminés réagissent entre eux. La couleur brune et les notes de caramel et de malt sont le produit de ce brunissement, pas un ajout — c’est la même chimie que celle d’une croûte de pain ou d’un café torréfié. Le détail du procédé est dans la fiche de fabrication.
Ce que cela veut dire dans la casserole : l’arôme arrive avec la poudre, et il tire sur le même registre que la vanille — des notes lactées et caramélisées. Les deux ensemble se disputent la même place dans un appareil qui n’a que deux goûts à offrir, celui de la crème et celui du sucrant. C’est pourquoi la recette de base n’en met pas, et pourquoi, si vous en mettez, une demi-gousse suffit à poser la question.
La gélatine ne supporte pas l’ébullition, et elle ne se rattrape pas après. Son pouvoir gélifiant baisse dès qu’on dépasse 80 °C et s’effondre à l’ébullition : les chaînes de collagène se coupent, et des chaînes plus courtes reforment un réseau plus lâche. On chauffe donc le lait et la crème jusqu’au premier frémissement, pas au-delà, et on ajoute la gélatine hors du feu. À l’inverse, l’agar-agar exige l’ébullition : si vous changez de gélifiant, vous changez aussi de méthode.
Préparation
- Tremper la gélatine 10 minutes dans un grand bol d’eau très froide.
- Chauffer le lait, la crème et le sucre de fleur de coco dans une casserole à fond épais, à feu moyen, en remuant jusqu’à dissolution complète. Arrêter au premier frémissement, sans jamais laisser bouillir. Le mélange prend sa couleur beige dès que le sucre est dissous.
- Hors du feu, incorporer la gélatine bien essorée et remuer jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement lisse. Si vous voulez ajuster l’arôme, c’est le moment : goûtez la préparation tiède, avant de la couler.
- Répartir dans six verrines — environ 103 g chacune — en versant à travers une passoire fine, qui retient les éventuels grains de sucre non dissous et la peau qui s’est formée en surface.
- Laisser prendre 4 heures au réfrigérateur, les verrines découvertes le temps qu’elles refroidissent, puis filmées. La prise est complète au bout de quatre heures et la texture continue de se raffermir le lendemain.
Le petit plus
Le sucre de coco se dissout, mais il ne disparaît pas. C’est une poudre irrégulière, plus grossière que le sucre en poudre, et elle porte de fines particules qui ne se dissolvent pas toutes. Dans une pâte, cela ne se voit pas ; dans une panna cotta, qui se juge à la cuiller, un passage à la passoire fine au moment de couler change le rendu. C’est le geste le plus rentable de la recette, et celui qu’on oublie le plus volontiers.
La seconde chose est une question de retenue. Un appareil à dominante lait est plus liquide à chaud qu’un appareil tout crème : la tentation est de compenser à la gélatine. Elle se paie tout de suite — un gel à 1,2 % de gélatine sur la phase aqueuse rebondit au lieu de fondre. On garde les 6 g. Ce qui donne du corps ici, ce sont les protéines du lait, pas le gélifiant.
Ce que valent vraiment les chiffres
Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, pour six verrines d’environ 103 g, en tenant compte de la faible évaporation à la chauffe.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (103 g) | Total pour 6 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 140 kcal | 144 kcal | 865 kcal |
| Matières grasses | 9,3 g | 9,6 g | 58 g |
| dont acides gras saturés | 5,7 g | 5,9 g | 36 g |
| Glucides | 10 g | 11 g | 63 g |
| dont sucres | 9,5 g | 9,8 g | 59 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 0,1 g | 0,1 g | 0,6 g |
| Protéines | 3,8 g | 4,0 g | 24 g |
| Sel | 0,11 g | 0,12 g | 0,71 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 626 g de préparation crue, 6 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 620 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Sucre de fleur de coco — Absent de la table de l’ANSES. Moyenne d'étiquetage des sucres de fleur de coco du marché français, recoupée avec la littérature sur la composition des sucres de sève de palmier (70 à 80 % de saccharose, 3 à 10 % de glucose et de fructose libres). L'énergie est recalculée avec les coefficients de l'annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. C'est un sucre : il est compté comme tel dans la ligne « sucres », et aucune allégation réservée aux succédanés de sucre ne s'y applique. À remplacer par l'étiquette du produit réellement utilisé.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 1, sucres 2, acides gras saturés 5, sel 0 — soit 8. Points positifs : protéines 1, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 1. Score : 7, ce qui donne un C.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,203 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,20 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 60 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Lait entier, UHT 47 %, Crème de lait, 30% MG, semi-épaisse, UHT 40 %, Sucre roux 11 % du score.
Ingrédients rapprochés : Crème 30% MG, fluide, UHT → Crème de lait, 30% MG, semi-épaisse, UHT (crème de lait 30 % MG semi-épaisse UHT — même taux de matière grasse) ; Lait entier (aliment moyen) → Lait entier, UHT (lait entier UHT — Agribalyse ne publie pas d'aliment moyen) ; Sucre de fleur de coco → Sucre roux (sucre roux — sucre non raffiné, mais issu de la canne et non de la sève de cocotier). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 1,4 sur 5, qualité très bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même panna cotta au sucre blanc
| Pour 100 g | Au sucre de coco | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 139,6 kcal | 140,6 kcal |
| Sucres | 9,5 g | 10,1 g |
| Lipides dont saturés | 9,3 g dont 5,7 | 9,3 g dont 5,7 |
| Nutri-Score calculé | C, 7 points | C, 8 points |
Même recette, 40 g de sucre blanc à la place des 40 g de sucre de fleur de coco.
Un point d’écart, et il tient à un seuil. À poids égal, le sucre de fleur de coco apporte 0,6 g de sucres de moins pour 100 g que le sucre blanc, parce qu’il titre 90 g de sucres aux cent contre 99,7 : le reste est de l’eau, quelques fibres et des minéraux. Cela suffit à passer sous la barre des 10 g que le Nutri-Score place là, et pas à changer la lettre. Ce que le sucre de coco apporte ici n’est pas nutritionnel, c’est la couleur et l’arôme — et c’est déjà une raison de le choisir, à condition de ne pas lui en prêter une seconde. Le même constat, chiffré sur une pâtisserie, est dans le crumble pommes-noisettes.
Le détail du Nutri-Score, algèbre 2023, régime général, sur les valeurs pour 100 g : énergie 582 kJ, 1 point ; sucres 9,5 g, 2 points ; acides gras saturés 5,7 g, 5 points ; sel 0,11 g, 0 point — soit 8 points défavorables. En face : protéines 3,8 g, 1 point ; fibres 0,1 g et fruits et légumes 0 %, rien. Le total des points défavorables restant sous 11, les protéines comptent. 7 points, donc C — la lettre va de 3 à 10 points. Les acides gras saturés en fournissent à eux seuls plus de la moitié.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Les deux leviers évidents ont été calculés, et aucun ne déplace la lettre. Ramener la crème de 140 à 100 g, en montant le lait à 480 g, fait tomber les acides gras saturés de 5,7 à 4,7 g pour 100 g et le score de 7 à 6 points : toujours C, pour 15 kcal de moins par verrine et une texture sensiblement plus sèche. Ajouter 240 g de framboises écrasées en couche, soit 40 g par verrine, ramène le score à 6 points — les fruits diluent, mais à 28 % du poids total ils restent sous les 40 % à partir desquels le calcul accorde un point de fruits et légumes.
La lettre tient à la crème, c’est-à-dire au dessert lui-même. Le seul assemblage qui atteint B est celui qui retire toute la crème et passe au lait écrémé : 2 points, mais 60 kcal aux cent, aucune matière grasse pour porter l’arôme du sucre de coco, et un flan plutôt qu’une panna cotta. Le levier le moins coûteux reste donc le premier : 100 g de crème au lieu de 140, en sachant qu’il achète un point et non une lettre.
Les mentions que ces chiffres autorisent
- Faible teneur en sodium — 0,11 g de sel pour 100 g, seuil 0,12 g. La marge est mince, et elle disparaît dès qu’on ajoute une pincée de fleur de sel.
- Valeur énergétique réduite, à teneur réduite en sucres et à teneur réduite en acides gras saturés — recevables face à la panna cotta classique décrite en haut de page, avec 55 %, 42 % et 64 % de moins, là où le règlement en demande 30. Une allégation comparative n’existe qu’avec sa référence : elle doit être nommée chaque fois qu’elle est écrite.
- Les mêmes mentions, face à la même recette au sucre blanc : refusées — 6 % sur les sucres, moins de 1 % sur l’énergie.
- « Sans sucres ajoutés » et « faible teneur en sucres » : refusées — 9,5 g de sucres pour 100 g, et le sucre de fleur de coco est bien un sucre ajouté.
- Les deux allégations de santé sur les succédanés du sucre : sans objet ici — elles sont réservées aux édulcorants intenses et aux polyols, et cette recette n’en contient pas.
- « Faible teneur en matières grasses » : refusée — 9,3 g pour 100 g, il en faudrait 3.
- « Source de fibres » : refusée — 0,1 g pour 100 g.
Variantes
- Avec des fruits rouges — 240 g de framboises écrasées et non sucrées, posées en couche sur la panna cotta prise, ajoutent 19 kcal et 2,2 g de sucres par verrine. Leur acidité vient en contrepoint du registre caramélisé du sucre de coco, là où la vanille venait s’y ajouter.
- Avec de l’ananas — l’accord est évident, mais il demande une précaution : l’ananas frais contient une protéase, la broméline, qui coupe la gélatine et empêche le gel de prendre. Il faut de l’ananas cuit ou en conserve, dont l’enzyme a été détruite par la chaleur. Le cas est détaillé dans les petits pots de flan exotique.
- Au café — 2 g de café soluble dans le lait chaud. C’est la seule addition aromatique qui ne se dispute pas la place avec le sucre de coco : elle apporte de l’amertume, que l’appareil n’a pas.
- En version coco entière — remplacer 140 g de crème par 140 g de lait de coco fait un autre dessert, plus parfumé et nettement plus riche en acides gras saturés : 17 g aux cent pour le lait de coco contre 18,6 pour la crème, mais sans les protéines du lait qui donnent ici du corps. Les valeurs du tableau ne s’appliquent plus.
Substitutions
- Le lait entier — le demi-écrémé fonctionne et retire 0,8 g d’acides gras saturés aux cent, sans changer la lettre. L’écrémé va trop loin : il ne reste plus de matière grasse pour porter l’arôme du sucre de coco, qui est la raison d’être de la recette.
- La crème — une crème à 12-25 % allège peu et détend beaucoup ; il vaut mieux garder la crème entière et en mettre moins, ce que le calcul du Nutri-Score chiffre plus haut.
- Le sucre de fleur de coco — le sucre roux et la cassonade en sont les plus proches par la couleur, sans le même profil ; à poids égal, les sucres montent de 0,6 g aux cent. Un polyol comme le xylitol tiendrait le sucré et retirerait la quasi-totalité des sucres ajoutés, mais il ne colore ni ne parfume : c’est un autre dessert, celui de la panna cotta au xylitol et à la rhubarbe. Chacun fait ce qu’il sait faire.
- La vanille — si vous en voulez, une demi-gousse fendue et infusée dans le lait chaud, pas une entière. Le zeste d’orange, la badiane ou une pointe de cardamome travaillent sur un autre registre que le sucre de coco et se remarquent davantage pour la même quantité.
- La gélatine — 2 g d’agar-agar, portés à ébullition une minute franche dans le liquide. Méthode inverse de celle de la gélatine, texture plus cassante, et le dessert se démoule alors sans difficulté.
- Ce qui ne marche pas : ajouter du sucre de coco pour obtenir plus de couleur. Au-delà de 60 g pour ce volume, le dessert devient franchement sucré avant d’être franchement coloré — et les 9,5 g de sucres aux cent deviennent 12. La couleur se gagne par la qualité de la poudre, plus ou moins foncée selon la durée d’évaporation, pas par la dose.
Conservation, avance et congélation
Trois jours au réfrigérateur, les verrines filmées. Une prise à la gélatine se raffermit avec le temps : au troisième jour, la texture est nettement plus ferme qu’au premier, et c’est sur une base à dominante lait que cela se remarque le plus.
Ce qui se prépare à l’avance : tout. La panna cotta se coule la veille sans inconvénient, les quatre heures de prise étant un minimum et non une durée idéale. Une garniture de fruits, elle, se pose au dernier moment : posée tôt, elle rend son eau à la surface du gel.
Elle ne se congèle pas : un gel de gélatine rend son eau à la décongélation et la texture ne revient pas. En revanche, un appareil déjà gélifié se refond à feu très doux et reprend parfaitement une fois — utile si l’on s’aperçoit après coup qu’on voulait y mettre du café. Et ne laissez pas les verrines longtemps hors du froid : la gélatine se relâche vite dans une pièce chaude.
Le matériel
- Une balance de cuisine — 40 g de sucre de coco pour 580 g de liquide, c’est 6,9 % : à la cuiller à soupe, l’erreur courante est de 10 g, soit 1,5 g de sucres par verrine.
- Une passoire fine — le seul ustensile qui change le rendu, pour la raison donnée dans « Le petit plus ».
- Un thermomètre de cuisine — la gélatine se joue à 80 °C. À défaut, retirer du feu au premier frémissement, avant tout bouillon.
- Une casserole à fond épais — un fond mince attache, et un appareil à dominante lait attache plus vite qu’un appareil tout crème.
- Six verrines à paroi droite et du film alimentaire : une préparation lactée prend les odeurs du réfrigérateur en quelques heures.
Questions fréquentes
Ma panna cotta n’a pas pris.
Le liquide a bouilli, ou la gélatine a été ajoutée sur le feu. Au-delà de 80 °C son pouvoir gélifiant baisse, et il ne se récupère pas en prolongeant le froid. Deuxième cause possible : un fruit frais riche en protéase — ananas, kiwi, papaye, figue fraîche — incorporé à l’appareil.
Le sucre de fleur de coco change-t-il la couleur du dessert ?
Oui, et c’est prévisible : 40 g de poudre brune dans 620 g d’appareil blanc donnent un beige uniforme, plus ou moins soutenu selon que la poudre est claire ou foncée. La teinte est acquise dès la dissolution et ne bouge plus au froid.
Puis-je remplacer le sucre de coco par du sucre blanc à poids égal ?
Oui, le pouvoir sucrant est du même ordre. Le tableau plus haut dit ce que cela change : 0,6 g de sucres pour 100 g, une calorie, et tout l’arôme.
Combien de temps faut-il pour qu’elle prenne ?
Quatre heures au réfrigérateur pour une prise complète à cœur, dans des verrines de 103 g. Une prise plus courte donne un centre encore coulant, qui n’est pas récupérable autrement qu’en attendant.
Et si je veux la démouler ?
Il faut alors passer à 4 feuilles de gélatine (8 g) et des moules passés sous l’eau froide, ou bien à l’agar-agar. Les valeurs du tableau restent valables à 2 kcal près, la gélatine n’apportant presque rien.
Valeurs calculées ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, et non mesurées en laboratoire. Le sucre de fleur de coco n’y figure pas : il est compté sur une moyenne d’étiquetage des produits du marché français, recoupée avec la littérature sur les sucres de sève de palmier, et sa composition varie d’un lot à l’autre — l’étiquette de votre paquet fait foi. Tous les ingrédients de la liste sont comptés. Les valeurs de la panna cotta classique et des variantes chiffrées sont établies de la même façon, sur les mêmes données.
Vous l’avez faite ? Dites en commentaire la couleur obtenue et la marque de sucre de coco employée : c’est là-dessus que les paquets diffèrent le plus, et c’est ce qui manque le plus aux recettes qu’on trouve ailleurs.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Crumble pommes-noisettes au sucre de cocoune calorie d’écart avec le sucre blanc
- Sauce caramel au sucre de fleur de cocola recette que le xylitol ne permet pas
- Chocolat chaud au sucre de fleur de coco23 g de sucres, dont la moitié que vous n’avez pas ajoutés
Choisies parmi les recettes au même sucrant.