Cake marbré au xylitol et au fromage blanc : deux pâtes de même consistance, sinon la marbrure coule

Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Un cake marbré, ce sont deux pâtes versées dans le même moule, qui doivent cuire ensemble sans se mélanger. La marbrure ne tient pas à un coup de couteau habile : elle tient à ce que les deux pâtes aient la même consistance au moment où on les superpose. Si la pâte au cacao est plus ferme que l’autre, elle s’enfonce à travers elle et finit en couche au fond du moule ; si elle est plus fluide, elle s’étale en surface et la vanille la recouvre. Dans les deux cas, la coupe montre des strates, pas des veines.

Or le cacao en poudre ne se contente pas de colorer : riche en fibres et en amidon, il boit une part du liquide de la pâte. Ajouté tel quel à la moitié de la pâte, il la rend nettement plus ferme que l’autre moitié. C’est la cause la plus fréquente d’une marbrure qui « coule » — et le remède tient en une ligne de la liste d’ingrédients : 30 g de lait réservés pour la seule pâte au cacao.

Le reste de la recette est un cake allégé, sans détour. Le xylitol remplace le sucre, et 130 g au lieu de 200 : le cake est un peu moins sucré que celui qu’on connaît. Le beurre descend de 200 à 60 g, et 150 g de fromage blanc reprennent son rôle d’humidité et de liant. Une tranche apporte 13 g de xylitol, sous le seuil de tolérance aux polyols — deux tranches s’en approchent, et c’est ce qui fixe le découpage en dix.

Goûter · cuisine françaiseLecture 18 min

Préparation
25 min
Cuisson
50 min
Repos
30 min
Total
1 h 45
Pour
10 tranches
Difficulté
facile
Coût
bon marché
Saison
Toute l’année
Occasion
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Face au cake marbré classique

La référence est le cake marbré de ménage, calculé sur les mêmes données de composition : 250 g de farine T55, 200 g de sucre blanc, 200 g de beurre, 4 œufs, 60 g de lait demi-écrémé, 25 g de cacao, la même levure et la même perte à la cuisson. Il donne un cake de 853 g, celui-ci un cake de 758 g : les deux se coupent en dix, et la tranche d’ici est donc un peu plus petite. D’où les deux lignes du tableau, pour 100 g et par tranche.

Cette recetteCake marbré classiqueÉcart
Sucres, pour 100 g1,6 g24,4 g− 94 %
Énergie, pour 100 g255 kcal421 kcal− 40 %
Acides gras saturés, pour 100 g5,9 g15,2 g− 61 %
Sucres, par tranche1,2 g (tranche de 76 g)20,8 g (tranche de 85 g)− 94 %
Énergie, par tranche193 kcal360 kcal− 46 %
Polyols, par tranche13,0 g0 g
Nutri-ScoreC, 6 pointsE, 23 points

D’où vient l’écart. Sur le cake entier, la recette porte 1 667 kcal de moins. Le beurre en explique 1 054, près des deux tiers. Le passage de 200 g de sucre à 130 g de xylitol en explique 486, dont 207 seulement tiennent à la nature du sucrant — le xylitol apporte 2,4 kcal par gramme au lieu de 4 — et 279 à la dose plus faible. Les 50 g de farine en moins en retirent 175, et le fromage blanc en rend 73. Pour les sucres, c’est l’inverse : le beurre n’y est pour rien, et c’est le sucre retiré qui fait presque tout l’écart. Les 11,9 g qui restent dans le cake viennent du lactose du fromage blanc et du lait, et de la farine.

Ingrédients

Pour un moule à cake de 24 à 26 cm, soit 10 tranches.

Pour la pâte de base

  • 200 g d’œufs, soit 4 œufs moyens, à température ambiante
  • 130 g de xylitol Attention : le xylitol est toxique pour le chien
  • 60 g de beurre doux, fondu et tiédi
  • 150 g de fromage blanc 0 %, bien égoutté
  • 40 g de lait écrémé
  • 200 g de farine de blé T55
  • 10 g de levure chimique
  • 1 g de sel, une pincée
  • les graines d’une demi-gousse de vanille

Le xylitol est toxique pour le chien, même en petite quantité. Ne laissez ni le pot, ni le récipient, ni les restes à sa portée. Ce qu’il faut savoir et que faire en urgence.

Pour la pâte au cacao

  • 20 g de cacao en poudre sans sucres ajoutés
  • 30 g de lait écrémé

Allergènes présents : Céréales contenant du gluten (farine de blé tendre ou froment t55 (pour pains)) · Lait (beurre à 80% mg minimum, doux, fromage blanc, nature, 0% mg, lait écrémé, uht) · Œufs (oeuf cru)

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Pourquoi la marbrure coule quand la pâte au cacao est trop lourde. Deux pâtes superposées dans un moule se comportent comme deux fluides épais. Une cuillerée de pâte ferme posée sur une pâte plus fluide ne reste pas en surface : elle s’enfonce, lentement pendant qu’on remplit le moule, puis plus vite au four, quand la chaleur fluidifie le beurre et avant que les œufs et l’amidon aient pris. Elle finit en couche au fond. À l’inverse, une pâte trop fluide posée sur une pâte ferme s’étale et nappe l’autre. La marbrure demande que ni l’une ni l’autre ne gagne : même consistance, donc même vitesse d’écoulement.

Le cacao en poudre porte près de 30 % de fibres, et de l’amidon : les deux retiennent l’eau. Versé dans la moitié de la pâte, il en capte une partie du liquide, et cette moitié devient plus épaisse et plus lourde à la cuillère. Les 30 g de lait de la pâte au cacao sont là pour rendre ce que le cacao a pris. Le repère ne se chiffre pas mieux qu’au geste : soulevée à la spatule, chacune des deux pâtes doit retomber en ruban à la même vitesse. Si la pâte au cacao tient encore en tas, une cuillerée de lait de plus.

Le xylitol, lui, n’intervient pas dans cet équilibre : il se dissout dans l’eau de la pâte comme le sucre, à poids égal. Il ne brunit pas en revanche, faute de sucre réducteur pour la réaction de Maillard : la croûte reste blonde, et la pâte à la vanille garde une mie claire qui fait ressortir le cacao. La tenue à la cuisson des sucrants détaille cette différence.

Préparation

  1. Préchauffer le four à 170 °C, chaleur statique. Chemiser le moule de papier cuisson.
  2. Fondre le beurre à feu doux et le laisser tiédir : chaud, il cuirait l’œuf.
  3. Blanchir les œufs et le xylitol au fouet électrique, trois à quatre minutes, jusqu’à ce que le mélange soit pâle et ait doublé de volume. Avec si peu de beurre, c’est cette mousse qui porte la légèreté du cake.
  4. Incorporer le fromage blanc, puis le beurre tiède, le lait et la vanille, au fouet et sans insister.
  5. Tamiser la farine avec la levure et le sel au-dessus du saladier, et mélanger à la spatule jusqu’à ce qu’il ne reste plus de farine sèche, pas davantage.
  6. Partager la pâte en deux : environ 395 g dans chaque saladier, à la balance.
  7. Délayer le cacao dans les 30 g de lait jusqu’à obtenir une pâte lisse, puis l’incorporer à l’une des deux moitiés.
  8. Comparer les deux pâtes à la spatule : elles doivent retomber en ruban de la même façon. Si la pâte au cacao tient en tas, ajouter une cuillerée de lait.
  9. Remplir le moule en alternant les cuillerées de pâte vanille et de pâte cacao, en damier, sur deux ou trois épaisseurs.
  10. Marbrer : plonger la lame d’un couteau jusqu’au fond et tracer un seul S sur toute la longueur. Un seul passage ; au troisième, les deux pâtes n’en font plus qu’une, brun clair.
  11. Cuire 45 à 50 minutes à 170 °C. La lame d’un couteau plantée au centre doit ressortir sèche.
  12. Démouler au bout de dix minutes et laisser refroidir complètement sur une grille avant de trancher.

Ce que le fromage blanc reprend du beurre, et ce qu’il ne reprend pas. Dans un cake classique, le beurre fait trois choses : il enrobe la farine et limite le développement du gluten, il retient l’air quand on le travaille avec le sucre, et il apporte l’essentiel du goût. Le fromage blanc, à 85 % d’eau, reprend l’humidité et une part de la tendreté : ses protéines et son acidité donnent une mie souple et serrée. Il ne reprend ni l’air ni le goût.

L’air, la recette le demande aux œufs blanchis avec le xylitol plutôt qu’au beurre crémé ; le goût, à la vanille et au cacao. Le cake qui en résulte a une mie plus humide et plus fine que celle d’un quatre-quarts, moins friable, et il se tient mieux à la coupe. Ce sont des tendances connues de la pâtisserie allégée, non des mesures faites sur cette recette.

Le petit plus

  • Peser les deux moitiés. À l’œil, on en fait toujours une plus grosse que l’autre, et la marbrure se déséquilibre. La balance règle la question en dix secondes.
  • L’erreur fréquente : marbrer trop. Le couteau ne dessine pas les veines, il ne fait que les amorcer ; c’est la levée au four qui les étire. Un seul S suffit.
  • Égoutter le fromage blanc dans une passoire fine s’il rend du petit-lait : l’eau en trop détend les deux pâtes et fait couler la marbrure autant qu’une pâte trop lourde.
  • Tamiser le cacao avant de le délayer : les grumeaux de cacao restent secs au cœur et laissent des points amers dans la mie.
  • La fente sur le dessus est celle de tout cake : elle ne dit rien de la marbrure. Pour l’avoir nette et centrée, tracer un trait de couteau beurré sur la pâte au bout de dix minutes de cuisson.

Ce que valent vraiment les chiffres

Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 842 g de matières premières ramenés à 758 g de cake cuit : 84 g d’eau perdus à la cuisson, soit 10 %. Une tranche pèse 76 g.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (76 g)Total pour 10 parts
Énergie255 kcal193 kcal1 929 kcal
Matières grasses10,0 g7,6 g76 g
  dont acides gras saturés5,9 g4,4 g45 g
Glucides39 g29 g293 g
  dont sucres1,6 g1,2 g12 g
  dont polyols17 g13 g130 g
Fibres alimentaires1,6 g1,2 g12 g
Protéines8,2 g6,2 g62 g
Sel0,27 g0,21 g2,06 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 10 parts : 842 g de préparation crue, 84 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 758 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :

  • Xylitol (E967) — Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV : coefficient de conversion des polyols, 2,4 kcal/g. Polyol pur.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 3, sucres 0, acides gras saturés 5, sel 1 — soit 9. Points positifs : protéines 3, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 3. Score : 6, ce qui donne un C.

Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 17 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)—en attente
Émissions de gaz à effet de serre0,25 kg CO₂ eq par partcalculé sur 100 % de la recette, dont une part estimée
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage—en attente
Planet-Score — climat—en attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)—clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversité—en attente
Planet-Score — bien-être animal—sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

1 ligne renseignée sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ingrédients sans score unique : Xylitol (E967). Ils sont exclus du score EF et du Green-Score, et leur masse compte comme non couverte. Rien n’est estimé à leur place.

Climat estimé, score unique inconnu : Xylitol (E967) : 2,5 à 5 kg CO₂ eq par kilo, estimation encadrée du site, reconstruite par analogues industriels publiés (Blanco 2020, Akmalina 2019, Dasgupta 2021) — le détail du calcul. Ces ingrédients entrent dans la ligne des gaz à effet de serre, et dans elle seule : leur masse est comptée hors couverture pour le score unique comme pour le Green-Score, faute de connaître les quinze autres indicateurs.

Comparé à la même recette au sucre

Pour 100 gAu xylitolAu sucre
Énergie255 kcal282 kcal
Sucres1,6 g18,7 g
Polyols17,2 g0 g
Matières grasses10,0 g10,0 g
dont acides gras saturés5,9 g5,9 g
Par tranche de 76 g193 kcal / 1,2 g de sucres / 13,0 g de polyols214 kcal / 14,2 g de sucres / 0 g de polyols

Même recette, 130 g de sucre blanc à la place des 130 g de xylitol, mêmes données de composition, même perte à la cuisson.

92 % de sucres en moins, 10 % de calories en moins. Face à la même recette, le xylitol fait ce qu’on attend de lui sur les sucres, et peu sur l’énergie : il apporte 2,4 kcal par gramme contre 4 pour le sucre. Les calories d’un cake sont d’abord dans son beurre et sa farine, et c’est là que la recette les a retirées.

Le Nutri-Score, calculé sur ces valeurs, donne C (algorithme révisé en 2023, régime général) : 3 points pour l’énergie (1 064 kJ pour 100 g), 0 pour les sucres (1,6 g), 5 pour les acides gras saturés (5,9 g), 1 pour le sel, soit 9 points défavorables ; moins 3 points de protéines (8,2 g), qui comptent parce que le total défavorable reste sous 11, et 0 pour les fibres (1,6 g). Total : 6 points, C. La même recette au sucre fait 14 points et tombe en D : ses sucres valent 5 points, le total défavorable passe à 14, et ses protéines ne comptent plus. Le cake marbré classique fait 23 points, E. Le passage de D à C mérite une réserve : l’algorithme se calcule sur la ligne « sucres », dont les polyols sont exclus, et les 17,2 g de xylitol pour 100 g n’y comptent pour rien. Il ne dit rien de la tolérance digestive.

Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Les points à prendre sont du côté des acides gras saturés — 5,9 g pour 100 g, dont plus des quatre cinquièmes viennent du beurre — et de l’énergie, à 1 064 kJ pour un seuil à 1 005. Ramener le beurre de 60 à 45 g, en ajoutant 15 g de fromage blanc, fait passer les graisses saturées à 4,7 g : un point de moins, 5 points, toujours C, et 182 kcal par tranche. À 40 g de beurre et 170 g de fromage blanc, l’énergie passe aussi sous son seuil : 4 points, C, 179 kcal par tranche. La mie est plus humide et le goût de beurre s’efface ; c’est le levier qui coûte le moins.

Toute la farine en complète T150 porte les fibres à 3,5 g pour 100 g et rapporte un point de plus : avec le beurre à 40 g, le cake descend à 3 points, encore C. Le prix est visible à la coupe : la farine complète brunit la pâte à la vanille, et la marbrure perd son contraste.

Le B n’est pas à portée honnête. Il faudrait encore retirer le point du sel, et la ligne « sel » est un minimum : la levure chimique apporte du sodium que la table ne renseigne pas. Une lettre qui tiendrait à ce trou dans les données ne dirait rien du cake.

Une réserve sur le sel. La levure chimique contient du bicarbonate de sodium, et la table de composition n’en renseigne pas la teneur en sel. La ligne « sel » du tableau est donc un minimum, et le point de sel du Nutri-Score aussi. Le cake classique emploie la même levure : l’écart entre les deux recettes n’en est pas affecté.

Les mentions que ces chiffres autorisent

Recevables :

  • Faible teneur en sucres — 1,6 g pour 100 g, seuil 5 g.
  • Sans sucres ajoutés, avec la mention « contient des sucres naturellement présents » — aucun sucre ni aliment employé pour ses propriétés sucrantes n’entre dans la recette ; les 11,9 g de sucres du cake sont le lactose du lait et du fromage blanc, et ceux de la farine. Voir sucres libres, sucres totaux, sucres ajoutés.
  • Source de protéines — les protéines apportent 12,9 % de l’énergie, seuil 12 %. Ce sont les œufs et le fromage blanc qui la portent, et de justesse.
  • Réduit en sucres, face à la même recette au sucre — 1,6 g pour 100 g contre 18,7, soit 92 % de moins, pour 30 % exigés. Et avec elle les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre, à la formulation imposée mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant du xylitol à la place du sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre », et « La consommation d’aliments contenant du xylitol à la place du sucre contribue au maintien de la minéralisation dentaire ».
  • Face au cake marbré classique, et à condition de le nommer : valeur énergétique réduite (255 kcal pour 100 g contre 421, soit 40 % de moins), réduit en matières grasses (10,0 g contre 22,8, soit 56 % de moins) et réduit en graisses saturées (5,9 g contre 15,2, soit 61 % de moins). Toutes exigent 30 % au moins. Sans la référence écrite à côté, aucune des trois ne se dit.

Refusées, et il faut le dire :

  • « Sans sucres » — 1,6 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 g au plus. Le lactose suffit à l’interdire.
  • « Valeur énergétique réduite » face à la même recette au sucre — 10 % de moins, il en faudrait 30. Elle n’est recevable que face au cake classique.
  • « Faible valeur énergétique » — 255 kcal pour 100 g, seuil 40.
  • « Faible teneur en matières grasses » — 10,0 g pour 100 g, seuil 3 g.
  • « Faible teneur en acides gras saturés » — 5,9 g pour 100 g, seuil 1,5 g.
  • « Riche en protéines » — 12,9 % de l’énergie, il en faudrait 20 %.
  • « Source de fibres » — 1,6 g pour 100 g, il en faudrait 3.
  • « Faible teneur en sodium » — 0,27 g de sel pour 100 g au moins, seuil 0,12 g.

Variantes

  • Vanille et café. Deux cuillerées à café de café soluble délayées dans les 30 g de lait, à la place du cacao : la pâte café reste aussi fluide que l’autre, et il n’y a presque rien à corriger.
  • Orange et chocolat. Le zeste d’une orange non traitée dans la pâte à la vanille : rien à changer au calcul.
  • Trois couleurs. Un tiers de pâte nature, un tiers au cacao, un tiers à la moitié de la dose de cacao. Chaque pâte se corrige au lait jusqu’à la même consistance, et la règle devient plus visible encore.
  • En muffins. La même pâte en moules individuels, une cuillerée de chaque pâte et un tour de cure-dent : 20 à 22 minutes à 170 °C. Douze muffins apportent chacun 11 g de xylitol.

Substitutions

  • Le xylitol — l’érythritol convient, à 190 ou 200 g pour le même goût sucré, son pouvoir sucrant valant 0,6 à 0,7 fois celui du sucre ; il apporte près de zéro calorie mais peut laisser une sensation de fraîcheur en bouche et recristalliser en surface au bout de deux jours. Le sucre blanc, à 130 g, donne les chiffres de la colonne « au sucre » plus haut, et une croûte plus dorée.
  • Le fromage blanc 0 % — un yaourt nature 0 % à poids égal, un peu plus liquide : retirer 10 g de lait. Le fromage blanc à 3 % de matières grasses donne une mie plus ronde, au prix d’environ 3 g de graisses saturées de plus pour le cake.
  • Le beurre — une huile neutre, colza ou tournesol, à 50 g au lieu de 60 : la mie est plus moelleuse, le goût de beurre disparaît, et les graisses saturées tombent de plus de moitié. Elle n’a pas été calculée ici.
  • Le cacao en poudre — 40 g de masse de cacao fondue, à la place du cacao et du lait : la pâte au chocolat devient plus grasse et plus ferme en refroidissant ; l’incorporer tiède, et vérifier la consistance.
  • La farine T55 — la farine T45 convient à poids égal. Une farine sans gluten change la tenue des deux pâtes : elle n’a pas été calculée.

Conservation, avance et congélation

Il se garde trois jours, emballé dans un film ou dans une boîte hermétique, à température ambiante. Avec moins de beurre et sans sucre pour retenir l’eau, il se dessèche plus vite qu’un cake classique : on l’emballe dès qu’il est froid.

Il se prépare la veille sans rien perdre : la mie se raffermit, et la coupe est plus nette le lendemain.

Il se congèle deux mois, en tranches séparées par du papier cuisson. Une tranche dégèle en une demi-heure à température ambiante.

Le matériel

  • Un moule à cake de 24 à 26 cm.
  • Du papier cuisson.
  • Une balance : pour les ingrédients, et pour partager la pâte en deux moitiés égales.
  • Un fouet électrique, pour blanchir les œufs et le xylitol.
  • Deux saladiers et une spatule.
  • Un couteau à lame fine, pour marbrer.

Questions fréquentes

Pourquoi la marbrure de mon cake marbré a-t-elle coulé au fond ?
Parce que la pâte au cacao était plus ferme que la pâte à la vanille : plus lourde, elle s’est enfoncée pendant la cuisson. Le cacao absorbe une partie du liquide ; il faut le lui rendre, ici avec 30 g de lait. En bref : les deux pâtes doivent retomber de la spatule à la même vitesse.

Combien de sucres contient une tranche de ce cake marbré au xylitol ?
1,2 g pour une tranche de 76 g, et 193 kcal. Ce sont le lactose du fromage blanc et du lait, et les sucres de la farine. En bref : 1,2 g par tranche, contre 20,8 g pour une tranche de cake marbré classique.

Combien de tranches de cake au xylitol peut-on manger ?
Une tranche apporte 13 g de xylitol. Le seuil de tolérance digestive des polyols se situe autour de 20 à 30 g en une prise, et varie beaucoup d’une personne à l’autre : deux tranches d’un coup s’en approchent. En bref : une tranche à la fois, surtout si l’on n’a pas l’habitude du xylitol.

Pourquoi mon cake marbré au xylitol est-il si pâle ?
Le xylitol ne participe pas à la réaction de Maillard et ne caramélise pas : la croûte reste blonde, même bien cuite. Ce n’est pas un défaut de cuisson ; la lame du couteau, sèche au centre, est le seul repère. En bref : un cake au xylitol se juge au couteau, pas à la couleur.

À savoir

Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire. La vanille est comptée pour sa masse, sans apport. Le xylitol est compté à 2,4 kcal par gramme, coefficient du règlement (UE) n° 1169/2011. La table ne renseigne pas le sodium de la levure chimique : la ligne « sel » est un minimum. La masse finale est calculée avec une perte de 10 % à la cuisson, et non pesée. Le cake marbré classique qui sert de référence est calculé à part, sur les mêmes données. Les explications sur la consistance des deux pâtes et le rôle du fromage blanc décrivent des mécanismes connus, non des mesures faites sur cette recette. Dites-nous en commentaire combien de lait votre pâte au cacao a demandé, et combien pesait votre cake à la sortie du four.

Si vous avez un chien : le xylitol est toxique pour le chien, même en petite quantité. Un cake se laisse volontiers sur une table basse ou dans un sac de goûter, et une tranche en contient 13 g : c’est largement assez pour un chien de petite taille. Ne laissez ni le cake ni ses miettes à sa portée. Ce qu’il faut savoir et que faire en urgence →

À servir avec, ou à essayer ensuite

Choisies parmi les recettes au même sucrant.

Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.