Granité au citron à la stévia : 8 calories la portion, et pourquoi il se gratte pendant qu’il gèle

Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Un granité se reconnaît à ses gros cristaux. C’est même tout son propos : là où un sorbet cherche le grain le plus fin possible, le granité veut des paillettes qu’on sent sous la cuillère, et on les obtient à la fourchette, en grattant un bac posé à plat au congélateur. On pourrait donc croire que c’est la préparation glacée la plus indifférente à son sucre — puisqu’elle ne lui demande pas de texture fine.

C’est l’inverse. Ce que la fourchette gratte, ce n’est pas de la glace : c’est le liquide resté entre les cristaux. Dans un granité au sucre, un cinquième de l’eau est encore liquide à −6 °C, et un dixième l’est toujours à −18 °C : les cristaux baignent dans un sirop concentré qui les empêche de se souder, et la fourchette les détache en grains. Retirez le sucre, et il ne reste presque rien à dissoudre — moins de 1 % de l’eau à température de congélateur. Le bac devient un bloc de glace d’un seul tenant, et la fourchette n’en tire plus des paillettes mais de la poudre tassée.

D’où la recette qui suit, et la contrainte qu’elle assume : 700 g d’eau, 160 g de jus de citron, le zeste de deux citrons infusé, et 0,65 g d’extrait de stévia — l’équivalent sucrant d’environ 160 g de sucre, pour 0,65 g de matière. Le granité ne se gratte plus après coup : il se gratte pendant qu’il gèle, trois fois, et se sert aussitôt. Ce n’est pas un pis-aller, c’est d’ailleurs la façon dont on fait la granita en Sicile ; le sucre, lui, offrait le luxe de pouvoir l’oublier une nuit et de le reprendre le lendemain.

Deux chiffres encadrent la page. Le premier est l’écart : 7,8 kcal par portion de 143 g, contre 96,4 kcal pour le même granité sucré à goût égal. Le second est plus modeste et plus utile : 26 g de sucre dans la bassine — 4,4 g par portion, un sixième de ce que porte un granité ordinaire — suffisent à faire quitter le Nutri-Score A. C’est la marge réelle de cette recette, et elle tient à ce qu’il n’y a rien d’autre dedans que de l’eau et du citron.

Dessert · cuisine italienneLecture 26 min

Préparation
30 min
Repos
3 h
Total
3 h 30
Pour
6 portions de 143 g
Difficulté
facile
Coût
bon marché
Saison
Toute l’année

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Face au granité classique

La référence est la granita al limone de proportions ordinaires, calculée sur les mêmes données de composition : les mêmes 700 g d’eau et 160 g de jus, avec 160 g de sucre — soit 15,7 % de la masse, au milieu de la fourchette courante de 12 à 20 % qu’emploient les recettes de sirop. Les deux granités sont comparés à portion de masse égale, 143 g, puisque les 160 g de sucre font grossir la bassine de 860 à 1 020 g et qu’une part de six serait sans cela plus grosse d’un côté que de l’autre.

Par portion de 143 gCette recetteGranité classiqueÉcart
Sucres0,64 g23,0 g− 97 %
Énergie7,8 kcal96,4 kcal− 92 %
Polyols0 g0 g
Nutri-ScoreA, 0 pointC, 4 points

Servi en six parts, le granité classique fait des portions de 170 g : 114 kcal et 27,2 g de sucres chacune.

Ici, tout l’écart vient du sucrant, et cela n’a rien de remarquable : il n’y a rien d’autre dans la bassine. Un granité est fait d’eau, de jus de citron et de ce qui le sucre ; l’eau et le jus sont identiques dans les deux colonnes, donc les 88,6 kcal d’écart sont, à la calorie près, celles des 160 g de sucre. Sur une pâtisserie, la même page montrerait l’inverse — le beurre et la farine portant les calories, le changement de sucrant n’en expliquerait qu’une petite part. C’est pourquoi la seconde comparaison de cette page, plus bas, ne mesure rien de différent de celle-ci : les deux références coïncident, et le dire vaut mieux que de fabriquer un second tableau qui prétendrait le contraire.

Ingrédients

Pour 6 portions de 143 g — un bac de 860 g.

  • 700 g d’eau
  • 160 g de jus de citron fraîchement pressé et filtré, soit 4 citrons moyens
  • le zeste de 2 citrons non traités, prélevé en rubans au couteau économe, sans blanc
  • 0,65 g d’extrait de stévia en poudre, soit le pouvoir sucrant d’environ 160 g de sucre — à ajuster, voir l’encadré sur le dosage

Aucun des quatorze allergènes de l’annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011 n’est apporté par les ingrédients de cette recette.

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Ce que la fourchette gratte, et pourquoi le sucre le lui donnait. Quand une solution gèle, l’eau cristallise d’abord pure : tout ce qui était dissous reste dans l’eau qui ne gèle pas, laquelle devient donc de plus en plus concentrée, donc de plus en plus difficile à geler. À chaque température correspond ainsi une quantité d’eau encore liquide, et elle est proportionnelle au nombre de particules dissoutes dans le bac — c’est l’abaissement cryoscopique, la même loi qui fait fondre le verglas sous le sel.

Les 160 g de sucre d’un granité ordinaire apportent 0,47 mole de saccharose ; le jus de citron, à lui seul, n’en apporte que 0,07 — acide citrique pour les deux tiers, sucres du fruit pour le reste. D’où le tableau, calculé sur les 844 g d’eau que contient la bassine :

Eau encore liquideAu sucre (160 g)À la stévia seule
Début de congélation− 1,2 °C− 0,2 °C
À − 6 °C168 g, soit 20 %23 g, soit 2,7 %
À − 12 °C84 g, soit 10 %11 g, soit 1,4 %
À − 18 °C56 g, soit 6,6 %8 g, soit 0,9 %

Ces valeurs sont des ordres de grandeur, obtenus par la loi cryoscopique idéale et non mesurés. Pour la colonne du sucre, la courbe réelle de concentration par congélation du saccharose donne même davantage à −18 °C — une phase non gelée à 62-64 % de sucre, soit 90 à 98 g d’eau, plus de 11 % : l’écart entre les deux colonnes est donc plus grand encore que ne le dit le tableau.

La conséquence pratique est tout le sujet de cette recette. Un granité au sucre garde de quoi se gratter à n’importe quelle température de congélateur : on peut le laisser prendre une nuit et passer la fourchette le lendemain. À la stévia, les 2,7 % de −6 °C sont le dernier moment où la fourchette trouve encore du liquide à déplacer. Au-delà, elle racle un bloc. La page sur la congélation détaille ce passage de la zone critique.

Doser 0,65 g de quelque chose dont la concentration varie d’un pot à l’autre. « Extrait de stévia » ne désigne pas un produit mais une famille. Un extrait de laboratoire, titré à plus de 95 % de glycosides de stéviol, sucre 200 à 300 fois le sucre : 0,65 g y remplacent bien 160 g de sucre. Les poudres et comprimés de table, eux, sont coupés d’un support — érythritol, maltodextrine, lactose — et sucrent parfois à peine plus que le sucre, cuillerée pour cuillerée. Entre les deux, tous les intermédiaires existent.

Le seul repère fiable est l’étiquette, qui porte presque toujours une équivalence du type « 1 g = 10 g de sucre » ou « une dosette = une cuillerée à café ». Convertissez-la en 160 g de sucre, pesez au 0,01 g si votre balance le permet, et sinon dosez à la dosette fournie. Et goûtez le mélange froid, pas tiède : le froid émousse la perception du sucré, de sorte qu’un liquide ajusté à température ambiante paraît fade une fois glacé. C’est l’objet de la page du thé glacé à la stévia, et la règle vaut ici d’autant plus que le granité se mange à −5 °C.

Un repère réglementaire, enfin, puisqu’il se calcule. La dose journalière admissible des glycosides de stéviol est de 4 mg par kilo de poids corporel et par jour, exprimés en équivalents stéviol. S’il s’agissait d’un extrait pur, les 0,65 g du bac en représenteraient 215 à 260 mg selon le glycoside, soit 36 à 43 mg par portion — entre 15 et 18 % de la dose d’un adulte de 60 kg. Avec une poudre de table diluée, la part réelle est bien plus faible.

Préparation

  1. Infuser le zeste. Chauffer 200 g de l’eau à 70 °C environ — frémissante au bord, jamais bouillante —, retirer du feu, y plonger les rubans de zeste, couvrir et laisser 20 minutes. Au-delà de 80 °C, les composés volatils de l’écorce partent avec la vapeur ; au-dessous de 60 °C, ils sortent mal du zeste.
  2. Retirer les rubans et compléter avec les 500 g d’eau froide restants. Le mélange doit être à température ambiante avant la suite.
  3. Dissoudre l’extrait de stévia dans ce liquide tiède, en fouettant une trentaine de secondes. Une poudre jetée dans un liquide glacé reste en grumeaux au fond du bac, et c’est le dernier endroit où l’on voudrait du sucré concentré.
  4. Ajouter le jus de citron filtré, puis goûter et ajuster l’extrait. Travaillez par très petites touches : 0,05 g change nettement l’ensemble.
  5. Verser dans un bac large et plat, métallique de préférence, sur 2 à 3 cm d’épaisseur. Une couche épaisse gèle de l’extérieur vers le cœur et donne une croûte dure autour d’un centre liquide ; une couche mince gèle d’un bloc trop vite pour être grattée.
  6. Placer au congélateur et minuter. Au bout de 40 à 50 minutes, les bords ont pris sur un centimètre : passer la fourchette en ramenant les bords vers le centre, dents bien à plat contre le fond.
  7. Gratter deux fois encore, à 40 minutes d’intervalle. À la troisième passe, l’ensemble doit être une masse de paillettes humides, qui s’affaisse légèrement si on la tasse. C’est l’état à servir.
  8. Servir aussitôt, dans des verres passés dix minutes au congélateur. Un verre à température ambiante fond le granité par le bas et le transforme en citronnade en deux minutes.
  9. Si le bac a durci — oublié une heure de trop, ou repris le lendemain : le sortir et attendre 15 à 20 minutes à température ambiante, jusqu’à ce que la fourchette entre sans forcer, puis gratter. Voir l’encadré ci-dessous.

Le jus de citron est la seule masse dissoute du bac, et cela crée une tension qu’il faut connaître. Sur les 0,07 mole de particules dissoutes, l’acide citrique en fournit les deux tiers : c’est le jus, et non le sucrant, qui tient le peu de fraction liquide dont la fourchette dispose. Monter le jus de 160 à 250 g porterait cette fraction de 2,7 à 3,7 % à −6 °C — un gain réel, mais lent, et payé par une acidité que rien ne contrebalance plus.

Car c’est l’autre service que le sucre rendait sans qu’on le lui demande : il atténue la perception de l’acide. Un granité à 15 % de sucre supporte 20 % de jus de citron ; sans lui, le même jus devient mordant. La recette descend donc à 18,6 % de jus — et ce choix, fait pour l’équilibre du goût, retire du même coup une partie de la seule masse dissoute qui restait. Les deux contraintes tirent en sens inverse, et il n’y a pas de dose qui les satisfasse toutes les deux : on arbitre, et la variante à l’érythritol, plus bas, est la seule façon de ne plus avoir à le faire.

Et le bac qui a durci se rattrape, lui. Vingt minutes à température ambiante ramènent le cœur vers −5 ou −6 °C, c’est-à-dire exactement la fenêtre où la fourchette retrouve du liquide. Le grain sera plus gros qu’à la troisième passe, parce que les cristaux ont eu le temps de fusionner entre eux, mais le granité redevient un granité. Ce qui ne se rattrape pas, c’est un bac gratté puis recongelé plusieurs fois : les paillettes se ressoudent un peu plus à chaque tour.

Le petit plus

  • Le bac métallique n’est pas un détail. Un moule en aluminium ou en inox conduit la chaleur quinze à vingt fois mieux qu’une boîte en plastique de même épaisseur : la prise est plus rapide et surtout plus homogène, ce qui laisse moins de temps aux gros cristaux de se former au centre. Un plat à rôtir fait parfaitement l’affaire.
  • L’erreur fréquente : gratter trop tôt. Avant que les bords n’aient pris sur un bon centimètre, la fourchette ne fait que mélanger un liquide froid, et elle réchauffe le bac en l’ouvrant. Les trois passes se comptent à partir du moment où il y a quelque chose à détacher.
  • Les dents de la fourchette se tiennent à plat, contre le fond, et on tire vers soi. Plantée verticalement, elle fait des trous et laisse la plaque intacte entre eux.
  • Un citron non traité pour le zeste, c’est la condition du parfum. L’écorce porte presque tout l’arôme du citron, le jus portant l’acidité ; mais c’est aussi là que se concentrent les traitements de conservation après récolte. Sans citron non traité, mieux vaut s’en passer et compenser par 10 g de jus de plus.
  • Le sel, souvent conseillé « pour relever », ne se justifie pas ici. Une pincée de 1 g dans le bac ne déplacerait le point de congélation que de deux centièmes de degré — autant dire rien — et ferait passer la recette à 0,13 g de sel pour 100 g, soit dix fois sa teneur actuelle. Le goût y gagne peut-être ; la fourchette, non.

Ce que valent vraiment les chiffres

Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 860,65 g de matières premières ramenés à 860 g — les rubans de zeste emportent moins d’un gramme d’eau en sortant du bain, et il n’y a aucune autre perte : rien ici ne cuit, et l’eau d’infusion reste dans le bac. Le granité se mange en entier, liquide fondu compris : les valeurs pour 100 g sont donc celles de ce que la cuillère prend.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (143 g)Total pour 6 parts
Énergie5 kcal8 kcal47 kcal
Matières grasses0,1 g0,1 g0,5 g
  dont acides gras saturés0,0 g0,0 g0,1 g
Glucides1,1 g1,6 g9,8 g
  dont sucres0,4 g0,6 g3,8 g
  dont polyols0,0 g0,0 g0,0 g
Fibres alimentaires0,1 g0,1 g0,6 g
Protéines0,1 g0,1 g0,6 g
Sel0,01 g0,02 g0,11 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 861 g de préparation crue, 1 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 860 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :

  • Eau — Eau du robinet ou embouteillée : aucun apport énergétique. Comptée pour sa masse seulement, ce qui dilue les valeurs pour 100 g — indispensable dès qu'une recette est une boisson ou un sirop.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 0, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 0. Points positifs : protéines 0, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 0. Score : 0, ce qui donne un A.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)0,026 mPt/kgcalculé sur 100 % de la recette
Émissions de gaz à effet de serre0,02 kg CO₂ eq par partcalculé sur 100 % de la recette
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage—en attente
Planet-Score — climat—en attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)—clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversité—en attente
Planet-Score — bien-être animal—sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

Green-Score calculé — 92 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus

A+ABCDEF

Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.

2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.

Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Jus de citron, pur jus 99 % du score.

Ingrédients rapprochés : Eau → Eau du robinet (eau du robinet) ; Édulcorant à base d'extrait de stévia → Sucre blanc (sucre blanc — repère de masse et non équivalent : un extrait de stévia s'emploie à dose très faible). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.

Qualité de la donnée : DQR 2,5 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.

Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.

Comparée à la même recette au sucre

Pour 100 gÀ la stéviaAu sucre (160 g)
Énergie5,5 kcal67,2 kcal
Sucres0,45 g16,0 g
Polyols0 g0 g
Matières grasses0,05 g0,05 g
Sel0,013 g0,009 g

Même granité, 160 g de sucre blanc à la place des 0,65 g d’extrait de stévia, à goût sucré égal — ce qui suppose un extrait titré à 250 fois le pouvoir sucrant du sucre. Mêmes données de composition, aucune cuisson des deux côtés.

Cette comparaison est la même que celle du haut de page, et c’est une information en soi. Sur la plupart des recettes du site, les deux diffèrent : « face au plat classique » met en jeu tout ce qu’on a allégé — un beurre, une crème, un sirop —, tandis que « la même recette au sucre » isole le seul changement de sucrant. Un granité n’offre pas cette distinction, parce qu’il n’a rien d’autre à alléger : l’eau et le jus sont incompressibles, et le sucrant est le seul paramètre libre. La limonade à l’érythritol est dans le même cas, pour la même raison.

Le Nutri-Score donne A, avec un score de 0 (algorithme révisé en 2023, régime général) : zéro point d’énergie — 23 kJ pour 100 g, quand le premier palier est à 335 —, zéro point de sucres — 0,45 g, premier palier à 3,4 —, zéro pour les acides gras saturés et zéro pour le sel. Et aucun point favorable : les fibres sont à 0,07 g pour 100 g quand il en faudrait 3, les protéines à 0,07 g, et le jus de citron ne représente que 18,6 % de la masse là où le premier palier des fruits et légumes est à 40 %. Le même granité au sucre fait 4 points et tombe en C, ces quatre points venant tous de la ligne « sucres », à 16,0 g pour 100 g. Le A de cette recette ne repose donc sur rien de positif : il repose sur l’absence — c’est un bac d’eau, de jus et de 0,65 g de poudre, et l’algorithme n’y trouve rien à compter. La réserve habituelle sur les polyols n’a pas lieu d’être ici, le bac n’en contenant aucun ; elle redevient valable pour la variante à l’érythritol, où 6,5 g de polyols pour 100 g ne comptent pas dans la ligne « sucres » que l’algorithme regarde.

Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : la recette est en A, à 0 point. Reste à dire ce qui la ferait descendre, et de combien elle est à l’abri.

Ce qui la fait tomber : 26 g de sucre dans la bassine — 4,4 g par portion, à peu près une cuillerée à café rase, et un sixième de ce que porte un granité ordinaire. À 26,3 g, les sucres atteignent 3,4 g pour 100 g et prennent un point : le granité passe en B. C’est le seul palier atteignable. Celui de l’énergie n’arrive qu’à 201 g de sucre, bien au-delà, et ceux des acides gras saturés et du sel sont hors de portée d’une recette qui n’a ni matière grasse ni sel ajouté. Autrement dit, « corriger l’acidité avec un peu de sucre » est le seul geste qui coûte la lettre, et il la coûte vite.

Ce qui achète de la marge : 200 g de chair de citron à la place de 200 g d’eau. La chair, prélevée sans peau ni blanc et mixée, porte les fruits et légumes à 41,8 % de la masse et fait gagner le premier point favorable : le score descend à −1, et la recette tolère alors 39 g de sucre au lieu de 26 avant de quitter le A. Le levier se compense en partie lui-même, et c’est ce qui limite le gain : chaque gramme de sucre ajouté dilue le pourcentage de fruits, si bien qu’à 39,3 g il retombe à 40,0 % exactement et le point favorable se perd au moment où l’on en aurait besoin. Il coûte par ailleurs la mention « sans sucres » : les sucres passent de 0,45 à 0,63 g pour 100 g, au-dessus du seuil de 0,5 g. À l’assiette, la chair apporte du corps et une légère amertume si le blanc n’a pas été entièrement retiré.

Le levier qui ne coûte rien n’existe pas du côté des points favorables : atteindre 40 % de fruits sans changer la composition demanderait 467 g de jus pour 700 g d’eau, ce qui ne se boit pas. La marge de cette recette est donc bien celle qu’elle a — 26 g —, et le moins coûteux est de ne pas l’entamer.

Les mentions que ces chiffres autorisent

Recevables :

  • Sans sucres — 0,4 g pour 100 g, seuil 0,5 g. La mention tient à un dixième de gramme, et elle est calculée sur une table : dix grammes de jus de plus, ou des citrons un peu plus mûrs que la moyenne de la table, et elle tombe. Elle ne se porterait pas sur une étiquette sans analyse du lot.
  • Sans sucres ajoutés — aucun mono- ni disaccharide n’entre dans la recette : les glycosides de stéviol ne sont pas des sucres. Mention à faire suivre de « contient des sucres naturellement présents », ceux du citron.
  • Faible teneur en sucres — 0,4 g pour 100 g, seuil 5,0 g.
  • Faible valeur énergétique — 5 kcal pour 100 g, seuil 40.
  • Valeur énergétique réduite et réduit en sucres — les deux exigent 30 % de moins qu’une denrée comparable ; nous sommes à 92 % et 97 % face au granité classique décrit en haut de page. Elles ne valent qu’avec cette référence nommée, et c’est aussi ce qui ouvre les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre, à la formulation imposée mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant des glycosides de stéviol à la place du sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre », et « … contribue au maintien de la minéralisation dentaire ».

Recevables, mais que cette page n’emploie pas : « faible teneur en matières grasses » (0,1 g pour 100 g), « faible teneur en acides gras saturés » et « faible teneur en sodium ». L’article 7, § 1, c) du règlement (UE) n° 1169/2011 interdit de souligner l’absence d’un nutriment que les denrées comparables ne contiennent pas davantage : annoncer qu’un granité à l’eau et au citron est pauvre en matières grasses laisserait croire que d’autres en sont riches. Aucun granité n’en contient.

Refusées, et il faut le dire :

  • « Source de fibres » — 0,1 g pour 100 g, il en faudrait 3. La variante à la chair de citron n’y change presque rien : 0,2 g.
  • « Source de protéines » — 5,5 % de l’énergie, il en faudrait 12 %. Sur une recette à 5 kcal pour 100 g, ce pourcentage ne veut d’ailleurs pas dire grand-chose.

Variantes

  • À l’érythritol et à la stévia, pour retrouver la fraction liquide. C’est la variante qui règle la contrainte de la page plutôt que de l’assumer. 60 g d’érythritol apportent 0,49 mole de particules dissoutes — presque autant que les 0,47 des 160 g de sucre — pour zéro calorie, l’érythritol étant le seul polyol affecté d’un coefficient de 0 kcal/g par l’annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. Le bac commence à geler à −1,25 °C et garde 21 % de son eau liquide à −6 °C, contre 2,7 % : il se gratte comme un granité au sucre, le lendemain si on veut. Il faut alors ramener la stévia à 0,49 g, les 60 g d’érythritol sucrant déjà comme 39 g de sucre. Le prix à payer est digestif et non calorique : 10 g de polyols par portion, ce qui reste confortable pour l’érythritol mais s’ajoute aux autres polyols du repas — voir la page sur la tolérance. Le Nutri-Score reste A.
  • À la chair de citron. 200 g de chair sans peau ni blanc, mixée, à la place de 200 g d’eau : plus de corps, un point favorable de Nutri-Score, et la mention « sans sucres » perdue. Voir l’encadré vert.
  • Au citron vert. Même masse de jus. Le citron vert est plus parfumé et un peu moins acide à l’analyse ; son zeste est plus amer, donc deux rubans suffisent au lieu de quatre.
  • Au pamplemousse ou à l’orange sanguine. Ces jus portent davantage de sucres propres — ce qui, ici, est un avantage de texture autant qu’un apport : ils ajoutent de la masse dissoute. Avec 160 g de jus d’orange, les sucres passent à environ 1,8 g pour 100 g : la mention « sans sucres » tombe, le Nutri-Score reste A, et le bac se gratte un peu plus facilement.
  • À la menthe ou au basilic. Une dizaine de feuilles infusées avec le zeste, retirées en même temps. La citronnade à la stévia et à la menthe décrit cette infusion.
  • En granité de café, sans rien changer à la méthode. 860 g de café filtre froid à la place de l’eau et du jus, même dose de stévia : le café apporte un peu moins de matière dissoute que le citron, et la contrainte des trois passes y est donc encore plus stricte.

Substitutions

  • L’extrait de stévia — tout édulcorant intense convient à la place : le travail demandé est de sucrer, rien d’autre. Un comprimé ou une poudre de table se dosent d’après l’équivalence portée sur l’étiquette. Aucun n’apporte de masse dissoute, et aucun ne change donc la contrainte de texture.
  • Le xylitol — 160 g à poids égal du sucre donnent une fraction liquide encore plus grande que le sucre, le xylitol étant une molécule deux fois plus petite que le saccharose : le bac devient mou et se gratte en bouillie plutôt qu’en paillettes. C’est le défaut que décrit le sorbet kiwi-poire au xylitol, où il faut pour cette raison en mettre moitié moins que de sucre. Sur un granité, 70 à 80 g suffisent largement, et le bac porte alors 12 à 13 g de polyols par portion. Si vous faites cette substitution, sachez que le xylitol est toxique pour le chien : ce qu’il faut savoir et que faire en urgence.
  • Le jus de citron — un jus de citron pasteurisé du commerce fait l’affaire sur le plan des chiffres ; son acidité est plus plate et son arôme pratiquement absent, ce qui rend le zeste indispensable.
  • Le zeste — à défaut de citron non traité, 10 g de jus supplémentaires, ou quelques gouttes d’huile essentielle de citron de qualité alimentaire, deux au plus pour le bac entier.
  • L’eau — une eau peu minéralisée ne change rien de mesurable : les sels d’une eau de distribution apportent moins d’un centième de mole, soit un centième de ce que le jus fournit.

Conservation, avance et congélation

Le mélange non congelé se garde 48 heures au réfrigérateur, dans un bocal fermé. C’est la bonne façon de prendre de l’avance : on prépare le liquide la veille et on ne lance la congélation que trois heures avant de servir. Le jus perd un peu d’arôme, pas son acidité.

Le granité gratté se sert dans les minutes qui suivent. Laissé une demi-heure au congélateur après la troisième passe, il se ressoude déjà ; il faut le gratter de nouveau, et le grain est plus gros.

Au congélateur, le bac se garde un mois sans risque sanitaire — il n’y a dans ce bac ni matière grasse à rancir ni protéine à altérer. Ce qui se perd est la texture et l’arôme : au bout de quelques jours, les cristaux ont fusionné en une plaque, et il faut repasser par les 15 à 20 minutes de tempérage décrites à l’étape 9. Un bac filmé au contact limite le givre de surface et la perte d’arôme.

Ce qu’il ne faut pas faire : recongeler un granité déjà servi. Chaque cycle fait fondre les petits cristaux au profit des gros — c’est le même mécanisme qui fait les cristaux de glace dans une crème glacée mal conservée. Au troisième tour, il ne reste plus de paillettes à détacher.

Le matériel

  • Un bac métallique large et plat, 20 × 30 cm environ, pour une couche de 2 à 3 cm. Un plat à rôtir ou un moule à gâteau roulé conviennent.
  • Une balance au 0,01 g, ou la dosette fournie avec l’extrait. Au gramme près, 0,65 g ne se pèse pas.
  • Une fourchette à dents larges, ou une fourchette à viande : plus les dents sont espacées, mieux elles détachent les paillettes sans les écraser.
  • Un couteau économe pour prélever le zeste en rubans, sans emporter le blanc.
  • Un thermomètre de cuisine pour l’infusion à 70 °C. À défaut, de l’eau bouillante laissée cinq minutes hors du feu s’en approche.
  • Un presse-agrumes et un tamis fin : la pulpe en suspension forme des amas durs à la congélation.

Questions fréquentes

Pourquoi mon granité au citron à la stévia est-il un bloc de glace ?
Parce qu’il a été laissé prendre sans être gratté. Sans sucre, moins de 1 % de l’eau reste liquide à température de congélateur, et les cristaux se soudent entre eux : il n’y a plus rien à détacher. Les trois passes de fourchette, à 40 minutes d’intervalle, ne sont pas une finition mais la technique elle-même. Un bac déjà durci se rattrape en 15 à 20 minutes à température ambiante.

En bref : à la stévia, le granité se gratte pendant la congélation, pas après.

Combien d’extrait de stévia pour remplacer le sucre d’un granité ?
Cela dépend entièrement du produit. Un extrait titré à plus de 95 % de glycosides de stéviol sucre 200 à 300 fois le sucre : 0,65 g remplacent environ 160 g. Une poudre de table coupée d’un support peut en demander dix à vingt fois plus. L’équivalence portée sur l’étiquette est le seul repère, et le mélange se goûte froid.

En bref : 0,65 g d’extrait pur pour 160 g de sucre, mais c’est l’étiquette qui tranche.

Quelle est la différence entre un granité, un sorbet et une glace à l’eau ?
Le calibre du cristal, et la façon de l’obtenir. Un sorbet est turbiné : l’agitation continue multiplie les germes de cristallisation et donne un grain fin et lisse. Un granité est gratté par intervalles : les cristaux ont le temps de grossir entre deux passes, et c’est voulu. Une glace à l’eau est prise d’un bloc dans un moule, sans aucune intervention. La page sur la cristallisation explique ce rapport entre germination et calibre.

En bref : le sorbet se turbine, le granité se gratte, la glace à l’eau se laisse prendre.

Peut-on faire ce granité à la sorbetière ?
On peut, mais on obtient un sorbet à l’eau, pas un granité : la turbine casse les cristaux au fur et à mesure. Sans masse sucrante pour donner du corps, le résultat est une neige fine qui fond très vite en bouche et rend de l’eau dans le verre. Le bac et la fourchette sont, ici, mieux adaptés que la machine.

En bref : la sorbetière donne un sorbet, et ce n’est pas la texture cherchée.

Quel effet ce granité a-t-il sur la glycémie ?
Les glycosides de stéviol ne sont pas métabolisés en glucose, et le bac entier n’apporte que 3,8 g de sucres, tous venus du citron — 0,64 g par portion. C’est ce que mesurent les chiffres du tableau ; ce qu’ils signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.

En bref : 0,64 g de sucres par portion, contre 23 g pour un granité ordinaire.

À savoir

Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire : elles varient avec la maturité et la variété des citrons, dont le jus peut porter de 2 à 3 g de sucres pour 100 g là où la table en retient 2,4. Le jus est compté sur la ligne « Jus de citron, pur jus ». L’extrait de stévia est compté sur la ligne « Édulcorant à base d’extrait de stévia », qui décrit une poudre de table et non un extrait titré : à 0,65 g, elle apporte deux centièmes de gramme de sel et un centième de calorie, de sorte que le choix de la ligne ne déplace aucun chiffre du tableau. Le zeste, infusé puis retiré, n’est pas compté, et la table ne porte d’ailleurs pas d’écorce de citron. Les quantités d’acide citrique, de moles et d’eau liquide données dans les encadrés sont calculées par la loi cryoscopique idéale à partir d’une teneur en acide de 4,7 g pour 100 g de jus et d’une eau de constitution de 90 % : ce sont des ordres de grandeur destinés à comparer deux colonnes, non des mesures. La masse finale est calculée et non pesée. Dites-nous en commentaire au bout de combien de temps votre congélateur vous a demandé la première passe de fourchette.

À servir avec, ou à essayer ensuite

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Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.