Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
On fait des carottes râpées à l’orange en se disant que le jus du fruit tiendra le rôle du vinaigre : un acide, du parfum, et de quoi se passer de vinaigrette. Le parfum arrive, et le reste non — un jus d’orange n’acidifie presque rien.
La raison tient à une propriété du fruit, et non à la main du cuisinier : dans une orange, les sucres et l’acide arrivent dans un rapport à peu près fixe, de l’ordre de neuf grammes de sucres par gramme d’acide citrique. Ce rapport n’est pas une moyenne de hasard, c’est l’indice de maturité des agrumes — et la norme de commercialisation de l’Union européenne lui fixe un plancher : règlement d’exécution (UE) n° 543/2011, annexe I, une orange ne se vend que si son rapport sucres/acides atteint 6,5 pour 1. Autrement dit, il n’existe pas d’orange acide qui ne soit sucrée d’autant.
Dans un saladier, cela décide de la recette. Les 450 g de carottes râpées apportent 21,8 g de sucres et quasiment pas d’acide : la masse à assaisonner est déjà sucrée et plate. Ajouter de l’orange monte les deux de front et laisse le rapport où il était. Pour tirer de l’orange seule l’acidité que donnent 20 g de jus de citron, il faudrait 110 g d’orange de plus, et 8,4 g de sucres de plus au lieu de 0,5 — dix-sept fois plus de sucres pour le même acide.
D’où la forme de cette recette. L’orange pose un point, et un seul ; le jus de citron est la seule commande qui apporte de l’acide sans sucres, et le miel la seule qui apporte du sucré sans acide. Les quantités ci-dessous sont le résultat de ce réglage à trois ingrédients. Le second volet est nutritionnel, et il est tout aussi net : l’allègement de ce plat ne vient pas du sucrant mais de l’huile — et les sucres, eux, montent.
Entrée · cuisine françaiseLecture 21 min
- Préparation
- 25 min
- Repos
- 30 min
- Total
- 55 min
- Pour
- 4 portions de 190 g
- Difficulté
- très facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- De décembre à avril
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Face aux carottes râpées classiques
La référence est la carotte râpée telle qu’on la sert d’ordinaire, sans orange : 450 g de carottes, une vinaigrette de 45 g d’huile de tournesol, 20 g de vinaigre, 8 g de moutarde et 10 g de sucre, 1,5 g de fleur de sel et du persil, pour quatre portions. Un dixième du poids des carottes en huile : ce sont les proportions courantes, pas un extrême. Les deux plats ne pèsent pas la même chose — 759 g contre 534 g —, aussi la comparaison se fait à masse égale, 150 g dans l’assiette, et non part à part.
| Pour 150 g servis | Cette recette | Carottes râpées vinaigrette | Écart |
|---|---|---|---|
| Énergie | 77 kcal | 168 kcal | − 54 % |
| Sucres | 10,6 g | 9,0 g | + 19 % |
| Lipides | 2,7 g | 13,5 g | − 80 % |
| dont acides gras saturés | 0,44 g | 1,62 g | − 73 % |
| Fibres | 4,0 g | 3,7 g | |
| Polyols | 0,26 g | 0,02 g | |
| Nutri-Score calculé | A, − 2 points | A, 0 point |
Tout l’écart d’énergie est dans le flacon d’huile, et il est même plus grand que l’écart lui-même. Sur les 90 kcal de moins par assiette de 150 g, l’huile en explique 96 à elle seule : 12,6 g dans la version classique contre 2 g ici, soit 113 kcal contre 18. L’orange en rend 21, la carotte diluée par cette orange 11 de moins, la moutarde et le vinaigre retirés 5 de moins. Et le changement de matière sucrante compte pour 1 kcal : le miel n’allège rien, il assaisonne. C’est l’inverse exact de la sauce aigre-douce, où le sucrant portait 382 des 389 kcal d’écart parce qu’une sauce n’est faite que d’eau et de sucre.
Les sucres montent, et c’est le fruit qui les apporte. 19 % de plus pour 100 g : les 250 g d’orange ajoutent 19 g de sucres là où le sucre de la vinaigrette classique n’en apportait que 10. Sur les 53,8 g de sucres du plat entier, la carotte en donne 21,8 (41 %), l’orange 19,0 (35 %) et le miel 12,2 (23 %) — autrement dit, les trois quarts des sucres de cette salade sont déjà là quand on commence à l’assaisonner. Une recette allégée ne l’est pas sur tous les tableaux à la fois, et il faut le dire plutôt que de choisir la ligne qui arrange.
Ingrédients
Pour 4 portions de 190 g.
- 450 g de carottes (6 carottes moyennes), râpées gros
- 250 g d’orange (2 oranges moyennes), pelées à vif, en quartiers, avec tout le jus qui s’en écoule
- 8 g de gingembre frais râpé fin (un morceau de 2 cm)
- 5 g de menthe fraîche, ciselée au dernier moment
Pour l’assaisonnement :
- 20 g de jus de citron (le jus d’un demi-citron)
- 15 g de miel liquide (une cuillère à café bombée)
- 10 g d’huile d’olive vierge extra
- 1,5 g de fleur de sel, poivre noir fraîchement moulu
Aucun des quatorze allergènes de l’annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011 n’est apporté par les ingrédients de cette recette.
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Le rapport sucres/acides d’une orange, et pourquoi on ne le choisit pas. C’est le critère de maturité des agrumes, et il se mesure au laboratoire comme le rapport entre les sucres solubles et l’acidité titrable du jus. Sur une orange de table, il va couramment de 8 à 13 ; l’acidité tourne autour de 0,9 g d’acide citrique pour 100 g de chair, dans une fourchette de 0,6 à 1,4 selon la variété, le porte-greffe et la date de cueillette. Ce qui fait varier le rapport, c’est surtout la maturité : l’acide se dégrade pendant que les sucres se concentrent, si bien qu’une orange cueillie tard est à la fois plus sucrée et moins acide — les deux dans le même sens, jamais en sens inverse.
Et le plancher de 6,5 pour 1 du règlement d’exécution (UE) n° 543/2011 ferme la porte à l’orange très acide : elle ne serait pas commercialisable comme orange de table. Une orange de fin de saison, elle, peut dépasser 15 — c’est alors le jus de citron qu’il faut augmenter, pas le miel qu’il faut réduire, puisque c’est l’acide qui manque.
Pour mémoire, les trois produits qu’on peut mettre dans un assaisonnement et ce que chacun réussit : le vinaigre apporte de l’acide et rien d’autre, 6 à 8 g d’acide acétique pour 100 g et 0,04 g de sucres, ce qu’on demande à une vinaigrette ; le jus de citron apporte beaucoup d’acide pour très peu de sucres, environ 5 g d’acide citrique contre 2,4 g de sucres ; l’orange apporte du sucré, un peu d’acide et le parfum du fruit, ce qu’on demande à un fruit. Les comparer gramme pour gramme reste approximatif, l’acide acétique et l’acide citrique n’ayant ni la même force ni le même goût : ce sont des ordres de grandeur, pas une équivalence.
Pourquoi 10 g d’huile, et pas zéro. Avec 10 g d’huile pour 90 g de phase aqueuse, cet assaisonnement n’est plus une émulsion : c’est un jus acidulé où flottent quelques gouttes d’huile. Il ne nappe pas, il ne tient pas au fouet, et il descend au fond du saladier — ce qui n’a aucune importance ici, parce qu’une carotte râpée boit son assaisonnement au lieu d’en être enrobée. Sur une feuille, c’est l’inverse : la sauce doit tenir à la surface, donc être une émulsion, et c’est tout le sujet de la salade d’endives, où le format du sucrant compte plus que sa composition. La forme du légume décide si l’on peut retirer l’huile.
Les 10 g restants ne sont pas là pour la texture mais pour le transport : les composés qui font l’odeur du zeste d’orange et celle de la carotte râpée sont des terpènes, solubles dans l’huile et non dans l’eau. Sans un corps gras, ils restent dans l’air du saladier au lieu de rester dans l’assiette. Le mécanisme est détaillé sur la page de l’émulsification.
Préparation
- Peler les oranges à vif au-dessus d’un bol : retirer l’écorce et la peau blanche à la lame, puis détacher les quartiers de leurs membranes. Garder tout le jus recueilli dans le bol — c’est lui qui assaisonne, et le jeter reviendrait à jeter un tiers du liquide de la recette.
- Prélever le zeste d’une des deux oranges avant de la peler, à la râpe fine, et le réserver.
- Monter l’assaisonnement dans le fond du saladier : le jus d’orange recueilli, le jus de citron, le miel, le sel, le poivre et le gingembre râpé. Fouetter jusqu’à ce que le miel ait disparu — il est déjà liquide et se disperse en quelques secondes, à condition que le liquide ne soit pas glacé.
- Verser l’huile et fouetter dix secondes. Le mélange restera trouble sans jamais épaissir : c’est normal, et ce n’est pas un raté d’émulsion.
- Râper les carottes au dernier moment, à la grille large, et les jeter directement dans le saladier. Une carotte râpée à l’avance sèche en surface et se couvre d’un voile blanchâtre ; l’assaisonnement acide, lui, la garde humide.
- Mélanger longuement, deux bonnes minutes, pour que le liquide soit absorbé et non seulement réparti. Ajouter les quartiers d’orange, le zeste et la menthe à la fin, en soulevant, pour que les quartiers restent entiers.
- Laisser reposer 20 à 30 minutes au frais avant de servir, puis remélanger : c’est le temps qu’il faut à la carotte pour boire l’assaisonnement, et il n’en reste alors presque rien au fond du saladier.
Le petit plus
Le réglage se fait à la fin, et sur le citron. Goûtez après le repos, jamais avant : la carotte a tout bu et le liquide ne dit rien de ce que donne l’assiette. Si c’est plat, ajoutez 5 g de jus de citron à la fois — jamais du miel, qui ne corrigera pas une platitude due au manque d’acide. Si c’est trop vif, ajoutez 3 g de miel. Chaque gramme de miel apporte 0,8 g de sucres ; chaque gramme de jus de citron en apporte 0,02. Ce n’est pas une raison de bannir le miel, c’est une raison de régler le citron d’abord.
L’erreur fréquente est de râper les carottes trop fin. Une râpe fine multiplie la surface et libère l’eau de la carotte : le saladier se remplit d’un jus rose au bout d’une heure, et la salade devient molle. La grille large garde des filaments qui tiennent, boivent lentement et restent croquants le lendemain.
Et le geste qui change le plus de choses : le zeste. Il porte l’essentiel de l’odeur de l’orange, sans un gramme de sucre. Une orange zestée puis pelée donne deux fois plus de goût d’orange qu’une orange seulement pelée, pour la même ligne de sucres.
Ce que valent vraiment les chiffres
Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, pour quatre portions de 190 g. Aucune cuisson, donc aucune évaporation : la masse finie est la somme des ingrédients, 759,5 g, et les valeurs pour 100 g sont celles du plat tel qu’il est servi.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (190 g) | Total pour 4 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 52 kcal | 98 kcal | 392 kcal |
| Matières grasses | 1,8 g | 3,4 g | 14 g |
| dont acides gras saturés | 0,3 g | 0,6 g | 2,2 g |
| Glucides | 7,6 g | 14 g | 57 g |
| dont sucres | 7,1 g | 14 g | 54 g |
| dont polyols | 0,2 g | 0,3 g | 1,3 g |
| Fibres alimentaires | 2,7 g | 5,1 g | 21 g |
| Protéines | 0,8 g | 1,5 g | 5,9 g |
| Sel | 0,26 g | 0,50 g | 2,01 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 4 parts : 760 g de préparation crue, 0 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 760 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 2, acides gras saturés 0, sel 1 — soit 3. Points positifs : protéines 0, fibres 0, fruits et légumes 5 (94 % de la recette) — soit 5. Score : -2, ce qui donne un A.
Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 0,2 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,093 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,10 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 76 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Orange, pulpe, crue 53 %, Carotte, crue 29 %, Huile d'olive vierge extra 8 % du score.
Qualité de la donnée : DQR 2,6 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même salade au sucre blanc
Le miel apporte 81 g de sucres pour 100 g : ses 15 g en portent 12,2. La comparaison se fait donc avec 12,2 g de sucre blanc et non avec 15, sans quoi on comparerait deux salades qui n’ont pas le même sucré.
| Pour 100 g | Au miel (15 g) | Au sucre blanc (12,2 g) |
|---|---|---|
| Énergie | 51,6 kcal | 51,7 kcal |
| Sucres | 7,09 g | 7,11 g |
| Fibres | 2,69 g | 2,70 g |
| Nutri-Score calculé | A, − 2 points | A, − 2 points |
À sucres égaux, les deux colonnes sont la même colonne : un dixième de calorie d’écart pour 100 g, et pas un point de Nutri-Score. Ce que le miel apporte ici n’est donc pas dans le tableau — c’est un goût, et le fait qu’il n’ajoute aucun acide, ce qui est précisément ce qu’on lui demande dans cette recette. Un sucrant ne déplace les chiffres qu’à proportion du poids qu’il occupe, et il occupe 2 % de ce saladier.
Le Nutri-Score, et le détail de son calcul. Algorithme révisé de 2023, régime général. Au passif : l’énergie compte 0 point (216 kJ pour 100 g, le premier seuil est à 335), les acides gras saturés 0 point (0,30 g, seuil à 1 g), les sucres 2 points (7,09 g, entre les seuils de 6,8 et 10) et le sel 1 point (0,26 g, entre 0,2 et 0,4) — 3 points au passif. À l’actif : les fibres 0 point (2,69 g, il en faudrait 3), les protéines 0 point (0,77 g, il en faudrait 2,4), et la part de fruits et de légumes 5 points, la carotte et l’orange faisant à elles deux 92 % de la masse — 5 points à l’actif. Score de − 2, soit un A, la lettre A allant jusqu’à 0 inclus. La version classique obtient aussi un A, à 0 point : la lettre ne voit pas la différence entre les deux plats, les chiffres si — c’est une limite de l’échelle, pas un défaut de la recette.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : la lettre est déjà A, avec deux points de marge. Restent deux points à prendre, et ils sont calculés.
Trois grammes de miel en moins — 12 g au lieu de 15 — font passer les sucres de 7,09 à 6,79 g pour 100 g, sous le seuil de 6,8 : un point, score − 3. Ce qu’il coûte est exactement le sujet de cette page, le rapport sucres/acides de l’assaisonnement tombant de 9,5 à 8,0 : la salade devient plus vive, ce qui peut convenir ou non selon l’orange. Vingt-cinq grammes d’amandes effilées portent les fibres de 2,69 à 3,01 g pour 100 g, premier seuil franchi : un point également, score − 3, mais au prix d’un allergène de plus à déclarer et de 154 kcal dans le plat.
Et le levier qui n’existe pas, parce qu’il se compense : les fibres par les légumes. La carotte en porte 2,9 g pour 100 g, l’orange 2,7 et le gingembre 2,7 — tous les trois sous le seuil de 3 g. En ajouter n’importe quelle quantité ne fait pas monter une moyenne qu’ils tirent eux-mêmes vers le bas : le point des fibres est hors d’atteinte avec les ingrédients du plat, et c’est pourquoi il faut un fruit à coque pour l’avoir.
Ce qui la ferait descendre. Le sel d’abord, et pour presque rien : 1,1 g de fleur de sel de plus (de 1,5 à 2,6 g), ou 20 g de moutarde ajoutés à l’assaisonnement, portent le sel au-dessus de 0,4 g pour 100 g et coûtent un point. L’huile ensuite, mais il en faut beaucoup : 27 g de plus — de 10 à 37 g, soit encore moins que la vinaigrette classique — pour franchir les 335 kJ et perdre un point. Les deux ensemble ramènent le score à 0 : toujours A, mais au bord. Le seul geste qui coûte la lettre d’un coup est une garniture : la lettre tient à ce que 92 % de la masse soit du fruit et du légume, et il suffit d’ajouter de l’ordre de 150 g d’un ingrédient qui n’entre pas dans ce compte — un fromage frais, de la féta, des croûtons — pour passer sous les 80 %, voir les 5 points tomber à 2 et le score monter à + 1, c’est-à-dire un B. Trois points perdus en un seul ajout.
Les mentions que ces chiffres autorisent, et celles qu’ils refusent
- Faible teneur en matières grasses : autorisée. 1,8 g pour 100 g, le seuil est à 3 g.
- Faible teneur en acides gras saturés : autorisée, et pourtant écartée. 0,30 g pour 100 g et 5,2 % de l’énergie, loin sous les seuils — trop loin : l’article 7, § 1, c) du règlement (UE) n° 1169/2011 interdit de souligner l’absence d’un nutriment que toutes les denrées comparables n’ont pas davantage. Aucune salade de carottes râpées n’a d’acides gras saturés : l’écrire serait trompeur.
- Valeur énergétique réduite : autorisée face à la référence nommée. Le règlement (CE) n° 1924/2006 demande 30 % de moins qu’un produit comparable ; nous sommes à 54 % de moins que les carottes râpées vinaigrette décrites en haut de page. La mention n’a de sens qu’avec cette référence, et elle est refusée face à la même salade au sucre blanc, où l’écart est de 0,1 %.
- Réduit en matières grasses : autorisée face à la même référence, à 80 % de moins.
- Réduit en sucres : refusée, et il faut le dire franchement. Les sucres ne baissent pas, ils montent de 19 % — l’orange en apporte davantage que le sucre de la vinaigrette qu’elle remplace.
- Faible teneur en sucres : refusée. 7,09 g pour 100 g, il en faudrait 5 au plus. Sans sucres ajoutés : refusée également, le miel étant un sucre ajouté au sens du règlement.
- Source de fibres : refusée, à 0,31 g près. Il en faut 3 g pour 100 g et le plat en porte 2,69, alors qu’une portion de 190 g en apporte 5,1 g. Les allégations se calculent pour 100 g de produit et non par portion : une salade est un aliment gorgé d’eau, et la règle est ainsi faite.
- Faible valeur énergétique : refusée (52 kcal pour 100 g, il en faudrait 40 au plus). Faible teneur en sodium : refusée (0,26 g de sel, il en faudrait 0,12 au plus). Source de protéines : refusée (6 % de l’énergie, il en faudrait 12 %).
- Aucune allégation de santé. Celles du règlement (UE) n° 432/2012 que ce site emploie ailleurs ne valent que pour une liste fermée de succédanés du sucre — édulcorants intenses et polyols nommément cités. Ni le miel, ni l’orange, ni la carotte n’y figurent.
Variantes
- À la cannelle plutôt qu’au gingembre : 1 g de cannelle en poudre à la place des 8 g de gingembre. Le plat change d’époque et la ligne des fibres gagne 0,5 g — la cannelle en porte 53 g pour 100 g, mais à cette dose cela ne déplace aucun seuil.
- Avec des raisins secs : 30 g, trempés dix minutes dans le jus de citron avant d’être ajoutés. Ils apportent 20 g de sucres à eux seuls, soit un tiers de plus pour le plat entier, et font passer les sucres à 8,6 g pour 100 g — un point de Nutri-Score, score − 1, lettre inchangée.
- En salade d’hiver complète : 150 g de carottes en moins, remplacées par 150 g d’endives émincées. Les deux légumes se valent sur les sucres et les fibres, et l’amertume de l’endive demande alors 3 g de miel de plus — c’est le cas de figure de la salade d’endives.
- Cuite plutôt que crue : les mêmes carottes, le même miel, mais glacées à la poêle — c’est une autre recette, et elle existe sur ce site, où le brillant du sirop remplace l’assaisonnement (carottes glacées).
Substitutions
- Le miel : du sirop d’érable ou du sirop d’agave, au même poids, avec les mêmes chiffres à 2 kcal près — ce sont des sirops déjà dissous, qui n’apportent pas d’acide non plus. Du xylitol ou de l’érythritol ne conviennent pas ici, pour la raison expliquée sur la salade d’endives : un cristal doit trouver son eau, et 90 g de phase aqueuse froide en dissolvent peu et lentement. Si vous tenez à un polyol, dissolvez-le d’abord dans le jus de citron tiédi, puis laissez refroidir.
- Un édulcorant intense (glycosides de stéviol, quelques gouttes) remplit parfaitement le rôle du miel ici : on ne lui demande ni masse, ni texture, ni tenue, seulement du sucré sans acide. Il retire 12 g de sucres au plat, qui passe à 5,5 g pour 100 g — et gagne le point des sucres. Son fond réglissé se marie mal au gingembre : la cannelle lui va mieux.
- Le jus de citron : du jus de citron vert, au même poids ; ou 15 g de vinaigre de cidre, qui apporte autant d’acide pour zéro sucre mais un goût qui recouvre le fruit.
- L’orange : des clémentines, à poids égal de chair, plus sucrées et au rapport sucres/acides plus élevé — comptez 5 g de jus de citron en plus. Le pamplemousse va dans l’autre sens et permet de retirer le citron.
- L’huile d’olive : huile de noix ou huile de colza vierge, au même poids. Ce qui ne marche pas : la retirer tout à fait. Les 10 g ne pèsent que 18 kcal par portion et ils portent le parfum ; sans eux, la salade est correcte et plate.
Conservation, avance et congélation
Assaisonnée, la salade se garde 24 heures au réfrigérateur, dans un récipient fermé, et elle est meilleure après une nuit qu’après une heure : la carotte a fini de boire. Au-delà, elle rend son eau et les quartiers d’orange se défont.
Ce qui se prépare à l’avance. L’assaisonnement entier, deux jours d’avance, dans un bocal fermé. Les oranges se pèlent à vif la veille et se gardent avec leur jus. Les carottes, elles, se râpent au dernier moment : râpées à l’avance et conservées nues, elles sèchent en surface et se couvrent d’un voile blanc. Si vous devez les râper d’avance, mettez-les immédiatement dans l’assaisonnement, pas dans une boîte vide.
Congélation : non. La carotte râpée est de l’eau tenue par des parois végétales que les cristaux de glace percent ; il n’en revient qu’une bouillie, et les quartiers d’orange se vident. Rien à réchauffer non plus : le plat se sert froid, sorti du réfrigérateur un quart d’heure avant pour que le parfum revienne.
Le matériel
- Une râpe à grille large, ou le disque de 4 mm d’un robot. La grille fine est le principal moyen de rater ce plat.
- Une balance au gramme. Le miel et le jus de citron se pèsent plutôt qu’ils ne se mesurent : une cuillère à café de miel va de 6 à 12 g selon la main, et c’est elle qui décide de l’équilibre.
- Un couteau d’office bien aiguisé pour peler à vif, et un bol dessous pour recueillir le jus — le bol est ici un ustensile et non un détail.
- Une râpe fine ou un zesteur pour le zeste, prélevé avant que l’orange ne soit pelée.
Questions fréquentes
Puis-je remplacer le jus de citron par du jus d’orange pressé ?
Pas à quantité égale : il faudrait environ 110 g de jus d’orange pour apporter l’acide de 20 g de jus de citron, et ces 110 g ajouteraient 8,4 g de sucres au plat. C’est tout le sujet de cette page. En revanche, le jus de la troisième orange remplace très bien une partie de l’eau d’un assaisonnement trop épais.
Faut-il faire dégorger les carottes au sel ?
Non, et c’est même le contraire de ce qu’on cherche : le sel tire l’eau de la carotte par osmose, et cette eau dilue l’assaisonnement au lieu d’être remplacée par lui. On veut que la carotte boive, pas qu’elle rende. Le mécanisme est le même que celui de la déshydratation osmotique, employée ici dans le mauvais sens.
Mon miel est cristallisé, est-ce un problème ?
Un miel cristallisé est un miel dont une partie du glucose a formé des cristaux : ceux-là doivent se redissoudre, et dans un liquide froid cela prend du temps. Faites tiédir les 15 g de miel avec les 20 g de jus de citron, hors du feu, jusqu’à ce que le mélange soit limpide, puis laissez refroidir avant de monter l’assaisonnement. Un miel liquide, lui, se disperse d’un coup de fouet.
Quelle part des sucres de cette salade vient de ce que j’ai ajouté ?
Un peu moins d’un quart : 12,2 g sur 53,8, le reste étant les sucres de la carotte et de l’orange. C’est la différence entre les sucres totaux et les sucres ajoutés, dont une page de ce site détaille les trois définitions — sucres libres, sucres ajoutés, sucres totaux.
Et sans miel du tout ?
La salade tient : 5,5 g de sucres pour 100 g, 192 kJ, et un point de Nutri-Score en plus. Elle est nettement plus acide, puisqu’on retire le seul ingrédient qui apportait du sucré sans acide — réduisez alors le jus de citron à 10 g et prenez des oranges de fin de saison, les plus sucrées.
Valeurs calculées ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition de l’ANSES, version 2025, et non mesurées en laboratoire ; elles varient avec la variété et la maturité des légumes et des fruits. Le jus d’orange n’étant pas distingué dans la table, la chair et le jus recueilli sont comptés sur la même ligne, « orange, chair sans peau, sans pépins, crue » — ce qui est exact ici, puisque rien n’est jeté. Le poivre et le zeste d’orange ne sont pas comptés, faute de ligne de table, et leurs quantités sont négligeables. Les teneurs en acides organiques — acide citrique de l’orange et du citron, acide acétique du vinaigre — ne figurent pas dans cette table : elles sont données en ordre de grandeur d’après la littérature agronomique, avec leur fourchette, et c’est à ce titre qu’il faut lire le rapport sucres/acides. Les 0,33 g de polyols par portion sont le forfait que la table attribue au fruit frais ; l’algorithme du Nutri-Score ne les compte pas dans les sucres, ce qui ne change rien à cette dose mais vaut d’être su.
Vous l’avez faite avec une autre orange, une autre râpe, un autre réglage de citron ? Dites-le en commentaire : le rapport sucres/acides du fruit change avec la saison, et c’est le genre de chose qui se mesure mieux à plusieurs.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Nougat glacé au miella crème qu’on retire revient en glace, et c’est le miel qui la rattrape
- Rôti de porc au miel et à la moutardele miel ne pénètre pas dans la viande, et c’est ce qui permet d’en mettre trois fois moins
- Pain d’épices au miel et à la compote de pommesle fructose fait le moelleux, sans un gramme de beurre
Choisies parmi les recettes au même sucrant.