Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Un gratin de carottes sans crème rate presque toujours de la même façon : on remplace la crème par du fromage blanc, on enfourne, et l’on sort du four un plat qui baigne dans une flaque claire, avec un appareil granuleux posé dessus. La conclusion qu’on en tire est fausse. Ce n’est pas la matière grasse qui manque — c’est que personne n’a dit au laitage comment se tenir.
Ce qui vient de se passer porte un nom : la synérèse. Un fromage blanc est déjà un gel : sa caséine a été coagulée par l’acide lactique, autour de pH 4,5, et elle emprisonne du sérum comme une éponge tient son eau. Chauffez ce gel au-delà de 65 à 70 °C et le réseau de protéines se resserre encore ; en se resserrant, il expulse le liquide qu’il retenait. La crème, elle, ne fait pas cela : elle porte à peine 2,2 g de protéines pour 100 g, aucune n’a été coagulée à l’acide, et ses globules de matière grasse occupent près d’un tiers du volume. Il n’y a pas de réseau à resserrer.
D’où la thèse de cette page, et son titre. Ce qui empêche un gratin au fromage blanc de trancher n’est pas la graisse qu’on a retirée : c’est l’amidon qu’on ajoute. Une cuillerée de fécule de maïs — 15 g pour un plat de 1,3 kg — gélatinise vers 65 °C, exactement dans la fenêtre où le laitage commence à rendre son eau, gonfle en l’absorbant et épaissit ce qui reste de phase liquide. Le sérum n’est pas empêché de sortir : il est retenu sur place. C’est la raison technique pour laquelle une crème à 30 % n’est pas nécessaire ici, et ce n’est pas une affaire de calories.
La conséquence se lit dans les chiffres, et elle est franche : l’allègement de ce gratin est entier sur la matière grasse, et nul sur les sucres. Une carotte apporte 4,85 g de sucres pour 100 g, cette recette n’en ajoute aucun, et le plat à la crème n’en ajoute pas davantage — les deux colonnes « sucres » sont la même colonne. Tout l’écart est ailleurs.
Entrée chaude · cuisine françaiseLecture 27 min
- Préparation
- 20 min
- Cuisson
- 50 min
- Repos
- 10 min
- Total
- 1 h 20
- Pour
- 6 portions de 185 g
- Difficulté
- facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- Toute l’année
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Face au gratin de carottes classique
La référence est le gratin de carottes des livres de cuisine : 800 g de carottes, 300 g de crème fluide à 30 %, 2 œufs, 80 g d’oignon, 2 gousses d’ail, 20 g de beurre pour le plat, 3 g de fleur de sel. Une petite brique de crème et une noix de beurre pour six : ce sont les proportions ordinaires, pas un extrême. Les deux plats réduisent de la même façon et pèsent presque le même poids fini — 1 120 g contre 1 117 g —, de sorte que la comparaison se fait à masse égale, 185 g dans l’assiette.
| Pour 185 g servis | Cette recette | Gratin de carottes à la crème | Écart |
|---|---|---|---|
| Énergie | 118 kcal | 241 kcal | − 51 % |
| Sucres | 8,70 g | 8,57 g | identiques |
| Lipides | 4,1 g | 20,1 g | − 80 % |
| dont acides gras saturés | 0,99 g | 11,9 g | − 92 % |
| Protéines | 7,1 g | 4,5 g | + 56 % |
| Fibres | 4,2 g | 4,2 g | |
| Sel | 0,74 g | 0,73 g | |
| Nutri-Score calculé | A, − 1 point | C, 3 points |
L’écart vient du laitage, et de lui seul. Sur les 740 kcal que le plat entier perd, la crème remplacée par le fromage blanc en explique 734, le beurre remplacé par un filet d’huile d’olive 61, et la fécule qu’on ajoute en reprend 55 dans l’autre sens. Aucun autre poste ne bouge : les carottes, l’oignon, l’ail, les œufs et le sel sont les mêmes des deux côtés, au gramme près. C’est le cas de figure inverse de celui d’une sauce sucrée, où il n’y a guère que de l’eau et du sucre à alléger — sur la sauce aigre-douce, 382 des 389 kcal d’écart venaient du seul sucrant.
Et les deux lettres de Nutri-Score sont, elles aussi, entièrement des acides gras saturés. Sept points séparent le passif des deux plats : six viennent des acides gras saturés (6,43 g pour 100 g à la crème, 0,54 g ici) et un de l’énergie. Les sucres comptent un point des deux côtés, le sel un point des deux côtés, et la part de légumes deux points des deux côtés. Autrement dit, un gratin de carottes est noté sur son laitage — ce qui n’est pas intuitif pour un plat dont le nom ne porte qu’un légume.
Ingrédients
Pour 6 portions de 185 g environ.
- 800 g de carottes épluchées (environ 1 kg avant épluchage), coupées en rondelles de 3 mm
- 300 g de fromage blanc à 0 % de matière grasse, bien égoutté, sorti du réfrigérateur une heure avant
- 15 g de fécule de maïs (une cuillère à soupe rase) — c’est l’ingrédient technique de la recette, pas un épaississant de dépannage
- 2 œufs (100 g sans la coquille)
- 80 g d’oignon jaune, émincé finement
- 10 g d’ail (2 gousses), écrasé
- 10 g d’huile d’olive vierge extra, pour le plat et pour l’oignon
- 3 g de fleur de sel, poivre noir fraîchement moulu
- De l’eau pour la cuisson des carottes à la vapeur — elle ne touche pas les légumes et n’entre pas dans les valeurs ci-dessous
Allergènes présents : Lait (fromage blanc, nature, 0% mg) · Œufs (oeuf cru)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Pourquoi un fromage blanc tranche à la chaleur, et une crème non. Les deux sont des produits laitiers, et c’est là que s’arrête la ressemblance. Un fromage blanc est obtenu par coagulation acide : les bactéries lactiques descendent le lait vers pH 4,5, les micelles de caséine perdent leur calcium colloïdal, leur charge électrique s’annule et elles s’agrègent en un gel qui emprisonne du sérum. Ce gel est métastable : il tient à froid, et la moindre énergie supplémentaire — chaleur, agitation, acide, sel — resserre le réseau. Les liaisons hydrophobes entre protéines se renforcent quand la température monte, le maillage se contracte, et le sérum qu’il contenait s’en échappe. C’est la synérèse, le même phénomène qui fait s’égoutter un caillé dans son moule.
Une crème à 30 % n’a rien de tout cela. Son pH est proche de 6,7, ses caséines n’ont jamais été précipitées, elle ne porte que 2,2 g de protéines pour 100 g, et sa phase dispersée est faite de globules de matière grasse — c’est une émulsion, pas un gel. Chauffée, elle n’a pas de réseau à contracter ; elle peut tourner si on l’acidifie franchement, mais pas pour s’être trouvée dans un four. C’est pourquoi la crème « pardonne » : non parce qu’elle est riche, mais parce qu’elle est bâtie autrement. Ce que 200 bars font à ces globules est raconté sur la page de l’homogénéisation, et la structure d’une phase dispersée sur celle de l’émulsification.
Ce que fait l’amidon, et pourquoi 15 g suffisent. Les grains de fécule de maïs gélatinisent entre 62 et 72 °C, c’est-à-dire précisément dans la fenêtre où le laitage commence à rendre son eau. Ils gonflent en absorbant plusieurs fois leur masse de liquide, et l’amylose qui s’en échappe épaissit la phase continue. Deux effets qui vont dans le même sens : l’eau libre diminue, et ce qui en reste est trop visqueux pour s’écouler au fond du plat. Il ne s’agit donc pas d’« absorber » le sérum après coup — il s’agit d’occuper le liquide avant qu’il ne sorte. Quinze grammes pour 1 319 g d’ingrédients, soit 1,1 % de la masse, apportent 55 kcal au plat entier : c’est le prix de la tenue, et c’est quatorze fois moins cher que de la racheter avec de la crème.
L’œuf fait le second réseau, et il ne travaille pas à la même température. La fécule tient le liquide ; l’œuf tient le plat. Ses protéines coagulent plus haut — les livétines du jaune vers 70 °C, l’ovalbumine du blanc vers 80 — et construisent un maillage continu qui prend les rondelles de carotte dedans. C’est ce décalage qui rend l’ordre des températures favorable : l’amidon a gélatinisé avant que l’œuf ne prenne, de sorte que le sérum est déjà immobilisé quand le second réseau se referme. Le même échelonnement fait la tenue d’une crème pâtissière, où l’amidon protège l’œuf de la coagulation, et c’est le plafond de température qui gouverne les œufs au lait.
Trois gestes qui coûtent zéro calorie et décident du résultat. Le fromage blanc à température ambiante : un appareil froid jeté dans un four chaud traverse la zone critique trop vite et tranche en surface. Pas une goutte d’acide — ni citron, ni vin blanc, ni vinaigre : descendre encore le pH est exactement ce qui resserre le gel. Et un four à 180 °C, pas davantage : au-delà, le bord du plat dépasse 90 °C bien avant que le centre ne soit pris, et c’est toujours au bord que la flaque apparaît. Ces trois précautions ne remplacent pas la fécule ; elles évitent de lui demander l’impossible.
Préparation
- Sortir le fromage blanc du réfrigérateur une heure avant de commencer, et préchauffer le four à 180 °C en chaleur tournante. Ce n’est pas une précaution d’ambiance : c’est l’étape 1 de la recette.
- Éplucher et couper les carottes en rondelles de 3 mm, régulières. Une rondelle deux fois plus épaisse met quatre fois plus de temps à cuire à cœur, et c’est en attendant les plus épaisses que l’appareil se dessèche.
- Cuire les carottes à la vapeur 12 à 14 minutes, jusqu’à ce qu’une pointe de couteau entre sans résistance mais que la rondelle ne se brise pas. La vapeur plutôt que l’eau bouillante : une carotte à grande eau laisse dans la casserole une partie de ses sucres solubles et de son potassium, ce que la page de l’extraction solide-liquide décrit en détail, et ce qui ne se lit sur aucune table de composition.
- Égoutter les carottes et les laisser tiédir à découvert cinq minutes, pour que la vapeur résiduelle s’en aille. De l’eau qui perle sur les rondelles finira au fond du plat, et elle n’a rien à voir avec le laitage.
- Faire suer l’oignon et l’ail dans 5 g d’huile d’olive, à feu doux, six à huit minutes, jusqu’à ce qu’ils soient translucides et sans aucune coloration. Laisser refroidir.
- Délayer la fécule dans deux cuillerées de fromage blanc, à froid, jusqu’à disparition complète des grains, puis incorporer le reste du fromage blanc. C’est l’étape qu’on ne peut pas sauter : une fécule versée en pluie dans la masse fait des grumeaux qui gélatinisent en billes et laissent le reste du liquide libre.
- Ajouter les œufs un par un, puis l’oignon refroidi, la fleur de sel et le poivre. Mélanger à la fourchette, sans fouetter : de l’air battu dans un appareil protéique gonfle au four puis retombe en creusant le centre.
- Huiler le plat avec les 5 g d’huile restants, étaler les carottes tiédies, verser l’appareil dessus et remuer doucement pour qu’il descende entre les rondelles. Lisser la surface.
- Enfourner 35 minutes à 180 °C, à mi-hauteur. Le dessus prend une couleur dorée sans fromage ni chapelure : les sucres de la carotte et les protéines du laitage suffisent à la réaction de Maillard, décrite sur la page de la cuisson.
- Vérifier la prise au centre : la pointe d’un couteau doit ressortir propre et le centre ne doit plus trembler. Sinon, poursuivre cinq minutes, pas plus.
- Laisser reposer 10 minutes hors du four avant de servir. Le gel finit de se raffermir en refroidissant, et une part coupée à la sortie du four se défait dans l’assiette alors qu’elle tiendra dix minutes plus tard.
Le petit plus
Si une flaque apparaît quand même, elle dit laquelle des trois causes est en jeu, et chacune a son remède. Une flaque claire et abondante au bord du plat est un four trop chaud : baissez à 160 °C et comptez 45 minutes. Une flaque sous les carottes, avec un appareil resté ferme vient des légumes mal égouttés, pas du laitage. Et un appareil granuleux en surface, avec des grains visibles, est une synérèse franche : fromage blanc trop froid à l’enfournement, ou acide ajouté quelque part. Ce diagnostic en trois questions vaut mieux que d’ajouter de la fécule à l’aveugle au prochain essai.
L’erreur fréquente est de saler l’appareil très en avance. Le sel aussi resserre un gel de caséine, et un appareil salé qui attend une demi-heure sur le plan de travail commence à rendre son eau avant d’avoir vu le four. Salez au moment d’ajouter les œufs, et enfournez dans les dix minutes.
Et le geste que presque personne ne fait : délayer la fécule à froid dans un peu de laitage. On apprend à la délayer dans de l’eau ou du lait. Ici, c’est dans le fromage blanc lui-même qu’elle doit être dispersée, pour une raison de mécanique : une fois les grains séparés dans la phase visqueuse, plus rien ne peut les faire s’agglomérer, et la dispersion est acquise avant que la température ne monte. Deux cuillerées suffisent, et c’est trente secondes de travail.
Ce que valent vraiment les chiffres
Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, pour six portions de 185 g environ. Les 1 319 g d’ingrédients crus donnent 1 120 g de plat fini, soit 15 % de perte : c’est de l’eau partie en vapeur, rien d’autre. L’eau de cuisson à la vapeur n’entre pas dans la liste, puisqu’elle ne touche pas les carottes et ne finit pas dans le plat.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (187 g) | Total pour 6 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 64 kcal | 119 kcal | 717 kcal |
| Matières grasses | 2,2 g | 4,1 g | 25 g |
| dont acides gras saturés | 0,5 g | 1,0 g | 6,0 g |
| Glucides | 6,7 g | 13 g | 75 g |
| dont sucres | 4,7 g | 8,8 g | 53 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,1 g |
| Fibres alimentaires | 2,3 g | 4,3 g | 26 g |
| Protéines | 3,8 g | 7,1 g | 43 g |
| Sel | 0,40 g | 0,74 g | 4,45 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 1 319 g de préparation crue, 199 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 1 120 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 1, acides gras saturés 0, sel 1 — soit 2. Points positifs : protéines 1, fibres 0, fruits et légumes 2 (68 % de la recette) — soit 3. Score : -1, ce qui donne un A.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,100 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,19 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 75 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Fromage blanc nature, 0% MG 42 %, Carotte, crue 27 %, Oeuf, cru 20 % du score.
Qualité de la donnée : DQR 2,1 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Le Nutri-Score, et le détail de son calcul. Algorithme révisé de 2023, régime général. Au passif : l’énergie compte 0 point (269 kJ pour 100 g, le premier seuil est à 335), les sucres 1 point (4,71 g, entre les seuils de 3,4 et 6,8), les acides gras saturés 0 point (0,54 g, le premier seuil est à 1) et le sel 1 point (0,398 g, entre 0,2 et 0,4) — 2 points au passif. À l’actif : la part de fruits et de légumes 2 points, carottes et oignon faisant 67,5 % de la masse crue ; les fibres 0 point (2,29 g, il en faudrait 3) ; les protéines 1 point (3,81 g, le seuil est à 2,4) — 3 points à l’actif. Score de − 1, soit un A, la lettre A allant jusqu’à 0 inclus. Le gratin à la crème obtient un C, à 3 points. Ici, contrairement à beaucoup de recettes de ce site, la lettre voit la différence, parce que l’écart porte sur des acides gras saturés et non sur des sucres. L’ail ne compte pas dans la part de fruits et de légumes du barème, qui l’exclut avec les condiments ; l’oignon, lui, y compte.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : la lettre est déjà A. Mais la marge est mince — un seul point sépare ce plat de la frontière du B, qui commence à 1 —, et les leviers qu’on imagine d’abord ne marchent aucun. Voici ce que le calcul donne, chacun recalculé en entier.
Le point des sucres est celui de la carotte, et il n’y a rien à faire. 4,71 g pour 100 g quand le seuil est à 3,4, et pas un gramme de sucre n’a été ajouté : ce point serait pris à l’identique dans un gratin dont on aurait banni tout sucrant, puisqu’il n’y en a pas. Et il ne tomberait pas en mettant moins de carotte, parce que retirer du légume retire aussi de la masse : le fromage blanc apporte à lui seul 9,9 g de sucres et l’oignon 3,8 g, si bien que les sucres pour 100 g restent au-dessus du seuil jusqu’à 55 g de carotte dans le plat. À ce stade, ce n’est plus un gratin de carottes.
Le point du sel est le seul poste évitable, et il ne l’est pas en pratique. Le sel est à 0,398 g pour 100 g, et le premier seuil du barème est à 0,20 : pour le repasser, il faudrait descendre de 3 g de fleur de sel à 0,65 g pour 1,1 kg de gratin, le reste venant des aliments eux-mêmes. Ce n’est pas un assaisonnement. Dans l’autre sens, la marge est serrée : 0,1 g de fleur de sel en plus fait franchir le seuil de 0,4 g et coûte le point de marge — score 0, encore A, mais au bord.
Le point des fibres est hors d’atteinte, et le levier qui le prend coûte trop cher. 2,29 g pour 100 g, il en faudrait 3. Par la carotte, il faudrait en mettre trois kilos pour 300 g de fromage blanc — la carotte n’en porte que 2,9 g pour 100 g crue, et elle tire la moyenne vers le bas autant qu’elle l’alimente. Par la poudre d’amande, 80 g : elle prend bien le point des fibres et le second point des protéines, score − 2, mais elle ajoute 492 kcal au plat et porte l’énergie de 64 à 102 kcal pour 100 g, ce qui reprend aussitôt un point à l’énergie. Deux points gagnés, un rendu, 59 % d’énergie en plus, et un allergène de plus à déclarer : la lettre ne bouge pas.
Le second point des protéines se compense exactement, et c’est le piège le plus propre de cette page. Il faudrait 4,8 g de protéines pour 100 g, soit 640 g de fromage blanc au lieu de 300. On le prend — et la part de légumes tombe à 53 % de la masse crue, sous le seuil de 60 %, ce qui rend un point à l’instant même. Score 0 au lieu de − 1 : le levier ne compense pas, il coûte. Un levier se recalcule en entier ou ne se publie pas.
Ce qui la ferait descendre, et c’est le laitage, pas le légume. Les seuils sont nets. Remplacer le filet d’huile par du beurre coûte le point des acides gras saturés dès 11 g, où ils franchissent 1 g pour 100 g : la marge est consommée, la lettre tient encore. Elle tient jusqu’à 30 g ; à 40 g, les acides gras saturés franchissent leur deuxième seuil et l’énergie son premier, et la lettre tombe en B. Et remplacer le fromage blanc par une crème légère à 12-25 % — le compromis auquel on pense naturellement — donne 101,7 kcal pour 100 g, 3 points, et un C : la même lettre que la crème entière. C’est le laitage qui tient la lettre de ce plat, et il la tient par ses acides gras saturés.
Les mentions que ces chiffres autorisent, et celles qu’ils refusent
- Sans sucres ajoutés : autorisée, et c’est la seule mention de ce registre que ce plat puisse porter. Ni sucre, ni sirop, ni miel, ni édulcorant n’entre dans la recette, ce que le règlement (CE) n° 1924/2006 exige pour cette mention — à condition de la faire suivre de « contient des sucres naturellement présents », ce qui est le cas : 4,71 g pour 100 g, apportés par la carotte et l’oignon.
- Faible teneur en sucres : autorisée, 4,71 g pour 100 g quand le seuil est à 5 g. Elle tient à la réduction autant qu’à la recette : si votre plat descend sous 1 054 g au lieu de 1 120, les sucres repassent au-dessus de 5 g et la mention tombe. C’est une raison de peser le plat fini.
- Faible teneur en matières grasses : autorisée, 2,21 g pour 100 g et le seuil est à 3 g. Faible teneur en acides gras saturés : autorisée également, 0,54 g pour 100 g et 7,5 % de l’énergie, les seuils étant à 1,5 g et à 10 %.
- Riche en protéines : autorisée. Les protéines font 23,8 % de l’énergie du plat et le seuil du règlement est à 20 % — la mention « source de protéines », à 12 %, l’est donc aussi. Ici elle est informative autant que recevable : 7,1 g dans une portion de 185 g, contre 4,5 g pour la version à la crème.
- Valeur énergétique réduite : autorisée face à la référence nommée. Le règlement demande 30 % de moins qu’un produit comparable ; nous sommes à 51 % de moins que le gratin de carottes à la crème décrit en haut de page. La mention n’a de sens qu’avec cette référence, et elle doit la nommer.
- Réduit en matières grasses : autorisée face à la même référence, à 80 % de moins ; réduit en acides gras saturés également, à 92 % de moins.
- Réduit en sucres : refusée, et c’est le point le plus franc de cette page. L’écart avec le gratin à la crème est nul — 8,70 g contre 8,57 g par portion de 185 g, soit 1,5 % de plus ici —, quand il en faudrait 30 % de moins. Ce plat est allégé, et il ne l’est pas d’un gramme sur la ligne des sucres.
- Sans sucres : refusée (4,71 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 au plus). Source de fibres : refusée (2,29 g pour 100 g, il en faudrait 3), bien qu’une portion de 185 g en apporte 4,3 g : les allégations se calculent pour 100 g et non par portion, et un gratin reste gorgé d’eau.
- Faible valeur énergétique : refusée (64 kcal pour 100 g, il en faudrait 40 au plus). Faible teneur en sodium : refusée (0,40 g de sel pour 100 g, il en faudrait 0,12 au plus) — c’est le seul poste de cette recette qui soit au bord de son seuil de Nutri-Score.
- Aucune allégation de santé. Les deux formulations du règlement (UE) n° 432/2012 que ce site emploie ailleurs ne valent que pour une liste fermée de succédanés du sucre, édulcorants intenses et polyols nommément cités, et seulement lorsqu’ils remplacent du sucre dans une denrée. Cette recette ne contient aucun d’entre eux et ne remplace aucun sucre : les deux mentions sont refusées, et il n’y a rien d’autre à écrire sur ce terrain.
Variantes
- Aux herbes et au cumin : 2 g de cumin en poudre et 10 g de persil plat ciselé, ajoutés à l’appareil. Rien ne change aux chiffres à ces doses, et le cumin fait avec la carotte ce qu’une pointe de sucre ferait — il occupe la place du sucré sans en être.
- Moitié carotte, moitié panais : 400 g de chacun. Le panais est plus sucré et plus farineux ; il apporte son propre amidon, ce qui permet de descendre la fécule à 10 g. Le panais n’est pas dans la table de composition employée ici : les chiffres de cette page ne valent pas pour cette variante.
- Au four à 160 °C, 45 minutes : c’est la version la plus sûre contre la synérèse, et la seule à conseiller si votre four chauffe fort. La surface dore moins ; cinq minutes de gril à la fin la rattrapent, four surveillé.
- En portions individuelles, dans six ramequins, 22 à 25 minutes. Attention au rapport surface-volume : un petit volume chauffe plus vite au bord, et c’est là que la flaque se forme — 160 °C est alors préférable.
- Avec 20 g de beurre à la place de l’huile, pour qui tient à ce goût : 10 kcal de plus par part, et les acides gras saturés passent de 0,54 à 1,46 g pour 100 g — un point au Nutri-Score, qui reste A mais sans marge. Au-delà de 30 g, il ne reste pas A.
Substitutions
- La fécule de maïs : de la fécule de pomme de terre, 12 g — elle gonfle davantage et plus bas, autour de 58 à 65 °C, et donne un appareil un peu plus élastique. De la farine de blé, 25 g, marche aussi mais apporte du gluten et un goût de liaison ; il faut alors la cuire une minute avec l’oignon pour l’éliminer. Ce qui ne remplace pas la fécule : la gélatine. Elle fond à la température du four et ne reprend qu’au froid, de sorte que le plat chaud n’a aucune tenue.
- Le fromage blanc à 0 % : du fromage blanc à 20 % ou de la faisselle égouttée, au même poids. La synérèse est moins visible, car la matière grasse dilue le réseau protéique — c’est le mécanisme même de cette page, pris dans l’autre sens —, mais l’énergie monte d’autant. Du yaourt nature 0 % convient également, un peu plus acide donc un peu plus sujet à trancher : gardez les 15 g de fécule.
- Les œufs : 150 g de blanc d’œuf seul, soit cinq blancs, pour un plat plus ferme et 40 kcal de moins. Le jaune n’apportait pas la tenue mais le fondu et la couleur ; sans lui, le dessus dore moins.
- L’huile d’olive : huile de tournesol ou de colza au même poids, à deux calories près. Les acides gras saturés baissent légèrement, sans changer de palier.
- Ce qui ne marche pas : remplacer la fécule par davantage de fromage blanc. On ajoute alors de l’eau et des protéines à un plat dont le problème est précisément d’avoir trop des deux — et le calcul du Nutri-Score, plus haut, montre que le plat y perd même son point de marge.
Conservation, avance et congélation
Cuit, le gratin se garde 3 jours au réfrigérateur, couvert. Il se réchauffe au four à 150 °C, 15 minutes, et non au four à micro-ondes : un passage aux micro-ondes chauffe l’eau libre bien plus vite que le réseau de protéines, et c’est le moyen le plus sûr de faire trancher un plat qui tenait parfaitement.
Ce qui se prépare à l’avance. Les carottes, cuites et égouttées, se gardent 24 heures au réfrigérateur ; l’oignon suée aussi. L’appareil, en revanche, ne se prépare pas la veille : salé et au froid, il commence à rendre son sérum, et l’on enfourne un mélange qui a déjà tranché. Montez-le au dernier moment — c’est cinq minutes.
Congélation : déconseillée telle quelle. Les cristaux de glace perforent le réseau de protéines, et le gel ne se reforme pas à la décongélation : le plat rend son eau en entier. Si vous congelez, portez la fécule à 25 g — un amidon gélatinisé résiste beaucoup mieux au gel qu’un gel protéique — et attendez-vous quand même à une texture plus lâche.
Le matériel
- Un plat à gratin large plutôt que profond, autour de 25 × 18 cm pour ces quantités. Une couche de 3 à 4 cm cuit à cœur avant que les bords ne surchauffent ; une couche de 7 cm fait l’inverse, et c’est le défaut le plus fréquent.
- Un cuit-vapeur ou un panier d’étuvée. C’est ce qui garde dans la carotte ce que l’eau bouillante emporterait.
- Une balance au gramme, pour la fécule surtout : une cuillère à soupe de fécule va de 8 à 18 g selon la main, et c’est elle qui décide de la tenue du plat.
- Un thermomètre à sonde, facultatif mais instructif : 80 à 82 °C au centre, c’est pris ; au-delà de 90, la synérèse commence quoi qu’on ait fait.
Questions fréquentes
Peut-on faire un gratin de carottes sans crème ?
Oui, et le problème n’est pas celui qu’on croit. Remplacer la crème par du fromage blanc ne retire pas seulement de la matière grasse : cela met dans le plat un gel de caséine coagulé à l’acide, qui se resserre à la chaleur et expulse le sérum qu’il retenait. La solution n’est donc pas de remettre du gras, mais d’ajouter 15 g de fécule de maïs, qui gélatinise vers 65 °C et retient le liquide sur place. Trois précautions complètent le dispositif : fromage blanc à température ambiante, aucun acide, four à 180 °C au plus. En bref : oui, à condition de remplacer la crème par de l’amidon et non par rien.
Pourquoi mon gratin au fromage blanc rend de l’eau ?
Parce que le laitage a tranché, et trois causes seulement sont en jeu. Un four trop chaud donne une flaque claire au bord du plat ; des carottes mal égouttées donnent une flaque sous les légumes avec un appareil resté ferme ; un appareil trop froid à l’enfournement, ou un acide ajouté, donne une surface granuleuse. La fécule corrige la troisième et atténue la première ; rien ne corrige la deuxième, qui n’a rien à voir avec le laitage. En bref : regardez où est la flaque, elle nomme la cause.
Faut-il sucrer un gratin de carottes ?
Non, et les chiffres disent pourquoi. Une carotte crue porte 4,85 g de sucres pour 100 g, et la réduction de ce gratin les concentre à 4,71 g dans le plat fini : le point que le Nutri-Score prend sur la ligne des sucres est pris avant qu’on ait ouvert un sucrier. Ce qu’on cherche en ajoutant une pointe de sucre à un plat de carottes n’est d’ailleurs pas du sucré mais de l’arrondi — et une cuisson à la vapeur plutôt qu’à grande eau, qui garde les sucres solubles du légume, plus 2 g de cumin, le donnent sans rien ajouter. Sur la différence entre les sucres d’un aliment et ceux qu’on y verse, une page de ce site détaille les trois définitions : sucres libres, sucres ajoutés, sucres totaux. En bref : tous les sucres de ce plat étaient déjà dans le légume.
Le fromage blanc 0 % est-il vraiment plus riche en protéines que la crème ?
Oui, et l’écart est important : 7,34 g pour 100 g contre 2,2 g pour une crème fluide à 30 %. Une part de 185 g de ce gratin apporte 7,1 g de protéines contre 4,5 g pour la version à la crème, soit 56 % de plus, et c’est ce qui lui vaut un point à l’actif du Nutri-Score. La contrepartie est exactement le sujet de cette page : ce sont ces protéines-là qui font le gel qui tranche. La richesse et la fragilité sont la même propriété vue de deux côtés. En bref : plus de protéines, et c’est pour cela qu’il faut de l’amidon.
Peut-on remplacer la fécule par de la farine ?
Oui, à raison de 25 g de farine de blé pour 15 g de fécule de maïs, l’amidon n’y représentant qu’environ 70 % de la masse. Deux différences : la farine apporte du gluten et des protéines, qui épaississent moins proprement, et elle laisse un goût de liaison qu’il faut cuire une minute avec l’oignon pour faire partir. L’énergie apportée est voisine, 91 kcal contre 55 pour le plat entier. En bref : la farine marche, la fécule est plus neutre et plus efficace au gramme.
Valeurs calculées ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition de l’ANSES, version 2025, et non mesurées en laboratoire ; elles varient avec la variété des carottes, leur taille et leur durée de conservation. La masse de 1 120 g du plat fini est une estimation de l’évaporation, non une pesée : toute la colonne « pour 100 g » se déplace proportionnellement si votre four rend plus ou moins d’eau — pesez le plat fini et le site recalcule. L’eau de cuisson à la vapeur n’est pas comptée, puisqu’elle ne touche pas les légumes ; le poivre noir est compté sur sa ligne de table, le persil et le cumin des variantes ne le sont pas, et leurs quantités sont négligeables. Les températures de gélatinisation de l’amidon de maïs (62 à 72 °C) et de coagulation des protéines de l’œuf (70 à 80 °C) sont des ordres de grandeur de la littérature, qui dépendent de la concentration, du pH et de la vitesse de chauffe ; elles ne figurent dans aucune table de composition. La description de la synérèse porte sur un mécanisme, pas sur une quantité : ce site ne publie pas de chiffre de sérum expulsé, faute de l’avoir mesuré.
Vous l’avez fait avec vos carottes, votre fromage blanc, votre four ? Dites-le en commentaire — et dites surtout le poids du plat fini et s’il a rendu de l’eau : ce sont les deux seules choses de cette page qui soient estimées, et la première commande tous les chiffres.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Endives braisées au miell’amertume se retire à l’eau ou se couvre au sucré, et une seule des deux se chiffre
- Cookies au xylitol et chocolat noir
- Rôti de porc au lait, sans crèmela sauce est un caillé, et ce qui nappe est la protéine
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