Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Une sauce aigre-douce est le plat où le sucre se voit le mieux : il n’y est caché ni dans une pâte ni dans une crème, il est la sauce. Les proportions courantes tournent autour de 120 g de sucre pour 650 g de préparation, près d’un cinquième du poids — autant qu’une confiture. C’est de là que viennent sa brillance, sa tenue sur le dos d’une cuiller, et l’équilibre qu’elle entretient avec le vinaigre.
Le sirop de yacon peut prendre cette place, à deux conditions qui commandent toute la recette. La première : il ne cuit pas. Ses fructo-oligosaccharides — des chaînes courtes de fructose que l’intestin grêle ne sait pas couper, et qui comptent donc comme des fibres — s’hydrolysent à la chaleur, et plus vite encore en milieu acide. Une sauce aigre-douce est chaude et vinaigrée : c’est précisément la réunion qu’il faut lui éviter. Le sirop entre donc hors du feu, comme sur les travers de porc laqués — à cette différence près qu’ici, c’est l’acide qui pèse le plus lourd, et non la durée.
La seconde : il sucre environ deux fois moins que le sucre, à poids égal. Cinquante grammes de sirop apportent à peu près le goût sucré de trente grammes de sucre, et il n’existe pas de dose de rattrapage : en verser 120 g pour retrouver le sucré d’une sauce ordinaire reviendrait à mettre 54 g de fibres fermentescibles dans une sauce pour six.
D’où la décision qui donne son titre à cette page. L’aigre-doux est un rapport, pas une paire de doses. Si le sucré tombe des trois quarts et que le vinaigre reste où il était, on n’obtient pas une sauce aigre-douce allégée : on obtient une sauce au vinaigre. Le vinaigre descend donc de 70 à 40 g, l’ananas frais apporte une acidité plus ronde que la sienne, et le concentré de tomate et la fécule reprennent la texture que les 120 g de sucre assuraient à eux seuls.
Sauce · cuisine asiatiqueLecture 21 min
- Préparation
- 20 min
- Cuisson
- 15 min
- Total
- 35 min
- Pour
- 6 portions, soit environ 570 g de sauce
- Difficulté
- facile
- Coût
- moyen
- Saison
- De juillet à octobre
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Face à la sauce aigre-douce classique
La référence est la sauce aigre-douce telle qu’on la prépare d’ordinaire, calculée sur les mêmes données de composition : mêmes légumes, même ananas, même concentré de tomate, même liaison à la fécule, et 120 g de sucre blanc avec 70 g de vinaigre à la place des 50 g de sirop et des 40 g de vinaigre d’ici. Elle donne 670 g de sauce au lieu de 570, soit des portions de 112 g contre 95 : le sucre est aussi de la matière, et une sauce sucrée est une sauce plus abondante.
| Par portion | Cette sauce (95 g) | Sauce classique (112 g) | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 6,2 g | 24,4 g | − 75 % |
| Énergie | 67 kcal | 132 kcal | − 49 % |
| Fibres | 5,3 g | 1,6 g | |
| Nutri-Score | A, 0 point | C, 8 points | |
| Pour 100 g | 70,5 kcal, 6,5 g de sucres | 118,1 kcal, 21,9 g de sucres | − 40 % et − 70 % |
Ici, presque tout l’écart vient du sucrant, et c’est assez rare pour être signalé. Sur les 389 kcal qui séparent les deux casseroles, 382 tiennent au seul remplacement des 120 g de sucre par 50 g de sirop ; les sept dernières viennent des 30 g de vinaigre en moins. Une sauce aigre-douce ne contient guère que de l’eau, des légumes et du sucre : quand on retire le sucre, il ne reste presque rien pour porter les calories. Le baba au rhum aux fruits frais montre le cas inverse, où le sucrant n’explique que 22 des 157 kcal gagnées, parce qu’une pâte, elle, porte les siennes.
Et cette sauce est moins sucrée, pas seulement moins calorique. Elle ne prétend pas être la même sauce avec un autre sucre : elle porte le goût sucré d’environ 30 g de sucre là où l’autre en porte 120, et c’est pour cela que le vinaigre descend avec. La comparaison à goût sucré égal, celle qui isole l’effet du seul sucrant, est plus bas.
Ingrédients
Pour 6 portions, soit environ 570 g de sauce : de quoi napper un wok de porc, de poulet ou de tofu pour six, ou quatre bols généreux.
Les légumes et le fruit
- 120 g de poivron rouge, soit un petit poivron, en dés de 1 cm
- 80 g d’oignon, soit un oignon moyen, en dés
- 100 g d’ananas frais, chair seule, sans le cœur, en dés de 1 cm
La base de la sauce
- 50 g de concentré de tomate, soit 3 cuillerées à soupe rases
- 150 g d’eau
- 40 g de vinaigre de riz, soit un peu moins de 3 cuillerées à soupe
- 25 g de sauce soja, soit un peu moins de 2 cuillerées à soupe
- 12 g de gingembre frais râpé, soit un tronçon de 2 cm
- 8 g d’ail, soit 2 gousses, écrasées
- 8 g de fécule de maïs, soit une cuillerée à soupe rase
- 8 g d’huile de tournesol, soit 2 cuillerées à café
Hors du feu, à la toute fin
- 50 g de sirop de yacon, pesé et non mesuré à la cuillère
Allergènes présents : Soja (sauce soja, préemballée) · Céréales contenant du gluten (sauce soja, préemballée)
Peut contenir, selon les marques : Anhydride sulfureux et sulfites (vinaigre)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Pourquoi l’acide compte ici plus que la chaleur. Un fructo-oligosaccharide est une chaîne de trois à dix unités de fructose, tenue par des liaisons que nos enzymes digestives n’ouvrent pas. Ce sont elles qu’on achète dans un flacon de sirop de yacon — environ 45 g pour 100 g —, et elles s’ouvrent par hydrolyse.
Trois facteurs conduisent cette réaction et se multiplient : la température, l’acidité, la durée. Un laquage réunit la première et la troisième, brièvement. Une sauce aigre-douce, elle, apporte la deuxième en quantité : le vinaigre de riz descend vers pH 3, et les liaisons du fructose sont parmi les plus fragiles de la chimie des sucres en milieu acide chaud — c’est la même réaction qui transforme un sirop de saccharose en sucre inverti.
Trois minutes à petits bouillons dans une sauce vinaigrée suffisent à en couper une part qu’on ne saurait pas chiffrer. Hors du feu, dans une sauce revenue sous 60 °C, la réaction devient négligeable : ce n’est pas une précaution de principe, c’est le seul moment où le sirop reste ce pour quoi on l’a payé.
D’où viennent les 50 g, et pourquoi pas 120. Le pouvoir sucrant d’un sirop de yacon se calcule à partir de ce qu’il contient. Sur 100 g : environ 20 g de sucres libres, surtout du fructose, qui sucre un peu plus que le sucre de table ; et environ 45 g de fructo-oligosaccharides, qui sucrent faiblement — de l’ordre du tiers du sucre. L’ensemble tourne autour de 0,5 à 0,6 fois le pouvoir sucrant du sucre, et 50 g de sirop valent donc à peu près 30 g de sucre en bouche.
Rattraper les 120 g d’une sauce ordinaire demanderait plus de 200 g de sirop. Ce n’est pas une question de prix : ce serait 90 g de fibres fermentescibles pour six portions, soit 15 g par personne pour une cuillerée de sauce — le domaine où ballonnements et gaz deviennent fréquents. La dose est bornée par la tolérance digestive, pas par le goût, et c’est pourquoi la recette assume une sauce moins sucrée plutôt qu’une sauce rattrapée.
Préparation
- Tailler le poivron, l’oignon et l’ananas en dés de 1 cm, râper le gingembre à la râpe fine, écraser l’ail. Délayer la fécule dans deux cuillerées à soupe d’eau froide prélevées sur les 150 g, et réserver ce mélange à part.
- Faire suer l’oignon dans l’huile, à feu moyen, 3 minutes, sans coloration : on cherche sa douceur, pas son brunissement. Ajouter le poivron et poursuivre 2 minutes — il doit rester ferme, c’est lui qui donnera du croquant à la sauce.
- Ajouter l’ail et le gingembre, remuer 30 secondes, jusqu’à ce que le parfum monte.
- Ajouter le concentré de tomate et le laisser cuire une minute en remuant : il perd son goût cru et fonce légèrement. C’est un geste court et il compte, parce que ce concentré est ici le principal agent de texture.
- Mouiller avec le reste d’eau, la sauce soja et le vinaigre. Porter à frémissement, ajouter l’ananas, et laisser mijoter 8 minutes à découvert : la sauce réduit, les arômes se fondent, l’acidité du vinaigre s’adoucit.
- Lier : reverser la fécule délayée en remuant, laisser reprendre l’ébullition une minute pleine. L’amidon a besoin de ce passage à 95 °C pour gonfler et prendre ; en dessous, la sauce reste trouble et se délie en refroidissant.
- Retirer du feu et attendre que le frémissement cesse, puis quelques minutes de plus : la sauce doit descendre sous 60 °C. Le bord de la casserole se touche du doigt sans brûler.
- Incorporer le sirop de yacon et fouetter dix secondes. Goûter à ce moment seulement, et ajuster : une cuillerée à café de vinaigre si la sauce paraît plate, cinq grammes de sirop si elle paraît sèche. Le rapport se règle par l’acide autant que par le sucré.
La balance dit quand la sauce est à son point. Les 651 g d’ingrédients crus donnent environ 570 g de sauce : une réduction de 81 g, soit une douzaine de pour cent, obtenue en huit minutes à découvert. Pesez la casserole avant et après si vous voulez retomber exactement sur les chiffres de cette page : une sauce trop réduite les concentre, une sauce trop courte les dilue. Tout le tableau ci-dessous suppose cette masse.
Le petit plus
- Goûter avant le sirop, jamais après seulement. Une sauce qui paraît trop acide avant l’ajout le restera : le sirop de yacon n’a pas la puissance du sucre pour masquer un excès de vinaigre. C’est à la réduction qu’on corrige, en laissant deux minutes de plus.
- L’erreur fréquente : verser le sirop dans la casserole encore sur la plaque. Même éteinte, une plaque à induction ou en fonte garde de quoi maintenir un frémissement deux minutes. La casserole se pose sur le plan de travail, pas sur le feu coupé.
- Le poivron se taille en dés réguliers, et on n’en met pas plus. Il tient le croquant ; au-delà de 150 g, il rend son eau pendant les huit minutes et la sauce ne réduit plus.
- L’ananas entre en fin de mijotage, pas au début. Cuit longtemps, il se défait et sucre la sauce de façon diffuse ; ajouté cinq minutes avant la fin, il garde des morceaux identifiables et son acidité.
- Le tour de main pour une sauce brillante : la fécule délayée à l’eau froide, versée en pluie dans une sauce qui bout franchement, et une minute sans cesser de remuer. Versée dans une sauce tiède, elle fait des grumeaux qu’aucun fouet ne rattrape.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 651 g de matières premières ramenés à 570 g de sauce : 81 g d’eau partis à l’évaporation. Il porte sur la sauce entière, légumes et ananas compris — c’est ce qui arrive dans l’assiette, et c’est aussi ce qui dilue les chiffres pour 100 g.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (95 g) | Total pour 6 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 71 kcal | 67 kcal | 402 kcal |
| Matières grasses | 1,8 g | 1,7 g | 10 g |
| dont acides gras saturés | 0,2 g | 0,2 g | 1,1 g |
| Glucides | 9,6 g | 9,1 g | 55 g |
| dont sucres | 6,5 g | 6,2 g | 37 g |
| dont polyols | 0,3 g | 0,3 g | 1,8 g |
| Fibres alimentaires | 5,6 g | 5,3 g | 32 g |
| Protéines | 1,3 g | 1,2 g | 7,3 g |
| Sel | 0,62 g | 0,59 g | 3,55 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 651 g de préparation crue, 81 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 570 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Eau — Eau du robinet ou embouteillée : aucun apport énergétique. Comptée pour sa masse seulement, ce qui dilue les valeurs pour 100 g — indispensable dès qu'une recette est une boisson ou un sirop.
- Sirop de yacon — Le sirop de yacon ne figure pas dans la table de l’ANSES. Valeurs établies à partir des analyses publiées (Genta et al., Clinical Nutrition, 2009 ; Ojansivu et al., Trends in Food Science & Technology, 2011) et des déclarations des fabricants européens, recoupées : environ 70 g de glucides totaux pour 100 g, dont 45 g de fructo-oligosaccharides. Ces derniers sont comptés comme fibres au sens du règlement (UE) n° 1169/2011, à 2 kcal/g, et l'énergie est recalculée avec les coefficients de son annexe XIV. La teneur en FOS varie fortement selon l'origine et la concentration du sirop : ces valeurs sont un ordre de grandeur, pas une déclaration de produit.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 1, acides gras saturés 0, sel 3 — soit 4. Points positifs : protéines 0, fibres 3, fruits et légumes 1 (54 % de la recette) — soit 4. Score : 0, ce qui donne un A.
Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 0,3 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,15 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,1 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 67 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Sirop d'agave 38 %, Ananas, pulpe, cru 18 %, Tomate, concentré, appertisé 15 % du score.
Ingrédients rapprochés : Eau → Eau du robinet (eau du robinet) ; Sirop de yacon → Sirop d'agave (sirop d'agave — sirop de sucres extrait d'une plante, procédé voisin ; le yacon n'a pas de ligne). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,8 sur 5, qualité moyenne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même sauce au sucre
| Pour 100 g | Au sirop de yacon | Au sucre |
|---|---|---|
| Énergie | 70,5 kcal | 77,2 kcal |
| Sucres | 6,5 g | 10,3 g |
| Fibres | 5,6 g | 1,7 g |
| Sel | 0,62 g | 0,64 g |
| Par portion | 67 kcal / 6,2 g de sucres / 5,3 g de fibres | 71 kcal / 9,5 g de sucres / 1,6 g de fibres |
Même sauce, 30 g de sucre blanc à la place des 50 g de sirop de yacon — la dose qui donne le même goût sucré —, tout le reste identique.
37 % de sucres en moins, 9 % de calories en moins. À goût sucré égal, le sucrant ne pèse plus lourd : trente grammes de sucre ne font que 120 kcal dans une sauce qui en compte 400, et le sirop en apporte déjà 96. Ce qui change vraiment d’une colonne à l’autre se lit sur la ligne des fibres, 5,6 g contre 1,7 : c’est ce que le sirop apporte et que le sucre n’apporte pas. Et les sucres qui restent ne sont pas les siens : sur les 37 g de la sauce entière, le sirop en apporte 10 ; les 27 autres viennent de l’ananas, de l’oignon, du poivron et du concentré de tomate.
Le Nutri-Score donne A (algorithme révisé en 2023) : 0 point pour l’énergie — 295 kJ pour 100 g —, 1 pour les sucres, 0 pour les acides gras saturés et 3 pour le sel, soit 4 points défavorables ; moins 3 points de fibres et 1 point de fruits et légumes, il reste 0, et la lettre A court jusqu’à 0 inclus. La même sauce au sucre fait 5 points et se range en C ; la sauce classique en fait 8, en C également. Ce sont les fibres du sirop qui tiennent la lettre : dix grammes de sirop en moins, et elles passent sous 5,2 g pour 100 g — le point s’en va, et la sauce est en B. Cela demande une réserve : l’algorithme compte les fructo-oligosaccharides comme des fibres — ce qu’ils sont au sens du règlement (UE) n° 1169/2011 — sans rien savoir de ce qu’ils deviennent dans le côlon, où ils fermentent. La part des fruits et légumes, elle, est comptée au poids brut des ingrédients, concentré de tomate non reconstitué : 56,8 %, soit la lecture la plus sévère.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : A est le haut de l’échelle, et la sauce y est — mais de justesse, puisque le A s’arrête à 0 point et qu’elle est à 0 exactement. Ce qui mérite d’être écrit, c’est donc ce qui la ferait descendre, et ce qui lui donne de la marge.
Ce qui la ferait passer en B, à un point près : dix grammes de sirop en moins — les fibres passent sous 5,2 g pour 100 g et le point s’en va, et sans sirop du tout elles tombent à 1,8 g ; la sauce soja portée de 25 à 40 g, qui fait franchir au sel les 0,8 g pour 100 g ; ou une douzaine de grammes d’huile en plus, qui suffisent à franchir le premier seuil d’énergie.
Ce qui lui donne de la marge : le poivron porté de 120 à 175 g fait dépasser 60 % de fruits et légumes — 2 points au lieu d’un — et dilue le sel à 0,57 g pour 100 g, sous le seuil de 0,6 : deux points de gagnés, score − 2, pour trois minutes de réduction de plus et une sauce franchement légumière. La sauce soja ramenée de 25 à 20 g donne le second à elle seule, au prix d’un plat moins salé où le gingembre ou une pincée de piment occupent la place. Et le seul ajustement dont le résultat ne se devine pas : les 100 g d’ananas de la variante plus douce poussent les sucres à 7,1 g pour 100 g et diluent les fibres sous 5,2, mais gagnent en échange le point des fruits et légumes et celui du sel — deux points perdus, deux gagnés, la lettre ne bouge pas.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables :
- Source de fibres — 5,6 g pour 100 g, seuil 3 g. Elles viennent presque toutes du sirop : 22,5 g de fructo-oligosaccharides sur les 32,1 g de fibres de la sauce entière.
- Faible teneur en matières grasses — 1,8 g pour 100 g, seuil 3 g.
- Faible teneur en acides gras saturés — 0,2 g pour 100 g et 2,5 % de l’énergie, très loin sous les seuils. Recevable, mais cette page ne l’emploie pas : une sauce aigre-douce n’a jamais de graisses saturées, et souligner l’absence d’un nutriment que les denrées comparables n’ont pas davantage est ce que l’article 7, § 1, c) du règlement (UE) n° 1169/2011 interdit.
- Réduit en sucres — 37 % de moins que la même sauce au sucre, seuil 30 %, à condition de nommer cette référence.
- Valeur énergétique réduite, mais face à la sauce aigre-douce classique seulement : 70,5 kcal pour 100 g contre 118,1, soit 40 % de moins. Face à la même sauce au sucre, l’écart tombe à 9 % et la mention est refusée. Une allégation comparative vaut par sa référence, et c’est pourquoi les deux comparaisons figurent sur cette page.
Refusées, et il faut le dire :
- « Faible teneur en sucres » — 6,5 g pour 100 g, seuil 5 g. Les légumes et l’ananas la mettraient hors d’atteinte à eux seuls.
- « Sans sucres » — 6,5 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 au plus. « Sans sucres ajoutés » non plus : le sirop de yacon est un ingrédient sucrant ajouté au sens du règlement (CE) n° 1924/2006, quels que soient ses mérites par ailleurs.
- « Riche en fibres » — 5,6 g pour 100 g, il en faudrait 6. Dix grammes de sirop de plus l’atteindraient.
- « Faible valeur énergétique » — 71 kcal pour 100 g, seuil 40.
- « Faible teneur en sodium » — 0,62 g de sel pour 100 g, il en faudrait 0,12. La sauce soja en apporte à elle seule 3,3 g sur les 3,6 de la sauce entière.
- « Source de protéines » — 7,2 % de l’énergie, il en faudrait 12 %.
- Aucune allégation de santé ne s’applique au sirop de yacon. Les deux mentions du règlement (UE) n° 432/2012 employées ailleurs sur ce site — réponse glycémique et minéralisation dentaire — sont réservées à une liste fermée de succédanés du sucre nommément cités, où il ne figure pas.
Environ 3,7 g de fructo-oligosaccharides par portion, et ils fermentent dans le côlon. C’est le propre d’une fibre fermentescible, et c’est le mécanisme des polyols : ce que l’intestin grêle n’absorbe pas, la flore du côlon le consomme en produisant des gaz. Au-delà d’une vingtaine de grammes en une prise, ballonnements et gaz sont fréquents chez une personne non habituée, et le seuil se calcule par kilo de poids. Une portion de sauce en est loin ; elle s’ajoute en revanche aux fibres et aux polyols du reste du repas. C’est un fait de composition, pas un conseil.
Variantes
- Plus douce, sans plus de sirop. Cent grammes d’ananas de plus, ajoutés avec les premiers, apportent environ 10 g de sucres au total — moins de 2 g par portion — et une rondeur que le sirop ne donne pas. C’est le levier le moins cher de la recette, et la lettre du Nutri-Score n’en bouge pas — le détail du calcul est plus bas.
- Au piment. Une demi-cuillerée à café de flocons de piment avec l’ail : le piquant occupe la place que le sucré laisse vide, et une sauce aigre-douce moins sucrée le supporte mieux qu’une sauce ordinaire.
- À la tomate fraîche, en été : 200 g de tomates mûres pelées et concassées à la place de 30 g du concentré et de 100 g de l’eau. La sauce est plus fraîche et moins dense ; comptez trois minutes de réduction de plus.
- Sans ananas, hors saison : 100 g de mangue, ou 80 g de pêche, avec une cuillerée à café de vinaigre en plus, l’ananas étant le plus acide des trois.
Substitutions
- Le sirop de yacon — le miel et le sirop d’érable conviennent parfaitement à cette sauce et s’y dosent à 35 g environ, leur pouvoir sucrant étant plus proche de celui du sucre ; ils apportent alors une trentaine de grammes de sucres de plus à la sauce entière, et aucune fibre. Ils ont aussi l’avantage de supporter le mijotage : avec eux, la question du hors-feu ne se pose plus.
- Le xylitol et l’érythritol — ils sucrent et se dosent facilement, le premier à poids égal du sucre, le second à environ 1,4 fois. Ils ne fabriquent en revanche aucune texture : un polyol dissous reste liquide, là où un sirop épaissit un peu par lui-même. Avec eux, la fécule passe de 8 à 10 g. L’assaisonnement d’une salade d’endives montre le cas où ce remplacement ne marche pas.
- La sauce soja — le tamari, à poids égal, pour éviter le blé. Le nuoc-mâm convient aussi, 18 g au lieu de 25 car plus salé, mais il introduit l’allergène poisson.
- Le vinaigre de riz — le vinaigre de cidre, même poids, un peu plus fruité ; le vinaigre blanc, 35 g seulement, plus mordant. Évitez le balsamique, déjà sucré et sirupeux : il ferait le travail du sirop sans qu’on l’ait décidé, et avec ses propres sucres.
- La fécule de maïs — l’arrow-root, à poids égal, donne une sauce plus translucide ; la fécule de pomme de terre aussi, mais elle supporte mal de bouillir une minute pleine.
- Le concentré de tomate — 120 g de coulis de tomate nature et 30 g d’eau en moins. Le ketchup maison au xylitol convient également, à raison de 100 g pour 50 g de concentré et autant d’eau en moins ; le ketchup du commerce, lui, apporte ses propres sucres — entre 20 et 25 g pour 100 g.
Conservation, avance et congélation
Cinq jours au réfrigérateur, dans un bocal fermé. Cette sauce n’est pas conservée par son sucre : à 6,5 g de sucres pour 100 g, elle n’a rien d’un milieu qui retient l’eau, et c’est le froid seul qui la garde. Une sauce aigre-douce classique, à 22 g de sucres, ne tient guère plus longtemps — son acidité fait davantage que son sucre.
Elle se prépare la veille, et c’est même préférable : le gingembre et l’ail se fondent, et l’acidité s’arrondit d’une nuit au froid. Dans ce cas, préparez tout jusqu’à la liaison, gardez la sauce au réfrigérateur sans le sirop, et réchauffez doucement le lendemain avant de l’incorporer hors du feu. Le sirop attend au frais : c’est la meilleure façon de le ménager.
La congélation convient, trois mois, à une réserve près : la fécule rend un peu d’eau à la décongélation. Un coup de fouet dans la casserole, sur feu doux, la remet ensemble — et le sirop, là encore, ne s’ajoute qu’après, hors du feu.
Réchauffée, elle ne se porte pas à ébullition. Soixante degrés suffisent pour servir chaud, et c’est la température qui laisse les fructo-oligosaccharides tranquilles.
Le matériel
- Une casserole large et basse plutôt qu’un faitout : l’évaporation se fait par la surface, et huit minutes dans une casserole étroite ne réduisent presque rien.
- Une balance au gramme. Le sirop de yacon est épais et colle à la cuillère : « une cuillerée » va du simple au double, et c’est la dose qui décide de la tolérance.
- Une râpe fine pour le gingembre, qui coupé au couteau reste en morceaux et ne diffuse rien.
- Un thermomètre de cuisine, ou un peu de patience : la sauce doit être sous 60 °C avant le sirop.
- Un fouet pour la liaison, plus sûr qu’une cuiller en bois pour attraper les débuts de grumeaux.
Questions fréquentes
Peut-on mettre le sirop de yacon dès le mijotage, pour gagner du temps ?
On peut, et la sauce sera bonne — mais une part des fructo-oligosaccharides aura été coupée en fructose libre, et les fibres annoncées ne seront plus toutes là. Huit minutes de frémissement dans une sauce vinaigrée ne sont pas anodines. Si l’on n’a pas l’usage de ces fibres, autant employer du miel ou du sirop d’érable, qui laquent et mijotent sans rien perdre.
Ma sauce est trop acide. Que faire ?
Laissez-la réduire deux minutes de plus avant la liaison : l’acide volatil du vinaigre part avec la vapeur, et la sauce s’arrondit d’elle-même. Ajouter du sirop pour couvrir l’acidité coûte des fibres fermentescibles et ne corrige pas la cause.
Combien de fructo-oligosaccharides une portion apporte-t-elle ?
Environ 3,7 g, soit le sixième des 22,5 g contenus dans les 50 g de sirop. C’est peu au regard du seuil d’inconfort habituel, situé autour d’une vingtaine de grammes en une prise — mais ces grammes s’additionnent avec les fibres et les polyols du reste du repas.
La sauce se congèle-t-elle avec les morceaux de poivron et d’ananas ?
Oui, mais ils ressortent plus mous : le froid casse leurs parois et le croquant ne revient pas. Pour une sauce qui doit attendre, mieux vaut congeler la base liée et tailler les morceaux au moment de servir.
Avec quoi la sert-on ?
Avec ce qu’on veut y faire tenir : porc sauté, boulettes, poulet pané, tofu ferme grillé, ou simplement des légumes au wok. Elle nappe ; elle ne laque pas, faute de sucre à caraméliser — un laquage demande un tout autre sirop, et c’est l’objet des travers de porc.
À savoir
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire : elles varient avec la maturité de l’ananas et du poivron. Le vinaigre de riz est compté sur la ligne « Vinaigre », la table ne le distinguant pas. Le sirop de yacon n’y figure pas : sa composition est un ordre de grandeur recoupé entre analyses publiées et déclarations de fabricants, et sa teneur en fructo-oligosaccharides varie selon l’origine de la racine et la conduite de la concentration. La masse finale de 570 g est calculée et non pesée. Dites-nous en commentaire à combien votre sauce est descendue, et si vous avez dû reprendre le vinaigre.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Beurre de cacahuète au sirop de yaconla cacahuète apporte plus de sucres que le sirop
- Salade d’endives, pomme et noixla vinaigrette où le xylitol ne marche pas
- Barres de céréales au sirop de yacon, sans cuissonpourquoi il ne faut surtout pas les enfourner
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