Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Un nougat glacé ne se turbine pas. On monte une mousse — des blancs, du miel cuit, de la crème fouettée —, on la verse dans un moule, on la met au congélateur et on n’y touche plus. Aucun des gestes qui font un sorbet ou une glace n’y a lieu : pas de pale, pas de brassage, pas de grattage à la fourchette. Et pourtant le bloc se tranche à la sortie du congélateur, ce qu’un bac d’eau sucrée ne fait jamais.
Ce qui le rend tranchable n’est pas la façon dont on l’a gelé, c’est ce qu’il contient. Un nougat glacé de pâtissier ne porte que 39,5 g d’eau aux 100 g : tout le reste est de la matière grasse de crème, des fruits à coque, du sucre et de l’air battu dedans, et rien de cela ne devient dur. Le gras du lait est ferme à − 18 °C mais il reste plastique ; l’air ne pèse pas et ne gèle pas ; le sucre de la nougatine est déjà un solide. L’eau est la seule pièce qui change d’état, et elle est minoritaire.
Or tout ce qui allège un parfait glacé fait exactement une chose : remplacer du gras par de l’eau. Moins de crème, du fromage blanc à la place de la crème fouettée, moins d’amandes, pas de nougatine — chaque geste retire de la matière qui reste molle au froid et met à sa place de l’eau qui gèle. La recette de cette page descend de 23,9 à 11,0 g de lipides aux 100 g et monte de 39,5 à 60,4 g d’eau. Le congélateur fait le compte sans rien demander : 54 g de glace aux 100 g au lieu de 33.
Ce qui rattrape une partie de cet échange est le miel, et pour une raison qui n’a rien à voir avec les calories : ses sucres sont déjà coupés en deux. Un gramme de miel apporte près de deux fois plus de molécules dissoutes qu’un gramme de sucre, et l’abaissement du point de congélation se compte en molécules, jamais en grammes. À sucres égaux, la même recette au sucre blanc ne garderait que 9 g d’eau liquide à − 18 °C là où celle-ci en garde 51. D’où la règle de cette page : dans un parfait qu’on allège, la dose de miel ne baisse pas — c’est elle qui tient le peu d’eau qui reste liquide.
Dessert · cuisine françaiseLecture 26 min
- Préparation
- 30 min
- Cuisson
- 5 min
- Repos
- 6 h 15
- Total
- 6 h 50
- Pour
- 8 tranches
- Difficulté
- moyen
- Coût
- moyen
- Saison
- Toute l’année
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Face au nougat glacé classique
La référence est le nougat glacé tel qu’on le fait d’ordinaire : 400 g de crème fleurette à 35 % de matière grasse montée, 100 g de miel cuit versé sur trois blancs montés, une nougatine de 100 g de sucre caramélisé avec 80 g d’amandes effilées, et 80 g de fruits confits — huit parts. Ce sont les proportions courantes du dessert, ni les plus riches ni les plus maigres, calculées sur les mêmes données de composition. Les deux versions ne pèsent pas la même chose — 747 g ici, 844 g pour la référence —, donc la comparaison se fait pour 100 g et non part à part : sinon l’écart porterait aussi sur l’épaisseur de la tranche.
| Pour 100 g | Cette recette | Nougat glacé classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 16,96 g | 29,77 g | − 43 % |
| Énergie | 204 kcal | 361 kcal | − 44 % |
| Acides gras saturés | 4,26 g | 14,12 g | − 70 % |
| Protéines | 6,73 g | 4,51 g | + 49 % |
| Nutri-Score | C, 8 points | E, 22 points |
Par part, les tranches ne faisant pas le même poids — 93 g ici, 106 g pour la référence —, cela donne 190 kcal et 15,8 g de sucres contre 381 kcal et 31,4 g.
L’écart d’énergie vient du laitage, celui des sucres vient de la nougatine, et le changement de matière sucrante n’explique ni l’un ni l’autre. Sur les 1 530 kcal que l’allègement fait gagner au dessert entier, 943 viennent du laitage — 150 g de crème à 30 % et 300 g de fromage blanc à 0 % à la place de 400 g de crème à 35 % —, soit 62 % ; 399 viennent du sucre de la nougatine qui disparaît, soit 26 % ; 155 des amandes et des raisins, et 33 seulement des dix grammes de miel en moins. Sur les 124,6 g de sucres d’écart, le partage est renversé : 99,7 g sont le sucre de la nougatine, 21,1 g les raisins, 8,1 g la dose de miel — et le laitage en rend 4,0 g, le fromage blanc portant plus de lactose aux 100 g que la crème. Le miel, lui, est un sucre et il est compté comme tel : la comparaison avec la même recette sucrée au sucre blanc, qui est une autre question, est plus bas, et elle ne montre aucun écart d’énergie.
Ingrédients
Pour un moule à cake de 22 cm, huit tranches.
- 150 g de crème fluide entière à 30 % de matière grasse, très froide — c’est le plancher qui monte encore en chantilly
- 300 g de fromage blanc nature à 0 % de matière grasse, bien égoutté
- 90 g de miel liquide (acacia, ou toutes fleurs pour un goût plus marqué)
- 3 blancs d’œufs (90 g), à température ambiante
- 50 g d’amandes effilées, torréfiées à sec
- 20 g de pistaches non salées, concassées
- 50 g de raisins secs, de préférence non soufrés — les sulfites sont l’un des quatorze allergènes à déclarer
- 1 gousse de vanille (2 g), fendue et grattée
- 1 petite pincée de fleur de sel (0,5 g) — la quantité compte, voir l’encadré du Nutri-Score
Allergènes présents : Lait (crème 30% mg, fluide, uht, fromage blanc, nature, 0% mg) · Œufs (oeuf, blanc (blanc d'oeuf), cru) · Fruits à coque (amande, avec peau, sans sel ajouté, pistache, grillée, sans sel ajouté)
Peut contenir, selon les marques : Anhydride sulfureux et sulfites (raisin sec)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Ce qui gèle dans un parfait, et ce qui n’y gèle pas. Le dessert fini pèse 747 g, dont 451 g d’eau — celle du fromage blanc pour plus de la moitié, celle de la crème et des blancs pour le reste. Les sucres réellement dissous dans cette eau, miel et lactose confondus, font environ 0,51 mole : la congélation ne commence donc pas à 0 °C mais vers − 2,1 °C, et à mesure que la glace se forme, ce qui reste liquide se concentre.
À − 18 °C, l’équilibre s’arrête là où la solution restante a précisément ce point de congélation. Le calcul — 1,86 degré par mole et par kilo d’eau — donne 51 g d’eau encore liquide, soit 11,3 % de l’eau du dessert. Et voici le chiffre qui surprend : le nougat glacé classique en garde 52 g, c’est-à-dire la même chose, parce que ses dix grammes de miel en plus sont compensés par le lactose que le fromage blanc apporte ici. L’allègement ne change pas la quantité d’eau liquide à − 18 °C ; il change la quantité de glace autour d’elle — 400 g contre 281, soit 54 g aux 100 g de dessert contre 33.
C’est pour cela que les 82 g de lipides de cette recette, contre 202 g pour la référence, ne sont pas qu’une ligne de tableau : le gras du lait est ferme au congélateur mais il se coupe, et chaque gramme retiré est un gramme de glace en plus à traverser. L’air battu dans la mousse joue le même rôle et il est gratuit, mais il n’est pas dans la table de composition : voir la réserve de méthode en fin de page.
La nougatine du classique est un verre, pas un sirop. Les 100 g de sucre caramélisé sur les amandes comptent en entier dans la ligne « sucres » du tableau, et ils ne font rien du tout au point de congélation : un caramel refroidi est un solide amorphe, il n’est pas dissous dans l’eau du dessert au moment où on le met au froid.
Mais il ne le reste pas. Une nougatine prise dans une mousse humide s’hydrate lentement, et tout ce qui passe dans l’eau se met à travailler : si la totalité y passait, l’eau encore liquide à − 18 °C monterait de 52 à 116 g, soit de 16 à 35 % de l’eau. C’est pourquoi un nougat glacé classique s’assouplit au fil des jours au congélateur, et pourquoi son croquant s’en va en même temps. Cette recette n’a pas de nougatine : ses amandes sont torréfiées à sec, elles restent sèches, et ce que le dessert est le premier jour il l’est encore le cinquième. L’allègement a donc pris une tenue et rendu une stabilité — l’échange n’est pas une perte sèche.
Pourquoi les sucres du miel comptent presque double. L’abaissement du point de congélation ne regarde pas la masse mais le nombre de molécules dissoutes. Le saccharose pèse 342 g par mole ; le glucose et le fructose, qui font l’essentiel des sucres d’un miel, en pèsent 180. À masse égale, le miel apporte donc 1,90 fois plus de molécules : les 73 g de sucres de ces 90 g de miel font, pour le froid, le travail de 139 g de sucre.
Et le sucre, lui, fait ce que le miel ne fait pas : il caramélise en nougatine, il apporte une matière sèche qui croque, il se dose au gramme sans eau. Le xylitol, à 152 g par mole, va encore plus loin que le miel dans le même registre — 2,25 fois le saccharose —, et c’est exactement pour cela que le sorbet kiwi-poire demande d’en mettre moitié moins que de sucre, faute de quoi le bac ne prend plus. Trois matières, trois emplois : le sucre pour la nougatine et la masse sèche, le miel pour la tenue d’un parfait qu’on allège, un polyol pour un sorbet dont on règle la dureté au gramme. Le mécanisme général est décrit sur la page de la congélation.
Préparation
- Torréfier les amandes effilées et les pistaches à sec, à la poêle ou dix minutes au four à 150 °C, en remuant. Les laisser refroidir complètement : chaudes, elles feraient fondre la mousse. Aucun caramel ici — c’est la torréfaction qui donne le goût grillé, pas le sucre.
- Hacher grossièrement les raisins secs, sans les faire gonfler. L’eau qu’ils prendraient irait grossir la glace, et c’est précisément ce qu’on cherche à éviter.
- Gratter la vanille dans le fromage blanc, fouetter, et réserver au réfrigérateur.
- Monter les blancs avec la fleur de sel, jusqu’au bec souple : ils doivent encore pouvoir accueillir le sirop sans se casser.
- Chauffer le miel seul à 118 °C dans une petite casserole haute — il mousse en montant bien plus qu’un sirop de sucre, et débordera d’une casserole large et basse.
- Verser le miel en filet le long de la paroi, fouet en marche, puis battre jusqu’au complet refroidissement, huit à dix minutes. La meringue doit être à température de la main : tiède, elle ferait tourner la crème à l’assemblage.
- Monter la crème très froide en chantilly souple, arrêtée dès qu’elle fait le ruban. Montée ferme, elle granule quand on l’incorpore à un fromage blanc acide.
- Assembler dans cet ordre : détendre le fromage blanc avec un tiers de la meringue au fouet, incorporer le reste à la maryse, puis la crème montée, puis les fruits à coque et les raisins.
- Verser dans le moule chemisé de film, tasser en tapant le moule sur le plan de travail pour chasser les grosses bulles, filmer au contact et congeler six heures au moins, une nuit de préférence.
- Sortir 15 à 20 minutes avant de servir et laisser le moule au réfrigérateur, pas sur le plan de travail. Démouler et trancher avec une lame passée sous l’eau chaude et essuyée entre chaque tranche.
Le petit plus
- Les raisins ne se font pas gonfler, et ce n’est pas un oubli. Vingt grammes d’eau de trempage dans ce dessert, c’est vingt grammes de glace supplémentaires et rien d’autre : les raisins secs rendront d’eux-mêmes un peu de leur sucre à la mousse, ce qui est utile, mais ils n’ont pas besoin d’y apporter de l’eau pour cela.
- 118 °C, pas 121. Le miel contient déjà près d’un cinquième d’eau et ses sucres sont libres : il colore tôt, et deux ou trois degrés de plus donnent un goût de cuit qui couvre le miel lui-même. Un thermomètre de cuisson vaut mieux qu’un essai au filet.
- Un moule étroit plutôt qu’un moule large. Le tempérage se fait par l’extérieur : dans une terrine de 8 à 9 cm de large, les quinze minutes au réfrigérateur ramollissent l’ensemble à peu près également ; dans un grand plat plat, les bords sont fondants quand le centre n’a pas bougé.
- Le fromage blanc s’égoutte. Un pot qui rend deux cuillerées de sérum au fond, c’est de l’eau libre qui partira en glace. Une demi-heure dans une passoire fine ne coûte rien.
- Goûter la meringue avant d’assembler. C’est le seul moment où la dose de miel se juge encore : une fois la crème et le fromage blanc incorporés, le froid éteindra une partie du sucré perçu, et il sera trop tard pour y revenir.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir des données de composition des aliments de l’ANSES, et non mesuré en laboratoire. La masse finie retenue est de 747 g pour 752,5 g de matières premières : rien ne cuit dans cette recette, et la seule eau qui s’en va est celle que le miel perd en montant à 118 °C, de l’ordre de cinq grammes.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (93 g) | Total pour 8 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 204 kcal | 190 kcal | 1 521 kcal |
| Matières grasses | 11 g | 10 g | 82 g |
| dont acides gras saturés | 4,3 g | 4,0 g | 32 g |
| Glucides | 18 g | 17 g | 137 g |
| dont sucres | 17 g | 16 g | 127 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,3 g |
| Fibres alimentaires | 1,4 g | 1,3 g | 11 g |
| Protéines | 6,7 g | 6,3 g | 50 g |
| Sel | 0,17 g | 0,16 g | 1,25 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 8 parts : 753 g de préparation crue, 5 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 747 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 2, sucres 4, acides gras saturés 4, sel 0 — soit 10. Points positifs : protéines 2, fibres 0, fruits et légumes 0 (16 % de la recette) — soit 2. Score : 8, ce qui donne un C.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,291 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,22 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 51 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Crème de lait, 30% MG, semi-épaisse, UHT 25 %, Fromage blanc nature, 0% MG 25 %, Amande (avec peau) 17 % du score. Les fruits à coque et les graines oléagineuses sont notés très sévèrement par la méthode européenne — l’huile de noisette y pèse quatre fois le beurre — en raison de rendements à l’hectare faibles et d’une consommation d’eau élevée. C’est un choix de méthode, discutable et documenté, non une singularité de ce site : une recette aux oléagineux se retrouve mal classée alors même que ses qualités nutritionnelles sont reconnues.
Ingrédients rapprochés : Crème 30% MG, fluide, UHT → Crème de lait, 30% MG, semi-épaisse, UHT (crème de lait 30 % MG semi-épaisse UHT — même taux de matière grasse) ; Vanille, gousse → Vanille, extrait alcoolique (extrait de vanille — même plante, mais un extrait est dilué : l'impact d'une gousse au kilo est plus élevé). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,1 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse ; la moins bien notée est à 4,2. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparé à la même recette sucrée au sucre blanc
Cette seconde comparaison n’est pas celle du haut de page. Il s’agit du même dessert — même crème, même fromage blanc, mêmes fruits —, sucré au sucre blanc à la place du miel. La comparaison se fait à sucres égaux : 90 g de miel apportent 73,0 g de sucres, soit 73,2 g de sucre blanc, et non 90 g contre 90.
| Par part | Au miel | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 190 kcal | 189 kcal |
| Sucres | 15,8 g | 15,8 g |
| Eau encore liquide à − 18 °C | 51 g | 9 g |
| Nutri-Score | C, 8 points | D, 11 points |
Mêmes proportions, 73,2 g de sucre blanc à la place des 90 g de miel, calculé avec les mêmes données de composition. La masse finie passe alors de 747 à 736 g, le miel ayant apporté son eau ; l’eau liquide à − 18 °C est celle de tout le dessert, pas d’une part.
Ici, le sucrant ne change rien aux chiffres et tout à la texture. Une calorie d’écart par part, zéro sur les sucres : le miel n’allège rien, et cette page ne le prétend pas. Ce qu’il change tient dans la troisième ligne du tableau — cinq fois plus d’eau encore liquide au cœur du bloc, parce qu’il apporte presque deux fois plus de molécules pour le même poids de sucres. C’est l’inverse exact de ce que mesure la limonade à l’érythritol, où une boisson n’étant faite que d’eau, tout l’écart d’énergie venait du sucrant et rien de la texture. Et la lettre, elle, descend d’un cran dans la version au sucre pour une raison qui n’a rien à voir avec le sucrant lui-même : le dessert pèse onze grammes de moins, ce qui porte ses sucres de 16,96 à 17,22 g aux 100 g et franchit un palier du barème.
Le Nutri-Score, point par point. Pour 100 g, le dessert porte 851 kJ, 16,96 g de sucres, 4,26 g d’acides gras saturés et 0,17 g de sel : deux points d’énergie, quatre de sucres, quatre d’acides gras saturés et aucun de sel, soit dix points défavorables. Du côté favorable, 6,73 g de protéines aux 100 g valent deux points ; les fibres n’en donnent aucun, à 1,41 g pour un seuil de 3 ; et les fruits à coque et fruits secs, à 16 % de la masse, n’en donnent pas davantage, le premier palier étant à 40 %. Le score net est donc de 8 points, soit C. Le nougat glacé classique, lui, porte quatre points d’énergie, huit de sucres et dix d’acides gras saturés, soit vingt-deux points défavorables : au-delà de dix, les points de protéines cessent de compter, de sorte que rien ne vient en déduction — 22 points, soit E.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y a pas de B à prendre, et cela se chiffre : il faudrait descendre de 8 à 2 points, soit six points, et aucun ajustement raisonnable n’en donne plus d’un. 60 g de fromage blanc en plus font tomber les acides gras saturés de 4,26 à 3,96 g aux 100 g et rapportent un point — mais ils ajoutent 52 g d’eau, donc 2,3 g de glace aux 100 g, ce qui est exactement ce que cette page cherche à éviter. 70 g d’amandes en plus portent les protéines au-dessus de 7,2 g et rapportent aussi un point, au prix de 35 kcal aux 100 g ; au-delà de 160 g d’amandes, l’énergie franchit 1 005 kJ et la lettre tombe. 35 g de miel en moins font passer les sucres sous 14 g et rapportent un point de plus — et retirent du même coup un tiers de l’eau qui reste liquide, de 51 à 35 g. Aucun des trois ne déplace la lettre.
Ce qui vaut d’être retenu est donc à l’autre bout : le dessert est à dix points défavorables, c’est-à-dire à un point du seuil de onze au-delà duquel les points de protéines ne comptent plus. Le onzième point en coûterait trois d’un coup, et avec eux la lettre. Trois façons de le prendre, toutes minuscules : 0,8 g de fleur de sel au lieu de 0,5, qui porte la ligne sel au-dessus de 0,2 g aux 100 g — le point de bascule exact est à 0,76 g ; 160 g d’amandes, qui franchissent le palier d’énergie ; et, contre toute attente, 140 g de crème au lieu de 150, parce que les dix grammes de masse perdus concentrent les sucres juste au-dessus de 17 g aux 100 g sans que les acides gras saturés soient encore passés sous 4. À 130 g de crème, le point d’acides gras saturés tombe enfin et la lettre revient : retirer dix grammes de crème coûte la lettre, en retirer vingt la rend. Un levier se recalcule donc en entier, jamais ligne par ligne.
Les mentions que ces chiffres autorisent
- Source de protéines — il faut que 12 % de la valeur énergétique vienne des protéines ; on est à 13,2 %, et c’est le fromage blanc qui la porte. Le nougat glacé classique, à 5,0 %, ne l’obtient pas.
- Valeur énergétique réduite et réduit en sucres — recevables face au nougat glacé classique, à − 44 % et − 43 % pour 100 g, le seuil étant de 30 % ; la référence doit alors être nommée, comme elle l’est en haut de cette page. La seconde demande en outre que l’énergie ne soit pas plus élevée que celle de la référence, ce qui est le cas.
- Teneur réduite en matières grasses et teneur réduite en acides gras saturés — recevables face à la même référence, à − 54 % et − 70 %, et sans acides gras trans ajoutés, ce que la seconde exige également.
Et celles qui sont refusées, avec le chiffre qui les refuse. « Riche en protéines » demanderait 20 % de la valeur énergétique, contre 13,2 %. « Source de fibres » demanderait 3 g pour 100 g, contre 1,4 g. « Sans sucres » demanderait 0,5 g de sucres pour 100 g et « faible teneur en sucres » 5,0 g : le dessert en porte 17,0 g. « Faible teneur en matières grasses » demanderait 3,0 g, contre 11,0 g, et « faible teneur en acides gras saturés » 1,5 g, contre 4,3 g. « Faible valeur énergétique » demanderait 40 kcal aux 100 g, contre 204. « Faible teneur en sodium » demanderait 0,12 g de sel pour 100 g, contre 0,17 g. Et face à la même recette sucrée au sucre blanc, « réduit en sucres » et « valeur énergétique réduite » sont refusées toutes les deux : l’écart y est nul.
Refusées aussi, et pour une raison qui n’est pas un chiffre. Les deux allégations de santé que le règlement (UE) n° 432/2012 autorise au sujet des succédanés du sucre — l’une sur la réponse glycémique, l’autre sur la minéralisation dentaire — ne s’appliquent pas ici. Elles sont réservées aux denrées où des sucres ont été remplacés par des édulcorants intenses ou des polyols. Le miel est un sucre, et aucune réduction obtenue par ailleurs ne lui ouvre ces mentions. La variante au xylitol décrite plus bas est le seul cas où la question se poserait, et elle demanderait d’en vérifier le seuil de 30 % sur la même base.
Variantes
- Aux abricots secs — 50 g à la place des raisins, coupés au ciseau. La table de composition ne les porte pas : les chiffres de cette page resteraient calculés sur le raisin sec, dont ils sont proches par les sucres.
- Au miel de châtaignier ou de sarrasin — même dose. Ces miels sont amers en fin de bouche, ce qui tient tête aux amandes grillées ; les miels très clairs, à l’inverse, disparaissent sous la torréfaction.
- Sans fromage blanc, en version plus proche du classique — 300 g de crème à 30 % au total et pas de fromage blanc. La glace retombe à 40 g aux 100 g et le dessert redevient souple à la sortie du congélateur ; il repasse aussi à 304 kcal aux 100 g et en Nutri-Score D, à 18 points. C’est le même échange pris dans l’autre sens, et il a le mérite d’être explicite.
- En portions individuelles — huit moules de 93 g au lieu d’une terrine. Le tempérage tombe alors à cinq minutes, et la portion est décidée au moment où l’on verse plutôt qu’au couteau.
Substitutions
- Le sucre blanc à la place du miel — 73 g pour les mêmes sucres, cuits à 118 °C avec 20 g d’eau pour faire le sirop. Les chiffres ne bougent pratiquement pas, la tenue au froid oui : voir le tableau ci-dessus.
- Le xylitol à la place du miel — 73 g, dissous dans 25 g d’eau et portés à 110 °C, un polyol ne supportant pas le même traitement qu’un sirop de sucre. Il abaisse le point de congélation 2,25 fois plus que le sucre et 1,2 fois plus que le miel, donc il donne le parfait le plus souple des trois — mais une part apporterait alors 9,1 g de polyols, à additionner avec ce que le reste du repas en contient (voir le seuil de tolérance, qui se calcule par kilo de poids). Et il est toxique pour le chien, même en petite quantité : casserole, moule et tranches hors de sa portée, ce qu’il faut savoir et que faire en urgence.
- Un édulcorant intense à la place du miel — non, et c’est la substitution qu’il faut écarter. Un extrait de stévia ou de fruit du moine ne pèse rien : il ne fait pas la meringue italienne, qui a besoin d’un sirop, et il n’apporte aucune molécule dissoute, de sorte que presque toute l’eau du dessert gèlerait. C’est le cas limite que montrent les meringues à l’érythritol, où le sucrant est la structure.
- Le yaourt à la grecque à 0 % à la place du fromage blanc — même poids, et c’est un peu moins d’eau pour une matière sèche voisine. Plus acide, il demande alors un miel plus franc.
- Une crème végétale à fouetter — possible, mais la ligne des acides gras saturés dépend entièrement du produit, souvent à base de coprah : elle se lit sur l’étiquette, et les chiffres de cette page ne s’y appliquent plus.
- Sans ingrédient apportant du gluten — la recette n’en contient aucun en l’état. Elle contient en revanche du lait, des œufs et des fruits à coque, et les raisins secs du commerce sont souvent sulfités.
Conservation, avance et congélation
Ce dessert est une conservation : il se garde deux mois au congélateur, filmé au contact puis dans une boîte, et il n’y a rien à préparer à l’avance qui ne le soit déjà. Ce qui se dégrade n’est pas le goût mais la texture, et par un mécanisme que la page de la cristallisation décrit : à chaque ouverture de congélateur la température remonte de quelques degrés, une part de la glace fond, et elle regèle sur les cristaux les plus gros. Le bloc devient sableux par le haut avant de l’être au cœur. Un film au contact et le fond du tiroir y changent plus que la durée annoncée.
Le tempérage n’est pas une coquetterie, c’est le dernier ingrédient. À − 18 °C, cette version porte 54 g de glace aux 100 g : la lame passe, mais la tranche est froide au point d’éteindre le miel. Quinze à vingt minutes au réfrigérateur font remonter le cœur vers − 8 à − 10 °C, température à laquelle une part de cette glace a fondu et où le sucré se perçoit de nouveau.
Au réfrigérateur et non sur le plan de travail : à l’air de la cuisine, les deux premiers centimètres atteignent 0 °C quand le centre est encore à − 15, et ce qui a fondu regèlera en gros cristaux au retour au froid. C’est un tempérage, pas un début de décongélation. Le réglage s’annonce ici comme une conséquence du calcul et non comme une mesure : voir la réserve de méthode.
Le matériel
- Un thermomètre de cuisson qui lit jusqu’à 150 °C. Les 118 °C du miel ne se devinent pas, et l’essai au filet froid, qui marche avec un sirop de sucre, est trompeur sur un miel déjà humide.
- Une petite casserole haute plutôt que large : le miel triple de volume en moussant.
- Un batteur sur socle, ou deux paires de mains. Verser un sirop brûlant en filet d’une main en fouettant de l’autre, puis battre dix minutes, se fait mal au batteur à main.
- Un moule à cake de 22 cm, chemisé de film qui dépasse largement : c’est lui qui sert à démouler.
- Une balance au gramme pour le miel et pour la fleur de sel — un demi-gramme de sel décide ici d’une lettre de Nutri-Score, ce qui n’arrive pas souvent.
Questions fréquentes
Pourquoi mon nougat glacé est-il trop dur à trancher ?
Parce qu’il sort du congélateur. Avec 54 g de glace aux 100 g, un bloc à − 18 °C ne se coupe proprement qu’à la lame chaude, et il ne se mange agréablement qu’après quinze à vingt minutes au réfrigérateur. Si la tranche est dure après tempérage, la cause est plus probablement une mousse trop peu aérée à l’assemblage : une meringue retombée, ou une crème incorporée au fouet au lieu de la maryse.
Peut-on le faire sans sorbetière ?
C’est le principe même : un nougat glacé n’en demande pas, et c’est ce qui le distingue d’un sorbet ou d’une glace. L’air y est mis au batteur avant la congélation, une fois pour toutes, au lieu d’être incorporé par la pale pendant que le mélange gèle.
Le miel cuit à 118 °C garde-t-il quelque chose de son goût ?
Une partie seulement. Les composés aromatiques d’un miel sont volatils et une montée à 118 °C en emporte une bonne part — c’est le même phénomène que décrit la page de la concentration. D’où le conseil de ne pas y mettre un grand miel de cru, et de choisir plutôt un miel de caractère, châtaignier ou sarrasin, dont il restera quelque chose.
Peut-on en donner à un enfant en bas âge ?
Le miel n’est pas recommandé avant l’âge d’un an, cuit ou non : les spores qu’il peut contenir ne sont pas détruites à 118 °C. Au-delà d’un an, la question est celle de n’importe quel dessert sucré.
Quel effet ce dessert a-t-il sur la glycémie ?
Ce qui se mesure est la composition : 17,1 g de glucides par part, dont 15,8 g de sucres — 9,1 g apportés par le miel, 4,9 g par les raisins et les fruits à coque, 1,8 g de lactose par le laitage. Le miel est un sucre, et le site ne publie pas d’indice glycémique de plat, qui se mesure sur des volontaires et non par calcul : le sujet est traité dans l’article sur les index et charges glycémiques. Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.
Pourquoi 300 g de fromage blanc et seulement 150 g de crème ?
Parce que 150 g est le plancher de ce qui monte encore en chantilly : sous ce poids, le fouet n’emprisonne plus assez d’air pour que la mousse tienne le reste. Le fromage blanc apporte la masse et les protéines, la crème apporte l’air et le gras qui ne gèle pas. Mettre moins de crème ne rendrait pas le dessert beaucoup plus léger, et le rendrait nettement plus dur — c’est le compte fait dans l’encadré du Nutri-Score.
Les valeurs nutritionnelles de cette page sont calculées ingrédient par ingrédient à partir des données de composition des aliments de l’ANSES, et non mesurées en laboratoire. Les fruits confits de la recette de référence sont comptés sur la ligne du raisin sec, la table ne les portant pas ; la vanille est comptée pour un apport nul, la fleur de sel pour son sel. Plusieurs grandeurs employées dans cette page ne viennent pas de cette table, qui ne les porte pas : les teneurs en eau des ingrédients, prises dans la littérature en ordre de grandeur, et dont dépendent tous les chiffres d’eau et de glace ; la part d’air battue dans la mousse, qui n’est pas mesurée ici ; et la température à cœur après tempérage. L’abaissement du point de congélation est calculé par la loi des solutions diluées, 1,86 degré par mole et par kilogramme d’eau, ce qui est une approximation à ces concentrations : les valeurs d’eau liquide données ici sont des ordres de grandeur, et les écarts entre les versions sont plus fiables que les nombres pris un à un. La dose de 90 g de miel, celle de 150 g de crème et la durée de tempérage en découlent par le raisonnement et non par l’essai. Enfin, la lettre du Nutri-Score est calculée à la main sur les valeurs pour 100 g, selon l’algorithme révisé de 2023 pour le régime général.
Si vous faites ce nougat glacé, le commentaire le plus utile que vous puissiez laisser est celui du couteau : combien de minutes au réfrigérateur il vous a fallu pour que la tranche se coupe sans forcer, et avec quel moule.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Carottes râpées à l’orange et au miell’acide du fruit arrive soudé à neuf fois son poids de sucres
- Rôti de porc au miel et à la moutardele miel ne pénètre pas dans la viande, et c’est ce qui permet d’en mettre trois fois moins
- Pain d’épices au miel et à la compote de pommesle fructose fait le moelleux, sans un gramme de beurre
Choisies parmi les recettes au même sucrant.