Crème brûlée au xylitol : le polyol ne caramélise pas, la croûte se fait avec 4 g de sucre

Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Une crème brûlée tient en deux couches qui n’obéissent pas aux mêmes lois. En dessous, une crème prise au four, qui ne demande au sucre que de la sucrer. Au-dessus, une pellicule de sucre fondue au chalumeau, qui lui demande de caraméliser — et c’est exactement ce qu’un polyol ne fait pas. Le xylitol fond vers 93 °C, mais il ne brunit pas : sous la flamme, il donne un sirop clair qui ne durcit pas en plaque cassante. La page sur le caramel au xylitol en donne la raison.

La recette prend donc les deux couches séparément. La crème est sucrée au xylitol, à poids égal du sucre qu’elle aurait reçu, et elle est faite de lait demi-écrémé, d’un peu de crème légère et d’œufs entiers, là où la version de pâtissier emploie de la crème entière et des jaunes. La croûte, elle, reste du sucre : 4 g de cassonade par ramequin, la couche la plus fine qui couvre encore la surface. C’est la seule voie honnête, et elle se compte : ces 4 g font à eux seuls près de la moitié des sucres d’une part.

Le changement de laitage a un prix qu’il faut dire. Des œufs entiers et du lait donnent une crème plus ferme et moins onctueuse qu’une crème aux jaunes : sa tenue se rapproche de celle d’une crème prise, et elle se cuit plus doucement pour rester tremblante. Chaque ramequin apporte 10 g de xylitol, loin du seuil de tolérance aux polyols.

Dessert · cuisine françaiseLecture 16 min

Préparation
25 min
Cuisson
50 min
Repos
4 h 15
Total
5 h 30
Pour
6 ramequins
Difficulté
facile
Coût
bon marché
Saison
Toute l’année

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Face à la crème brûlée classique

La référence est la crème brûlée de pâtissier, calculée sur les mêmes données de composition : 500 g de crème liquide à 30 %, six jaunes d’œuf (108 g), 100 g de sucre blanc et une gousse de vanille, pour six ramequins, et une croûte de 8 g de cassonade par ramequin — une cuillerée à soupe rase, la dose ordinaire des recettes.

Par ramequinCette recetteCrème brûlée classiqueÉcart
Sucres8,0 g26,8 g− 70 %
Énergie165 kcal401 kcal− 59 %
Acides gras saturés4,5 g16,9 g− 73 %
Polyols10,0 g0 g
Nutri-ScoreC, 3 pointsE, 20 points

Un ramequin pèse 132 g dans cette recette et 120 g dans la version classique : le lait ajoute du volume à calories égales.

Le xylitol n’explique qu’une petite part des calories gagnées. Sur les 236 kcal d’écart par ramequin, 42 viennent du xylitol qui remplace le sucre de la crème, 16 de la croûte ramenée de 8 à 4 g ; les 178 autres viennent du lait et des œufs entiers à la place de la crème entière et des jaunes. Pour les sucres, c’est l’inverse : le xylitol en retire 16,6 g, la croûte plus fine 3,9 g, et le lait en rajoute 1,7 g de lactose. Le détail, face à la même recette sucrée au sucre, est plus bas.

Ingrédients

Pour 6 ramequins de 12 cm de diamètre et 2,5 cm de hauteur environ.

Pour la crème

Le xylitol est toxique pour le chien, même en petite quantité. Ne laissez ni le pot, ni le récipient, ni les restes à sa portée. Ce qu’il faut savoir et que faire en urgence.

Pour la croûte

  • 24 g de cassonade, soit 4 g par ramequin

Allergènes présents : Lait (lait demi-écrémé (aliment moyen), crème 12 à 25% mg, légère, semi-épaisse, uht) · Œufs (oeuf cru)

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Pourquoi la croûte ne peut pas être au xylitol. Le brun d’une crème brûlée est un caramel : au-delà de 160 à 180 °C, le saccharose se décompose en centaines de molécules colorées et aromatiques, puis refroidit en un verre dur qui se casse à la cuillère. Le xylitol est un polyol : sa molécule n’a pas la fonction chimique qui amorce cette décomposition, et il ne participe pas non plus aux réactions de Maillard. Chauffé, il fond vers 93 °C et reste un liquide incolore ; en refroidissant, il recristallise lentement ou reste poisseux, selon l’humidité de la surface.

L’érythritol n’y change rien : c’est lui aussi un polyol, qui fond vers 120 °C sans brunir. La tenue à la cuisson, sucrant par sucrant, dit lesquels colorent et à quelle température.

D’où le choix de la recette : sucre dans la croûte, xylitol dans la crème. Chaque sucrant fait ce qu’il sait faire — le saccharose le verre brun, le xylitol la douceur sans sucres.

Préparation

  1. Infuser la vanille : porter le lait, la crème légère, la gousse fendue et ses graines à frémissement, couvrir hors du feu et laisser infuser 20 minutes. Retirer la gousse.
  2. Préchauffer le four à 95 °C, chaleur statique.
  3. Mélanger les œufs et le xylitol au fouet, sans battre : il s’agit de dissoudre le xylitol, pas d’incorporer de l’air, qui ferait des bulles en surface.
  4. Verser le lait chaud sur les œufs, en filet et en remuant, puis passer l’appareil au chinois et laisser reposer 10 minutes. Écumer la mousse à la cuillère.
  5. Répartir dans les ramequins, environ 125 g chacun, posés sur une plaque.
  6. Cuire 45 à 55 minutes à 95 °C, jusqu’à ce que le bord soit pris et que le centre tremble encore d’un bloc quand on secoue la plaque. C’est le repère, plus que le minuteur : voir l’encadré ci-dessous.
  7. Refroidir à température ambiante, puis au réfrigérateur au moins 4 heures, ou une nuit.
  8. Éponger la surface au papier absorbant si des gouttes de condensation s’y sont posées : le sucre fondrait dans l’eau au lieu de caraméliser.
  9. Saupoudrer 4 g de cassonade par ramequin, en une couche régulière, et faire tomber l’excédent en tapotant le bord.
  10. Brûler au chalumeau, flamme à 3 ou 4 cm, en mouvements continus, jusqu’à un brun ambré uniforme. Laisser durcir deux minutes et servir aussitôt.

Pourquoi des œufs entiers cuisent plus bas. Une crème prise tient par les protéines de l’œuf, qui se déroulent à la chaleur et s’enchaînent en un réseau fin qui retient le liquide. Celles du jaune coagulent vers 65 à 70 °C ; celles du blanc commencent plus tôt, vers 62 °C, et forment un réseau plus serré. Une crème aux œufs entiers prend donc plus ferme, et elle passe plus vite du tremblant au grumeleux.

Au four à 95 °C, l’appareil monte lentement, et le centre atteint la prise sans que le bord la dépasse de beaucoup. À 150 °C, le bord grainerait et rendrait de l’eau avant que le centre soit pris. Le lait, plus riche en eau que la crème, rend ce passage un peu plus brusque encore : c’est lui qui impose la douceur de la cuisson.

Le xylitol, dissous dans l’eau de l’appareil, retarde un peu la coagulation, comme le sucre à poids égal. Ce sont des ordres de grandeur, tirés de la chimie des protéines de l’œuf, et non des mesures faites sur cette recette.

Le petit plus

  • La cassonade vaut mieux que le sucre blanc pour une couche aussi fine. Ses grains plus gros fondent moins vite, et ses traces de mélasse amorcent la coloration plus tôt : on brûle moins longtemps, et la crème en dessous chauffe moins.
  • L’erreur fréquente : brûler une crème encore tiède ou humide. Le sucre se dissout dans l’eau de surface et donne un sirop qui ne durcit pas. Une crème froide et épongée est la condition d’une croûte cassante.
  • Quatre grammes, c’est la couche la plus fine qui couvre un ramequin de 12 cm. En dessous, des taches de crème restent nues ; au-dessus, on revient aux 8 g de la version classique, et à 3,9 g de sucres de plus par ramequin.
  • La croûte se pose au dernier moment. Au réfrigérateur, le caramel reprend l’humidité de la crème et de l’air, et redevient mou en moins d’une heure.

Ce que valent vraiment les chiffres

Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 836 g de matières premières ramenés à 794 g : 42 g d’eau perdus à la cuisson lente, croûte comprise.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (132 g)Total pour 6 parts
Énergie125 kcal165 kcal992 kcal
Matières grasses6,6 g8,7 g52 g
  dont acides gras saturés3,4 g4,5 g27 g
Glucides14 g18 g110 g
  dont sucres6,1 g8,0 g48 g
  dont polyols7,6 g10 g60 g
Fibres alimentaires0,3 g0,4 g2,3 g
Protéines5,5 g7,3 g44 g
Sel0,14 g0,19 g1,12 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 836 g de préparation crue, 42 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 794 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :

  • Xylitol (E967) — Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV : coefficient de conversion des polyols, 2,4 kcal/g. Polyol pur.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 1, sucres 1, acides gras saturés 3, sel 0 — soit 5. Points positifs : protéines 2, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 2. Score : 3, ce qui donne un C.

Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 7,6 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)0,190 mPt/kgcalculé sur 93 % de la recette
Émissions de gaz à effet de serre0,26 kg CO₂ eq par partcalculé sur 100 % de la recette, dont une part estimée
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage—en attente
Planet-Score — climat—en attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)—clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversité—en attente
Planet-Score — bien-être animal—sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

Green-Score calculé — 62 / 100 · couverture 93 % · hors bonus et malus

A+ABCDEF

Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.

2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ingrédients sans score unique : Xylitol (E967). Ils sont exclus du score EF et du Green-Score, et leur masse compte comme non couverte. Rien n’est estimé à leur place.

Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.

Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Oeuf, cru 35 %, Lait demi-écrémé, UHT 32 %, Crème de lait, 15 à 20% MG, légère, semi-épaisse, UHT 26 % du score.

Climat estimé, score unique inconnu : Xylitol (E967) : 2,5 à 5 kg CO₂ eq par kilo, estimation encadrée du site, reconstruite par analogues industriels publiés (Blanco 2020, Akmalina 2019, Dasgupta 2021) — le détail du calcul. Ces ingrédients entrent dans la ligne des gaz à effet de serre, et dans elle seule : leur masse est comptée hors couverture pour le score unique comme pour le Green-Score, faute de connaître les quinze autres indicateurs.

Ingrédients rapprochés : Lait demi-écrémé (aliment moyen) → Lait demi-écrémé, UHT (lait demi-écrémé UHT — Agribalyse ne publie pas d'aliment moyen) ; Vanille, gousse → Vanille, extrait alcoolique (extrait de vanille — même plante, mais un extrait est dilué : l'impact d'une gousse au kilo est plus élevé). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.

Qualité de la donnée : DQR 1,6 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.

Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.

Comparée à la même recette au sucre

Pour 100 gAu xylitolAu sucre
Énergie125 kcal137 kcal
Sucres6,1 g13,6 g
Polyols7,6 g0 g
Matières grasses6,6 g6,6 g
dont acides gras saturés3,4 g3,4 g
Par ramequin de 132 g165 kcal / 8,0 g de sucres / 10,0 g de polyols181 kcal / 18,0 g de sucres / 0 g de polyols

Même recette, 60 g de sucre blanc à la place des 60 g de xylitol dans la crème, même croûte de 24 g de cassonade, mêmes données de composition, même perte à la cuisson.

55 % de sucres en moins, 9 % de calories en moins. Face à la même recette, le xylitol fait ce qu’on attend de lui sur les sucres, et peu sur l’énergie : il apporte 2,4 kcal par gramme contre 4 pour le sucre, sur 60 g seulement. Les calories d’une crème brûlée sont dans son laitage et ses œufs, et c’est là que la recette les a retirées. Ce qui reste de sucres, 8,0 g par ramequin, vient pour moitié du lactose du lait et de la crème, pour moitié de la croûte.

Le Nutri-Score, calculé sur les valeurs pour 100 g, donne C (algorithme révisé en 2023) : 1 point pour l’énergie, 1 pour les sucres, 3 pour les acides gras saturés, 0 pour le sel, moins 2 points de protéines, soit 3 points — à un point de B. La même recette au sucre fait 5 points et reste en C : ses 13,6 g de sucres en valent 3. La crème brûlée classique fait 20 points et tombe en E : 4 pour l’énergie, 6 pour les sucres, 10 pour les acides gras saturés, et ses protéines ne comptent plus dès que le total défavorable atteint 11. L’écart avec la version au sucre mérite une réserve : l’algorithme se calcule sur la ligne « sucres », dont les polyols sont exclus, et les 7,6 g de xylitol pour 100 g n’y comptent pour rien. Il ne dit rien de la tolérance digestive.

Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Le point à gagner est du côté des acides gras saturés, à 3,4 g pour 100 g : il faut passer sous 3 g. Ramener la crème légère de 150 à 100 g, en ajoutant 50 g de lait, les fait tomber à 2,7 g : la recette perd un point et passe de C à B, à 154 kcal par ramequin. La crème est un peu moins ronde en bouche ; c’est le levier qui coûte le moins.

Tout au lait, sans crème du tout, donne aussi B, avec 1,3 g d’acides gras saturés pour 100 g et 130 kcal par ramequin : la crème devient un flan à la vanille, ferme et net, et n’a plus grand-chose d’une crème brûlée. Le lait écrémé à la place du demi-écrémé descend à 2,97 g : B aussi, mais à trois centièmes du seuil, et une lettre qui tient à cela ne dit rien.

Supprimer la croûte ferait tomber les sucres à 3,2 g pour 100 g, sous le premier seuil, et donnerait B également — mais ce ne serait plus une crème brûlée. Les sucres, eux, ne descendent pas davantage : le lactose du lait et de la crème en fournit à lui seul plus de 4 g par ramequin.

Les mentions que ces chiffres autorisent

Recevables :

  • Source de protéines — les protéines apportent 17,6 % de l’énergie, seuil 12 %. Ce sont les œufs entiers et le lait qui la portent.
  • Réduit en sucres, face à la même recette au sucre — 6,1 g pour 100 g contre 13,6, soit 55 % de moins, pour 30 % exigés. Et avec elle les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre, à la formulation imposée mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant du xylitol à la place du sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre », et « … contribue au maintien de la minéralisation dentaire ». Elles portent sur la crème : la croûte, elle, reste du sucre.
  • Face à la crème brûlée classique, et à condition de la nommer : valeur énergétique réduite (125 kcal pour 100 g contre 334, soit 63 % de moins), réduit en matières grasses (6,6 g contre 25,3, soit 74 % de moins) et réduit en graisses saturées (3,4 g contre 14,1, soit 76 % de moins). Toutes exigent 30 % au moins.

Refusées, et il faut le dire :

  • « Sans sucres ajoutés » — la croûte est de la cassonade. Sans elle, la crème seule y aurait droit, avec la mention « contient des sucres naturellement présents ».
  • « Faible teneur en sucres » — 6,1 g pour 100 g, seuil 5 g. La croûte et le lactose suffisent à la dépasser.
  • « Valeur énergétique réduite » face à la même recette au sucre — 9 % de moins, il en faudrait 30. Elle n’est recevable que face à la version classique.
  • « Faible valeur énergétique » — 125 kcal pour 100 g, seuil 40.
  • « Faible teneur en matières grasses » — 6,6 g pour 100 g, seuil 3 g.
  • « Faible teneur en acides gras saturés » — 3,4 g pour 100 g, seuil 1,5 g.
  • « Riche en protéines » — 17,6 % de l’énergie, il en faudrait 20 %.
  • « Source de fibres » — 0,3 g pour 100 g, il en faudrait 3.

Variantes

  • À la fève tonka. Une demi-fève râpée dans le lait chaud, à la place de la vanille. Son goût d’amande et de foin coupé se passe de toute autre épice.
  • Au café. Deux cuillerées à soupe de grains concassés infusés dans le lait, 15 minutes, puis filtrés. L’amertume du café répond à celle de la croûte.
  • Aux agrumes. Le zeste d’une orange ou d’un citron non traité, prélevé en rubans et infusé avec la vanille. Rien à changer au calcul.
  • À la lavande. Une demi-cuillerée à café de fleurs séchées alimentaires, infusée 10 minutes au plus : au-delà, le goût tourne au savon.
  • Aux fruits rouges. Quelques framboises posées au fond du ramequin avant de verser l’appareil. Elles rendent un peu d’eau à la cuisson : compter 5 minutes de plus.

Substitutions

  • Le xylitol — l’érythritol convient dans la crème : il en faut environ 85 g, son pouvoir sucrant valant 0,6 à 0,7 fois celui du sucre. Il peut recristalliser en fines paillettes au froid, sur une crème gardée plus d’un jour. La stévia sucre aussi l’appareil, à dose infime, mais n’apporte pas de masse : la crème est alors un peu moins douce en bouche, et la part tombe sous 1 g de polyols.
  • La cassonade — le sucre blanc convient, en couche un peu plus épaisse pour colorer. Le sucre de fleur de coco brunit vite et prend un goût plus toasté : on le brûle de plus loin. Aucun polyol ne la remplace, voir l’encadré plus haut.
  • La crème légère — la crème entière à 30 % donne une texture plus ronde, au prix de 1,7 g d’acides gras saturés de plus par ramequin : la recette reste en C, mais à 4,7 g pour 100 g, loin du seuil de B. Une crème végétale au soja convient aussi, mais elle ajoute un allergène.
  • Le lait demi-écrémé — le lait entier donne une crème plus onctueuse et ajoute près de 0,8 g d’acides gras saturés par ramequin. Une boisson à l’amande sans sucres ajoutés prend moins bien : elle a peu de protéines pour épauler l’œuf.
  • Les œufs entiers — trois œufs et deux jaunes rapprochent la texture de celle d’une crème brûlée de pâtissier, au prix d’environ 1 g de lipides de plus par ramequin.

Conservation, avance et congélation

Les crèmes cuites, sans croûte, se gardent deux jours au réfrigérateur, filmées au contact pour qu’aucune condensation ne se pose en surface. C’est la bonne façon de les préparer : la veille, la crème a tout le temps de refroidir à cœur.

La croûte ne se garde pas. Elle se fait dans les minutes qui précèdent le service ; au froid, le caramel reprend l’humidité et ramollit en moins d’une heure.

La congélation ne convient pas : les cristaux de glace déchirent le réseau de protéines de l’œuf, et la crème rend son eau à la décongélation.

Le matériel

  • Six ramequins plats, de 12 cm de diamètre environ : une grande surface pour une croûte fine, et une crème peu épaisse qui cuit également.
  • Un chalumeau de cuisine. Le gril du four fait l’affaire à défaut, ramequins posés sur un lit de glaçons, au plus près de la résistance : la croûte colore moins également, et la crème tiédit.
  • Un chinois ou une passoire fine, pour un appareil lisse et sans filaments de blanc.
  • Une balance au gramme, pour les 4 g de cassonade par ramequin.
  • Un thermomètre de four : à 95 °C, un écart de vingt degrés change la texture.

Questions fréquentes

Peut-on caraméliser du xylitol au chalumeau ?
Non. Le xylitol fond vers 93 °C mais ne brunit pas : il donne un sirop clair qui ne durcit pas en croûte cassante. C’est pourquoi la croûte de cette crème brûlée reste en sucre, en couche fine. En bref : xylitol dans la crème, sucre dans la croûte.

Pourquoi des œufs entiers plutôt que des jaunes dans cette crème brûlée ?
Pour les calories et les graisses saturées : six jaunes apportent à eux seuls 32 g de lipides. Des œufs entiers donnent une crème plus ferme, qu’on cuit plus doucement pour la garder tremblante. En bref : la texture change un peu, les chiffres beaucoup.

Combien de sucres reste-t-il dans une crème brûlée au xylitol ?
8,0 g par ramequin : 3,9 g pour la croûte de cassonade, le reste pour le lactose du lait et de la crème. En bref : 8 g par ramequin, contre 26,8 g pour une crème brûlée classique.

Peut-on préparer la crème brûlée au xylitol la veille ?
Oui, la crème cuite se garde deux jours au réfrigérateur, filmée au contact. Seule la croûte se fait au dernier moment. En bref : la crème la veille, le chalumeau au moment de servir.

À savoir

Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire. La vanille est comptée pour sa masse, sans apport. Le xylitol est compté à 2,4 kcal par gramme, coefficient du règlement (UE) n° 1169/2011. La perte à la cuisson, 5 % de la masse crue, est estimée et non pesée. La crème brûlée classique qui sert de référence est calculée à part, sur les mêmes données ; les jaunes d’œuf, absents de l’extrait de la table embarqué par le site, y sont comptés par différence entre l’œuf entier et le blanc cru, en retenant un tiers de jaune pour deux tiers de blanc. Les températures de coagulation citées sont des ordres de grandeur de la littérature. Dites-nous en commentaire combien de temps vos ramequins ont demandé au four.

Si vous avez un chien : le xylitol est toxique pour le chien, même en petite quantité. Une crème brûlée se garde au réfrigérateur et se sert en ramequins : un ramequin posé à hauteur de museau, ou léché au fond d’un plat, suffit. Ne laissez rien de cela à sa portée. Ce qu’il faut savoir et que faire en urgence →

À servir avec, ou à essayer ensuite

Choisies parmi les recettes au même sucrant.

Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.