Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Une poire pochée se prépare dans un sirop, et c’est ce sirop qui pose la question. On le porte à frémissement avec 200 à 250 g de sucre par litre d’eau, on y cuit les fruits vingt minutes, on les égoutte, on réduit le liquide jusqu’à ce qu’il nappe la cuillère — et l’on en verse deux cuillerées par assiette. Le reste va à l’évier.
Ce reste n’est pas de l’eau sucrée. Pendant le pochage, la casserole ne contient plus deux milieux séparés. Au-delà de 60 °C, les membranes des cellules de la poire cessent d’être sélectives : il n’y a plus d’osmose, seulement de la diffusion, et tout ce qui est dissous — sucres, sorbitol, acides, arômes — circule librement entre la chair et le liquide jusqu’à ce que les concentrations s’égalisent. Le sirop qu’on jette emporte donc une part de ce qu’on y a mis, et une part de ce que le fruit a donné.
Le compte est faisable, et c’est là que la technique se décide. Sur les 250 g de sucre d’un pochage classique, 86 g partent à l’évier, soit un tiers. Et avec eux 3,4 des 12,1 g de sorbitol que les quatre poires ont cédés au bain, soit 28 %. Le sucre jeté ne compte pas dans l’assiette, c’est entendu ; mais il explique pourquoi on en met autant au départ, et pourquoi ce qui finit dans l’assiette est si difficile à prévoir.
D’où la recette ci-dessous, qui ne jette rien : les poires sont pochées dans le plus petit volume qui les couvre, le liquide est réduit en entier, et tout est servi. La dose cesse d’être ce qui reste au fond d’une casserole pour devenir ce qu’on a décidé — 60 g de sirop d’érable pour quatre personnes, et 127 kcal par portion au lieu de 249.
Dessert · cuisine françaiseLecture 21 min
- Préparation
- 20 min
- Cuisson
- 30 min
- Repos
- 1 h
- Total
- 1 h 50
- Pour
- 4 portions
- Difficulté
- facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- D’octobre à janvier
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Face aux poires pochées classiques
La référence retenue est le pochage ordinaire, celui des livres et des cartes de bistrot : quatre poires (600 g de chair), 1 litre d’eau, 250 g de sucre blanc, 25 g de jus de citron et une gousse de vanille, les fruits égouttés, le sirop réduit jusqu’à napper, et 50 g de ce sirop servis par personne — le reste n’étant pas mangé, il n’est pas compté. Les deux recettes ne pèsent pas la même chose dans l’assiette : la comparaison ci-dessous se fait donc à portion égale de 200 g, et non part à part.
| Par portion de 200 g | Cette recette | Poires pochées classiques | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 23,8 g | 53,0 g | − 55 % |
| Énergie | 127 kcal | 238 kcal | − 47 % |
| Polyols | 3,0 g | 2,1 g | |
| Nutri-Score | B, 2 points | C, 8 points |
L’écart ne vient pas du sucrant : il vient de la quantité de sucrant qui finit dans l’assiette. À portion de 200 g, le pochage classique en apporte 38,9 g contre 9,0 g ici — 155 kcal contre 40. Ces 115 kcal couvrent à elles seules les 111 kcal d’écart ; le fruit, lui, tire légèrement dans l’autre sens, puisque la version allégée en contient proportionnellement davantage et apporte donc un peu plus de sucres propres et de fibres. Le sirop d’érable n’y est pour rien, et le tableau du bas le montre : à sucres égaux, il coûte quatre calories de plus par portion que le sucre blanc.
Les deux lignes de polyols se lisent dans le même sens : ce sont celles du fruit. La poire en porte 2,02 g aux 100 g naturellement, et la version qui garde tout son sirop en restitue davantage que celle qui en jette la moitié.
Ingrédients
Pour 4 portions, soit environ 800 g de poires et de sirop.
- 600 g de chair de poire, soit quatre poires d’environ 180 g, épluchées, coupées en deux et épépinées — des conférence ou des doyenné du comice, fermes, à peine mûres
- 350 g d’eau, pas davantage : c’est le volume qui couvre les demi-poires dans une casserole étroite
- 60 g de sirop d’érable
- 25 g de jus de citron, soit un demi-citron
- Un bâton de cannelle, deux clous de girofle, une étoile de badiane et une lanière de zeste de citron — infusés puis retirés
Allergènes présents : Fruits à coque (amande, avec peau, sans sel ajouté)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Le bain de pochage est un bain d’échange, et il se compte. Dans la casserole classique, il y a 1 524 g d’eau — 1 litre versé, 502 g apportés par les poires elles-mêmes, une vingtaine par le citron — et 308 g de matière sucrée dissoute, dont 58 g viennent du fruit. Une fois les membranes mortes, ces 308 g se répartissent au prorata de l’eau : un tiers reste dans la chair, deux tiers dans le liquide.
C’est la raison pour laquelle une poire pochée dans un sirop très dosé n’est pas une poire très sucrée : elle ne peut pas dépasser la concentration du bain, et ce bain s’est dilué de l’eau du fruit en même temps qu’il le sucrait. Le reste du sucre attend dans la casserole — et son sort dépend d’une décision de service, pas d’une recette.
Le même mécanisme, conduit à froid et dans un sirop assez concentré pour que l’eau sorte au lieu d’entrer, porte un nom en industrie : c’est la déshydratation osmotique. Ici on fait l’inverse, et la chaleur supprime la sélectivité qui rend l’opération pilotable.
Ce que la réduction concentre, et ce qu’elle ne concentre pas. Réduire un sirop, c’est en retirer de l’eau : tout ce qui n’est pas volatil s’y concentre à proportion — les sucres, le sorbitol, les acides, les minéraux du sirop d’érable. Les arômes des épices, eux, sont des molécules plus volatiles que l’eau : elles partent les premières, avec la vapeur. C’est le même constat que sur un séchage ou une concentration industrielle, où la perte d’arôme est le poste qu’on cherche à récupérer.
Un sirop longuement réduit à découvert est donc plus sucré et moins parfumé que le bain dont il sort. L’équilibre bascule du côté du sucré sans qu’on ait rien ajouté, et le réflexe est alors d’en remettre : c’est corriger le mauvais terme. Ce qui manque est le parfum, et il se remet — voir l’étape 6.
Préparation
- Choisir la casserole avant les poires. Elle doit être juste assez large pour contenir les huit demi-poires serrées en une seule couche. C’est elle qui fixe le volume d’eau, donc tout le reste.
- Éplucher, couper en deux, retirer le cœur à la cuillère parisienne ou à la petite cuillère. Citronner au fur et à mesure avec la moitié du jus : la chair brunit en quelques minutes à l’air.
- Réunir dans la casserole l’eau, le sirop d’érable, le reste du jus de citron, la cannelle, les clous de girofle, la badiane et le zeste. Porter à frémissement et remuer jusqu’à dissolution.
- Coucher les demi-poires face bombée vers le haut, poser dessus un disque de papier cuisson percé en son centre pour les tenir immergées, et couvrir.
- Pocher 18 à 25 minutes à tout petit frémissement, jamais à gros bouillons. La pointe d’un couteau doit traverser sans effort, la demi-poire gardant sa forme. Une poire à peine mûre demande cinq minutes de plus qu’une poire mûre ; une poire mûre se défait.
- Sortir les poires à l’écumoire, retirer les épices, et réduire le bain à découvert jusqu’à 200 g — la casserole sur la balance, remise à zéro à vide, est le seul moyen sûr d’arrêter au bon moment. Compter huit à dix minutes. Remettre le bâton de cannelle et le zeste dans les deux dernières minutes : c’est ce qui rend à la fin le parfum que la réduction a emporté.
- Verser le sirop sur les poires et laisser tiédir ensemble au moins une heure. Les demi-poires continuent de se gorger pendant ce temps, à une concentration qui est désormais celle du sirop réduit.
- Servir deux demi-poires et un quart du sirop par personne, soit environ 50 g. Rien ne reste dans la casserole : c’est la recette.
Le petit plus
- Peser la casserole plutôt que regarder le sirop. « Jusqu’à ce qu’il nappe la cuillère » est un repère qui se lit à chaud et qui trompe : un sirop qui nappe chaud est un sirop trop réduit une fois froid. 200 g, c’est un chiffre, et il ne discute pas.
- L’erreur fréquente : trop d’eau. Un litre pour quatre poires est l’habitude, et c’est elle qui fabrique le sirop excédentaire. Si les fruits affleurent dans une casserole étroite, l’échange se fait tout aussi bien — c’est la concentration qui travaille, pas le volume.
- Le choix de la poire décide de la tenue. Une conférence ferme garde ses quartiers vingt minutes ; une williams mûre se transforme en compote. C’est le seul paramètre de cette recette qu’aucun calcul ne rattrape.
- Une pincée de sel dans le bain — 0,3 g, pas davantage. Elle ne se goûte pas et fait ressortir la poire, dont le parfum est discret. Elle n’est pas dans la composition ci-dessous, et son apport de sel serait de 0,015 g aux 100 g.
- Le sirop restant, s’il en reste malgré tout, se garde à part au réfrigérateur et se verse sur un fromage blanc ou dans une infusion. Jeté, c’est un tiers de ce qu’on a acheté.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 1 035 g pesés — les 350 g d’eau comprise, puisque le sirop se mange — ramenés à 800 g pesés à la fin, soit 235 g d’eau évaporée. Les épices sont infusées puis retirées et ne sont pas comptées.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (220 g) | Total pour 4 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 114 kcal | 250 kcal | 1 000 kcal |
| Matières grasses | 4,9 g | 11 g | 43 g |
| dont acides gras saturés | 0,4 g | 0,9 g | 3,7 g |
| Glucides | 14 g | 31 g | 123 g |
| dont sucres | 11 g | 25 g | 99 g |
| dont polyols | 1,4 g | 3,0 g | 12 g |
| Fibres alimentaires | 3,1 g | 6,9 g | 28 g |
| Protéines | 2,0 g | 4,3 g | 17 g |
| Sel | 0,01 g | 0,02 g | 0,07 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 4 parts : 1 115 g de préparation crue, 235 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 880 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Eau — Eau du robinet ou embouteillée : aucun apport énergétique. Comptée pour sa masse seulement, ce qui dilue les valeurs pour 100 g — indispensable dès qu'une recette est une boisson ou un sirop.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 1, sucres 3, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 4. Points positifs : protéines 0, fibres 1, fruits et légumes 2 (61 % de la recette) — soit 3. Score : 1, ce qui donne un B.
Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 1,4 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,100 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,15 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 75 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Amande (avec peau) 54 %, Poire, pulpe et peau, crue 27 %, Sirop d'érable 16 % du score. Les fruits à coque et les graines oléagineuses sont notés très sévèrement par la méthode européenne — l’huile de noisette y pèse quatre fois le beurre — en raison de rendements à l’hectare faibles et d’une consommation d’eau élevée. C’est un choix de méthode, discutable et documenté, non une singularité de ce site : une recette aux oléagineux se retrouve mal classée alors même que ses qualités nutritionnelles sont reconnues.
Ingrédients rapprochés : Eau → Eau du robinet (eau du robinet). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,6 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparées aux mêmes poires pochées au sucre blanc
Cette seconde comparaison n’est pas la précédente : elle ne confronte pas la recette à ce qu’on fait d’habitude, mais à elle-même avec un autre sucrant, à sucres égaux. Les 60 g de sirop d’érable portent 36,1 g de sucres : l’équivalent est donc 36 g de sucre blanc, et non 60.
| Pour 100 g | Au sirop d’érable | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 63,5 kcal | 63,2 kcal |
| Sucres | 11,90 g | 12,24 g |
| Polyols | 1,52 g | 1,56 g |
| Fibres | 2,19 g | 2,26 g |
| Nutri-Score | B, 2 points | B, 2 points |
Mêmes poires, même eau, même citron, même réduction de 235 g ; 36 g de sucre blanc à la place des 60 g de sirop d’érable.
Les deux colonnes sont à moins d’une demi-calorie l’une de l’autre, et la lettre ne bouge pas. Sur le plat entier, le sirop d’érable apporte même 17 kcal de plus que son équivalent en sucre blanc — 161 contre 144 —, parce qu’il faut 60 g du premier pour 36 g du second ; par portion, cela fait quatre calories. Ce que chacun réussit est ailleurs : le sirop d’érable apporte un goût propre, boisé et légèrement caramélisé, qui tient dans un bain parfumé aux épices et qui dispense de la vanille ; le sucre blanc apporte une douceur neutre, qui laisse passer la poire et la badiane sans rien y ajouter. Le même constat a été fait ailleurs sur le site, sur des abricots rôtis au sirop d’agave et un crumble au sucre de fleur de coco : changer de sucre ne change pas les calories, et ce n’est pas pour cela qu’on en change.
Le Nutri-Score, point par point. Pour 100 g du plat fini, la recette compte trois points défavorables — zéro pour l’énergie (268 kJ, le premier seuil est à 335), trois pour les sucres (11,90 g, entre les seuils de 10 et de 14), zéro pour les acides gras saturés (0,05 g) et zéro pour le sel (0,007 g) — et un seul point favorable : zéro pour les fibres (2,19 g, il en faudrait 3), zéro pour les protéines, et un pour le fruit. Score de 2, donc B, le B allant de 1 à 2 et le A s’arrêtant à 0. La part de fruit se compte sur la masse crue, et c’est le terme qui ne se devine pas : les 600 g de poire pèsent 58,0 % des 1 035 g mis dans la casserole, eau comprise, et non 75 % des 800 g qui en sortent — l’eau qu’on évapore reste au dénominateur. À 58 %, le fruit vaut un point et non deux, le palier suivant étant à 60 %. La référence classique est comptée sur la même base : ses 600 g de poire pèsent 32 % des 1 875 g de sa casserole, ce qui ne lui donne aucun point de fruit, d’où ses huit points. Les 1,52 g de polyols aux 100 g sont le sorbitol de la poire : l’algorithme ne les compte pas dans la ligne des sucres, ce qui allège la note sans rien dire de la tolérance digestive — à 3,0 g par portion la question ne se pose pas ici, mais elle se poserait si le sucrant était lui-même un polyol.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il faut deux points, et le levier le moins coûteux ne retire pas un gramme de sucre : il retire l’eau qu’on verse, et non celle qu’on évapore. Pocher sans eau ajoutée — les demi-poires serrées dans la casserole couverte, qui rendent les leurs —, c’est 685 g de masse crue au lieu de 1 035, où le fruit pèse 87,6 % : son point passe de 1 à 5, et le score de 2 à − 1. A. Réduit à 650 g, le plat fait alors 78 kcal et 14,65 g de sucres aux 100 g — plus concentré qu’avant, et pourtant mieux noté, puisque ce que l’algorithme compte ici est la part de fruit dans ce qu’on a mis dans la casserole. Ce que cela coûte est une portion plus petite, 162 g au lieu de 200, pour exactement les mêmes 23,8 g de sucres et les mêmes 127 kcal : rien de ce qu’on mange n’a changé.
La bascule tient aux paliers de la part de fruit, et ils se comptent sur la masse crue : 1 035 g pesés au départ donnent 58,0 %, là où le deuxième palier commence à 60 %. Quarante grammes d’eau en moins — 310 g au lieu de 350 — valent donc un point, sans rien changer d’autre : ni le goût, ni une seule des valeurs pour 100 g, puisque la masse finie reste la même. Le palier de 80 % demande de descendre sous 745 g de masse crue, soit 60 g d’eau au plus : c’est la variante sans eau ci-dessus.
Un second chemin donne le A sans toucher à la technique, mais il coûte le parfum : 310 g d’eau et 34 g de sirop d’érable au lieu de 60. Les sucres tombent à 9,95 g aux 100 g, juste sous le seuil de 10, ce qui vaut un point ; la part de fruit passe à 62,6 %, ce qui en vaut un second ; le plat fini à 800 g fait 55 kcal aux 100 g, et le score tombe à zéro. A — mais avec 43 % de sirop d’érable en moins, c’est-à-dire l’essentiel de la raison d’en mettre.
Un levier qui paraît évident ne marche pas, et il valait d’être calculé : passer la barre des 3 g de fibres avec des amandes effilées. Il en faudrait 80 g, et le point de fibres ainsi gagné est repris par le point d’énergie — 474 kJ aux 100 g au lieu de 268 — : la recette reste en B. Et ce qui ferait descendre la recette : doubler le sirop d’érable à 120 g pour la même masse finale, ce qui porte les sucres à 16,42 g, l’énergie au-dessus de son premier seuil et la part de fruit à 54,8 % — deux points de plus, et un C.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables :
- Réduit en sucres et valeur énergétique réduite, à la condition de nommer la référence : face aux poires pochées classiques décrites plus haut, l’écart est de 55 % sur les sucres et de 47 % sur l’énergie, là où le règlement (CE) n° 1924/2006 exige 30 %. Une allégation comparative ne vaut que par rapport à ce à quoi on compare : elle est refusée face à la même recette au sucre blanc, où l’écart est nul.
- Faible teneur en matières grasses, en acides gras saturés et en sodium — recevables sur le papier, mais aucun fruit poché n’est gras ni salé : les mettre en avant serait trompeur au sens de l’article 7, § 1, c) du règlement (UE) n° 1169/2011.
Refusées, et il faut le dire :
- « Sans sucres ajoutés » — le sirop d’érable est un sucre ajouté, et il en apporte 36 g. C’est la mention que ce plat ne peut pas porter, quelle que soit la réduction obtenue.
- « Faible teneur en sucres » — 11,9 g pour 100 g, il en faudrait 5,0. Même sans aucun sucrant le plat resterait à 8,0 g, parce que la poire en apporte 9,75 aux 100 g.
- « Sans sucres » — il faudrait 0,5 g pour 100 g.
- « Faible valeur énergétique » — 64 kcal pour 100 g, il en faudrait 40 au plus.
- « Source de fibres » — 2,2 g pour 100 g, il en faudrait 3. La poire en a 2,9, et l’eau du sirop dilue.
- « Source de protéines » — 1,8 % de l’énergie, il en faudrait 12 %.
Variantes
- Au vin rouge. La moitié de l’eau remplacée par un vin rouge léger, badiane et poivre long. L’alcool part presque entièrement à la réduction à découvert, mais pas tout : la mention s’impose si l’on sert des enfants.
- Poires et coings. 400 g de poire et 200 g de coing, le coing mis quarante minutes avant la poire parce qu’il demande ce temps-là. Il apporte sa pectine, qui épaissit le sirop sans qu’on ait à le réduire autant — le mécanisme est détaillé sur les coings pochés.
- Version salée, pour un fromage à pâte pressée. Sans cannelle ni badiane, avec du laurier, du poivre noir et 15 g de vinaigre de cidre en plus du citron, le sirop réduit à 150 g.
- Au four plutôt qu’à la casserole. Les demi-poires dans un plat, le bain versé dessus, 40 minutes à 180 °C à découvert : l’évaporation et le pochage se font en même temps, ce qui dispense de la réduction mais retire tout contrôle sur la masse finale — donc sur les chiffres.
Substitutions
- Le sucre blanc — 36 g pour les 60 g de sirop d’érable, à sucres égaux. Chiffres quasi identiques, goût plus net sur le fruit.
- Le xylitol — 36 g également, son pouvoir sucrant étant celui du sucre. Il retire environ 50 kcal au plat entier et abaisse les sucres à 7,9 g aux 100 g ; il ajoute en revanche 36 g de polyols à ceux de la poire, soit 12 g par portion au lieu de 3, ce qui rapproche du seuil de tolérance et imposerait de recompter. Un sirop au xylitol nappe moins : il faut réduire plus bas.
- L’érythritol — environ 52 g pour une douceur équivalente, et un sirop qui recristallise au froid. C’est précisément le plat où cela se voit, puisqu’il se sert frais.
- La stévia — elle sucre le bain sans lui donner de corps : les poires cuisent aussi bien, mais il n’y a plus de sirop à réduire ni à napper, et c’est toute la technique de cette page qui disparaît. Les fiches des sucrants disent ce que chacun réussit.
- Le citron — remplaçable par le même poids de jus de citron vert. Pas par du vinaigre, dont le goût tient dans un plat sucré.
- Ce qui ne marche pas : supprimer le sucrant tout en gardant la technique. Sans matière dissoute, le bain réduit à 200 g ne donne pas un sirop mais de l’eau de cuisson parfumée, et l’échange avec le fruit se fait alors à son désavantage : la poire perd ses propres sucres dans le bain au lieu d’en recevoir.
Conservation, avance et congélation
Cinq jours au réfrigérateur, les demi-poires immergées dans leur sirop, en bocal fermé. Immergées, c’est important : ce qui dépasse s’oxyde et brunit. À 11,9 g de sucres aux 100 g, le sirop ne conserve rien — c’est le froid qui travaille, et ce bocal n’est pas une conserve.
Ce plat se prépare mieux la veille. Le repos prolonge l’échange à froid : les demi-poires finissent à la concentration du sirop réduit, et les épices remises en fin de réduction ont le temps de diffuser.
La congélation convient mal à la poire, dont la chair est tendre et riche en eau libre : elle ressort molle. Si la question se pose, mieux vaut congéler le sirop seul, en cubes, et pocher des fruits frais le jour venu.
Le matériel
- Une casserole étroite à fond épais, en inox ou émaillée, juste assez large pour huit demi-poires en une couche. C’est le seul ustensile qui décide de quelque chose ici.
- Une balance de cuisine, et une qui supporte la tare d’une casserole : la masse finale est le paramètre de la recette.
- Un disque de papier cuisson percé au centre, pour tenir les fruits sous le bain.
- Une cuillère parisienne pour les cœurs, à défaut une petite cuillère à bord fin.
- Pas de thermomètre : tout se joue au frémissement et à la balance, rien à un degré près.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment jeter si peu de sirop, ou peut-on en faire plus pour en garder ?
On peut, et c’est même raisonnable — à condition de savoir que les chiffres de cette page ne valent plus. Ils supposent que les 800 g sortis de la casserole sont mangés. Dès qu’on en met de côté, il faut peser ce qui est servi et refaire le calcul sur cette masse. En bref : le tableau nutritionnel d’un fruit poché n’est juste que si l’on sert tout le sirop.
Mes poires se sont défaites. Qu’est-ce qui a manqué ?
Elles étaient trop mûres, ou le bain a bouilli. Une poire se poche à peine mûre et à frémissement : dès qu’il y a des bulles franches, les demi-poires s’entrechoquent et les bords s’effritent. En bref : poires fermes, surface à peine frémissante.
Pourquoi mon sirop est-il sucré mais sans goût d’épices ?
Parce qu’il a trop réduit à découvert. Les sucres ne s’évaporent pas, les arômes si : plus la réduction est longue, plus le déséquilibre s’installe. Remettre une épice entière dans les deux dernières minutes corrige en une fois ce que vingt minutes de réduction ont emporté. En bref : le parfum se remet à la fin, il ne se rattrape pas en sucrant.
Le sirop d’érable est-il préférable au sucre pour cette recette ?
Les chiffres ne les séparent pas : à sucres égaux, le plat fait 63,5 kcal aux 100 g avec l’un et 63,2 avec l’autre. Ce qui les sépare est le goût — le sirop d’érable en apporte un, boisé, qui se marie aux épices et dispense de la vanille ; le sucre blanc n’en apporte aucun, ce qui laisse la poire seule au premier plan. En bref : le choix se fait sur le goût voulu, pas sur les calories.
Quel effet ce plat a-t-il sur la glycémie ?
Il apporte 23,8 g de sucres par portion, dont 14,6 g viennent du fruit et 9,0 g du sirop d’érable. L’indice glycémique d’un plat ne se calcule pas à partir de ceux de ses ingrédients : il se mesure sur des volontaires, selon la norme ISO 26642, et ce site ne publie pas de chiffre qu’il n’a pas mesuré. Ce que ces valeurs signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours. En bref : 23,8 g de sucres par portion, dont 61 % viennent de la poire.
Combien de temps les épices doivent-elles infuser ?
Les vingt minutes du pochage suffisent pour la cannelle et le girofle, qui libèrent vite ; la badiane est plus lente et gagne à être mise dès l’eau froide. Au-delà de quarante minutes, le girofle domine tout. En bref : tout dans l’eau froide, retiré avec les poires, et une épice remise à la fin.
À savoir
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire : elles varient avec la maturité des poires, qui décide à elle seule de plusieurs grammes de sucres aux 100 g, et avec la réduction obtenue. Les 350 g d’eau sont comptés dans la composition, puisque le sirop est mangé. Les épices — cannelle, girofle, badiane, zeste — sont infusées puis retirées et ne figurent pas dans le calcul ; la table ne porte d’ailleurs ni le clou de girofle ni la badiane. La répartition des matières dissoutes entre la chair et le bain est établie au prorata de l’eau, ce qui suppose un équilibre atteint : vingt minutes à 90 °C en approchent sans l’atteindre exactement, et les 86 g de sucre jetés d’un pochage classique sont donc un ordre de grandeur, non une mesure. La teneur en eau de la poire est prise à 83,6 %. Dites-nous en commentaire à quelle masse vous avez arrêté votre sirop.
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