Compote de pommes sans sucres ajoutés : 12,1 g de sucres aux 100 g, et tous viennent du fruit

Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.

Une compote sans sucres ajoutés contient plus de sucres qu’une pomme crue. La phrase surprend, et elle est arithmétique : on part de 1 kg de pommes à 10,6 g de sucres aux 100 g, on laisse partir 142 g d’eau à la casserole, et il reste 880 g de compote à 12,1 g aux 100 g. Rien n’a été ajouté ; l’eau est partie, et ce qui restait s’est resserré.

C’est tout le sujet de cette page. « Sans sucres ajoutés » ne dit rien de la quantité de sucres : la mention porte sur ce que le cuisinier verse, pas sur ce que l’étiquette compterait. Ici, la mention « faible teneur en sucres » est refusée — il en faudrait 5 g aux 100 g au plus, et nous sommes à 12,1.

La seconde chose que cette compote apprend, c’est que la variété commande le résultat plus que la technique. Une pomme n’a pas un goût sucré, elle a un rapport entre ses sucres et son acide malique. Or la cuisson concentre les deux exactement de la même façon : elle n’enlève que de l’eau. Une pomme acide donne une compote acide, et aucune durée de cuisson n’y changera quoi que ce soit. C’est pour cela que la recette se choisit au marché, et que la seule consigne qui compte arrive à la fin : goûter avant de décider s’il faut sucrer.

Les proportions retenues ici — deux tiers de variété douce qui se défait, un tiers de variété acide et parfumée — visent une compote qui se tient sans sucre ajouté. Le jus de citron n’est pas là pour le goût : il tient la couleur.

Dessert · cuisine françaiseLecture 21 min

Préparation
20 min
Cuisson
30 min
Total
50 min
Pour
880 g de compote, soit 6 portions de 147 g
Difficulté
très facile
Coût
bon marché
Saison
De septembre à mars

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Face à la compote classique

La référence est la compote de ménage, calculée sur les mêmes données de composition : les mêmes pommes, le même citron, la même cannelle, la même évaporation, et 100 g de sucre blanc pour 1 kg de pommes — la proportion ordinaire d’une compote maison, celle des livres de cuisine et des bocaux familiaux, ni un extrême ni une compote de pâtissier.

Par portion de 147 gCette recetteCompote classiqueÉcart
Sucres17,8 g30,9 g− 42 %
Énergie92 kcal142 kcal− 35 %
Fibres2,5 g2,3 g
Nutri-ScoreA, − 2 pointsB, 2 points

Portions de même masse pour les deux, un sixième de cette recette : la compote sucrée pèse 980 g au lieu de 880, et se comparer part à part ferait porter l’écart par la taille de l’assiette plutôt que par la recette.

Ici, tout l’écart tient au sucre qu’on n’ajoute pas, et c’est assez rare pour être dit. Sur la plupart des recettes de ce site, le sucrant n’explique qu’une fraction des calories gagnées, le reste venant d’un beurre réduit ou d’un laitage allégé. Une compote, elle, n’est faite que de fruit : il n’y a rien d’autre à alléger, donc les 50 kcal et les 13,1 g de sucres d’écart par portion viennent des 100 g de sucre, et de rien d’autre.

Et l’autre moitié du constat vaut d’être lue : même sans un gramme de sucre ajouté, il reste 17,8 g de sucres dans l’assiette. Le fruit en apporte autant qu’un yaourt sucré du commerce. C’est une compote de pommes, pas une préparation pauvre en sucres, et la page le dit avant les chiffres plutôt qu’après.

Ingrédients

Pour 6 portions d’environ 147 g — 880 g de compote.

  • 1 000 g de pommes pelées et épépinées, soit environ 1 250 g de fruits entiers :
    • 650 g de variété douce qui se défait — Golden bien mûre, Reinette du Mans, Elstar
    • 350 g de variété acide et parfumée — Belle de Boskoop, Reine des reinettes, Canada grise
  • 20 g de jus de citron, soit le jus d’un demi-citron
  • 2 g de cannelle en poudre, soit une cuillerée à café rase

Pas d’eau : une pomme en contient 85 %, et à couvert sur feu doux elle la rend d’elle-même dans les premières minutes. Ajouter un fond d’eau oblige à l’évaporer ensuite, ce qui allonge la cuisson et fatigue le goût du fruit.

Aucun des quatorze allergènes de l’annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011 n’est apporté par les ingrédients de cette recette.

Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.

Pourquoi le choix de la variété n’est pas rattrapable en cuisine. Ce qu’on appelle le goût sucré d’une pomme est un rapport, jamais une valeur seule : ses sucres — fructose pour l’essentiel, puis glucose et saccharose — d’un côté, son acide malique de l’autre. Les premiers vont de 9 à 13 g aux 100 g selon la variété et la maturité ; le second de 0,2 à 1,0 g, ce qui est un écart d’un facteur cinq. Deux pommes aux sucres identiques peuvent donc se goûter très différemment.

À la cuisson, ni les sucres ni l’acide malique ne s’en vont : l’un comme l’autre sont peu volatils et restent dans la casserole. Seule l’eau part. Le rapport entre les deux traverse donc la cuisson inchangé, et c’est ce qui rend la variété décisive : on ne peut pas cuire une Granny Smith jusqu’à ce qu’elle devienne douce, on peut seulement obtenir une compote acide plus concentrée.

Le mélange répond aux deux exigences à la fois. Les variétés mûres à chair tendre — Golden, reinettes, Elstar — se défont parce que la protopectine de leurs parois cellulaires s’est déjà dégradée sur l’arbre : elles donnent la texture. Les variétés fermes et acides — Boskoop, Canada grise — tiennent davantage en morceaux et apportent le relief sans lequel une compote douce paraît plate. Deux tiers, un tiers : c’est le point de départ, à déplacer selon ce que le marché propose.

Préparation

  1. Presser le citron dans un saladier avant même de toucher aux pommes. C’est là que tomberont les quartiers au fur et à mesure.
  2. Peler, épépiner et couper les pommes en quartiers de 2 à 3 cm, en les jetant dans le citron au fil de la découpe et en remuant. Une pomme coupée brunit en quelques minutes ; l’encadré ci-dessous dit pourquoi, et pourquoi le citron l’arrête.
  3. Verser le tout dans une casserole à fond épais, avec le jus de citron qui reste au fond du saladier. Couvrir.
  4. Cuire à feu doux 20 à 25 minutes, à couvert, en remuant toutes les cinq minutes. Les pommes rendent leur eau dans les premières minutes, puis s’affaissent. Ne pas monter le feu : c’est le fond qui attacherait, et une compote qui a attaché garde son goût de brûlé.
  5. Écraser à la fourchette ou au presse-purée, selon la texture voulue. Le mixeur plongeant donne une purée lisse et très pâle, presque blanche, parce qu’il incorpore de l’air : à réserver à ceux qui la veulent ainsi.
  6. Ajouter la cannelle et poursuivre la cuisson à découvert 5 à 10 minutes, en remuant. C’est ici que l’eau part et que la compote se resserre.
  7. Peser la casserole — voir l’encadré vert. La cible est 880 g de compote ; en dessous, on concentre, au-dessus on laisse encore évaporer.
  8. Goûter tiède, et alors seulement décider. Si la compote paraît acide, elle le restera : le sucre ne se rajoute utilement qu’à ce moment-là, en connaissance de cause, et le paragraphe du Nutri-Score chiffre ce qu’il en coûte.
  9. Mettre en bocaux propres pendant que la compote est chaude, fermer, laisser refroidir, puis réfrigérer.

Le brunissement, et les deux façons de l’arrêter. La chair d’une pomme coupée brunit parce qu’une enzyme, la polyphénol oxydase, entre en contact avec l’oxygène de l’air et oxyde les composés phénoliques du fruit en pigments bruns. Elle est enfermée dans des compartiments cellulaires tant que la chair est intacte ; le couteau la libère.

Elle a deux points faibles. Le premier est le pH : elle travaille bien entre 5 et 7, très mal en dessous de 4. Le jus de citron descend la surface des quartiers dans cette zone, et son acide ascorbique fait le reste en réduisant les pigments à mesure qu’ils se forment. Le second est la chaleur : au-delà de 70 à 80 °C, l’enzyme est dénaturée et ne travaille plus. C’est le principe du blanchiment industriel.

D’où la conduite de la recette : le citron couvre l’épluchage, la casserole couverte fait passer vite la zone où l’enzyme est active. Une compote qui vire au brun a presque toujours attendu coupée sur la planche.

La balance dit quand c’est fini. Pesez la casserole vide avant de commencer, puis la casserole pleine en fin de cuisson : la différence est la compote. Les 1 022 g de matières premières doivent descendre à 880 g, soit 142 g d’eau partis, 14 % de la masse de départ. Tous les chiffres de cette page tiennent à cette pesée : une compote laissée à 700 g est plus concentrée, plus sucrée aux 100 g, et son tableau nutritionnel n’est plus celui-ci. Le diamètre de la casserole compte plus que la durée, une casserole large évaporant deux fois plus vite qu’une casserole haute.

Le petit plus

  • La cannelle s’ajoute après l’écrasement, pas au début. Ses composés aromatiques, le cinnamaldéhyde en tête, sont volatils : vingt minutes à couvert en emportent une bonne part, et il en faut alors le double pour retrouver le même parfum.
  • L’erreur fréquente : couvrir jusqu’au bout. Une compote cuite entièrement à couvert ne perd presque pas d’eau — la vapeur retombe dans la casserole. Elle reste liquide, on la juge ratée, et on ajoute du sucre pour lui donner du corps alors que c’est de l’évaporation qu’elle manque.
  • Goûter tiède, jamais brûlant ni glacé. La perception du sucré s’éteint au froid et s’exagère au chaud. Une compote jugée parfaite dans la casserole peut paraître fade au réfrigérateur le lendemain : c’est à 25-30 °C qu’on l’évalue pour ce qu’elle sera.
  • Les trognons et les épluchures ne se jettent pas forcément. Ce sont les parties les plus riches en pectine du fruit. Cuits vingt minutes dans un peu d’eau puis filtrés, ils donnent un jus gélifiant qui épaissit la compote sans rien y ajouter de sucré.
  • Une pincée de sel, deux ou trois grains, se remarque. Elle ne rend pas la compote salée : elle atténue la perception de l’amertume des pépins écrasés et de la peau, ce qui laisse plus de place au fruit. Elle reste hors du calcul, tant elle est légère.

Ce que valent vraiment les chiffres

Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 1 022 g de matières premières ramenés à 880 g de compote : les 142 g d’eau évaporés sont ce qui sépare les deux colonnes de toute la page. Il n’y a pas d’eau de cuisson ajoutée à retrancher, puisqu’il n’y en a pas.

Déclaration nutritionnelle

 Pour 100 gPar part (147 g)Total pour 6 parts
Énergie63 kcal92 kcal551 kcal
Matières grasses0,3 g0,4 g2,6 g
  dont acides gras saturés0,1 g0,1 g0,5 g
Glucides13 g20 g118 g
  dont sucres12 g18 g107 g
  dont polyols0,0 g0,0 g0,0 g
Fibres alimentaires1,7 g2,5 g15 g
Protéines0,3 g0,4 g2,7 g
Sel0,01 g0,01 g0,05 g

Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.

Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 1 022 g de préparation crue, 142 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 880 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.

Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).

Nutri-Score calculé

Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 3, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 3. Points positifs : protéines 0, fibres 0, fruits et légumes 5 (98 % de la recette) — soit 5. Score : -2, ce qui donne un A.

Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.

IndicateurRésultatÉtat
Score unique EF (Agribalyse)0,048 mPt/kgcalculé sur 100 % de la recette
Émissions de gaz à effet de serre0,07 kg CO₂ eq par partcalculé sur 100 % de la recette
Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage—en attente
Planet-Score — climat—en attente
Planet-Score — santé environnementale (pesticides)—clos sans objet — référentiel non public
Planet-Score — biodiversité—en attente
Planet-Score — bien-être animal—sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun

Green-Score calculé — 86 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus

A+ABCDEF

Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.

2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.

Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.

Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Pomme, pulpe et peau, crue 90 % du score.

Qualité de la donnée : DQR 2,0 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.

Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.

Il n’y a pas de seconde comparaison sur cette page, et c’est voulu. Les recettes de ce site en portent d’ordinaire deux : l’une face au plat classique, l’autre face à la même recette sucrée au sucre, pour isoler l’effet du seul sucrant. Ici les deux se confondent — la recette n’emploie aucun sucrant, et la compote classique est la même recette avec 100 g de sucre. Le tableau du haut dit donc tout ce qu’il y a à dire.

Le Nutri-Score donne A (algorithme révisé en 2023, régime général) : 0 point pour l’énergie — 265 kJ aux 100 g, le premier seuil est à 335 —, 3 points pour les sucres à 12,1 g, 0 pour les acides gras saturés et 0 pour le sel, soit 3 points défavorables ; en face, 5 points pleins pour la part de fruits, qui est de 99,8 %, et rien pour les fibres, à 1,7 g quand il en faudrait 3. Le score est de − 2, sur une échelle où A court jusqu’à 0 inclus. La compote classique, elle, fait 7 points défavorables contre les mêmes 5 favorables : score de 2, lettre B. Un seul poste sépare les deux lettres, celui des sucres, qui passe de 3 à 6 points — l’énergie en ajoute un au passage.

Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : A est le haut de l’échelle, et la recette y est avec deux points de marge. Ce qui se calcule, alors, c’est ce qui la ferait descendre — et il en faut beaucoup, parce que les sucres sont le seul poste qui compte pour elle.

La concentration. Les 106,5 g de sucres du fruit ne changent pas : c’est la masse finale qui décide de leur teneur aux 100 g. La compote reste en A tant qu’elle pèse plus de 630 g environ ; en dessous de 625 g — une évaporation de 38 % au lieu de 14 % —, les sucres franchissent 17 g aux 100 g et l’énergie franchit 335 kJ : six points défavorables, score de 1, lettre B. Autrement dit, on peut laisser partir 250 g d’eau de plus sans changer la lettre, au prix d’une marmelade épaisse qui n’est plus une compote.

Le sucre ajouté, et c’est le chiffre le plus instructif de la page : la lettre A tient jusqu’à une cinquantaine de grammes de sucre pour 1 kg de pommes, et bascule en B au-delà. À 40 g, le score est de − 1 ; à 50 g, de 0 ; à 53 g, de 1. L’algorithme ne mesure pas l’ajout, il mesure une teneur aux 100 g sur une préparation faite à 99,8 % de fruit : les cinq points de la part de fruits absorbent une bonne partie du sucre versé. C’est une propriété du calcul, pas un conseil — la ligne « sucres » du tableau, elle, monte dès le premier gramme.

Les mentions que ces chiffres autorisent

Recevables :

  • Sans sucres ajoutés — aucun monosaccharide, aucun disaccharide et aucune denrée employée pour ses propriétés édulcorantes n’entre dans la recette. Mention à faire suivre de « contient des sucres naturellement présents », et c’est précisément le sujet de cette page.
  • Réduit en sucres — 12,1 g aux 100 g contre 21,0 pour la compote classique, soit 42 % de moins, quand le règlement en demande 30. La mention n’a de sens qu’en nommant cette référence.
  • Valeur énergétique réduite — 63 kcal aux 100 g contre 97, soit 35 % de moins, même condition et même référence.
  • Faible teneur en matières grasses (0,3 g aux 100 g, seuil 3 g), faible teneur en acides gras saturés (0,1 g, seuil 1,5 g) et faible teneur en sodium (0,01 g de sel, seuil 0,12 g) sont recevables au sens des seuils, et ne seront pourtant pas écrites : l’article 7 du règlement (UE) n° 1169/2011 interdit de souligner l’absence d’un nutriment que les denrées comparables n’ont pas davantage. Aucune compote de pommes ne contient de matière grasse ni de sel. Le dire laisserait croire à une particularité de celle-ci.

Refusées, et il faut le dire :

  • « Faible teneur en sucres » — 12,1 g aux 100 g, il en faudrait 5 au plus. C’est l’écart entre la mention « sans sucres ajoutés », qui porte sur le geste, et une mention de teneur, qui porte sur le produit.
  • « Sans sucres » — même ligne, seuil de 0,5 g.
  • « Faible valeur énergétique » — 63 kcal aux 100 g, seuil 40.
  • « Source de fibres » — 1,7 g aux 100 g, il en faudrait 3. Les épluchures les emportent ; la variante non pelée, plus bas, s’en rapproche.
  • « Source de protéines » — 1,9 % de l’énergie, il en faudrait 12.
  • Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre — elles sont sans objet ici : elles supposent qu’un succédané remplace le sucre, et cette recette n’en emploie aucun.

Variantes

  • Sans peler. Les pommes coupées en quartiers avec leur peau, cuites de même, puis passées au moulin à légumes grille fine qui retient les peaux. La compote est plus colorée, plus parfumée, et plus riche en pectine — donc plus épaisse à masse égale. Le rendement baisse d’environ 8 %, les peaux retenues partant au moulin.
  • À la vanille plutôt qu’à la cannelle. Une demi-gousse fendue, glissée dans la casserole dès le début et retirée à la fin. La vanille arrondit et donne une impression de douceur sans rien sucrer — un effet de perception bien documenté, sur lequel il ne faut pas compter au-delà de ce qu’il est.
  • Pommes et poires, à parts égales. La poire apporte ses propres polyols — du sorbitol, entre 1 et 2 g aux 100 g selon la maturité — qui comptent dans la tolérance digestive et non dans la ligne des sucres. Une portion de 147 g en apporterait alors 1 à 1,5 g, ce qui reste loin du seuil de gêne.
  • Coing et pomme, en automne. Un tiers de coing pour deux tiers de pomme, le coing coupé plus fin parce qu’il cuit plus lentement. La compote devient rosée et beaucoup plus ferme, le coing étant l’un des fruits les plus riches en pectine.
  • Au four plutôt qu’à la casserole. Les quartiers étalés dans un plat, couverts d’un papier, 45 minutes à 170 °C. L’évaporation est plus lente et plus régulière, le goût plus concentré, et il n’y a rien à surveiller — mais la pesée finale est la même exigence.

Substitutions

  • Le jus de citron — du jus de citron vert, ou une pincée d’acide ascorbique en poudre (0,5 g suffit pour 1 kg). Le vinaigre de cidre tient le pH tout aussi bien mais s’entend mal avec la pomme. Ne rien mettre est possible si les pommes passent du couteau à la casserole en moins de cinq minutes.
  • La cannelle — une étoile de badiane, une pointe de cardamome, un zeste d’orange, ou rien du tout. Une compote de variété bien choisie n’a besoin d’aucune épice, et les épices coûtent toujours un peu du goût du fruit.
  • Si l’on veut malgré tout sucrer. La recette n’en a pas besoin, mais le choix appartient au lecteur, et il vaut mieux qu’il soit chiffré. Le xylitol se dose à poids égal du sucre et n’apporte que 2,4 kcal au gramme : 30 g pour 1 kg de pommes ajoutent 30 g de polyols à la casserole, soit 5 g par portion, et n’entrent pas dans la ligne « sucres ». L’érythritol demande environ une fois et demie la dose, son pouvoir sucrant valant 0,6 à 0,7 fois celui du sucre, et il se tolère à plus forte dose. La stévia sucre sans masse ni énergie, ce qui convient à une compote déjà épaisse : quelques gouttes, ajoutées tièdes et goûtées. Et le sucre lui-même reste une réponse : il sucre, il conserve, et le paragraphe du Nutri-Score dit ce qu’il coûte au calcul.

Conservation, avance et congélation

Quatre à cinq jours au réfrigérateur, dans un bocal propre et fermé, mise en pot chaude. C’est court, et la raison est nette : le sucre d’une confiture n’est pas un goût, c’est un conservateur. À 60 ou 65 % de sucre, il retient l’eau au point que ni levure ni moisissure n’en trouvent plus de disponible. Une compote sans sucres ajoutés reste à 85 % d’eau libre : c’est un milieu où les micro-organismes vivent bien. La confiture de fraises à la stévia se heurte exactement au même mur.

Et la pectine ne compense pas. La pomme en est richement pourvue, et la cuisson en milieu acide la rend soluble : la compote épaissit un peu. Mais un vrai gel de pectine hautement méthylée demande à la fois beaucoup de sucre et un pH bas. Sans le premier, il n’y a pas de gel — seulement une purée plus ou moins nappante, et rien qui protège.

Six mois au congélateur, en portions, dans des bacs ou des sachets plats. La compote supporte très bien la congélation : sa texture est déjà celle d’une purée, et les cristaux n’ont pas de structure à casser. Elle rend un peu d’eau à la décongélation, qu’un tour de cuillère remet en place.

Plusieurs mois en bocaux stérilisés, pour qui veut mettre de côté une caisse de pommes : bocaux à joint remplis chauds, puis 20 minutes en eau bouillante à partir de la reprise de l’ébullition. Le traitement thermique détruit les micro-organismes présents, l’acidité naturelle de la pomme — pH inférieur à 4,5 — écarte le risque le plus sérieux, et le vide au refroidissement empêche une nouvelle contamination. Une fois le bocal ouvert, on repasse aux quatre jours au réfrigérateur, pas un de plus.

Le matériel

  • Une balance, et c’est le seul ustensile vraiment indispensable : sans elle, la masse finale n’est pas connue, et sans la masse finale aucun chiffre de cette page ne s’applique.
  • Une casserole à fond épais, large plutôt que haute. Le fond épais évite que la compote attache, la largeur commande l’évaporation.
  • Un presse-purée ou un moulin à légumes selon la texture voulue ; une simple fourchette suffit pour une compote rustique.
  • Un économe, plus rapide qu’un couteau sur 1 250 g de fruits, et qui retire moins de chair.
  • Des bocaux à fermeture, ébouillantés, pour la mise en pot chaude.

Questions fréquentes

Pourquoi une compote sans sucres ajoutés contient-elle plus de sucres qu’une pomme ?
Parce qu’on a retiré de l’eau et rien d’autre. La pomme crue est à 10,6 g de sucres aux 100 g ; après évaporation de 142 g d’eau sur 1 022 g de matière, la compote est à 12,1 g. Les sucres totaux n’ont pas bougé — 106,5 g dans la casserole au début comme à la fin —, c’est le dénominateur qui a maigri. En bref : « sans sucres ajoutés » qualifie ce qu’on verse, jamais ce que l’assiette contient.

Quelles pommes choisir pour une compote sans sucres ajoutés ?
Des variétés mûres à faible acidité pour la base — Golden, Elstar, Reinette du Mans —, complétées d’un tiers de variété acide et parfumée pour le relief. Ce qui se choisit, c’est le rapport entre les sucres et l’acide malique, et non les sucres seuls : la cuisson concentre les deux à l’identique et ne corrige rien. En bref : deux tiers de pommes douces qui se défont, un tiers d’acides et parfumées.

Faut-il ajouter de l’eau dans la casserole ?
Non. La pomme est à 85 % d’eau et la rend dans les cinq premières minutes à couvert. L’eau ajoutée devra ensuite être évaporée, ce qui allonge la cuisson et dilue le goût. La seule exception est une casserole à fond mince sur une plaque très chaude, où deux cuillerées évitent que cela attache le temps que les fruits s’ouvrent. En bref : pas d’eau, un couvercle et un feu doux.

Combien de temps se garde une compote sans sucres ajoutés ?
Quatre à cinq jours au réfrigérateur, six mois au congélateur, plusieurs mois en bocaux stérilisés. Le sucre d’une confiture retient l’eau et empêche les micro-organismes de s’y développer ; sans lui, c’est le froid ou la chaleur qui fait ce travail. En bref : quatre jours au frais, et le congélateur pour le reste.

Ma compote est acide : que faire ?
La cuisson ne la rendra pas douce, l’acide malique se concentrant exactement comme les sucres. Trois réponses, dans l’ordre du coût : ajouter des pommes douces bien mûres et recuire dix minutes, ce qui déplace le rapport ; ajouter une gousse de vanille ou une pincée de cannelle, qui donnent une impression de douceur sans sucrer ; sucrer enfin, en sachant ce que cela ajoute — 50 g pour 1 kg de pommes portent la portion de 17,8 à 25,4 g de sucres. En bref : corriger par la variété d’abord, par l’épice ensuite, par le sucre en dernier et en le comptant.

Où employer cette compote autrement qu’au dessert ?
Elle remplace une partie de la matière grasse dans les pâtes levées et les gâteaux au yaourt, où elle apporte l’humidité que le beurre donnait — le gâteau au yaourt à la compote repose là-dessus. Elle sert aussi de fond à un crumble, et accompagne un boudin ou un rôti de porc, où son acidité fait le travail d’une sauce. En bref : elle est autant un ingrédient qu’un dessert.

À savoir

Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire. Elles varient avec la variété et la maturité des pommes, qui sont le sujet même de cette page : la table décrit une pomme moyenne à 10,6 g de sucres aux 100 g, quand les variétés du commerce s’étagent de 9 à 13 g. Les pommes sont comptées sur la ligne « chair et peau » alors que la recette les pèle : les fibres annoncées sont donc un maximum, sans effet sur la lettre du Nutri-Score, le seuil de 3 g n’étant atteint dans aucun des deux cas. La masse finale de 880 g est une cible à peser, non une mesure : c’est elle qui fixe tous les chiffres aux 100 g. La pincée de sel facultative et le zeste d’orange de la variante ne sont pas comptés. Dites-nous en commentaire quelles variétés vous avez employées et quel poids de compote vous avez obtenu — c’est le chiffre qui manque le plus à cette page.

À servir avec, ou à essayer ensuite

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Nicolas Oger

Nicolas Oger édite Xylitol-Sucre.org depuis 2010. Il n'est pas professionnel de santé : sa démarche consiste à lire les publications scientifiques et les avis des agences sanitaires (EFSA, ANSES), puis à les restituer en citant ses sources, en distinguant ce qui est établi de ce qui reste discuté. Les contenus de ce site sont informatifs et ne remplacent pas un avis médical.