Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Une limonade maison, c’est de l’eau, du citron et ce qu’on met pour la sucrer. Rien d’autre. C’est ce qui rend l’exercice intéressant : tout ce qu’on change au sucrant se lit directement dans le verre, sans qu’une pâte, un beurre ou une crème viennent brouiller le compte.
L’érythritol y arrive avec une particularité : il a la masse du sucre sans son énergie. C’est un polyol qui pèse, qui se dose à la cuillère, qui se dissout comme du sucre, et que l’annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011 affecte d’un coefficient de zéro calorie par gramme. Dans une pâte, cette masse travaille : elle occupe la place du sucre. Dans une boisson, elle ne sert à rien — il n’y a aucune texture à porter. Ce qu’elle apporte ici, c’est un sucré franc, et une quantité de polyols qu’il faut compter.
Car il en faut beaucoup. Le pouvoir sucrant de l’érythritol vaut 0,6 à 0,7 fois celui du sucre : une fois et demie le poids pour la même douceur. Les 80 g de cette recette valent la douceur de 52 g de sucre, et non de 100 ; ils apportent 16 g de polyols par verre. C’est ce chiffre, et non le goût, qui a arrêté la dose : la recette est moins sucrée qu’une limonade ordinaire, et elle le dit.
Boisson · cuisine françaiseLecture 16 min
- Préparation
- 10 min
- Repos
- 1 h
- Total
- 1 h 10
- Pour
- 1,1 litre, soit 5 verres de 220 ml
- Difficulté
- très facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- Toute l’année
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Face à la limonade classique
La référence est la limonade de ménage, calculée sur les mêmes données de composition : le même jus de trois citrons, la même eau, et 100 g de sucre blanc pour le litre, soit 10 g de sucre pour 100 ml. C’est la proportion ordinaire d’une limonade maison, ni la plus sucrée ni la plus légère. Cinq verres dans les deux cas.
| Par verre | Cette recette (220 ml) | Limonade classique (224 ml) | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 0,6 g | 20,5 g | − 97 % |
| Énergie | 7 kcal | 87 kcal | − 92 % |
| Polyols | 16,0 g | 0 g | |
| Sucres, pour 100 ml | 0,3 g | 9,2 g | − 97 % |
| Énergie, pour 100 ml | 3,2 kcal | 38,8 kcal | − 92 % |
| Nutri-Score (grille des boissons) | C, 4 points | D, 9 points |
D’où vient l’écart. Il vient du sucrant, et de lui seul. Sur la carafe entière, la différence est de 399 calories : ce sont exactement les 100 g de sucre retirés, que l’érythritol ne remplace par aucune énergie. Les 35 calories qui restent sont celles du citron, communes aux deux versions, et aucune dose de sucrant ne les change. C’est le rapport inverse de ce qu’on observe sur une pâtisserie, où le beurre et la farine font le gros des calories et où le sucrant n’explique qu’une part de l’écart : dans une boisson, il n’y a rien d’autre.
Une précision sans laquelle le tableau serait trompeur : les deux limonades ne sont pas aussi sucrées. Les 80 g d’érythritol valent la douceur d’environ 52 g de sucre ; égaler les 100 g du classique en demanderait près de 150, soit 30 g de polyols par verre. La comparaison du bas de page, elle, se fait à goût sucré égal.
Ingrédients
Pour 1,1 litre, soit cinq verres de 220 ml.
- 120 g de jus de citron, soit le jus de trois citrons moyens, pressé du jour
- 80 g d’érythritol
- 200 g d’eau tiède (40 à 50 °C), pour la dissolution
- 700 g d’eau gazeuse très froide — une eau finement pétillante
- Pour servir : des glaçons, une rondelle de citron, quelques feuilles de basilic si vous aimez
Aucun des quatorze allergènes de l’annexe II du règlement (UE) n° 1169/2011 n’est apporté par les ingrédients de cette recette.
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
La fraîcheur de l’érythritol, et pourquoi elle ne se retrouve pas dans un verre. On lit souvent que l’érythritol rafraîchit la bouche. C’est exact, et c’est de la thermodynamique : sa dissolution est fortement endothermique — elle prend de la chaleur à ce qui l’entoure. Un cristal posé sur la langue se dissout dans la salive et refroidit la muqueuse ; c’est ce qui fait la sensation de mentholée fraîcheur d’un chewing-gum ou d’un glaçage.
Dans une limonade, cette dissolution a déjà eu lieu. La chaleur a été prise à l’eau de la carafe, qui a refroidi d’autant pendant qu’on remuait, et il ne reste plus rien à dissoudre en bouche. Une boisson à l’érythritol ne rafraîchit pas plus qu’une autre à la même température. Ce que l’érythritol apporte ici est ailleurs : un sucré qui monte vite et s’efface net, sans la note réglissée que laissent en fin de bouche certains édulcorants intenses, et sans l’épaisseur que le sucre donne à une boisson.
À 8 g pour 100 ml, la question de la solubilité ne se pose pas : l’érythritol se dissout très au-delà de cette concentration, et rien ne se dépose au réfrigérateur. Ce qui borne la dose n’est pas la solubilité mais la tolérance aux polyols.
Préparation
- Presser les citrons et peser 120 g de jus. Filtrer les pépins ; garder la pulpe, elle porte le parfum.
- Dissoudre l’érythritol dans les 200 g d’eau tiède, en remuant jusqu’à ce que le liquide redevienne parfaitement limpide. C’est plus long qu’avec du sucre, et le mélange refroidit sous la cuiller : les deux sont normaux.
- Ajouter le jus de citron, mélanger, et mettre au réfrigérateur au moins une heure. On obtient une base concentrée de 320 g.
- Allonger au moment de servir : verser les 700 g d’eau gazeuse très froide le long de la paroi de la carafe, doucement, et mélanger d’un seul tour de cuiller.
- Goûter dans un verre sur glaçons, c’est-à-dire comme la boisson se boira. Si elle paraît fade, c’est la base qu’on corrige — dix grammes d’érythritol de plus dissous à part —, jamais la carafe gazeuse, qu’on dégazerait en remuant.
Pourquoi le sucrant se dissout à part, et pourquoi la boisson paraît moins sucrée qu’elle ne l’est. Deux raisons de ne jamais jeter la poudre dans l’eau gazeuse. La première est mécanique : les cristaux offrent des sites de nucléation au gaz dissous, et il faut remuer longtemps pour les dissoudre — au bout de quoi la boisson est plate. La seconde est thermique : l’érythritol se dissout lentement en eau froide, et refroidir encore une eau glacée ne l’aide pas.
Ensuite, deux effets tirent la perception du sucré vers le bas. Le froid d’abord : les récepteurs du goût sucré répondent plus faiblement près de 5 °C qu’à la température de la bouche, alors que l’acidité du citron, elle, ne faiblit pas. Le gaz ensuite : le dioxyde de carbone dissous forme de l’acide carbonique, qui ajoute sa propre acidité et sa piqûre. Une limonade gazeuse et glacée paraît donc moins sucrée que la même base goûtée tiède à la cuiller — d’où la règle de l’étape 5.
Le petit plus
- Le zeste avant la dose. Le zeste d’un demi-citron non traité, laissé dix minutes dans la base tiède puis retiré, donne une impression de fruit qui dispense souvent des dix grammes de sucrant qu’on allait ajouter. Il n’apporte ni sucres ni calories comptables.
- Des glaçons de limonade. Des glaçons d’eau diluent le verre au fur et à mesure ; des glaçons faits avec la base, eux, le concentrent en fondant.
- L’erreur fréquente : tout préparer la veille. Le gaz s’échappe en quelques heures, même carafe fermée. La base se prépare à l’avance, l’eau gazeuse s’ajoute au dernier moment.
- Une pincée de sel. Quelques cristaux dans la base, imperceptibles comme tels, arrondissent l’acidité du citron mieux qu’une dose de sucrant supplémentaire.
- Presser les citrons à température ambiante, après les avoir roulés sous la paume : ils rendent nettement plus de jus que sortis du réfrigérateur.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, pour 1 100 g de boisson et cinq verres de 220 ml. Rien ne cuit, rien ne s’évapore : la masse finie est celle des ingrédients.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (220 g) | Total pour 5 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 3 kcal | 7 kcal | 35 kcal |
| Matières grasses | 0,0 g | 0,1 g | 0,3 g |
| dont acides gras saturés | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Glucides | 7,9 g | 18 g | 87 g |
| dont sucres | 0,3 g | 0,6 g | 2,9 g |
| dont polyols | 7,3 g | 16 g | 80 g |
| Fibres alimentaires | 0,0 g | 0,1 g | 0,5 g |
| Protéines | 0,0 g | 0,1 g | 0,5 g |
| Sel | 0,01 g | 0,01 g | 0,06 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 5 parts : 1 100 g de préparation crue, 0 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 1 100 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Érythritol (E968) — Règlement (UE) n° 1169/2011, annexe XIV : seul polyol affecté d'un coefficient de 0 kcal/g.
- Eau — Eau du robinet ou embouteillée : aucun apport énergétique. Comptée pour sa masse seulement, ce qui dilue les valeurs pour 100 g — indispensable dès qu'une recette est une boisson ou un sirop.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 0, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 0. Points positifs : protéines 0, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 0. Score : 0, ce qui donne un A.
Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 7,3 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,016 mPt/kg | calculé sur 93 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,02 kg CO₂ eq par part | calculé sur 93 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 95 / 100 · couverture 93 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ingrédients sans score unique : Érythritol (E968). Ils sont exclus du score EF et du Green-Score, et leur masse compte comme non couverte. Rien n’est estimé à leur place.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Jus de citron, pur jus 99 % du score.
Ingrédients rapprochés : Eau → Eau du robinet (eau du robinet). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,5 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même limonade au sucre
À goût sucré égal, cette fois : 52 g de sucre blanc à la place des 80 g d’érythritol, le reste inchangé.
| Pour 100 ml | À l’érythritol | Au sucre (52 g) |
|---|---|---|
| Énergie | 3,2 kcal (14 kJ) | 22,6 kcal (96 kJ) |
| Sucres | 0,3 g | 5,1 g |
| Polyols | 7,3 g | 0 g |
| Par verre | 7 kcal, 0,6 g de sucres, 16,0 g de polyols | 49 kcal, 10,9 g de sucres |
95 % de sucres en moins pour la même douceur, et 86 % de calories. L’écart est presque total parce que l’érythritol ne compte pour rien dans les deux lignes : ni sucres, puisque les polyols en sont exclus, ni énergie, puisque son coefficient réglementaire est nul. Ce qui subsiste appartient au citron.
Le Nutri-Score : la grille des boissons
Une boisson ne se note pas avec la grille des aliments solides. Dans la révision de 2023, celle des boissons réserve le A à l’eau et compte 4 points défavorables à toute boisson contenant un édulcorant, quelle qu’en soit la dose. Pour cette limonade, calculée sur les valeurs pour 100 ml : 0 point pour l’énergie (14 kJ, le seuil du premier point est à 30), 0 pour les sucres (0,3 g, seuil 0,5), rien pour les acides gras saturés ni le sel, et 4 points pour l’érythritol. Le citron ne fait que 11 % de la boisson, loin des 40 % qui ouvrent les points favorables. Total : 4 points, C.
La limonade classique en compte 9 : 3 points pour l’énergie (165 kJ) et 6 pour les sucres (9,2 g pour 100 ml). D. Et la même limonade sucrée à 52 g de sucre — celle du tableau ci-dessus — en compte 6 : 2 pour l’énergie, 4 pour les sucres, aucun pour l’édulcorant. C également. À douceur égale, les deux versions tiennent donc dans la même lettre, par des chemins opposés : l’une paie quatre points fixes pour son édulcorant, l’autre six points pour l’énergie et les sucres qu’elle apporte réellement. La grille des boissons ne mesure pas la dose d’édulcorant : un gramme et quatre-vingts grammes y comptent pareil.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Les quatre points de cette limonade viennent tous de l’édulcorant, et ils sont fixes : baisser la dose de 80 g à 20 g ne change pas la lettre. L’énergie et les sucres, eux, sont déjà à zéro point et il n’y a rien à y gagner.
Le seul levier qui déplace la lettre : ne pas sucrer du tout. La même eau citronnée sans érythritol tombe à 0 point et passe en B — le A restant réservé à l’eau. Le prix est entier : ce n’est plus une limonade mais une eau citronnée, à 0,3 g de sucres et 3 kcal pour 100 ml, soit exactement ce que la version sucrée apporte déjà en dehors de son sucrant.
Et un levier qui n’en est pas un, parce qu’il se compense : monter le citron à 40 % de la boisson pour décrocher les deux points des fruits. Calcul fait, l’énergie passe à 2 points et les sucres à 1 : deux points gagnés, trois perdus, la lettre reste C — pour une boisson quatre fois plus acide, que personne ne boira.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables (règlement (CE) n° 1924/2006, seuils propres aux liquides) :
- Sans sucres — 0,3 g pour 100 ml, le seuil est de 0,5 g. C’est la mention la plus exigeante du règlement, et le jus de trois citrons reste dessous.
- Faible valeur énergétique — 3 kcal pour 100 ml, le seuil est de 20.
- Réduit en sucres et valeur énergétique réduite, à condition de nommer la référence : face à la même limonade au sucre, − 95 % et − 86 % ; face à la limonade classique, − 97 % et − 92 %. Le seuil est de 30 % dans les deux cas. Sans la référence écrite à côté, aucune des deux ne se dit.
- Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 sur les édulcorants employés à la place du sucre, dont la condition — au moins 30 % de sucres en moins que la même boisson au sucre — est remplie. Elles ne s’écrivent que dans la formulation imposée, mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant de l’érythritol à la place du sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre » et « La consommation d’aliments contenant de l’érythritol à la place du sucre contribue au maintien de la minéralisation dentaire ».
Refusées, ou écartées :
- Source de fibres — 0,0 g pour 100 ml, il en faudrait 3.
- Source de protéines — les protéines font 5,4 % de l’énergie, il en faudrait 12 %.
- Faible teneur en sucres, en matières grasses, en acides gras saturés, en sodium — les quatre seuils sont atteints, et de très loin. Nous ne les retenons pas : l’article 7 du règlement (UE) n° 1169/2011 interdit de souligner l’absence d’un nutriment que toutes les boissons comparables n’ont pas davantage. Aucune limonade n’a jamais contenu de matière grasse.
Variantes
- Citron vert. 120 g de jus de citron vert à la place du jaune : plus amer, plus parfumé, et un peu plus de sucres — 2,1 g pour 100 g de jus au lieu de 0,8.
- Basilic ou romarin. Une branche laissée dix minutes dans la base tiède, puis retirée. Au-delà, l’herbe domine le citron.
- Version plate. Les 700 g d’eau gazeuse remplacés par de l’eau plate très froide : mêmes chiffres, et un sucré légèrement plus présent, faute de l’acidité du gaz.
- Moitié-moitié avec un édulcorant intense. 40 g d’érythritol et l’équivalent de 26 g de sucre en glycosides de stéviol : la douceur reste la même et les polyols tombent à 8 g par verre. C’est la voie pour monter le sucré sans monter la charge digestive, et c’est d’ailleurs ainsi que sont faits la plupart des mélanges vendus prêts à doser.
- Limonade de pêche ou de fraise. 150 g de fruit mixé dans la base, la dose d’érythritol ramenée à 60 g : le fruit apporte alors ses propres sucres, qu’il faut ajouter au compte.
Substitutions
- L’érythritol — les glycosides de stéviol sucrent 200 à 300 fois plus que le sucre : quelques dixièmes de gramme suffisent, sans un gramme de polyols, et c’est ce que fait la citronnade à la stévia et à la menthe. En contrepartie, ils n’ont aucune masse et laissent chez certains une note réglissée en fin de bouche, que l’acidité du citron atténue.
- Le xylitol — il se dose à poids égal du sucre, donc 52 g ici pour la même douceur, soit 10 g de polyols par verre au lieu de 16. Une carafe au xylitol ne se laisse pas à portée d’un chien, pour qui il est toxique même en petite quantité.
- Le sucre de fleur de coco, le miel, le sirop d’agave ou le sirop d’érable — ce sont des sucres, et ils ramènent la limonade dans la colonne « au sucre » du tableau, avec leurs arômes en plus. C’est le parti de la citronnade au gingembre et au sucre de fleur de coco.
- Le jus de citron — du jus pressé du jour, toujours : un jus du commerce apporte les mêmes chiffres mais pas le même parfum, l’essentiel des arômes du citron étant volatil.
Conservation, avance et congélation
La base se garde 48 heures au réfrigérateur, en bouteille fermée. Faute de sucre en quantité, rien ne freine les micro-organismes apportés par le fruit frais — mais une limonade sucrée à 100 g par litre n’est guère mieux protégée : il faut trois à quatre fois cette concentration pour qu’un sucre conserve quoi que ce soit.
La carafe allongée, elle, se boit dans l’heure. Le gaz s’échappe, et une limonade éventée paraît plus sucrée et plus plate — c’est la même boisson, perçue autrement.
Congélation : la base, oui, en bac à glaçons, trois mois. La boisson gazeuse, non.
Le matériel
- Un presse-agrumes, et une balance pour peser le jus plutôt que compter les citrons, dont le rendement varie du simple au double.
- Une carafe d’au moins 1,5 litre, pour allonger sans déborder.
- Une bouteille d’eau gazeuse sortie du réfrigérateur au dernier moment : le gaz tient mieux au froid.
- Une cuiller à long manche, pour un seul tour de mélange.
Questions fréquentes
Combien d’érythritol faut-il pour un litre de limonade ?
80 g donnent une limonade modérément sucrée, équivalente à 52 g de sucre. Pour retrouver la douceur d’une limonade ordinaire à 100 g de sucre, il en faudrait environ 150, ce qui porterait la charge à 30 g de polyols par verre.
En bref : 80 g par litre, et le compte se fait en polyols par verre, pas en grammes par litre.
Pourquoi ma limonade à l’érythritol paraît-elle moins sucrée que prévu ?
Trois causes s’additionnent : l’érythritol sucre 0,6 à 0,7 fois le sucre à poids égal, le froid atténue la perception du sucré sans atténuer celle de l’acide, et le gaz carbonique ajoute sa propre acidité. Une base goûtée tiède à la cuiller paraît toujours plus sucrée que le verre qui en sortira.
En bref : goûtez dans un verre sur glaçons, jamais la base tiède.
L’érythritol rafraîchit-il la bouche dans une boisson ?
Non. Sa sensation de fraîcheur vient de sa dissolution, qui absorbe de la chaleur : elle se produit sur la langue quand on croque un cristal, et dans la carafe quand on prépare la boisson. Une fois dissous, il ne reste rien à dissoudre.
En bref : la fraîcheur appartient au cristal, pas à la solution.
Combien de verres de limonade à l’érythritol peut-on boire ?
Un verre apporte 16 g de polyols. Le seuil de tolérance digestive se situe autour de 20 à 30 g en une prise et varie beaucoup d’une personne à l’autre ; l’érythritol, absorbé dans l’intestin grêle et éliminé tel quel par les reins, est en général supporté plus largement que les autres polyols. Deux verres coup sur coup restent un essai à faire prudemment la première fois.
En bref : un verre à la fois quand on découvre l’érythritol.
À savoir
Valeurs calculées à partir des données de composition de l’ANSES, et non mesurées en laboratoire. Le jus de citron est compté sur la ligne « jus de citron, pur jus », dont les sucres varient avec la variété et la maturité des fruits. L’eau gazeuse est comptée comme de l’eau : le dioxyde de carbone dissous n’apporte aucune énergie. L’érythritol est compté à 0 kcal par gramme, coefficient de l’annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. Aucune évaporation n’est appliquée, la boisson n’étant pas chauffée. Les deux limonades de référence sont calculées à part, sur les mêmes données. Les explications sur la dissolution, sur la perception du sucré au froid et sur l’effet du gaz décrivent des mécanismes connus, non des mesures faites sur cette recette. Si vous la préparez, dites-nous en commentaire quelle dose vous a convenu, et si vous l’avez faite plate ou gazeuse.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Chocolat noir maison à l’érythritol0,5 g de sucres aux 100 g, et toujours 476 calories
- Sablés à l’érythritolzéro sucre, et pourtant Nutri-Score D
- Meringues à l’érythritol2,5 calories pièce, et le seul polyol qui tienne
Choisies parmi les recettes au même sucrant.