Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Le dernier pancake d’une fournée est plus plat que le premier. Tout le monde l’a constaté, et presque personne ne l’explique : on accuse la poêle, le feu, la louche, le tour de main. La cause est ailleurs, et elle est chimique.
Une poudre à lever ne travaille pas à la cuisson : elle commence à travailler à l’instant où elle rencontre le liquide. C’est un couple acide-base, bicarbonate de sodium d’un côté, sel acide de l’autre, parfaitement stable tant qu’il reste sec. Mouillé, il libère du gaz carbonique. Une pâte à pancakes est donc une horloge qui démarre au fouet, et une poêle ne cuit que trois ou quatre pièces à la fois : les dernières partent quinze ou vingt minutes après les premières, dans une pâte qui a déjà rendu une partie de son gaz à l’air libre.
Cela décide de deux choses, et aucune n’est le réglage du feu. D’abord de l’ordre des gestes : on mélange le sec d’un côté, le liquide de l’autre, et on ne les réunit qu’au moment de cuire. Ensuite du nombre de pancakes : une pâte qu’on étale en douze pièces fines met deux fois plus longtemps à passer qu’une pâte qu’on étale en huit.
Et la même poudre à lever fait une seconde chose, invisible celle-là : elle sale la pâte. Son composant principal est du bicarbonate de sodium. Huit grammes en apportent autant qu’une bonne pincée de sel, ce qui change la quantité de sel à ajouter — et, on le verra plus bas, la lettre du Nutri-Score.
Petit-déjeuner · cuisine américaineLecture 19 min
- Préparation
- 10 min
- Cuisson
- 20 min
- Total
- 30 min
- Pour
- 8 pancakes
- Difficulté
- très facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- Toute l’année
- Occasion
- Petit-déjeuner, Brunch
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Face aux pancakes classiques
La référence est la pâte à pancakes américaine ordinaire, ramenée aux mêmes huit pièces et à une masse voisine : 180 g de farine T55, 300 g de lait entier, 2 œufs, 30 g de sucre blanc, 45 g de beurre fondu dans la pâte et 10 g de beurre pour la poêle, même poudre à lever et même sel, calculée sur les mêmes données de composition.
| Par pancake | Cette recette | Pancakes classiques | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 4,1 g | 5,7 g | − 29 % |
| Énergie | 134 kcal | 188 kcal | − 29 % |
| Acides gras saturés | 1,2 g | 5,3 g | − 77 % |
| Polyols | 0 g | 0 g | |
| Nutri-Score | B, 2 points | D, 12 points |
Sur les 54 calories gagnées par pancake, 42 viennent du beurre, 6 du sucrant et 5 du laitage. Autrement dit, le changement de sucrant explique un peu plus d’un dixième de l’écart, et le beurre les quatre cinquièmes : 55 g dans la version classique contre 10 g ici, qui ne servent qu’à graisser la poêle. C’est l’inverse d’une sauce ou d’une boisson, où le sucrant fait presque tout l’écart parce qu’il n’y a rien d’autre à alléger. Dans une pâte, il y a du gras.
Ingrédients (pour 8 pancakes d’environ 75 g)
- 180 g de farine de blé T55
- 200 g de fromage blanc 0 % MG
- 150 g de lait écrémé
- 2 œufs (100 g)
- 18 g de sucre de fleur de coco (une cuillère à soupe rase)
- 8 g de levure chimique (un peu plus d’un demi-sachet)
- 1 g de fleur de sel — une pincée, et pas deux : voir ci-dessous
- 10 g de beurre, pour la poêle
Allergènes présents : Céréales contenant du gluten (farine de blé tendre ou froment t55 (pour pains)) · Lait (fromage blanc, nature, 0% mg, lait écrémé, uht, beurre à 80% mg minimum, doux) · Œufs (oeuf cru)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Lisez la liste d’ingrédients de votre sachet de poudre à lever : elle dit combien de temps votre pâte peut attendre. Le bicarbonate de sodium y est toujours ; ce qui change est l’acide qui l’accompagne, et il est nommé.
Un phosphate monocalcique ou un tartrate acide de potassium (la crème de tartre) réagit vite à température ambiante : l’essentiel du gaz part dans le saladier. Un diphosphate disodique — le E 450i des étiquettes — réagit lentement à froid et surtout à la chaleur : il garde une réserve pour la poêle. C’est ce qu’on appelle une poudre à double action, et c’est elle qui pardonne une pâte qui attend. Les sachets du commerce français portent le plus souvent un diphosphate, mais pas tous, et ce n’est pas écrit sur le devant du paquet.
Préparation
- Mélanger à sec, dans un saladier, la farine, la poudre à lever, le sucre de fleur de coco et la fleur de sel. Fouetter trente secondes : c’est ce qui répartit la poudre à lever, et une poudre mal répartie fait des pancakes inégaux dans la même fournée.
- Battre à part les œufs, le fromage blanc et le lait écrémé jusqu’à obtenir un mélange lisse. Le fromage blanc est épais : il faut le détendre au lait avant de rencontrer la farine, faute de quoi il reste en grumeaux que rien ne défait.
- Chauffer la poêle d’abord, à feu moyen, et la graisser au beurre essuyé au papier. La poêle doit être à température avant que les deux mélanges se rencontrent.
- Réunir le sec et le liquide en une vingtaine de tours de fouet, pas davantage. La pâte doit rester grumeleuse : les grumeaux disparaissent à la cuisson, le gluten travaillé, non. C’est ici que l’horloge démarre.
- Cuire aussitôt, une louche par pancake, deux à trois pièces à la fois. Retourner quand la surface se couvre de bulles ouvertes et que les bords ne brillent plus : une minute et demie à deux minutes. Compter une minute de l’autre côté.
- Ne pas rallonger la pâte entre deux fournées, et ne pas la fouetter de nouveau : fouetter une pâte qui a levé fait sortir le gaz qu’elle avait gardé.
C’est exactement l’inverse d’une pâte à crêpes. Les crêpes protéinées du site demandent vingt minutes de repos, et sauter ce repos les fait se déchirer : il faut à la farine et aux graines de lin le temps d’absorber le liquide. Une crêpe ne lève pas, elle n’a donc rien à perdre à attendre. Un pancake lève, et le repos lui coûte précisément ce qui fait son épaisseur. Même geste, raison inverse — et c’est pourquoi les deux recettes donnent la consigne opposée sans qu’aucune des deux ait tort.
Le petit plus
- Une pincée de sel, pas deux. Huit grammes de poudre à lever apportent déjà du sodium par leur bicarbonate. Saler comme on salerait une pâte sans poudre à lever donne un pancake dont on ne comprend pas pourquoi il paraît salé — et cela coûte une lettre de Nutri-Score, on le verra plus bas.
- La première pièce est une pièce d’essai, et elle l’est toujours. Elle sert à régler le feu, pas à juger la recette. Une poêle trop chaude colore en quarante secondes une pâte qui n’a pas fini de lever ; trop froide, elle laisse le gaz s’échapper avant que la surface ne prenne.
- Le sucre de fleur de coco colore tôt, parce qu’une part de ses sucres est déjà sous forme de glucose et de fructose libres. Le réflexe serait de baisser le feu ; c’est le mauvais réglage ici, puisque baisser le feu allonge le temps en poêle et que la pâte, pendant ce temps, continue de se vider. Le réglage est l’épaisseur : une louche plus petite prend plus vite à cœur, donc passe moins de temps sur la plaque, donc colore moins. Voir aussi la page sur la cuisson et la torréfaction.
- Vingt tours de fouet suffisent. Une pâte lisse est une pâte dont le gluten a été développé : le pancake devient élastique et caoutchouteux. C’est la seule pâte de ce site où un mélange imparfait est le bon mélange.
- Si vous voulez préparer la veille, préparez les deux mélanges séparément — le sec en bocal, le liquide au réfrigérateur — et réunissez le matin. La pâte montée la veille n’est pas perdue, mais elle donnera des pancakes plats.
Ce que valent vraiment les chiffres
Calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, pour une pâte de 668 g crus donnant 600 g cuits, soit huit pancakes de 75 g.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (75 g) | Total pour 8 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 179 kcal | 134 kcal | 1 071 kcal |
| Matières grasses | 3,4 g | 2,5 g | 20 g |
| dont acides gras saturés | 1,6 g | 1,2 g | 9,6 g |
| Glucides | 28 g | 21 g | 168 g |
| dont sucres | 5,4 g | 4,1 g | 33 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,0 g |
| Fibres alimentaires | 1,0 g | 0,8 g | 6,1 g |
| Protéines | 8,2 g | 6,2 g | 49 g |
| Sel | 0,30 g | 0,23 g | 1,82 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 8 parts : 667 g de préparation crue, 67 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 600 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Sucre de fleur de coco — Absent de la table de l’ANSES. Moyenne d'étiquetage des sucres de fleur de coco du marché français, recoupée avec la littérature sur la composition des sucres de sève de palmier (70 à 80 % de saccharose, 3 à 10 % de glucose et de fructose libres). L'énergie est recalculée avec les coefficients de l'annexe XIV du règlement (UE) n° 1169/2011. C'est un sucre : il est compté comme tel dans la ligne « sucres », et aucune allégation réservée aux succédanés de sucre ne s'y applique. À remplacer par l'étiquette du produit réellement utilisé.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 2, sucres 1, acides gras saturés 1, sel 1 — soit 5. Points positifs : protéines 3, fibres 0, fruits et légumes 0 (0,0 % de la recette) — soit 3. Score : 2, ce qui donne un B.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,170 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,12 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 64 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Fromage blanc nature, 0% MG 32 %, Oeuf, cru 23 %, Farine de blé tendre ou froment T55 (pour pains) 16 % du score.
Ingrédients rapprochés : Sucre de fleur de coco → Sucre roux (sucre roux — sucre non raffiné, mais issu de la canne et non de la sève de cocotier). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,0 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Le même pancake, sucré au sucre blanc
La comparaison précédente portait sur ce qu’on fait d’habitude. Celle-ci ne change qu’une ligne de la recette ci-dessus : 18 g de sucre blanc à la place des 18 g de sucre de fleur de coco. Les deux se dosent au même poids, leur pouvoir sucrant étant pratiquement le même — la comparaison est donc à poids égal et à goût sucré égal.
| Par pancake | Au sucre de fleur de coco | Au sucre blanc | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 4,08 g | 4,30 g | − 5 % |
| Énergie | 134 kcal | 134 kcal | − 0,3 % |
| Nutri-Score | B, 2 points | B, 2 points | identique |
Changer de sucrant ne déplace rien ici, et il faut le dire. Le sucre de fleur de coco est un sucre : il se compte comme tel, et il ne pèse que 18 g sur une pâte de 668. Ce qu’il apporte est ailleurs — une note de caramel et de mélasse qui va bien avec une pâte au lait, et une coloration plus rapide à la poêle. Ce qu’il n’apporte pas, c’est un allègement : le crumble pommes-noisettes du site arrive à la même conclusion sur une autre pâte, et la fiche du produit en donne la raison en détail.
Le Nutri-Score, point par point
La recette obtient un Nutri-Score B, avec 2 points. Du côté défavorable, cinq points : 2 pour l’énergie (754 kJ pour 100 g), 1 pour les sucres (5,45 g), 1 pour les acides gras saturés (1,60 g) et 1 pour le sel (0,30 g). Du côté favorable, trois points, tous apportés par les protéines (8,25 g pour 100 g) — le fromage blanc et les œufs les fournissent. Les fibres n’en rapportent aucun : 1,02 g pour 100 g, quand il en faut 3.
Les pancakes classiques tombent à D, avec 12 points, et le détail dit pourquoi : 6 points pour les seuls acides gras saturés, contre 1 ici. À 12 points de côté défavorable, leurs protéines ne comptent même plus — l’algorithme les exclut dès que le total défavorable atteint 11, sauf si les fruits et légumes valent 5 points, ce qui n’est le cas d’aucun pancake.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il faut deux points, et deux leviers les donnent, chacun un point. La farine T150 à la place de la T55 porte les fibres de 1,02 à 3,13 g pour 100 g et franchit le seuil de 3 : B, 1 point, pour 132 kcal la pièce. Le coût est réel — un pancake plus dense, un goût de son que la poudre à lever ne compense pas entièrement. Supprimer les 10 g de beurre de la poêle, sur une poêle antiadhésive bien chaude, fait tomber les acides gras saturés de 1,60 à 0,60 g pour 100 g : B, 1 point, et 124 kcal la pièce. Le coût est la dorure, qui devient pâle et irrégulière.
Les deux ensemble donnent A, à 0 point, pour 123 kcal la pièce — et ouvrent au passage « source de fibres » et « faible teneur en acides gras saturés », que la recette telle quelle rate l’une et l’autre de peu.
Mais ce A tient à une donnée que la table ne porte pas, et il faut le dire. Le sodium de la poudre à lever n’est pas renseigné, alors que son composant principal est du bicarbonate de sodium : le chiffre de sel de cette page est un minimum. En comptant ce que huit grammes de poudre apportent vraisemblablement, le sel passerait d’environ 0,30 à 0,55 g pour 100 g, soit un point de plus — et les deux leviers réunis ne donneraient que B. Le levier des fibres et celui du beurre, eux, tiennent dans les deux cas : ce sont les seuls sur lesquels cette page s’avance.
Et ce qui la ferait descendre. Quatre gestes ordinaires coûtent la lettre, et le dernier est le plus instructif.
40 g de beurre dans la pâte, comme le veut la recette américaine : C, 5 points, 162 kcal la pièce. Le lait entier à la place du fromage blanc et du lait écrémé : C, 4 points — les protéines tombent sous le seuil des 7,2 g et un point part avec elles. 40 g de sucrant au lieu de 18 : C, 3 points. Et un seul gramme de fleur de sel en plus : C, 3 points, sans qu’un gramme de sucre ni une calorie aient bougé. C’est la pincée de trop dont parle « Le petit plus » : la pâte est déjà salée par sa poudre à lever.
Les mentions que ces chiffres autorisent
- « Source de protéines » : recevable. Les protéines fournissent 18,4 % de l’énergie, pour un seuil de 12 %. Elles viennent du fromage blanc, des œufs et du lait — ce sont elles qui apportent les trois points favorables du Nutri-Score.
- « Riche en protéines » : refusée. Il en faudrait 20 % de l’énergie. Porter le fromage blanc de 200 à 280 g en retirant autant de lait n’y suffit pas : on monte à 19,3 %.
- « Source de fibres » : refusée. 1,0 g pour 100 g, il en faudrait 3. La farine T150 la rend recevable à 3,1 g — c’est le même geste que le premier levier de Nutri-Score.
- « Faible teneur en acides gras saturés » : refusée, et de peu. Le règlement pose deux conditions : 1,50 g pour 100 g au plus, et 10 % de l’énergie au plus. La seconde est remplie à 8,0 % ; la première échoue à 1,6 g. Sans les 10 g de beurre de la poêle, elle devient recevable à 0,6 g.
- « Faible teneur en sucres » : refusée, de peu également. 5,4 g pour 100 g, il en faudrait 5,0 au plus. Sans sucrant, la recette y arrive à 2,8 g.
- Également refusées : « sans sucres » (5,4 g pour 0,5 au plus), « faible teneur en matières grasses » (3,4 g pour 3,0), « faible valeur énergétique » (179 kcal pour 40 au plus) et « faible teneur en sodium » (0,30 g de sel pour 0,12 au plus) — et cette dernière d’autant plus que le chiffre de sel est un minimum.
Les mentions comparatives, elles, se jugent par rapport à une référence nommée, et ne donnent donc pas la même réponse selon la comparaison. Face à la même recette au sucre blanc : aucune, l’écart étant de 5 % sur les sucres et nul sur l’énergie. Face aux pancakes classiques décrits en haut de page : « réduit en acides gras saturés » est recevable, l’écart étant de 77 % pour un seuil de 30 %, à condition de nommer cette référence. « Réduit en sucres » et « valeur énergétique réduite » ne le sont pas, et de très peu : 28,1 % et 27,9 % d’écart pour 100 g, quand le règlement (CE) n° 1924/2006 en demande 30.
Aucune des mentions réservées aux succédanés de sucre ne s’applique ici : le sucre de fleur de coco est un sucre.
Variantes
- Aux myrtilles ou aux framboises — 100 g, posés sur la pâte une fois la louche versée, jamais mélangés dans le saladier : un fruit remué dans une pâte levée chimiquement la fait dégonfler, et son jus colore la mie.
- À la cannelle — 2 g dans le mélange sec. Elle va avec la note de mélasse du sucre de fleur de coco, et elle donne l’impression d’une pâte plus sucrée qu’elle ne l’est.
- Au citron — le zeste d’un citron dans le sec. Ne pas y ajouter le jus : l’acide réagit avec le bicarbonate dès le saladier et avance l’horloge au lieu de la retarder.
- Version salée — sucrant retiré, 60 g de dés de jambon ou de légumes cuits et égouttés ajoutés sur la louche. Sans sucrant, les sucres tombent à 2,83 g pour 100 g et le pancake reste en B, à 1 point.
- Plus épais, à l’américaine — six pancakes au lieu de huit, cuits à feu plus doux et couverts une minute. Les valeurs par pièce augmentent dans la même proportion ; celles pour 100 g ne bougent pas.
Substitutions
- Le fromage blanc 0 % — du yaourt nature 0 % à poids égal, un peu plus liquide : retirer 20 g de lait. Du skyr donne une pâte plus épaisse et des pancakes plus denses.
- Le lait écrémé — du lait demi-écrémé ajoute environ 2 kcal par pancake, du lait entier environ 6 et un point d’acides gras saturés au Nutri-Score. Une boisson végétale non sucrée fonctionne, mais retire les protéines qui portent les trois points favorables de la recette.
- Le sucre de fleur de coco — le sucre blanc, le sucre roux ou le miel à poids égal donnent le même compte de calories à un ou deux près. Un sucrant intense comme un extrait de stévia retire les 18 g de masse : la pâte devient plus liquide, il faut alors baisser le lait de 15 à 20 g, et l’on perd la coloration que les sucres libres apportaient.
- La levure chimique — à défaut, 4 g de bicarbonate de sodium plus un acide : 15 g de jus de citron ou 100 g de lait fermenté à la place d’autant de lait. Le mélange réagit alors très vite et la pâte ne peut plus attendre du tout.
- Ce qui ne marche pas : la levure de boulanger. Elle a besoin d’une à deux heures pour produire son gaz, et une pâte à pancakes liquide ne retient pas une levée aussi lente — on obtient des blinis, qui sont une autre recette.
Conservation, avance et congélation
La pâte montée ne se garde pas, et c’est tout le sujet de cette page : une pâte gardée une nuit au réfrigérateur donnera des pancakes plats. Ce qui se prépare à l’avance, ce sont les deux mélanges séparés — le sec en bocal fermé, qui tient plusieurs semaines à l’abri de l’humidité, et le liquide au réfrigérateur, qui tient vingt-quatre heures.
Les pancakes cuits se gardent trois jours au réfrigérateur dans une boîte fermée, et se réchauffent trente secondes à la poêle sèche plutôt qu’au micro-ondes, qui les rend élastiques. Ils se congèlent deux mois, séparés par du papier cuisson, et passent du congélateur au grille-pain sans décongélation.
Le matériel
- Une balance — la poudre à lever se dose au gramme : 8 g et non « un sachet », les sachets français allant de 7 à 11 g selon les marques. Un excès ne fait pas monter davantage, il laisse un goût savonneux.
- Deux saladiers — le sec et le liquide séparés jusqu’au dernier moment, ce qui est la recette entière en une phrase.
- Une poêle antiadhésive de 24 cm, ou une crêpière à fond épais. Le fond épais tient la température quand la pâte froide arrive, ce qui évite d’avoir à remonter le feu entre deux fournées.
- Une louche de 60 ml ou une cuillère à glace — c’est elle qui fait huit pancakes identiques plutôt que six gros et deux petits, et les valeurs par pièce de cette page supposent qu’ils le sont.
- Une spatule fine et large — un pancake retourné trop tard est un pancake brûlé, et un pancake retourné avec un ustensile trop petit se plie.
Questions fréquentes
Pourquoi mes derniers pancakes sont-ils plats ?
Parce que la poudre à lever a commencé à travailler quand elle a rencontré le liquide, pas quand la pâte a touché la poêle. Quinze minutes séparent la première louche de la dernière, et le gaz parti dans le saladier ne revient pas. Les remèdes sont de cuire deux ou trois pièces à la fois plutôt qu’une, de ne pas refouetter la pâte entre deux fournées, et de choisir un sachet au diphosphate disodique, qui garde une réserve pour la chaleur.
En bref : ce n’est pas la poêle, c’est le temps — et la pâte se monte au dernier moment.
Faut-il laisser reposer la pâte à pancakes ?
Non, et c’est ce qui la distingue d’une pâte à crêpes. Le repos sert à hydrater la farine et à détendre le gluten, ce qui est utile quand la pâte ne lève pas. Ici, il coûte la levée. Si la pâte vous paraît trop épaisse à la sortie du fouet, ajoutez le lait au moment de mélanger plutôt que d’attendre qu’elle se détende.
En bref : une crêpe se repose vingt minutes, un pancake part tout de suite.
Pourquoi ne pas fouetter la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse ?
Parce que les grumeaux de farine disparaissent à la cuisson et que le gluten développé, non. Une pâte travaillée donne un pancake élastique, qui résiste sous la dent au lieu de se déchirer. Vingt tours de fouet, les grumeaux restent, et c’est bon signe.
En bref : une pâte à pancakes réussie est une pâte grumeleuse.
Le sucre de fleur de coco change-t-il quelque chose aux valeurs ?
Presque rien : 0,2 g de sucres et moins d’une calorie par pancake face au sucre blanc, à poids égal. C’est un sucre, il se compte comme tel, et 18 g répartis sur huit pièces ne pèsent pas lourd. Ce qu’il change est le goût — une note de caramel et de mélasse — et la coloration, plus rapide parce qu’une part de ses sucres est déjà libre.
En bref : on le choisit pour son goût, pas pour alléger.
Peut-on les faire sans sucrant du tout ?
Oui. Les sucres tombent de 5,45 à 2,83 g pour 100 g, l’énergie à 125 kcal la pièce, et le Nutri-Score reste B en gagnant un point. La pâte colore alors nettement moins : ce sont les sucres qui font la couleur. C’est aussi la base de la version salée proposée dans les variantes.
En bref : les 18 g de sucrant sont une question de goût et de couleur, pas de structure.
Valeurs calculées à partir des données de composition de l’ANSES, non mesurées en laboratoire. Elles varient avec la marque du fromage blanc et la composition du sucre de fleur de coco, qui n’est pas dans la table de l’ANSES et dont la source est indiquée sous le tableau nutritionnel. Le sel indiqué est un minimum : la table ne renseigne pas le sodium de la levure chimique, dont le bicarbonate de sodium est le composant principal. La comparaison avec les pancakes classiques et celle avec la version au sucre blanc sont calculées sur les mêmes données, en ne changeant que les lignes nommées, avec la même perte à la cuisson.
Vous les faites autrement — plus épais, au babeurre, à la farine complète ? Dites-le en commentaire : les tours de main de ce genre de recette valent mieux que les proportions.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Granola au sucre de fleur de cocoriche en fibres, et 6,2 g de sucres la portion
- Tarte Tatin au sucre de fleur de cococe qui la tient au retournement est un sirop, pas un caramel
- Citronnade au gingembre et au sucre de fleur de coco45 calories le verre, contre 7 à la stévia
Choisies parmi les recettes au même sucrant.