Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Une marinade au miel donne le sentiment de travailler en profondeur. On laisse la viande une nuit dans son bain, on la retourne, et l’on imagine le sucre gagnant le cœur du morceau. Il n’y va pas. Les sucres du miel sont de grosses molécules, lentes, et leur avancée dans un muscle se paie en racine carrée du temps : environ un millimètre en une heure, trois en douze heures, quatre en vingt-quatre. Sur un rôti de huit centimètres de diamètre, trois millimètres de pourtour représentent un septième du volume. Les six autres septièmes n’ont jamais vu le miel.
Ce n’est pas un défaut de la marinade : c’est ce qui permet de la calculer. Puisque le miel travaille en surface, sa dose juste se mesure sur la surface du morceau et non sur son poids. Vingt grammes étalés au pinceau font une pellicule plus concentrée que soixante grammes noyés dans un bol, dont la viande ne prélève que quelques grammes — les autres restant dans le plat, où on les mange tout de même, ou dans l’évier si l’on jette la marinade.
La moutarde n’est pas là seulement pour le goût : c’est elle qui tient le miel en place. Une pâte épaisse, chargée des mucilages de la graine, adhère à une surface verticale et ne coule pas au fond du plat pendant la cuisson. Le couple miel-moutarde est d’abord un couple mécanique.
D’où cette recette : 600 g d’échine en un seul morceau, 20 g de miel, 30 g de moutarde à l’ancienne, et 800 g d’oignons et de carottes qui rôtissent dessous et font le jus. 368 kcal et 10,9 g de sucres pour 240 g, contre 434 kcal et 16,5 g pour le même rôti conduit à la façon ordinaire — et l’essentiel de cet écart ne vient pas du miel, mais de l’huile qu’on ne verse pas.
Plat principal · cuisine françaiseLecture 19 min
- Préparation
- 15 min
- Cuisson
- 1 h 05
- Repos
- 10 min
- Total
- 1 h 30
- Pour
- 4 parts
- Difficulté
- facile
- Coût
- moyen
- Saison
- Toute l’année
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Face au rôti de porc au miel classique
La référence est le rôti mariné comme le font la plupart des recettes, calculé sur les mêmes données de composition : la même échine de 600 g, la même garniture de 800 g d’oignons et de carottes, la même moutarde et le même sel, mais 60 g de miel et 40 g d’huile dans la marinade — trois cuillerées à soupe de l’un et de l’autre, ce qui est l’usage courant. Comme les deux plats ne pèsent pas la même chose une fois cuits, la comparaison se fait par portion de 240 g, et non part à part.
| Pour 240 g | Cette recette | Rôti classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 10,9 g | 16,5 g | − 34 % |
| Énergie | 368 kcal | 434 kcal | − 15 % |
| Acides gras saturés | 6,9 g | 7,5 g | − 9 % |
| Nutri-Score | B, 2 points | C, 5 points |
En parts : 4 parts de 305 g à 467 kcal ici, 4 parts de 320 g à 579 kcal pour le rôti classique.
Les deux tiers des calories gagnées viennent de l’huile, pas du miel. Sur les 447 kcal d’écart entre les deux plats entiers, 315 viennent des 35 g d’huile en moins et 132 des 40 g de miel en moins. Pour les sucres, c’est le miel qui fait tout l’écart — mais il n’en porte pas la majorité pour autant : sur les 55,5 g de sucres du plat, 16,2 g viennent du miel et 38,7 g des oignons et des carottes, qui en contiennent près de 5 g aux 100 g à l’état cru. Le sucre le plus abondant de ce plat n’est pas celui qu’on y ajoute.
Ingrédients
Pour 4 parts. Plat à four large, de 30 × 22 cm au moins.
Pour le rôti
- 600 g d’échine de porc, en un seul morceau, ficelé
- 3 g de fleur de sel
- poivre du moulin
Pour le badigeon
- 30 g de moutarde à l’ancienne, soit deux cuillerées à café bombées
- 20 g de miel toutes fleurs, soit une cuillerée à café bien pleine
- 20 g de vinaigre de cidre, soit deux cuillerées à café
- 8 g d’ail, soit deux gousses, râpées
- deux branches de thym, effeuillées
Pour la garniture
- 400 g d’oignons, soit trois moyens, en quartiers
- 400 g de carottes, soit cinq moyennes, en tronçons de 4 cm
- 5 g d’huile d’olive, soit une cuillerée à café
Allergènes présents : Moutarde (moutarde)
Peut contenir, selon les marques : Anhydride sulfureux et sulfites (moutarde, vinaigre de cidre)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Jusqu’où le miel entre-t-il ? Le calcul, et pourquoi le temps ne paie pas. Un soluté qui avance dans une matrice immobile ne progresse pas à vitesse constante : la profondeur atteinte est de l’ordre de la racine carrée du produit du coefficient de diffusion par le temps. Pour les sucres du miel dans un muscle, ce coefficient est de l’ordre de 2·10−10 m²/s — celui du saccharose en solution, freiné par la tortuosité des fibres.
Ce qui donne, en ordre de grandeur : 0,9 mm en une heure, 1,7 mm en quatre heures, 2,9 mm en douze heures, 4,2 mm en vingt-quatre. Pour doubler la profondeur, il faut quadrupler le temps. Une marinade de deux heures et une marinade de huit heures ne diffèrent que d’un facteur deux, et aucune des deux n’atteint le centre.
Sur un rôti cylindrique de 8 cm de diamètre, une couronne de 2,9 mm fait 14 % du volume. Sur des médaillons de 2 cm d’épaisseur, la même couronne en fait 51 % : c’est la découpe, et non la durée, qui change la donne. Le sel, dont l’ion est bien plus petit, va environ un tiers plus loin dans le même temps — et c’est pour cela qu’il se pose à part, à l’avance, comme le montre le saumon laqué. Le phénomène inverse, celui du sucre qui tire l’eau vers l’extérieur au lieu d’entrer, est décrit sur la page déshydratation osmotique.
Préparation
- Saler le rôti avec les 3 g de fleur de sel, une heure avant la cuisson ou la veille, et le laisser au réfrigérateur à découvert. Le sel a le temps de pénétrer ; le miel ne l’aura pas, et n’en a pas besoin.
- Préparer le badigeon : mélanger la moutarde, le miel, le vinaigre, l’ail râpé et le thym. La pâte doit napper le dos d’une cuillère sans couler — c’est cette consistance qui la fera tenir sur la viande.
- Garnir le plat : oignons et carottes en une seule couche, arrosés de l’huile et mélangés à la main. Une seule couche, sinon les légumes cuisent à l’étouffée et rendent leur eau au lieu de rôtir.
- Poser le rôti nu sur les légumes et enfourner à 180 °C, chaleur tournante, 40 minutes. Le badigeon n’entre pas encore : à ce stade il noircirait.
- Badigeonner la moitié du mélange au pinceau, sur le dessus et les côtés, et remettre 15 minutes.
- Badigeonner le reste, monter à 200 °C et laisser 10 minutes, en surveillant : c’est le moment où la couleur se fait, et celui où elle peut passer au brun foncé.
- Vérifier à cœur : 68 à 70 °C au thermomètre. Sortir, couvrir d’une feuille et laisser reposer 10 minutes avant de trancher.
- Récupérer le jus : verser deux cuillerées à soupe d’eau chaude dans le plat, gratter les sucs à la spatule, et arroser les tranches. Tout ce qui a été badigeonné est compté dans le tableau plus bas : rien ne se jette.
Pourquoi le badigeon arrive à la fin. Les sucres du miel sont en grande partie libres et réducteurs — environ 38 g de fructose et 31 g de glucose aux 100 g, contre 1 g de saccharose. Ils entrent donc dans la réaction de Maillard plus tôt et plus vite qu’un sucre de table, et la page du miel recommande pour cette raison de baisser un four de 10 à 15 °C. Posé au départ d’une cuisson d’une heure, un badigeon au miel est noir bien avant que le cœur soit à température.
Le raisonnement ressemble à celui des travers laqués au sirop de yacon, mais la cause n’est pas la même : là-bas le sucrant se pose à la fin parce que la chaleur détruit ses fructanes, ici parce qu’il colore trop vite. Le geste est le même, la raison est inverse.
Le petit plus
- Le pinceau vaut mieux que le bain, et pas seulement pour le compte des calories. Une viande sortie d’une marinade liquide est mouillée : elle commence par se vapeuriser dans le four, et la coloration prend du retard. Une surface sèche badigeonnée d’une pâte épaisse colore tout de suite.
- L’erreur fréquente : ajouter du miel en croyant compenser un manque de goût. Si le plat paraît fade, ce n’est presque jamais le sucré qui manque — c’est l’acide ou le sel. Une cuillerée de vinaigre de cidre dans le jus de déglaçage relève davantage que dix grammes de miel de plus.
- Les carottes en tronçons épais, les oignons en quartiers, et non l’inverse : coupés fin, les oignons brûlent en une heure là où les carottes n’ont pas fini de fondre.
- Le thym s’effeuille au lieu d’aller en branches. Dans un badigeon épais, une branche entière ne donne rien : ce sont les feuilles au contact du gras chaud qui parfument.
- Un morceau ficelé garde sa forme cylindrique, donc une surface prévisible : c’est ce qui rend la dose de badigeon reproductible d’une fois sur l’autre.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 1 486 g de matières premières ramenés à environ 1 219 g servis, soit 18 % d’eau perdue au four. Il porte sur l’assiette entière — viande, légumes et jus —, et non sur la viande seule : c’est ce qui est mangé, et c’est ce qui donne son sens aux valeurs pour 100 g.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (305 g) | Total pour 4 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 153 kcal | 467 kcal | 1 870 kcal |
| Matières grasses | 10 g | 31 g | 126 g |
| dont acides gras saturés | 2,9 g | 8,7 g | 35 g |
| Glucides | 5,4 g | 16 g | 66 g |
| dont sucres | 4,6 g | 14 g | 56 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,1 g |
| Fibres alimentaires | 1,6 g | 4,8 g | 19 g |
| Protéines | 9,3 g | 28 g | 113 g |
| Sel | 0,55 g | 1,67 g | 6,68 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 4 parts : 1 486 g de préparation crue, 267 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 1 219 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 1, sucres 1, acides gras saturés 2, sel 2 — soit 6. Points positifs : protéines 3, fibres 0, fruits et légumes 1 (54 % de la recette) — soit 4. Score : 2, ce qui donne un B.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,367 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 1,10 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 45 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Porc, échine, crue 90 % du score.
Qualité de la donnée : DQR 2,5 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparé à la même recette au sucre
Le miel sucre 1,1 à 1,3 fois plus que le sucre de table : à goût sucré égal, ses 20 g se remplacent par 25 g de sucre blanc. Le reste ne change pas.
| Pour 100 g | Au miel | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 153 kcal | 156 kcal |
| Sucres | 4,6 g | 5,3 g |
| Acides gras saturés | 2,86 g | 2,85 g |
| Sel | 0,55 g | 0,55 g |
| Par part de 305 g | 467 kcal / 13,9 g de sucres | 476 kcal / 16,1 g de sucres |
Deux calories et sept dixièmes de gramme de sucres pour 100 g : voilà tout ce que le choix du miel change. C’est la chose la plus utile que cette page puisse dire sur lui. Le miel est un sucre — 320 kcal et 80 g de glucides aux 100 g —, et son eau de constitution, 17 % de son poids, est la seule raison pour laquelle il pèse un peu moins lourd que le sucre à goût égal. L’allègement de cette recette ne vient pas du produit, il vient de la dose et de l’huile. Ce que le miel apporte en échange est ailleurs : il colore une surface comme aucun polyol ne sait le faire, et c’est pour cela qu’on le garde ici.
Le Nutri-Score, calculé sur l’assiette entière, donne B (algorithme révisé en 2023). Points défavorables : 1 pour l’énergie (638 kJ pour 100 g), 1 pour les sucres (4,56 g), 2 pour les acides gras saturés (2,86 g), 2 pour le sel (0,548 g), soit 6. Points favorables : 3 pour les protéines (9,25 g), 0 pour les fibres (1,57 g, il en faudrait 3) et 1 pour les fruits et légumes (54 % de la masse), soit 4. Score de 2, ce qui place la recette en B, la frontière du A étant à 0. Le rôti classique, avec ses 5 points, reste en C.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il faut effacer deux points, et un seul ingrédient ne les donne pas. Les deux leviers calculés, le moins coûteux d’abord :
1. Le sel, ramené de 3 g à 1 g. Le plat tombe à 0,39 g de sel pour 100 g, sous le seuil de 0,4 g, et perd un point — un seul. Le coût est réel mais faible : la moutarde apporte à elle seule 1,9 g de sel, et l’acidité du vinaigre soutient le reste. En dessous de 0,38 g, le point est acquis ; au-dessus de 2,45 g de fleur de sel, à l’inverse, on en reprend un troisième.
2. La garniture, portée de 800 g à 1 kg. Elle dilue l’énergie et les acides gras saturés du porc : ces derniers passent sous 2,6 g pour 100 g. Mais le calcul complet montre que cela ne rapporte rien tant qu’on ne franchit pas 2 g, et que la dilution coûte en même temps un point de protéines. Un levier se recalcule en entier, jamais ligne par ligne.
Ce qui tient la lettre, c’est le morceau. L’échine apporte 32 g d’acides gras saturés à elle seule, et il faudrait environ 1,6 kg de plat fini pour les diluer sous 2 g aux 100 g. En réduisant la viande à 450 g et le sel à 1 g, le A est atteignable — ce n’est plus le même plat. Dans l’autre sens, la marge est courte : ramener la garniture à 700 g, porter l’huile à 20 g ou le miel à 60 g fait redescendre en C, chacun à lui seul.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables :
- Faible teneur en sucres — 4,6 g pour 100 g, seuil 5 g. Elle porte sur l’assiette entière, viande et garniture comprises : c’est ce qui est servi.
- Riche en protéines — les protéines fournissent 24,1 % de l’énergie du plat, le seuil étant de 20 %.
- Teneur réduite en sucres, à condition de nommer la référence — 4,6 g pour 100 g contre 6,9 g pour le rôti classique décrit plus haut, soit 34 % de moins, et une valeur énergétique qui reste inférieure. Le règlement (CE) n° 1924/2006 exige les deux conditions à la fois.
Refusées, et il faut le dire :
- « Valeur énergétique réduite » — il faudrait 30 % de moins que la référence ; nous sommes à 15 %, parce que la viande porte les calories et qu’elle n’a pas changé. Refusée face au rôti classique comme face à la version au sucre.
- « Faible valeur énergétique » — 153 kcal pour 100 g, seuil 40.
- « Sans sucres » — 4,6 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 au plus. Et « sans sucres ajoutés » pas davantage : le miel est un sucre ajouté, quelle que soit la dose.
- « Faible teneur en matières grasses » — 10,3 g pour 100 g, seuil 3 g. L’échine suffit à le dépasser.
- « Faible teneur en acides gras saturés » — 2,9 g pour 100 g, seuil 1,5 g, et 16,8 % de l’énergie, seuil 10 %.
- « Faible teneur en sodium » — 0,55 g de sel pour 100 g, il en faudrait 0,12 au plus.
- « Source de fibres » — 1,6 g pour 100 g, il en faudrait 3.
- Les deux allégations de santé du règlement (UE) n° 432/2012 — elles sont réservées aux préparations dans lesquelles un succédané de sucre remplace le sucre. Le miel étant lui-même un sucre, elles ne s’appliquent pas ici, quelle que soit la réduction obtenue.
Variantes
- En médaillons. Le même badigeon sur des tranches de 2 cm, poêlées deux minutes par face puis nappées hors du feu : la surface exposée double, et 20 g de badigeon couvrent tout juste. C’est la version où le sucré se sent le plus, à dose identique, pour la raison expliquée plus haut.
- Aux pommes. Deux pommes fermes en quartiers, ajoutées aux légumes à mi-cuisson. Elles apportent environ 2 g de sucres de plus par part et fondent dans le jus ; le vinaigre de cidre prend alors tout son sens.
- À la moutarde de Dijon plutôt qu’à l’ancienne : le badigeon est plus lisse, plus piquant, et couvre un peu mieux à quantité égale, mais il tient moins bien sur les flancs du rôti.
- En hiver, avec des panais à la place de la moitié des carottes : plus sucrés à la cuisson, ils rendent le miel presque superflu.
- Sans miel du tout. Moutarde, vinaigre, ail et thym seuls : la surface colore moins et le goût est franchement acide. Le plat perd 16 g de sucres et 66 kcal en tout — un peu plus de 4 g de sucres par part.
Substitutions
- Le miel — le sirop d’érable le remplace à poids égal et colore de la même façon, ses sucres étant également réducteurs après cuisson ; comptez un goût plus boisé et 1 g de sucres en moins pour 20 g. Le sucre de fleur de coco convient aussi, dissous dans le vinaigre avant d’être mêlé à la moutarde.
- Le miel par un polyol — cela ne marche pas ici, et il faut le dire franchement. Le xylitol et l’érythritol ne brunissent pas : leur fonction carbonyle a disparu à l’hydrogénation, et la réaction de Maillard n’a plus de partenaire. Le badigeon resterait pâle et n’aurait plus de raison d’être. Si l’objectif est de retirer les sucres plutôt que de colorer, la sauce aigre-douce au sirop de yacon montre ce qu’un sucrant sait faire dans un plat salé — et ce qu’il n’y fait pas.
- L’échine — une épaule ou un filet conviennent, le filet demandant 15 minutes de moins et un badigeon posé plus tôt puisqu’il cuit vite. Les valeurs du tableau, elles, sont calculées sur l’échine et ne se transposent pas.
- Le vinaigre de cidre — vinaigre de vin blanc, jus de citron ou verjus. Le vinaigre balsamique non : il apporte 18 g de sucres aux 100 g et brunit encore plus vite que le miel.
- La moutarde — c’est la seule qu’on ne remplace pas sans changer la recette, puisqu’elle sert de support. Une purée d’oignon très réduite ou une pâte d’ail rôti tiennent aussi sur la viande, avec un tout autre goût. C’est aussi, avec le porc, l’allergène de cette recette.
Conservation, avance et congélation
Le badigeon se prépare trois jours à l’avance et se garde au réfrigérateur dans un bocal : la moutarde et le vinaigre suffisent à le protéger. Il épaissit un peu, et se détend d’une goutte d’eau.
Le rôti salé attend une nuit au réfrigérateur, à découvert, sur une grille : la surface sèche, ce qui améliore la coloration. Au-delà de vingt-quatre heures, le sel commence à changer la texture en profondeur.
Cuit, il se garde trois jours au réfrigérateur, tranché et couvert de son jus, qui l’empêche de sécher. Réchauffé à 130 °C, couvert, dix minutes.
La congélation marche, avec une réserve : les carottes et les oignons rôtis se défont à la décongélation et deviennent une compotée. Mieux vaut congeler la viande et son jus seuls, deux mois, et refaire la garniture.
Le matériel
- Un plat à four large, 30 × 22 cm au moins : les légumes doivent tenir en une seule couche, sans se chevaucher.
- Un pinceau de cuisine à soies souples — c’est l’ustensile de la recette, celui qui pose vingt grammes là où un bol en demanderait soixante.
- Un thermomètre à sonde : sur un morceau maigre et sans os, dix degrés séparent le rosé du sec, et le temps seul ne les distingue pas.
- Une balance, pour les 20 g de miel : à la cuillère, la même « cuillerée à café » va de 12 à 28 g selon la viscosité du pot.
- De la ficelle de cuisine, pour garder au morceau une forme régulière.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment laisser mariner le rôti de porc au miel une nuit ?
Pour le miel, non : il aura gagné trois millimètres, et quatre s’il attend vingt-quatre heures. Pour le sel, oui, cela vaut la peine — mais alors on sale la viande à part, et l’on garde le miel pour la fin de cuisson. C’est exactement ce que fait cette recette.
Où passe le miel d’une marinade qu’on jette ?
Dans l’évier, pour l’essentiel. Une pièce de viande ne retient à sa surface que deux à quatre pour cent de son poids en liquide, soit une quinzaine de grammes pour 600 g. Sur 60 g de miel dilués dans un bol, moins d’un dixième suit la viande au four. Une marinade qu’on verse dans le plat, au contraire, est mangée en entier : c’est le cas ici, et c’est ainsi que le tableau la compte.
Pourquoi le badigeon au miel noircit-il alors que la viande n’est pas cuite ?
Parce qu’il a été posé trop tôt. Les sucres libres du miel colorent à plus basse température que le sucre de table, et une heure de four suffit à les pousser au brun foncé. Posé dans le dernier quart d’heure, le badigeon prend la couleur voulue et s’arrête là.
Quel effet ce plat a-t-il sur la glycémie ?
Une portion de 240 g apporte 10,9 g de sucres, dont un peu moins de 4 g viennent du miel et le reste des oignons et des carottes. Le miel se compte comme du sucre : son indice glycémique va de 35 à 80 selon l’origine florale, autour de 55 à 60 pour un toutes fleurs. Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.
Peut-on faire ce rôti sans huile du tout ?
Oui. Les 5 g servent à ce que les légumes rôtissent au lieu de sécher ; sans eux, le plat perd 45 kcal en tout et la garniture demande une cuillerée d’eau à mi-cuisson. Le Nutri-Score ne change pas.
À savoir
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire. L’échine est comptée sur sa ligne crue, la perte d’eau étant appliquée ensuite ; la masse finale est estimée à 18 % de perte et non pesée, et les valeurs pour 100 g varient avec ce chiffre. La moutarde à l’ancienne est comptée sur la ligne générique « moutarde ». Le thym et le poivre, quelques grammes en tout, ne figurent pas dans la table et ne sont pas comptés. Les profondeurs de pénétration données plus haut sont des ordres de grandeur tirés du coefficient de diffusion du saccharose en solution, corrigé de la tortuosité d’un muscle : ce sont des calculs, non des mesures sur cette viande. Dites-nous en commentaire à quelle minute votre badigeon a pris sa couleur.
Une consigne de sécurité sur le miel : il ne se donne pas aux enfants de moins d’un an, en raison des spores de Clostridium botulinum qu’il peut contenir. L’avis vaut pour tous les miels, pasteurisés compris, et il vaut aussi pour un miel cuit dans une préparation : ce plat n’entre donc pas dans l’assiette d’un nourrisson. Ce que le miel est, et ce qu’il fait en cuisine →
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Nougat glacé au miella crème qu’on retire revient en glace, et c’est le miel qui la rattrape
- Carottes râpées à l’orange et au miell’acide du fruit arrive soudé à neuf fois son poids de sucres
- Pain d’épices au miel et à la compote de pommesle fructose fait le moelleux, sans un gramme de beurre
Choisies parmi les recettes au même sucrant.