Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Dans une glace, le sucre ne sert pas qu’à sucrer. Il fait trois métiers à la fois : il abaisse le point de congélation, il retient l’eau, et il apporte de la matière sèche. Un édulcorant intense n’en reprend qu’un seul, le goût — et il pèse si peu qu’il ne pourrait pas faire les autres même s’il le voulait.
C’est toute la question de cette page : si la stévia ne pèse que six dixièmes de gramme, qui fait le reste du travail ? La réponse tient à deux ingrédients et à un geste. Le yaourt à la grecque à 0 % apporte 10 g de protéines aux 100 g, là où un yaourt nature en apporte 4,2 : c’est autant de matière sèche qui gêne les cristaux. Les 350 g de fruits rouges apportent leurs fibres et leurs propres sucres — 37,6 g pour toute la recette, les seuls solutés en présence. Et le brassage, à la sorbetière ou à la fourchette, casse mécaniquement ce que le sucre empêchait de se former.
Les chiffres de la recette : 4,3 g de sucres aux 100 g, tous naturellement présents, 50,6 kcal et 6,2 g de protéines. Huit parts de 108 g. Aucun polyol n’entre dans la composition : les 0,2 g aux 100 g viennent du sorbitol naturel des fruits rouges, et le seuil de tolérance digestive ne commande donc rien ici — ce qui commande le nombre de parts, c’est la portion de dessert glacé usuelle.
Dessert · cuisine françaiseLecture 21 min
- Préparation
- 20 min
- Repos
- 4 h
- Total
- 4 h 20
- Pour
- 8 parts de 108 g
- Difficulté
- facile
- Coût
- moyen
- Saison
- Été
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Face au yaourt glacé classique
La référence est le yaourt glacé qu’on prépare d’habitude, calculé sur les mêmes données de composition : 500 g de yaourt à la grecque entier, 150 g de sucre blanc — soit 15 % de la préparation, la proportion ordinaire d’une glace —, les mêmes 350 g de fruits rouges et le même jus de citron.
| Par portion de 110 g | Cette recette | Yaourt glacé classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 4,8 g | 20,0 g | − 76 % |
| Énergie | 56 kcal | 137 kcal | − 60 % |
| Acides gras saturés | 0,1 g | 2,9 g | |
| Protéines | 6,8 g | 2,0 g | |
| Nutri-Score | A, − 2 points | C, 8 points |
D’où vient l’écart. Sur l’ensemble de la recette, 828 kcal séparent les deux préparations : 599 viennent du sucre remplacé par la stévia, 230 du yaourt à 0 % qui prend la place du yaourt entier. Pour les sucres, en revanche, le sucrant explique la totalité de l’écart — le passage au yaourt 0 % en rajoute même deux grammes et demi, un yaourt maigre étant un peu plus riche en lactose à masse égale. Le rapport s’inverse donc d’une ligne à l’autre du tableau, et c’est ce qui rend les deux chiffres intéressants séparément.
Le tableau du bas, lui, compare tout autre chose : la même recette, au yaourt 0 % et aux mêmes fruits, sucrée au sucre à goût sucré égal. Il isole l’effet du seul sucrant.
Ingrédients
Pour 8 parts de 108 g, soit environ 866 g de préparation — un litre une fois foisonnée.
- 500 g de yaourt à la grecque nature à 0 % de matières grasses, bien froid (deux pots de 250 g)
- 200 g de framboises, fraîches ou surgelées
- 150 g de fraises, équeutées
- 15 g de jus de citron, soit une cuillerée à soupe
- 0,6 g de glycosides de stéviol en poudre (extrait de stévia pur), soit l’équivalent sucrant d’environ 150 g de sucre
Allergènes présents : Lait (yaourt à la grecque nature 0 % mg)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Les trois métiers du sucre dans une glace, et celui que la stévia reprend. Le premier se calcule. Un soluté dissous abaisse le point de congélation de l’eau de 1,86 °C par mole et par kilo d’eau. La préparation contient 752 g d’eau et 37,6 g de sucres propres — lactose du yaourt, glucose et fructose des fruits —, soit environ 0,16 mole : elle commence à geler vers − 0,4 °C. Les 150 g de sucre de la version classique ajoutent 0,44 mole et descendent ce seuil vers − 1,5 °C. Les 0,6 g de glycosides de stéviol, molécules lourdes et peu nombreuses, le déplacent de deux millièmes de degré : autant dire rien.
Ce seuil de départ n’est que le début de l’histoire. À mesure que l’eau gèle, ce qui reste liquide se concentre et son point de congélation descend encore : c’est cette fraction d’eau non gelée qui rend une glace cuillerable à − 18 °C. Plus la solution de départ est riche en petites molécules, plus il en reste. Une préparation qui n’a que ses sucres propres en garde donc peu, et se prend en bloc si rien d’autre n’intervient.
Le deuxième métier du sucre est de retenir l’eau libre, le troisième d’apporter de la matière sèche : cette recette compte 13,1 % d’extrait sec, contre 25,9 % pour la version sucrée et 32 à 38 % pour une glace industrielle. C’est là que se joue la texture, et c’est là qu’il faut agir. Ces valeurs sont calculées à partir des lois des solutions diluées, non mesurées : une glace réelle est un milieu concentré où ces lois ne valent plus qu’en ordre de grandeur.
La stévia, et ce qu’on achète sous ce nom. Les glycosides de stéviol sont extraits des feuilles de Stevia rebaudiana par infusion dans l’eau, puis purification sur résine et cristallisation. Ils sucrent 200 à 300 fois plus que le sucre : d’où les six dixièmes de gramme de cette recette, et d’où la nécessité d’une balance au centigramme.
Attention à ce que dit l’étiquette. Sous le nom « stévia » se vendent deux produits très différents : l’extrait pur, employé ici, et les poudres de table, qui sont de l’érythritol ou de la maltodextrine additionnés d’un peu d’extrait et se dosent comme du sucre, cuillerée pour cuillerée. Avec une poudre de table à base d’érythritol, il faudrait en mettre environ 150 g — et la recette changerait de nature, puisque l’érythritol, lui, apporte de la masse et abaisse le point de congélation. La liste des ingrédients tranche : elle commence par le composant majoritaire.
Les glycosides de stéviol ne craignent pas le froid : ils sont stables à la congélation comme à la réfrigération, et se conservent des années à sec. La fiche de la stévia détaille l’origine, la dose journalière admissible et les chiffres.
Préparation
- Placer la cuve de la sorbetière au congélateur la veille, 24 heures à − 18 °C. À défaut de sorbetière, mettre au froid un moule métallique large et peu profond : plus la couche est mince, plus elle gèle vite.
- Diluer la stévia dans le jus de citron, et non dans la masse. Six dixièmes de gramme de poudre ne se répartissent pas dans 850 g de préparation : dissous d’abord dans une cuillerée de liquide acide, ils s’incorporent partout.
- Mixer les fruits avec ce jus, une minute, sans les passer au tamis. Les pépins de framboise sont désagréables à certains, mais ce sont des fibres, et les fibres gênent la croissance des cristaux : les retirer coûte des deux côtés.
- Incorporer le yaourt à la maryse, sans fouetter longuement : un yaourt battu trop vigoureusement se liquéfie, ses chaînes de caséine cassées ne retiennent plus l’eau.
- Goûter la préparation froide, jamais tiède. Le froid éteint la perception du sucré : une préparation qui paraît juste à température ambiante paraîtra fade à − 12 °C. Ajuster par pincées de deux centigrammes, en attendant une minute entre deux — le profil de la stévia s’installe avec retard.
- Refroidir deux heures au réfrigérateur, à 4 °C. Une préparation tiède mise à turbiner fond la paroi froide de la cuve et fabrique de gros cristaux dès les premières minutes.
- Turbiner 25 à 35 minutes à la sorbetière, jusqu’à ce que la masse tienne au fouet. Sans sorbetière : verser dans le moule froid, mettre au congélateur, et battre énergiquement à la fourchette ou au mixeur plongeant toutes les 30 minutes, quatre fois de suite. C’est ce brassage qui remplace le travail que le sucre ne fait plus : il casse les cristaux en formation et incorpore l’air qui rend la glace souple.
- Servir aussitôt pour une texture souple. Après un séjour au congélateur, sortir le bac 15 à 20 minutes avant et le laisser au réfrigérateur : une glace sans sucres ajoutés durcit plus qu’une autre, et c’est le tempérage qui la rend de nouveau cuillerable.
Le geste qui compte le plus. Si vous ne deviez retenir qu’une chose : ne sautez aucun des quatre brassages. Une glace au sucre pardonne un oubli, parce que sa phase liquide résiduelle lui laisse de la souplesse ; celle-ci n’a que le brassage pour empêcher les cristaux de grossir. Deux brassages au lieu de quatre, et la texture n’est plus la même.
Le petit plus
- L’acidité corrige le profil de la stévia. Son goût sucré monte lentement et s’attarde, avec parfois une note réglissée en fin de bouche. Le citron et l’acidité des fruits rouges raccourcissent les deux : c’est l’accord le plus simple qu’on puisse lui donner.
- Les framboises surgelées font aussi bien que les fraîches, et mieux en hiver : cueillies à maturité, elles sont souvent plus parfumées qu’une framboise de contre-saison. Les mixer encore gelées refroidit la préparation d’autant.
- L’erreur fréquente : doser la stévia à la cuillère. Une cuillerée à café rase d’extrait pur pèse deux à trois grammes, soit quatre à cinq fois la dose de cette recette. À cette concentration, le sucré devient envahissant et la note réglissée s’impose. C’est le seul ingrédient du site qui demande une balance au centigramme.
- Un tour de mixeur juste avant de servir rattrape une glace oubliée trois jours au congélateur : elle reprend du volume et perd son grain. C’est moins bien qu’un service immédiat, et c’est beaucoup mieux que le bloc.
- Le bac large plutôt que le pot haut. Une couche de deux centimètres traverse la zone de cristallisation en quelques dizaines de minutes ; la même masse dans un pot étroit y met des heures, et les cristaux ont tout le temps de grossir. La congélation explique pourquoi la vitesse de passage décide de la taille des cristaux.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, sur 866 g de préparation. Rien ne cuit, rien ne s’évapore : la masse finie est celle des matières premières, et le foisonnement ajoute de l’air, qui ne pèse rien. Les chiffres portent donc sur la glace telle qu’elle se mange.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (108 g) | Total pour 8 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 51 kcal | 55 kcal | 438 kcal |
| Matières grasses | 0,4 g | 0,4 g | 3,4 g |
| dont acides gras saturés | 0,1 g | 0,1 g | 0,8 g |
| Glucides | 4,6 g | 5,0 g | 40 g |
| dont sucres | 4,3 g | 4,7 g | 38 g |
| dont polyols | 0,2 g | 0,2 g | 1,8 g |
| Fibres alimentaires | 1,7 g | 1,8 g | 14 g |
| Protéines | 6,2 g | 6,7 g | 53 g |
| Sel | 0,07 g | 0,07 g | 0,58 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 8 parts : 866 g de préparation crue, 0 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 866 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Ingrédients absents de la table de l’ANSES — leurs valeurs viennent d’ailleurs, et nous le signalons plutôt que de le taire :
- Yaourt à la grecque nature 0 % MG — table de l’ANSES ne référence que le yaourt à la grecque entier (8,2 g de lipides). Valeurs d'étiquetage moyennes des yaourts grecs 0 % du marché français.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 1, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 1. Points positifs : protéines 2, fibres 0, fruits et légumes 1 (40 % de la recette) — soit 3. Score : -2, ce qui donne un A.
Une réserve importante, et elle joue en notre faveur. Le Nutri-Score ne compte pas les polyols dans les sucres : il lit la ligne « sucres » de la déclaration nutritionnelle, dont le xylitol est exclu. Cette recette en contient 0,2 g pour 100 g, qui n’entrent nulle part dans le calcul ci-dessus, sinon par leur apport énergétique. Sa note est donc meilleure que celle de la même recette au sucre, pour une raison qui ne dit rien de sa tolérance digestive. Nous préférons l’écrire que de laisser la lettre parler seule.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,207 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,17 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 60 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Yaourt à la grecque, nature 53 %, Framboise, crue 35 %, Fraise, crue 11 % du score.
Ingrédients rapprochés : Yaourt à la grecque nature 0 % MG → Yaourt à la grecque, nature (yaourt à la grecque nature — le taux de matière grasse ne change pas la ligne Agribalyse) ; Édulcorant à base d'extrait de stévia → Sucre blanc (sucre blanc — repère de masse et non équivalent : un extrait de stévia s'emploie à dose très faible). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 2,1 sur 5, qualité bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse ; la moins bien notée est à 4,1. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparée à la même recette au sucre
| Pour 100 g | À la stévia | Au sucre |
|---|---|---|
| Énergie | 50,6 kcal | 102,1 kcal |
| Sucres | 4,3 g | 18,4 g |
| Protéines | 6,2 g | 5,3 g |
| Acides gras saturés | 0,09 g | 0,08 g |
| Nutri-Score | A, − 2 points | C, 4 points |
| Par portion de 110 g | 56 kcal / 4,8 g de sucres | 112 kcal / 20,3 g de sucres |
Même recette, même yaourt à 0 %, mêmes fruits, 150 g de sucre blanc à la place des 0,6 g de glycosides de stéviol. La comparaison se fait à goût sucré égal et non à poids égal : 0,6 g d’extrait pur sucre comme environ 150 g de sucre, et comparer les deux masses n’aurait aucun sens.
76 % de sucres en moins, 50 % de calories en moins. Ici les deux chiffres vont dans le même sens, ce qui n’est pas toujours le cas : dans une pâtisserie, la farine et le beurre portent les calories et le sucrant n’en retire qu’une fraction. Une glace au yaourt n’a ni farine ni beurre — elle n’est que du laitage, des fruits et du sucre. Retirer le sucre, c’est retirer la moitié de ce qu’elle contient d’énergie.
Le Nutri-Score donne A, algorithme révisé en 2023 : côté défavorable, 0 point pour l’énergie (212 kJ aux 100 g, seuil 335), 1 point pour les sucres (4,34 g, seuil 3,4), 0 pour les acides gras saturés et 0 pour le sel ; côté favorable, 2 points de protéines (6,17 g) et 1 point de fruits (40,4 % de la masse, seuil 40 %). Soit 1 − 3 = − 2 points, et la lettre A jusqu’à 0 inclus. La même recette au sucre fait 4 points et tombe en C : ses 18,4 g de sucres en valent 5 à eux seuls.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : la recette est en A, et à − 2 points elle a même deux points d’avance sur la frontière. Ce qui mérite d’être connu, c’est donc ce qui la ferait descendre, et ce qui lui donne cette marge.
Ce qui la ferait descendre. Le yaourt à la grecque entier à la place du 0 % : 3,07 g d’acides gras saturés aux 100 g au lieu de 0,09, soit 3 points, et la perte des 2 points de protéines — la recette passe à 3 points et en C, deux lettres d’un coup. Ce n’est pas le sucre qui commande la lettre de cette recette, c’est le choix du laitage. Côté sucre : 100 g de sucre ajouté la mènent à 3 points, en C également ; 40 g la laissent en A, mais tout juste, à 0 point exactement.
Ce qui lui donne de la marge. Deux points de protéines, qui tiennent aux 10 g aux 100 g du yaourt grec à 0 % — un yaourt nature à 0 % n’en apporterait que 4,2 et n’en vaudrait qu’un. Et un point de fruits, acquis de justesse : 350 g sur 866, soit 40,4 %, quand le seuil est à 40 % — quatre grammes de fruits de moins et ce point disparaît. Même sans lui, la recette resterait en A à − 1 point ; pour porter les fruits à 2 points, il en faudrait 520 g, ce qui déséquilibrerait la préparation et la rendrait plus difficile à foisonner.
Les mentions que ces chiffres autorisent
Recevables :
- Sans sucres ajoutés — aucun mono- ni disaccharide n’est ajouté, et aucun ingrédient n’est employé pour ses propriétés édulcorantes au sens du règlement (CE) n° 1924/2006, un édulcorant autorisé n’entrant pas dans cette catégorie. Mention à faire suivre de « contient des sucres naturellement présents » : les 4,3 g aux 100 g viennent du lactose du yaourt et des fruits.
- Faible teneur en sucres — 4,3 g pour 100 g, seuil 5 g.
- Riche en protéines — 48,8 % de l’énergie, seuil 20 %. C’est la mention la plus solide de la recette, et elle tient au seul yaourt grec à 0 %.
- Faible teneur en matières grasses (0,4 g pour 100 g, seuil 3 g) et faible teneur en acides gras saturés (0,1 g, seuil 1,5 g). Toutes deux sont atteintes de très loin, et l’article 7 du règlement (UE) n° 1169/2011 invite à ne pas souligner l’absence d’un nutriment que les préparations comparables n’ont pas davantage : un yaourt maigre aux fruits ne contient jamais beaucoup de graisses.
- Faible teneur en sodium — 0,07 g de sel pour 100 g, seuil 0,12 g.
- Réduit en sucres, face à une référence nommée : 4,3 g contre 18,4 g pour la même recette sucrée au sucre, soit 76 % de moins, quand le règlement en demande 30 %. La mention n’a de sens qu’accompagnée de cette référence.
- La première des deux allégations du règlement (UE) n° 432/2012 sur les succédanés du sucre, qui exige elle aussi 30 % de réduction. Formulation imposée mot pour mot : « La consommation d’aliments contenant des glycosides de stéviol au lieu de sucre induit une augmentation plus faible de la glycémie après leur consommation par rapport aux aliments contenant du sucre. » Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.
Refusées, et il faut le dire :
- « Sans sucres » — 4,3 g pour 100 g, il en faudrait 0,5 au plus. Le lactose et les fruits l’interdisent, et c’est justement l’écart que la mention précédente ne dit pas.
- « Faible valeur énergétique » — 51 kcal pour 100 g, seuil 40.
- « Source de fibres » — 1,7 g pour 100 g, il en faudrait 3. Les 350 g de fruits rouges n’y suffisent pas, dilués dans le yaourt.
- La seconde allégation du règlement n° 432/2012, sur la minéralisation dentaire — elle suppose que les sucres fermentescibles soient remplacés ; ici le lactose et les sucres des fruits restent en place, à 4,3 g pour 100 g.
Variantes
- Cassis et myrtille à la place des fraises : plus acide, plus coloré, et un peu plus de fibres. Le cassis étant nettement plus acide, une pincée de stévia de plus est souvent nécessaire — goûtée froide, toujours.
- Version sorbet, sans laitage : 600 g de fruits rouges, 200 g d’eau, le même jus de citron et la même dose de stévia. Elle perd les protéines qui structurent — donc le foisonnement devient encore plus déterminant, et elle se mange dans l’heure.
- Version plus riche, au yaourt à la grecque entier : plus onctueuse, et une texture plus tolérante au temps passé au congélateur, la matière grasse gênant elle aussi les cristaux. Elle apporte 85 kcal et 3,4 g d’acides gras saturés par portion de 110 g au lieu de 56 kcal et 0,1 g, et passe en Nutri-Score C.
- Aux fruits d’automne : 350 g de mûres, ou de prunes mûres mixées avec leur peau. Les prunes apportent du sorbitol naturel, qui abaisse le point de congélation et améliore la texture — un effet que les fruits rouges n’ont presque pas.
- En bâtonnets glacés, coulée dans des moules : c’est la forme qui pardonne le mieux l’absence de sucre, puisqu’on ne demande pas à un bâtonnet d’être cuillerable. Aucun brassage n’est alors nécessaire.
Substitutions
- Le yaourt à la grecque à 0 % — le skyr nature convient exactement, avec une acidité un peu plus franche. Un fromage blanc à 0 % égoutté une nuit dans un linge fait aussi l’affaire ; non égoutté, il apporte trop d’eau et la texture s’en ressent. Un yaourt nature à 0 % simple est le seul vrai recul : moitié moins de protéines, donc moins de matière sèche et un point de Nutri-Score en moins.
- La stévia — l’érythritol convient bien à un dessert glacé : il en faut environ 200 g, son pouvoir sucrant valant 0,6 à 0,7 fois celui du sucre, et il apporte cette fois de la masse et un abaissement du point de congélation que la stévia ne donne pas. La préparation gagne alors 19 g de polyols par portion, ce qui approche le seuil de tolérance digestive : il faudrait en servir des portions plus petites, ou n’en mettre que la moitié.
- Le xylitol — environ 150 g, à poids égal du sucre. Il abaisse le point de congélation deux fois plus que le sucre à masse égale, sa molécule étant deux fois plus légère : le sorbet kiwi-poire détaille ce calcul et explique pourquoi on en met moins qu’on ne croit. Deux réserves : la portion dépasserait alors largement le seuil de tolérance, et le xylitol est toxique pour le chien — ce qu’il faut savoir.
- Le jus de citron — le jus de citron vert fait la même chose, avec un parfum plus marqué. Une cuillerée de vinaigre de cidre convient aussi, mais son odeur s’entend dans un dessert.
- Les fruits rouges — n’importe quel fruit mixé, à condition de rester au-dessus de 346 g pour garder le point de fruits du Nutri-Score. Les fruits pauvres en eau, type banane, changent la texture du tout au tout : ils l’améliorent, et ils ajoutent leurs sucres.
Conservation, avance et congélation
Servie dans la foulée, la glace est à son meilleur : c’est le moment où le foisonnement est le plus vif et les cristaux les plus fins.
Au congélateur, elle se garde deux à trois semaines sans risque sanitaire, dans une boîte hermétique avec un film au contact pour éviter le givre de surface. Mais la texture, elle, se dégrade dès le lendemain : les petits cristaux fondent au profit des gros à chaque variation de température du congélateur. Un tour de mixeur plongeant avant de servir la rattrape en grande partie.
Le tempérage n’est pas facultatif : 15 à 20 minutes au réfrigérateur avant de servir. Une glace pauvre en solutés est plus dure à − 18 °C qu’une glace au sucre, et la sortir directement du congélateur donne un bloc qu’aucune cuillère n’entame.
Ne pas recongeler une portion qui a fondu : outre la question sanitaire, la refonte puis la reprise en masse fabriquent exactement les gros cristaux que toute la recette cherche à éviter.
Le matériel
- Une balance au centigramme — celle qu’on trouve sous le nom de balance de précision. Six dixièmes de gramme ne se mesurent pas autrement, et c’est le seul ingrédient de la recette où l’à-peu-près change le résultat.
- Une sorbetière, si l’on en a une : elle brasse en refroidissant, ce qu’aucune main ne fait aussi bien. À défaut, un bac métallique large — le métal conduit le froid bien mieux que le plastique — et une fourchette solide.
- Un mixeur plongeant, pour les fruits et pour les brassages.
- Une maryse, pour incorporer le yaourt sans le casser.
- Une boîte hermétique et un film alimentaire pour le contact.
Questions fréquentes
Pourquoi mon yaourt glacé à la stévia est-il dur comme un glaçon ?
Parce que la stévia n’apporte aucun soluté. Le sucre d’une glace abaisse le point de congélation et laisse, à − 18 °C, une partie de l’eau à l’état liquide : c’est elle qui rend la glace cuillerable. Sans lui, il ne reste que les sucres du yaourt et des fruits. Les trois parades sont dans la recette : de la matière sèche (yaourt grec plutôt que yaourt nature), du brassage (quatre fois, toutes les 30 minutes), et un tempérage de 15 à 20 minutes avant de servir.
En bref : la dureté n’est pas un raté de la recette, c’est la conséquence directe de l’absence de sucre — et elle se corrige par la matière sèche et le brassage.
Faut-il vraiment une sorbetière ?
Non, mais il faut alors la remplacer par des brassages manuels : quatre passages à la fourchette ou au mixeur plongeant, toutes les demi-heures, dans un bac large. La sorbetière fait la même chose en continu, ce qui donne des cristaux plus fins et un foisonnement plus régulier.
En bref : sans sorbetière, comptez quatre brassages espacés de 30 minutes dans un bac large et peu profond.
Combien de stévia faut-il pour remplacer 150 g de sucre ?
Environ 0,6 g d’extrait pur, puisque les glycosides de stéviol sucrent 200 à 300 fois plus que le sucre. Avec une poudre de table — de l’érythritol ou de la maltodextrine additionnés d’un peu d’extrait —, c’est tout autre chose : ces produits se dosent à la cuillère comme du sucre, et il en faudrait environ 150 g. L’étiquette tranche, puisque le premier ingrédient de la liste est le majoritaire.
En bref : 0,6 g d’extrait pur, ou environ 150 g de poudre de table à base de stévia — un rapport de 1 à 250.
La stévia supporte-t-elle la congélation ?
Oui. Les glycosides de stéviol sont stables au froid comme à l’acidité : ni la congélation, ni le jus de citron, ni un séjour de plusieurs semaines ne les dégradent. C’est la chaleur forte et prolongée qui les entame, ce qui ne concerne pas un dessert glacé.
En bref : la congélation ne change rien au pouvoir sucrant de la stévia.
Pourquoi goûter la préparation froide et non tiède ?
Parce que la perception du sucré diminue quand la température baisse : une préparation dosée à température ambiante paraîtra fade une fois glacée. Le profil de la stévia ajoute une difficulté propre — son sucré monte avec retard —, si bien qu’un ajustement se juge une minute après la cuillerée, pas tout de suite. La citronnade à la stévia pose le même problème dans une boisson.
En bref : goûtez à 4 °C et attendez une minute avant de corriger la dose.
À savoir
Valeurs calculées à partir de la table de composition des aliments de l’ANSES, non mesurées en laboratoire : elles varient avec la maturité des fruits, et les framboises surgelées s’écartent un peu des fraîches. Le yaourt à la grecque à 0 %, absent de la table — qui ne référence que le yaourt à la grecque entier —, est compté sur les valeurs d’étiquetage moyennes des produits vendus en France. Les glycosides de stéviol sont comptés sur la ligne « édulcorant à base d’extrait de stévia ». Les calculs de point de congélation et d’extrait sec sont établis à partir des lois des solutions, et n’ont valeur que d’ordre de grandeur dans un milieu aussi concentré qu’une glace. La masse finie est celle des matières premières, aucune cuisson n’intervenant. Dites-nous en commentaire combien de brassages votre congélateur a demandés.
À servir avec, ou à essayer ensuite
- Granité au citron à la stévia8 calories la portion, et pourquoi il se gratte pendant qu’il gèle
- Riz au lait à la stévia98 calories aux 100 g au lieu de 123, et pourquoi le gain s’arrête là
- Citronnade à la stévia et à la menthe12 calories le verre au lieu de 92
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