Aller à la recetteLes ingrédients, puis les étapes. Ce qu’il faut savoir avant de doser est juste au-dessus de la liste.
Une semoule au lait ne prend pas sur le feu. Au bout de six minutes, ce qu’on a dans la casserole est un lait épaissi qu’on verserait encore à la louche ; la cuillère n’y tient pas debout. La prise a lieu plus tard, dans les ramequins, en refroidissant — et ce décalage est toute la recette.
Ce qui se passe en refroidissant porte un nom et deux vitesses. Les chaînes d’amidon que la cuisson a libérées des granules se réassocient : l’amylose, qui est une chaîne droite, le fait en quelques heures, et c’est elle qui donne la prise ; l’amylopectine, qui est ramifiée, recristallise lentement, sur plusieurs jours, et c’est elle qui durcit le dessert au fond du réfrigérateur. L’ensemble s’appelle la rétrogradation de l’amidon. C’est le même phénomène que le rassissement du pain, et le site le décrit à ce titre sur sa page de la cristallisation.
Or les sucres dissous ralentissent les deux : ils occupent l’eau dont les chaînes ont besoin pour se rejoindre, et ils s’interposent entre elles. C’est pour cela qu’un gâteau sucré rassit moins vite qu’un pain. Et c’est là que se pose la question de cette page, parce que dans une semoule au lait de cantine, le sucre ajouté représente les deux tiers de toute la matière sucrée dissoute : environ 90 g, contre 45 g de lactose apportés par le litre de lait. La phase aqueuse en porte à peu près 15 g pour 100 g d’eau. Sans sucre ajouté, il en reste 5.
Le sucre ne faisait donc pas que sucrer : il était la majeure partie de ce qui tenait ce gel souple dans le temps. Ce que son retrait change ne se voit pas à la cuillère le premier soir — cela se voit au troisième jour, et cela commande trois choses : la dose de semoule, le moment où le dessert se sert, et la façon de rattraper un reste.
Dessert · cuisine françaiseLecture 19 min
- Préparation
- 10 min
- Cuisson
- 20 min
- Repos
- 2 h
- Total
- 2 h 30
- Pour
- 6 parts
- Difficulté
- facile
- Coût
- bon marché
- Saison
- Toute l’année
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Face à la semoule au lait classique
La référence est la semoule au lait telle qu’on la fait d’ordinaire : un litre de lait entier, 100 g de semoule de blé dur et 90 g de sucre blanc, une gousse de vanille, six parts. Ce sont les proportions courantes du dessert, ni les plus sucrées ni les plus maigres, calculées sur les mêmes données de composition. Les deux plats ne pèsent pas la même chose — 1 100 g ici, 1 195 g pour la référence —, donc la comparaison se fait à masse égale, par portion de 180 g, et non part à part : sinon l’écart porterait aussi sur la taille du ramequin.
| Par portion de 180 g | Cette recette | Semoule au lait classique | Écart |
|---|---|---|---|
| Sucres | 8,0 g | 20,3 g | − 60 % |
| Énergie | 104 kcal | 206 kcal | − 49 % |
| Acides gras saturés | 0,28 g | 3,32 g | − 92 % |
| Nutri-Score | A, 0 point | C, 4 points |
L’écart d’énergie vient d’abord du lait, et celui des sucres entièrement du sucrant. Sur les 102 kcal d’écart par portion de 180 g, 49 viennent du lait — écrémé au lieu d’entier —, 42 du sucre retiré et 10 de la dose de semoule, ramenée de 100 à 80 g par litre. Les sucres, eux, ne doivent rien au lait : sur les 12,3 g d’écart, 13,0 g viennent du sucre retiré, et le lait écrémé en rend 0,7 g, puisqu’il porte un peu plus de lactose aux 100 g que le lait entier. Deux postes, deux histoires, et elles ne se recouvrent pas. Cette recette ne contient aucun polyol : le sucrant employé est un extrait de feuille, et il ne pèse rien. Le détail face à la même recette sucrée au sucre, qui est une autre comparaison, est plus bas.
Ingrédients
- 1 litre de lait écrémé (1 030 g)
- 80 g de semoule de blé dur fine
- 0,4 g d’édulcorant à base d’extrait de stévia — les glycosides de stéviol sucrent 200 à 300 fois plus que le sucre, soit ici l’ordre de grandeur de 90 g de sucre ; la dose se règle sur l’étiquette du produit et au goût
- 1 gousse de vanille (2 g), fendue et grattée
- Le zeste d’un citron non traité (12 g), prélevé fin
- 1 pincée de fleur de sel (0,5 g)
Allergènes présents : Lait (lait écrémé, uht) · Céréales contenant du gluten (semoule de blé dur, crue)
Ces mentions sont déduites de la liste d’ingrédients de cette recette, non d’une analyse. Elles disent ce que la recette apporte, pas ce que votre plat contiendra : en cuisine domestique, la contamination croisée ne peut pas être exclue, et la mention réglementée « sans gluten » suppose une teneur contrôlée inférieure à 20 mg/kg sur le produit fini. Vérifiez toujours les étiquettes de vos produits.
Ce que le sucre faisait au gel, et qu’un extrait de stévia ne fait pas. La matière dissoute d’une semoule au lait classique, c’est 90 g de sucre plus 45 g de lactose, dans environ 890 g d’eau : 15 g de sucres pour 100 g d’eau. Ici, il ne reste que le lactose — 48 g dans 930 g d’eau, soit 5 g pour 100 g d’eau, trois fois moins. C’est dans cette dizaine de grammes pour cent que l’effet d’un sucre sur le vieillissement d’un amidon commence à se mesurer : la version classique est dedans, celle-ci est en dessous.
Les 0,4 g d’extrait, eux, ne changent rien à ce compte. Un édulcorant intense travaille par sa puissance et non par sa masse : il n’occupe pas l’eau, il ne s’interpose pas, et il ne remplace donc pas ce service-là. Rien ne le remplace — ni un polyol aux doses d’un dessert lacté, ni une fibre, et c’est pourquoi la réponse de cette recette n’est pas un ingrédient mais une date.
Sucrer avant ou après la cuisson : ici, la question ne se pose pas. Le site explique ailleurs qu’un soluté dissous mobilise l’eau libre dont les granules d’amidon ont besoin pour gonfler, et qu’il retarde donc leur prise : c’est pourquoi un riz au lait au xylitol se sucre après cuisson, et pourquoi un appareil à la fécule épaissit un peu moins. Avec 0,4 g d’extrait, il n’y a aucune masse dissoute à mobiliser : la semoule gélatinise comme dans de l’eau, et l’ordre des gestes est libre. Si cette recette ajoute quand même le sucrant hors du feu, c’est pour une autre raison — le profil sucré des glycosides de stéviol monte lentement et laisse une persistance, de sorte qu’il se juge mieux sur un dessert qu’on goûte à la cuillère que sur un lait bouillant.
Préparation
- Fendre la gousse de vanille en deux et gratter ses graines dans le lait froid, y jeter la gousse, le zeste de citron et la fleur de sel.
- Porter au frémissement à feu moyen, puis couvrir, retirer du feu et laisser infuser dix minutes. Retirer la gousse et le zeste à l’écumoire.
- Remettre sur le feu et, dès que le lait frémit de nouveau, verser la semoule en pluie fine d’une main en fouettant de l’autre. Versée d’un coup, elle fait des grumeaux que plus rien ne défait.
- Cuire six à huit minutes à petit feu, en remuant sans interruption avec une spatule plate et en raclant le fond : la semoule qui s’y dépose brûle avant le reste. Le mélange doit napper la spatule, pas tenir dessus.
- Retirer du feu, puis incorporer l’édulcorant et remuer une demi-minute. Goûter, et corriger à ce moment-là seulement : la dose juste se juge sur un dessert tiède.
- Répartir aussitôt dans six ramequins d’environ 180 g et filmer au contact, ou poser une soucoupe : sans cela, la surface forme une peau en séchant.
- Laisser tiédir à température ambiante, puis réfrigérer au moins deux heures. La prise se fait là, et nulle part ailleurs.
Le petit plus
- Le réfrigérateur est à la fois ce qui garde ce dessert et ce qui vieillit son amidon le plus vite. La rétrogradation est la plus rapide un peu au-dessus de zéro, et elle est quasi nulle au-delà de 60 °C. Il n’y a pourtant pas de choix à faire : un dessert au lait se garde au froid, point. Autant le savoir pour ne pas s’étonner du troisième jour.
- Six ramequins plutôt qu’un saladier. Ce n’est pas une affaire de présentation : la portion est décidée au moment où on verse, et un dessert dont on se ressert trois fois n’a plus les chiffres qu’on lui avait calculés.
- 80 g de semoule par litre, et non 100 ni 125. Le dosage habituel suppose une phase aqueuse chargée, qui assouplit le gel. Ici elle ne l’est pas, et le même amidon prend plus franchement : la dose descend d’autant. C’est une conséquence assumée du calcul, pas une mesure — voir la réserve de méthode en fin de page.
- Le zeste au couteau économe, pas à la râpe. Prélevé en larges rubans, il s’enlève à l’écumoire après l’infusion ; râpé fin, il reste dans le dessert et l’amertume du blanc de l’écorce finit par se sentir.
Ce que valent vraiment les chiffres
Le tableau ci-dessous est calculé ingrédient par ingrédient à partir des données de composition des aliments de l’ANSES, et non mesuré en laboratoire. La masse finie retenue est de 1 100 g pour 1 125 g de matières premières, soit 2,2 % d’évaporation : une cuisson courte, à petit feu et en partie à couvert, n’en enlève pas davantage.
Déclaration nutritionnelle
| Pour 100 g | Par part (183 g) | Total pour 6 parts | |
|---|---|---|---|
| Énergie | 58 kcal | 106 kcal | 637 kcal |
| Matières grasses | 0,1 g | 0,2 g | 1,3 g |
| dont acides gras saturés | 0,2 g | 0,3 g | 1,7 g |
| Glucides | 9,8 g | 18 g | 108 g |
| dont sucres | 4,5 g | 8,2 g | 49 g |
| dont polyols | 0,0 g | 0,0 g | 0,1 g |
| Fibres alimentaires | 0,3 g | 0,5 g | 3,0 g |
| Protéines | 4,2 g | 7,8 g | 47 g |
| Sel | 0,12 g | 0,23 g | 1,37 g |
Si vous changez le nombre de parts ci-dessus, seule la dernière colonne bouge — et c’est normal : doubler la recette double le gâteau, pas la part. Les deux premières colonnes décrivent le gâteau lui-même, elles ne dépendent pas du nombre de convives.
Valeurs calculées à partir des ingrédients, pour 6 parts : 1 125 g de préparation crue, 25 g d’eau évaporée à la cuisson, soit 1 100 g dans le plat. La cuisson n’enlève que de l’eau : les nutriments, eux, sont tous là. Ces valeurs ne remplacent pas une analyse en laboratoire et varient selon les marques employées.
Source des compositions : Table de composition nutritionnelle Ciqual 2025, ANSES, version 2025-11-03, sous Licence Ouverte / Open Licence (Etalab).
Nutri-Score calculé
Le détail du calcul. Points négatifs : énergie 0, sucres 1, acides gras saturés 0, sel 0 — soit 1. Points positifs : protéines 1, fibres 0, fruits et légumes 0 (1,1 % de la recette) — soit 1. Score : 0, ce qui donne un A.
Calcul effectué par nos soins selon l’algorithme révisé de 2023, à partir des valeurs du tableau ci-dessus. Ce n’est pas le logo officiel — le Nutri-Score est une marque déposée de Santé publique France, dont l’apposition est encadrée par un règlement d’usage et destinée aux produits préemballés. Il s’agit ici d’un repère indicatif sur une recette de cuisine, non d’un étiquetage.
| Indicateur | Résultat | État |
|---|---|---|
| Score unique EF (Agribalyse) | 0,119 mPt/kg | calculé sur 100 % de la recette |
| Émissions de gaz à effet de serre | 0,22 kg CO₂ eq par part | calculé sur 100 % de la recette |
| Bonus et malus du Green-Score — production, saison, origine, emballage | — | en attente |
| Planet-Score — climat | — | en attente |
| Planet-Score — santé environnementale (pesticides) | — | clos sans objet — référentiel non public |
| Planet-Score — biodiversité | — | en attente |
| Planet-Score — bien-être animal | — | sans objet — moins de 5 % d’ingrédients animaux, ou aucun |
Green-Score calculé — 72 / 100 · couverture 100 % · hors bonus et malus
Calcul indicatif à partir de la base AGRIBALYSE® de l’ADEME. Ce n’est pas le logo du Green-Score, et le calcul n’intègre ni les bonus de label, ni l’origine, ni l’emballage. La méthode est exposée ici.
2 lignes renseignées sur 7. Ce tableau n’est pas un affichage officiel et n’a pas vocation à en devenir un : aucun affichage environnemental alimentaire n’est officiel en France, la méthode prévue par la loi Climat et Résilience n’étant pas arrêtée pour l’alimentaire. La lettre ci-dessus est un calcul indicatif, publié avec ses hypothèses : une lettre se recopie sans elles, un tableau d’avancement, non.
Ce score ne dit pas la même chose que le Nutri-Score. Le Nutri-Score porte sur ce que la recette apporte à qui la mange ; celui-ci, sur ce qu’elle coûte à produire. Les deux divergent souvent, et c’est normal : un légume importé hors saison est bon à manger et cher à produire, un dessert au beurre l’inverse. Une recette peut donc être classée A d’un côté et E de l’autre sans qu’aucun des deux calculs soit faux.
Ce qui pèse le plus dans ce résultat : Lait écrémé, UHT 83 %, Semoule de blé dur, crue 14 % du score.
Ingrédients rapprochés : Édulcorant à base d'extrait de stévia → Sucre blanc (sucre blanc — repère de masse et non équivalent : un extrait de stévia s'emploie à dose très faible) ; Vanille, gousse → Vanille, extrait alcoolique (extrait de vanille — même plante, mais un extrait est dilué : l'impact d'une gousse au kilo est plus élevé). Agribalyse ne publie pas de ligne portant leur code exact ; le produit retenu à leur place est nommé ci-dessus, il n’a pas été deviné.
Qualité de la donnée : DQR 1,4 sur 5, qualité très bonne — moyenne des ingrédients, pondérée par leur masse. Un DQR de 1 désigne une donnée très bien documentée, 5 une donnée très incertaine : le nombre de décimales affichées plus haut s’aligne sur cette note, il ne la dépasse jamais.
Source : ADEME et INRAE, AGRIBALYSE® v3.2 — Licence Ouverte 2.0. Données réutilisées sous Licence Ouverte 2.0. Les impacts sont ceux des ingrédients pris séparément : ni la cuisson, ni l’emballage, ni le transport jusqu’à votre cuisine n’entrent dans ce calcul.
Comparé à la même recette sucrée au sucre blanc
Cette seconde comparaison n’est pas la précédente : il s’agit du même dessert — même lait écrémé, même dose de semoule —, sucré avec 90 g de sucre blanc. Et comme un extrait de stévia ne se dose pas au poids, la comparaison se fait à goût sucré égal : 0,4 g d’extrait contre 90 g de sucre, et non 0,4 g contre 0,4 g.
| Par portion de 180 g | À l’extrait de stévia | Au sucre blanc |
|---|---|---|
| Énergie | 104 kcal | 151 kcal |
| Sucres | 8,0 g | 21,0 g |
| Protéines | 7,6 g | 7,0 g |
| Nutri-Score | A, 0 point | C, 3 points |
Mêmes proportions, 90 g de sucre blanc à la place des 0,4 g d’extrait, calculé avec les mêmes données de composition. La masse finie passe alors de 1 100 à 1 190 g, d’où la comparaison par portion de 180 g.
Ici, tout l’écart tient au sucrant, et c’est l’inverse de la comparaison du haut de page : les 47 kcal et les 13,0 g de sucres qui séparent les deux colonnes ne viennent de rien d’autre. Et il ne peut pas en être autrement — c’est le seul ingrédient qui change, et une semoule au lait n’est faite que de lait, de céréale et de ce qu’on met pour sucrer. On retrouve là ce que mesure déjà le riz au lait à la stévia : le gain s’arrête exactement là où le sucre s’arrêtait, et les 8 g de sucres qui restent sont le lactose du lait, que rien ne retire d’un dessert lacté.
Le Nutri-Score, point par point. Pour 100 g, le dessert porte 245 kJ, 4,46 g de sucres, 0,16 g d’acides gras saturés et 0,12 g de sel : un seul point défavorable, celui des sucres, qui tombe au premier palier du barème 2023 (3,4 g). Du côté favorable, 4,23 g de protéines aux 100 g valent un point ; les fibres n’en donnent aucun, à 0,27 g. Le score net est donc de 0 point, soit A — tout en haut de l’échelle, puisque la lettre A court jusqu’à 0 inclus. La semoule au lait classique, elle, est à 4 points et en C : un point d’énergie, trois de sucres, un d’acides gras saturés, moins le point de protéines.
Pour gagner une lettre de Nutri-Score. Il n’y en a pas à gagner : le dessert est en A. Mais il y est au dernier point, et ce qui le ferait descendre se calcule. Le lait entier à la place de l’écrémé lui coûte deux crans d’un coup — A 0 devient C 3, par un point d’énergie et deux d’acides gras saturés. Le demi-écrémé le tient encore, mais de justesse : 0,93 g d’acides gras saturés aux 100 g pour un seuil à 1, et 1,4 g de beurre suffirait alors à faire basculer le point, contre 17,5 g avec du lait écrémé. Du côté du sucre, la marge est plus large qu’on ne l’imagine : il faudrait rajouter 28 g de sucre au litre pour franchir le deuxième palier des sucres et passer en B.
Et ce qui lui donnerait de la marge n’existe pas à cette dose : il faudrait 169 g de semoule par litre pour que les protéines valent deux points et que le score descende à − 1, et à ce dosage on ne fait plus une semoule au lait mais un gâteau de semoule qui se tranche. C’est donc le lait qui tient la lettre, et pas du tout le sucrier — le même constat qu’un yaourt glacé maigre, et la raison pour laquelle l’écrémé n’est pas ici un détail de régime mais la pièce qui porte la note.
Les mentions que ces chiffres autorisent
- Sans sucres ajoutés — aucun mono- ni disaccharide n’est ajouté, un extrait de stévia étant un édulcorant. La mention doit être suivie de la précision réglementaire : contient des sucres naturellement présents.
- Faible teneur en sucres — il faut 5 g au plus pour 100 g ; le dessert est à 4,5 g, et ils sont tous du lactose.
- Riche en protéines — il faut 20 % de la valeur énergétique ; on est à 29,2 %, le lait écrémé portant presque autant de protéines que de lactose.
- Faible teneur en matières grasses et faible teneur en acides gras saturés — recevables, et de loin : 0,12 g et 0,16 g pour 100 g. Cette page ne les met pas en avant pour autant, l’article 7, § 1, c) du règlement (UE) n° 1169/2011 interdisant de souligner l’absence d’un nutriment qu’une denrée comparable n’a pas davantage.
- Valeur énergétique réduite et réduit en sucres — recevables face à la semoule au lait classique, à − 49 % et − 60 %, le seuil étant de 30 % ; la référence doit alors être nommée, comme elle l’est en haut de cette page.
Et celles qui sont refusées. « Sans sucres » exigerait au plus 0,5 g de sucres pour 100 g : le lactose du lait en met neuf fois trop. « Faible valeur énergétique » demanderait 40 kcal aux 100 g, et le dessert en porte 58. « Source de fibres » demanderait 3 g pour 100 g, contre 0,27 g : une semoule au lait n’est pas un aliment de fibres.
Variantes
- À la fleur d’oranger — une cuillère à café versée hors du feu, à la place du zeste. Elle ne supporte pas l’ébullition.
- À la cannelle — un bâton infusé avec la vanille, retiré de même. En poudre, elle trouble le dessert et son goût prend toute la place.
- Avec des fruits — 100 g de purée de pommes sans sucres ajoutés par-dessus, au moment de servir : cela ajoute 0,6 g de sucres aux 100 g et ne change ni la lettre ni le reste. Mélangée dans la masse, en revanche, elle rend de l’eau au gel et le fait exsuder plus tôt.
- Plus dense, à la cuillère plantée — 120 g de semoule au litre. Les chiffres bougent peu, 68 kcal aux 100 g au lieu de 58, et la lettre ne bouge pas ; le dessert, lui, change de famille.
Substitutions
- Le xylitol ou l’érythritol à la place de l’extrait — possible, et c’est même ce qui rendrait au gel une part de la matière dissoute qui lui manque, puisque ce sont des polyols qui pèsent. Il en faut alors 90 g au litre pour le xylitol, 130 pour l’érythritol, dont le pouvoir sucrant est de 0,6 à 0,7 fois celui du sucre : à ces doses, une portion de 180 g apporte 14 à 20 g de polyols, c’est-à-dire la limite de ce qu’une prise supporte. Le dessert gagne en tenue ce qu’il perd en tolérance, et il ne se sert plus en six parts mais en huit. Et si c’est du xylitol : il est toxique pour le chien, même en petite quantité — pot, casserole et ramequins hors de sa portée, ce qu’il faut savoir et que faire en urgence.
- Un lait de brebis ou de chèvre — même volume ; plus riches en matières grasses, ils déplacent la lettre comme le lait entier.
- Une boisson végétale — la boisson à l’amande sans sucres ajoutés fonctionne, mais le dessert perd ses protéines et donc son point favorable, et avec lui la lettre A. L’amidon, lui, se comporte pareil : c’est l’eau qui le gélatinise, pas le lait.
- Sans ingrédient apportant du gluten — non. La semoule de blé dur est du blé. La semoule de maïs donne un autre dessert, dont l’amidon ne vieillit pas au même rythme.
Conservation, avance et congélation
Deux jours au réfrigérateur, filmé au contact, et c’est une durée qui tient à l’amidon autant qu’à l’hygiène. Le dessert est à son point le soir où il est fait et le lendemain ; à partir du troisième jour, le gel a repris assez d’ordre pour devenir ferme et rendre un peu de liquide — ce liquide n’est pas un défaut de recette, c’est de l’eau que les chaînes d’amidon ont chassée en se rapprochant.
Comment rattraper un reste, et pourquoi cela marche à moitié. Des deux durcissements, un seul se défait en cuisine. La part due à l’amylopectine refond vers 50 à 60 °C — c’est le principe du pain rassis qu’on repasse au four. Celle due à l’amylose demande bien plus de chaleur et ne se défait pas dans une casserole.
Donc : un reste de troisième jour se réchauffe doucement, avec deux cuillerées à soupe de lait froid et un coup de fouet, jusqu’à ce qu’il soit tiède et non chaud. Il retrouve une partie de son onctuosité, celle des jours d’écart ; il ne redevient pas le dessert du premier soir, et cette part-là est acquise une fois pour toutes. Mangé froid au troisième jour sans rien faire, il reste ferme, et c’est normal.
Ce qui se prépare à l’avance, et ce qui ne s’y prête pas. Le lait vanillé peut infuser la veille, filtré et gardé au froid : c’est la moitié du travail, et elle ne coûte rien. Le dessert fini, lui, ne se prépare pas trois jours avant — c’est exactement ce que la page vient d’expliquer. La congélation ne lui va pas : le gel se sépare au dégel, l’eau d’un côté et l’amidon de l’autre, et le fouet ne les remet pas ensemble.
Le matériel
- Une balance au gramme, et de préférence au dixième de gramme pour l’extrait de stévia. À 0,4 g pour un litre, une cuillère de mesure vaut mieux que l’à-peu-près : c’est la dose où un dixième de gramme se goûte.
- Une casserole à fond épais. La semoule se dépose au fond et y attache ; un fond mince le lui permet en deux minutes.
- Une spatule plate plutôt qu’une cuillère en bois : elle racle le fond, ce qui est tout l’enjeu des six minutes de cuisson. Et un fouet pour l’instant du versement.
- Six ramequins d’environ 200 ml et du film alimentaire, ou six soucoupes.
- Une écumoire ou une petite passoire pour retirer le zeste et la gousse avant la semoule.
Questions fréquentes
Pourquoi ma semoule au lait est-elle restée liquide ?
Parce qu’on l’a jugée sur le feu. À la casserole, l’appareil nappe la spatule et pas davantage : il doit être versable pour remplir les ramequins. La prise arrive au froid, en deux heures au moins. Si après une nuit elle est encore coulante, la cause est une dose de semoule trop basse ou une cuisson trop brève pour que les granules aient gonflé.
Pourquoi est-elle devenue ferme et un peu aqueuse au bout de trois jours ?
C’est le vieillissement normal d’un gel d’amidon, et il est plus rapide ici que dans la version sucrée, faute de la matière dissoute qui le ralentissait. Le remède est dans l’encadré ci-dessus : un réchauffage doux avec un peu de lait.
Faut-il mettre le sucrant avant ou après la cuisson ?
Avec un extrait de stévia, cela ne change rien à la texture : 0,4 g ne mobilise aucune eau. Cette recette le met après pour une question de goût, le profil sucré de ces molécules se jugeant mieux à la cuillère. Avec un polyol, en revanche, la question redevient celle que posent le riz au lait et les crèmes à la fécule : après cuisson.
Quel effet ce dessert a-t-il sur la glycémie ?
Ce qui se mesure est la composition : 17,9 g de glucides par part, dont 8,2 g de sucres qui sont du lactose, et le reste de l’amidon de la semoule. Un amidon refroidi puis rétrogradé est d’ailleurs moins accessible aux enzymes digestives, ce qui est l’un des sujets de l’article sur les index et charges glycémiques. Ce que ces chiffres signifient dans une alimentation suivie se discute avec un médecin ou un diététicien, qui connaissent le traitement en cours.
Est-ce le même dessert que le gâteau de semoule ?
Non, et les deux ne tiennent pas par la même chose. Le gâteau de semoule aux amandes est une pâte levée cuite au four, où la semoule apporte du grain et doit avoir gonflé avant d’entrer dans la pâte. Ici, elle gonfle dans le plat et c’est elle qui fait tout le liant.
Peut-on la faire avec de la semoule moyenne ou grosse ?
Oui, en allongeant la cuisson de quelques minutes : un grain plus gros met plus longtemps à prendre son eau. Le résultat est plus granuleux, ce qui est une préférence et non un défaut.
Les valeurs nutritionnelles de cette page sont calculées ingrédient par ingrédient à partir des données de composition des aliments de l’ANSES, et non mesurées en laboratoire. Le zeste de citron est compté sur la ligne de la chair du fruit, la table ne portant pas l’écorce ; l’erreur est de l’ordre de trois calories pour l’ensemble du plat. La vanille et la fleur de sel sont comptées, l’une pour un apport nul, l’autre pour son sel. Trois grandeurs employées dans cette page ne viennent pas de cette table, qui ne les porte pas : les teneurs en eau du lait et de la semoule, prises dans la littérature en ordre de grandeur et qui servent au calcul de la phase aqueuse ; les températures de gélatinisation et de refonte des cristaux d’amidon ; et la vitesse à laquelle le gel vieillit, qui dépend de la semoule et du froid et n’a pas été mesurée sur cette recette. La dose de 80 g de semoule par litre et la durée de garde de deux jours en découlent par le raisonnement, non par l’essai. Enfin, la lettre du Nutri-Score est calculée à la main sur les valeurs pour 100 g, selon l’algorithme révisé de 2023 pour le régime général.
Si vous faites cette semoule au lait, le commentaire le plus utile que vous puissiez laisser est celui du troisième jour : dans quel état vous l’avez retrouvée, et si le réchauffage doux a servi à quelque chose.
À servir avec, ou à essayer ensuite
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Choisies parmi les recettes au même sucrant.